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ISBN : 2253083526
Éditeur : Le Livre de Poche (16/05/2018)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 28 notes)
Résumé :
En 1979, Ursula K. Le Guin est au sommet de sa gloire : ses romans de science fiction et de fantasy se sont imposés comme des chefs d'œuvres et elle est une des romancières américaines les plus primées. Toutefois, parallèlement à ces succès publics, elle a la réputation d'être une théoricienne hors pair, et une oratrice remarquable. Elle parcourt alors universités, congrès, bibliothèques et librairies pour parler des sujets qui la passionnent : le féminisme, l'anarc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
BazaR
  27 novembre 2016
Les méconnues éditions « Aux Forges de Vulcain » viennent de publier un ensemble d'essais qu'Ursula le Guin avait consacré aux littératures de science-fiction et de fantasy dans les années 1970. Je ne pouvais décemment pas rater ça !
Je dois dire que j'ai été particulièrement surpris. Je ne m'attendais pas à trouver une pensée aussi structurée et sûre d'elle, plutôt éloignée de ma propre vision. de fait, je ne connaissais d'elle que ses quatre premiers romans de l'Ekumen et c'est très insuffisant pour faire le tour de ce vaste intellect épris de taoïsme.
Ursula le Guin intègre dans ses réflexions sur la science-fiction et la fantasy des éléments auxquels je n'aurais jamais eu l'idée de songer. Sa quasi-définition de la fantasy comme plongée dans sa part d'ombre et de mal et acceptation de son existence, à l'aune de la philosophie jungienne qu'elle définit avec une grande clarté, permet une relecture des oeuvres majeures du genre selon un angle nouveau particulièrement enrichissant. Ursula parle beaucoup du Seigneur des Anneaux et en donne une interprétation tellement plus riche que la simple distraction pour adolescent et qui me servira beaucoup quand j'en lirai la nouvelle traduction.
De même, son analyse sur la science-fiction qui exalte le capitalisme et reproduit à grande échelle le colonialisme britannique (référence aux empires des space-opéras), ignorant le socialisme, le féminisme et l'art, éclaire d'une lumière amère ce domaine que j'aime beaucoup. Sur ce point, je crois que tout ce qui a été écrit depuis en SF et est susceptible d'amender l'opinion de l'auteur. Je me demande ce qu'elle pense aujourd'hui d'oeuvres telles que le cycle de Mars de Kim Stanley Robinson (où le socialisme est prégnant) ou les premiers tomes de Ender d'Orson Scott Card.
Ursula le Guin nous donne aussi des clés sur la manière dont elle a créé ses oeuvres majeures (déjà écrites à l'époque) : comment Terremer est né, pourquoi la construction des « Dépossédés » n'est qu'un emballage raffiné de la rencontre d'un auteur et d'un personnage. C'est fascinant car c'est un processus qui m'est totalement étranger, très éloigné de ma façon trop cartésienne de construire les rares écrits que j'ai commis ou abandonnés.
Cependant les phrases d'Ursula le Guin m'ont parfois fait bondir. Si j'ai apprécié qu'elle établisse une ligne de défense inspirée contre ceux qui croient que les littératures de l'imaginaire sont une perte de temps, j'ai beaucoup moins goûté les mots durs qu'elle emploie lorsqu'elle établit les frontières entre « ce qui vaut la peine de lire et d'écrire » et « ce qui n'est que de la soupe ». Ses critères de qualité – des personnages vivants et forts, des récits qui parle de nous en profondeur – correspondent peu ou prou à ce que je classe personnellement dans l'excellent. Mais elle rejette comme « de la merde » des pans entiers de lectures que je trouve bons, agréables et divertissants : par exemple les pulps de SF des années 50 (« j'ai cessé de lire de la science-fiction vers la fin des années 40. On n'y parlait plus que de matériel et de soldats ») et les comics (« ils ne voient pas la différence entre les Batman et les Superman des usines commerciales, qui fabriquent des balivernes à grande échelle, et les archétypes éternels de l'inconscient collectif »). Quelle nécessité ressent-t-elle de dénigrer à ce point des domaines dont je pense qu'elle ignore le contenu, qu'elle estime à tort dépourvu de ses (en partie du moins) ? Ce genre d'agression caractérisée ne la rend pas moins condamnable que ceux qui l'agressaient, elle, dans ses goûts prononcés pour l'imaginaire.
Bon, je sur-réagis moi aussi car je me suis parfois senti agressé par une auteure que j'apprécie, comme si l'un de vos mentors vous disait « tu aimes les comics et les mangas ? donc tu es idiot. » Ursula le Guin ne traduit peut-être que sa seule opinion et laisse libre chacun de lire ce qu'il veut, mais si c'est le cas elle a mal choisi ses mots qui peuvent créer la confusion chez les lecteurs qui aiment la lire mais aime aussi lire autre chose.
