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Jean Bailhache (Traducteur)
ISBN : 2253072524
Éditeur : Le Livre de Poche (14/05/2003)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 66 notes)
Résumé :
Collection dirigée par Gérard Klein.
Sur Gamma Draconis iii, un groupe de colons se retrouve isolé à la suite d'un assaut de l'Ennemi inconnu contre la Ligue de tous les mondes.Ils attendent des secours des étoiles. En vain pendant six siècles. Et sur cette planète d'exil, ils poursuivent tant bien que mal leur tâche : faire progresser la civilisation des Hilfes, qui en six cents ans n'a pu apprendre l'usage de la roue.Mais ce monde semble se rebeller contre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
finitysend
  12 janvier 2015
Un texte dont le message est d'actualité , cf. ma conclusion .
Ce court roman est une immersion sur une planète étrangère et c'est un récit tout à fait sympathique.
Les années locales sur ce monde durent 60 ans terrestres et les saisons sont remarquablement longues .
Nous sommes au début du récit à l'entrée de l'hiver qui promet d'être long et mouvementé car des populations extraterrestres nordiques affluent dangereusement vers le sud ....
Ce roman modeste et mouvementé m'a beaucoup marqué . Il est bien écrit , dépaysant et prenant .
On ne peut de fait que développer une grande intimité avec les personnages ( le ton est tellement juste ) .
L'intrigue tourne autour de l'intégration d'une petite population humaine (originaire de l'oekoumène) sur cette planète étrangère habitée par des extraterrestres (dont certains devront surmonter des préjugés tenaces )...
Les humains sont eux même tributaires de lourdes contraintes et il semblent menacés du fait que leurs ressources s'étiolent .
Ces hommes , devenus progressivement un petit peuple, au fil des siècles tentent de trouver leur place , contraints et forcés , dans ce monde en essayant de ne pas le bouleverser .
Ils s'efforceront de rester eux même aussi et en même temps .
Ursula le guin , très habilement , avec force de détails ... de rythme ... d'images somptueuses ... de sentiments étayés par des mots solides ... des combats .. des rencontres ... des débats contradictoires et moult rebondissements , dessine un monde crédible .
Un monde poignant aussi dépaysant qu'il est attachant . Les personnages ont des liens assez denses et affectivement chargés ...
C'est une grande valeur ajoutée pour ce " grand " petit roman !
C'est l'amour , l'union et l'altérité transcendée qui sauveront ce monde bouleversé et mélancoliquement heureux.
UN MUST .. avec une couverture pathétique ...
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Siabelle
  03 mai 2017

C'est avec Nadou, en tant qu'exploratrices, qu'on entre pas à pas, dans la «Planète Exile» et quelle belle traversée ! Comment vous décrire notre merveilleuse expédition ! Je cherche encore mes mots….

C'est un très gros coup de coeur !
C'est incroyable, Ursula Le Guin frappe encore très fort. C'est vraiment une conteuse hors pair à mes yeux. Je suis sous complètement sous le charme. Elle nous offre une histoire splendide, avec des héros exceptionnels, des personnages enchanteurs et un univers fabuleux à explorer, avec des peuples tous aussi différents les uns et les autres.
Ensorcelant, Intense, Féérique

On fait tout de suite connaissance de Rolerie, on part avec elle, en exploration, elle franchit la terre des hors venus car elle veut aller voir la mer et c'est au cours d'une agitation de la nature, qu'elle rencontre Agat, un hors venu, aux pouvoirs mystérieux. Il sent qu'elle est en danger et il se sert de son don de télépathie pour la guider en esprit. C'est delà, que les événements prennent une tournure inattendue.

Au fil des pages, on sent vraiment des différences au niveau des clans. On prénomme les Hilfes, qui se considèrent comme les ‘'hommes'' de cette planète, ils ne sont pas très avancés dans leurs générations. Ils sont beaucoup sur leurs gardes, à propos des ‘'Hors Venus'', qu'ils appellent les sorciers. Les ‘'Hors Venus'' sont beaucoup plus évolués au sein de leur quotidien, ce qui fait un grand écart de différence.
Plus qu'on avance dans l'histoire, on sent que le climat est très fragile, que l'hiver s'en vient et que la guerre se prépare. Agat, le chef de son clan, un hors venu, vient demander de l'aide à Wold, qui est un Grand ancien, des Hilfes. Il lui demande de s'unir pour combattre ensemble, les ennemis, les Gaal. Wold est réticent à sa demande, il ne croit pas vraiment Agat. Est-ce qu'il va réagir à temps surtout quand les heures sont comptées, en temps de guerre ?