Cet ensemble d'essais n'est à mon avis pas destiné à être lu une fois puis oublié. On peut y revenir, relire des passages et réfléchir à nouveau dessus. de cette première lecture, je retiens surtout la pensée structurée de l'auteur qui enrichira mes interprétations de lecture. Je rejette en revanche les dénigrements outranciers qui veulent restreindre mon champ d'exploration.
Je retiens aussi que je dois reprendre la lecture de ses romans, ce que je n'ai pas fait depuis très, très longtemps.
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Fifrildi
  15 mars 2017
Dans le cadre du challenge “Une année avec... Ursula le Guin et Poul Anderson” je me suis intéressée à cet essai sur la SF et la fantasy. Je me suis demandée ce qu'une grande dame comme elle avait à en dire. Bien que ces textes soient aussi vieux que moi il reste quand même de quoi amener quelques débats.
Je pense ne pas me tromper en disant que les littératures de l'imaginaires souffrent encore de quelques jugements stéréotypés et injustifiés (bien entendu). Cela ne m'empêche pas de dormir (et d'en lire bien sûr ^^).
J'ai été un peu surprise (cfr Mythe et archétype de la science-fiction) par sa critique de ce qu'elle qualifie de “sous-mythes” en SF (entre-autres) : “C'est sans plaisir que j'attribue à ces créatures l'épithète de mythologique. Ce mot est noble, et elles sont si minables.”
Elle adopte parfois un ton outrecuidant (le mot est peut-être un peu fort, ce n'est pas toujours facile de trouver le mot qui convient pour traduire un sentiment) comme quand elle écrit (cfr du pays des elfes à Poughkeepsie) : “Enfin, je crois que le lecteur aussi accepte une responsabilité ; s'il aime ce qu'il lit, il a des devoirs à respecter. Il doit refuser de se laisser duper, refuser de permettre l'exploitation commerciale de ce lieu sacré qu'est le Mythe ; il doit rejeter toute oeuvre mal faite et ne louer que ce qui le mérite vraiment.”
Quoi qu'on en pense cela suscite la réflexion et c'est à cela que sert un essai il me semble?
Mis à part cela elle parle des auteurs qu'elle apprécie (comme Dunsany et Tolkien) et j'ai trouvé vraiment intéressant ce qu'elle a expliqué au sujet de l'écriture (les dialogues, le style, les mots, …). Cela et quelques livres à ajouter à mon pense-bête... je pense que je ne suis pas déçue de cette lecture.
Challenge Anderson / Le Guin (2017)
Challenge multi-défis 2017 (70)
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Stelphique
  16 juin 2018
Pourquoi je l'ai choisi:
Par simple curiosité. Quand on a appris sa mort, j'ai vu que c'était une dame très respectée, et j'ai voulu découvrir ses écrits, car depuis quelques années, mes lectures prennent souvent le chemin de l'imaginaire et de la science-fiction…
Ce que j'ai ressenti:
Je me sens encore trop novice pour appréhender les points-clefs, les griefs et les thématiques qui touchent à la littérature de l'imaginaire, mais grâce à ce petit recueil de pensées sur la science-fiction et la fantasy écrit par Ursula K le Guin, je comprends mieux les auteurs de ce genre bien particulier, dans leurs démarches, mais aussi dans leur façon d'être perçus dans le milieu littéraire. Cette dame n'avait clairement pas la langue dans sa poche, et sa passion pour cette littérature fait plaisir à lire! Que l'on partage ou pas ses opinions, c'est un essai réussi puisque il nous fait réfléchir et prendre conscience du rôle de ces lectures. Elle est passionnée et passionnante, j'ai vraiment eu plaisir à lire cet essai!
« Un enfant sait très bien que les licornes n'existent pas, mais il sait aussi qu'un livre qui parle de licornes, s'il est bien écrit, dit la vérité. »
De ce que j'en ai compris, c'est effectivement le PLAISIR qui prédomine, pour ceux qui les écrivent et, évidemment pour ceux qui les lisent. Lire de la SF et/ou de la Fantasy, est réjouissant qu'on se le dise! Il offre un moment d'évasion véritable pour l'esprit, loin des réalités plombantes de notre quotidien. Ursula le Guin, pense même que c'est une nécessité, une nourriture pour nos esprits. C'est une des plus jolies argumentations de ce livre, puisqu'elle parle de pouvoir de l'imagination qu'il faut entretenir et préserver, grâce à cette forme de lecture tournée vers l'inconnu…Si il y a bien une partie que j'ai adoré c'est celle de L'Enfant et l'Ombre. En parlant de contes, de beauté, de poésie, de psychanalyse et d'éveil intérieur, Ursula le Guin m'a captivée, et mis en lumière le langage de la nuit. Avec ses intenses réflexions, nous en savons plus sur sa manière d'écrire, sur son parcours d'écrivain, les difficultés mais aussi sur les prix prestigieux qu'elle a reçu.