Je suis vraiment agréablement surprise, voire même très ravie. Je suis très enchantée par cette histoire, elle fait partie de mes livres préférés. Ursula Le Guin exerce encore son pouvoir de séduction avec sa plume, elle possède une écriture à la fois vigoureuse, soutenue et précise.
Elle fait très bien passer les émotions à travers les personnages, son univers est incroyablement imagé, on ressent presque que le vent, la neige, la tempête sous notre peau. On ressent très fortement leurs univers d'où qu'ils viennent, elle nous fournit les renseignements qu'il faut et le reste l'imagination du lecteur fait sa place.

C'est un petit roman, le récit est très bien construit, la table de matières est bien répartie et les sous-titres sont très significatifs. Elle décrit bien l'histoire, on se retrouve bien dans le contexte et on est capable de bien différencier les clans.
Elle aborde les sujets autour de la guerre, de la survie et des combats. Elle mentionne également les différences entre les deux peuples, le temps de survie et aussi la fécondation. Elle fait un clin d'oeil au premier livre «Le monde Rocannon» mais ça n'enlève rien à l'histoire ou à des lecteurs qui n'ont pas lu le précédent.

Le livre se lit avec délice, comme on savoure un café latté, on déguste les mots, on savoure l'univers qu'on découvre. On s'attache à nos deux héros, on ne peut pas faire autrement. Il ne comporte pas de temps mort, c'est une histoire qui se dévore, avec bonheur, tout simplement.

C'est en compagnie de Nadou, que je traverse avec elle ses terres lointaines, cette guerre qui fait rage avec nos deux héros et des personnages qui y habitent. On explore goulûment tout cet univers, une fois lancée, tu ne peux plus t'arrêter de le lire. C'est vraiment passionnant, révoltant et soulevant. On se croit à travers les histoires qu'elle nous raconte, on constate encore, son incroyable talent de conteuse. Suis-je objective ?
Je ne sais pas, c'est une autre de ses aventures, que je n'oublierai pas de sitôt. Est-ce qu'on serait aussi brave que Rolerie et Agat ?
Je conseille d'aller voir également les critiques de Nadou et des autres membres dont Bernacho, Crasynath, Tatooa et je remercie Nadou pour notre belle échange ainsi que notre belle amitié qu'on partage.
La lecture crée des belles amitiés et je ne peux que l'approuver. Je vais lire la suite avec Nadou et Crasynath, j'ai trop hâte.

Challenge Ursula/Anderson –
Je dévoile un peu ici :