« Après tout, comme nous l'ont affirmé les plus grands scientifiques, et comme le savent tous les enfants, l'imagination permet mieux que tout de percevoir, de compatir, et d'espérer. »
Composé de 10 parties distinctes, cet essai sur la science-fiction/fantasy offre des éclairages lumineux et un décodage intéressant sur les oeuvres des plus grands auteurs de l'imaginaire. Déjà, que j'avais l'intention de lire le seigneur des anneaux de Tolkien (Petit clin d'oeil à ma binôme de lecture), je pense que, désormais, j'irai avec une meilleure compréhension de cette lecture, et sans doute aussi, plus perspicace sur mes autres incursions en littérature fantastique…. J'ai découvert, (trop tard hélas), cette auteure, et j'aurai sans doute adoré voir une de ses conférences, mais je vais maintenant me tourner vers ses grandes sagas qu'elles nous a laissées, comme des douceurs exquises pour nos imaginaires….
« L'art n'a jamais nourri personne-souvent elle ne nourrit même pas l'artiste. La moitié de la planète ne mange pas à sa faim, et l'art fournit à l'esprit seulement une substance immatérielle. Des mots. Des mots, encore des mots. J'ai bien peur que l'on me dise que je me paye de mots. »

Ma note Plaisir de Lecture 8/10
Lien : https://fairystelphique.word..
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Foxfire
  08 mars 2018
Il n'est jamais aisé de critiquer un essai. D'autant plus lorsqu'il y a une contrainte de temps. Dans l'idéal, il faudrait prendre le temps de le digérer avant d'en dire quoi que ce soit. Difficile dans le cadre d'une masse critique...
En tout cas, même si je n'ai pas eu le temps d'entamer une véritable réflexion sur chacun des textes, "le langage de la nuit" a été une très bonne lecture. Tout d'abord, on y trouve toute la personnalité de le Guin, une femme de caractère, avec des convictions, qui ne mâche pas ses mots, ça peut sembler parfois virulent, presque blessant. Mais on sent malgré tout une grande humanité. Derrière l'auteure on devine une belle personne.
Comme je l'ai dit, je n'ai pas pu digérer les différents essais, il m'est donc difficile de donner mon avis sur les idées exprimées. Ce que je peux dire, c'est que j'ai particulièrement apprécié les textes où elle évoque la façon dont elle écrit, dont elle créé ses univers et ses personnages, même si c'est resté forcément un peu abstrait pour moi n'ayant, à ce jour, lu que "la main gauche de la nuit". Je pense que ce sera très intéressant de relire ces textes lorsque j'aurai lu d'autres oeuvres, notamment "Terremer".
J'ai également adoré la façon dont elle parle des contes. Son analyse de "l'ombre" d'Andersen est absolument passionnante.
J'ai bien conscience que ce billet est fort peu intéressant, je ne l'ai écrit maintenant que pour remplir ma part du contrat. Ce n'était là qu'une première lecture, il est certain que je relirai cet ouvrage si riche, plus calmement, en prenant d'avantage mon temps.
Je remercie vivement Babelio et les éditions "Aux forges de Vulcain" pour m'avoir permis de recevoir ce livre très intéressant.
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Horizon_du_plomb
  16 décembre 2016
Le livre constitue un ensemble de neuf essais inégaux (tant en quantité qu'en qualité) qu'elle a écrit entre 1973 et 1977 et qui sont seulement enfin disponibles en français. Personnellement, comme le livre « zen dans l'art de l'écriture » de Ray Bradbury qui participe de la même démarche, je ne les connaissais pas. Je ne suis qu'un amateur et je ne connais pas grand chose de l'auteure même si le livre « les dépossédés » reste une référence pour moi bien plus que « la main gauche de la nuit ».
Si certains essais sont avec moins de contenu, plus lapidaire dans leur avis, il y en a trois qui valent l'achat rien que pour eux seuls: « l'enfant et l'ombre, mythe et archétype en science-fiction, madame Brown et la science-fiction ». Ils n'apportent pas de visions neuves quand on a déjà lu des critiques de la SF (Goimard, Klein, Sadoul, …) mais ce sont des vérités vues à travers le prisme de l'auteur et son langage, des vérités qu'il est toujours bon de se rappeler. Ainsi, le potentiel de l'imagination pour se projeter, intégrer les référents et jouer avec, ce terreau de l'empathie et de l'anticipation, ce moyen de connaître le vrai nom des choses. Elle nous rappelle aussi que les personnages vraiment intéressants sont « ceux qui vivent par eux même », sont inaccomplis comme nous même. « Un adulte n'est pas un enfant mort mais un enfant qui a survécu. Selon moi, la faculté la plus profondément humaine, et humaniste, est l'imagination. »
« Le réalisme est peut-être le moyen qui convient le moins pour comprendre et décrire les incroyables réalités de notre existence. »
Je serais moins catégorique sur l'essai sur le langage de la fantasy qui est plus un point de vue qu'une réalité générale mais qui demeure très intéressant.