Siabelle
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Tatooa
  21 septembre 2015
Une reprise de contact avec Ursula qui me rappelle à quel point j'aimais ce qu'elle a écrit quand j'ai lu Terremer il y a fort fort longtemps.
Un formidable petit roman, d'une densité forte, imprégnée d'humanité. Ici, l'alien, c'est l'être humain, renversons un peu les usages. Ses personnages sont profonds, leurs liens (ou inimitiés) sont si bien décrits, si bien brossés, et ce monde hostile et étranger nous devient familier en si peu de phrases que c'en est époustouflant.
Une belle leçon sur le refus d'intégration et d'adaptation, mais également le refus d'interférer dans l'évolution d'une civilisation, au risque de son extinction. Et pour finir, une sauvegarde de dernière minute liée à la coopération de deux mondes qui s'y refusaient jusque là, pour finir par l'adaptation et l'intégration forcée par manque d'individus de chacune de ces "ethnies", d'une actualité brûlante, si j'ose dire. Si seulement...
Edit : j'oubliais : il faut juste passer outre les grosses coquilles d'édition, qui ont peut-être (je l'espère) disparu dans les nouvelles éditions (j'ai une très vieille édition trouvée d'occasion).
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Beatson
  04 février 2017
Un groupe d'humains de la ligue de tous les mondes s'est installé sur cette planète (pour cette raison les populations locales les appellent les Hors venus), dans une cité qu'il a construite. Mais ce groupe est resté sans contact avec le reste l'humanité depuis plusieurs générations.
Les saisons sont longues, très longues (une vingtaine d'années standard) et très marquées (hivers très froids).
Les autochtones de genre humain ne sont encore qu'à un stade de développement rustique  (par exemple l'usage de la roue leur est inconnu) et se divisent en deux groupes. Un des groupes, les Gaals, très violent et nomade, effectue régulièrement la transhumance du Nord vers le Sud quand l'hiver s'installe ; en dehors de combats et de tentatives pour s'approprier les réserves de nourriture et les femmes, ils n'ont aucun contact avec les autres humains.
Le deuxième groupe d'humain, les Hilfs, est semi nomade (ils se construisent des maisons en dur pour l'hiver uniquement) et il côtoie les humains de la ligue mais s'en méfie en les considérant comme des sorciers dangereux et froids.
L'hiver vient (tiens ça me rappelle quelque chose ;-) ). Les Gaals vont venir en hordes ; les deux autres groupes auraient tout intérêt à s'entraider pour survivre.
Voilà pour le décor.
Ursula le Guin y ajoute l'éthique de la Ligue : Les humains doivent se mettre au même niveau que les populations locales et renoncer aux technologies produisant un clivage avec les populations moins développées qu'eux. Résultat : les Hors-venus ont perdu beaucoup de leur connaissances technologiques au fil du temps.
Cet aspect du récit, cette notion de respect absolu des populations autochtones sonne en moi comme l'antithèse de ce qu'ont fait subir les européens aux indiens d'Amérique.
Ursula le Guin va également insérer dans l'histoire amitié et amour entre une Hilf et un Hors-venu (alors que les unions croisées sont stériles). Ils devront lutter contre tous les a priori et la méfiance des membres des deux ethnies et réussir à faire en sorte que la coopération s'installe. Finalement, c'est dans le malheur et le combat contre l'obscurantisme et la violence aveugle que vont se révéler amour, amitiés, et surtout collaboration entre des Hors venus et des Hilfs.
Encore une grande exposition d'humanisme qui résonne avec beaucoup d'éléments de notre histoire, passée, présente et ...?
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jamiK
  03 décembre 2017
On retrouve, comme toujours chez Ursula K. le Guin, cet aspect ethnologique dans de la SF. Un peuple humanoïde est venu de l'espace, s'installer sur une planète déjà habité par des peuplades humanoïdes. Ici, les années durent 60 années terrestres, l'hiver arrive et les Gaal, qui viennent du nord, migrent vers le sud en pillant tout sur leur passage. Les Hors Venus vont donc devoir s'allier avec les autochtones de Tevar. Ces « Hors Venus » ont des règles très strictes concernant leur installation et leur relations avec les populations locales, il doivent se mettre au niveau technologique de la planète. le niveau est ici assez primaire, il ne connaissent même pas la roue. Ce roman de SF dérive vers un aspect mi-fantasy/mi-antique. L'immersion dans cette ambiance fonctionne à merveille. Il y a deux choses que j'adore chez Ursula K. le Guin, premièrement c'est c'est la justesse poétique des descriptions et des caractères et des moeurs, grâce à une plume belle, élégante et rigoureuse, chaque fioriture apporte quelque chose, un rythme, une atmosphère, une information... Et deuxièmement, c'est la grande cohérence du monde qu'elle nous a imaginé. Pas de faiblesse dans le cycle de Hain sur tout ce que j'ai lu jusqu'à présent. Celui-ci, bien que très court, est un roman très complet, très solide et très agréable à lire.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
SiabelleSiabelle   27 avril 2017
Agat éprouvait envers elle une tendresse qu'il ne savait guère comment exprimer. Sans le vouloir, il prononça son nom, non pas à voix haute mais paraverbalement. Aussitôt elle se tourna vers lui dans l'obscurité du hall et le regarda en face. Autour d'eux, la maison était calme et la ville était silencieuse. En esprit il l'entendit prononcer, elle aussi son propre nom : Agat. C'était comme un murmure dans la nuit, un contact à travers le gouffre.
- Tu m'as parlé en esprit, dit-il d'une voix ou la frayeur le disputait à l'émerveil-lement. Elle ne répondit pas, mais il entendit une fois de plus, en esprit, l'esprit de Rolerie, qui semblait s'attacher à son sang, à ses nerfs pour arriver jusqu'à lui : Agat... Agat...
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Nadou38Nadou38   25 avril 2017
De hautes maisons de pierre peintes de couleurs vives s'étageaient sur le versant de la falaise jusqu'au bord de l'eau, formant un fouillis de toits et de fenêtres superposés. Hors des remparts, au pied des falaises plus basses ceignant la ville au midi, s'étendaient des kilomètres de champs et de pâturages disposés en terrasses et protégés par des digues, jolis comme des tapis à motifs variés. Partant des murs de la cité au bord de la falaise, chevauchant digues et dunes, filant droit au-dessus de la plage et de ses sables lavés par la marée, luisants de propreté, se dressait une chaussée qui, à grandes enjambées sur ses immenses arches de pierre, reliait la cité à une étrange île sombre émergeant des sables. C'était le Roc, saillie monstrueuse se détachant en noir sur la surface plane, lisse et polie des sables, lugubre, implacable, coiffée d'une arche et d'une tour dont les formes tourmentées dépassaient en fantastique tout ce que le vent et la mer eux-mêmes auraient pu façonner.
(chap. 1)
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finitysendfinitysend   30 avril 2019
Ils la regardaient. Elle avait entendu dire que les Hors Venus vous fixaient droit dans les yeux, mais elle n’osa vérifier si c’était exact. En tout cas, personne ne l’arrêta ; leurs vêtements n’étaient pas tellement différents des siens, et certains d’entre eux, put-elle constater à la faveur de ses petits coups d’œil fugitifs, n’avaient pas la peau tellement plus brune que les hommes. Mais, dans ces visages qu’elle ne regardait pas, elle sentait la sinistre lueur sombre des yeux dirigés sur elle.
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SiabelleSiabelle   26 avril 2017
Sans ciller, l'animal fixait Rolerie de ses yeux argentés. Brusquement se déployèrent de grandes ailes blanches dont l'envergure dépassait la taille d'un homme, et ces ailes battirent parmi les branches jusqu'à les briser. Fendant l'air de ses ailes blanches, l'oiseau géant poussait des cris aigus, puis il y eu un coup de vent et il prit son essor, s'éloignant de son vol pesant entre les cimes des arbres et les nuages chassés par le vent.
- C'est l'oiseau des tempêtes, dit Agat, qui se tenait à quelques pas derrière Rolerie. On dit qu'il annonce le blizzard.
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SiabelleSiabelle   25 avril 2017
Était-ce lui, était-ce ce haut lieu de la sorcellerie qui l'appelait ? Sur la chaussée sans garde-fou, penchée au-dessus d'un des piédroits enfoncés dans le Roc, une silhouette noire, au loin tout là-haut, lui lançait des appels. Elle voulut fuir, s'arrêta, se retourna. L'épouvante la gagnait.
De nouveau elle fut tentée de courir, mais elle en fut incapable. Vaincue par la peur, elle ne pouvait remuer ni bras ni jambes; elle était secouée de tremblements, les oreilles remplies d'un grondement assourdissant. Le sorcier de la tour noire tissait sa magie autour d'elle, telle une araignée.
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Videos de Ursula K. Le Guin (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ursula K. Le Guin
Entretien téléphonique entre le journaliste Paul Holdengräber et la romancière multi-primée Ursula K. Le Guin dans lequel elle s'exprime, entre autres choses, sur la fragilité de la frontière entre réalité et fiction, sur la souffrance provoquée par la célébrité et les angoisses liées aux influences littéraires extérieures. Émouvant et lumineux d'autant que cet entretien date d'une vingtaine de jours avant son décès.
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