On sent que l'auteur est intègre par rapport à sa pensée et que son expérience lui a appris à poser sa vérité sur son écriture et donc le monde. J'ai bien aimé comme elle parle du désir d'être publié qui vient naturellement alors que paradoxalement elle en donne un contre-exemple avec Islandia publiée par la fille de l'auteur qui s'appuyait certes sur une démarche compensatoire. Cela m'a amusé aussi de lire qu'elle avait évité de lire des livres sur l'écriture alors qu'elle s'est beaucoup intéressée à l'inconscient, la psychologie notamment celle de Jung, et qu'en plus, certains de ses essais peuvent être vus comme des conseils d'écriture à de jeunes écrivains. Cherchez l'erreur. « Il (le conte dont elle a parlé) nous dit que l'artiste qui s'efforce d'ignorer le mal, n'entrera jamais dans la maison illuminée. » Il y a, je pense, une faute de traduction p 59 et 60 où le terme inconscient collectif est employé pour deux sens différents, opposés. Quand elle parle du jumelage du bien et du mal, on ne peut s'empêcher de penser aux ordinateurs quantiques qui arrivent à allier deux pensées sur la même onde. La SF est assurément la question des moyens, du convenable. J'ai bien aimé aussi son idée que l'héroïsme, c'est avoir la certitude du chemin, pas celle de le connaître.
Ce sont des essais qu'il faut replacer à leur époque et le champs des littératures de l'imaginaire évolue très vite.
Ainsi dire qu'il n'y a pas vraiment de critiques en littérature de l'imaginaire ou que le public est moins regardant correspond peut-être à une certaine époque pulp mais est maintenant une aberration pour une bonne partie je pense. Les chiffres récents du désir de lecture des Français ont prouvé l'importance des littératures de l'imaginaire à l'heure actuelle.
Quand elle critique avec ses essais une certaine S-F trop clichée, des auteurs comme Silverberg, Delany, Marion Zimmer Bradley ou Mac Caffrey, avec son vaisseau qui chantait, ont déjà produit des oeuvres marquantes. Souvent, son avis est fort tranché, je ne dirais pas dénigrant mais trop intransigeant. Son avis sur la bande-dessinée, son avis sur Batman et Superman. Elle se reprend certes par après pour Superman. Je n'ai pas trop été d'accord avec son point de vue sur les « sous-mythes » tout en comprenant ce qu'elle voulait signifier, je pense qu'on doit plus parler de comportements de sujet que d'identité, de pureté d'idée qui souvent regroupe un ensemble d'archétypes. Il faut qu'un « sous-mythe » ne soit pas trop perdu dans la contingence pour qu'il s'élève au mythe (ainsi par exemple le lien ange/extra-terrestre gentil/Prométhée). De même, je pense qu'on peut interpréter son souci des archétypes parleur pour l'humanité, et donc pour l'art, comme une forme alternative d'héliocentrisme (cela dit, elle modère ses propos par après en p142). On pourrait tout à fait imaginer des archétypes différents à ceux de l'humanité comme des schémas neuronaux différents (Peter Watts le fait assez bien). J'ai beaucoup ressenti cette intransigeance dans son point de vue sur le langage fantasy où elle n'accepte pas de la « realpolitik ». Je pense peut-être qu'après coup ce ton était voulu comme pour perturber l'amateur classique de SF de son époque, porter la polémique et faire évoluer le genre vers sa propre conscience.
En fait, je l'ai trouvée plus authentique quand elle parlait d'elle-même, de ses oeuvres que quand elle parlait du monde. On voit par exemple que ses essais n'ont pas connu l'ère post Harry Potter concernant la littérature pour enfants (même si elle explique son succès très bien avec les archétypes évidemment).
Globalement, je trouve qu'elle encense trop Tolkien. Il demeure évidemment une référence en fantasy comme Herbert l'est pour la SF mais, au plus je vieillis, au plus je me retrouve plutôt du coté de China Miéville qui trouve Tolkien un peu dépassé (sans même oser parler de Moorcock qu'elle abhorre je suppose). Je parle évidemment du ton, pas des archétypes.
« J'ai demandé un exemplaire du Hobbit: « Oh vous le trouverez dans les livres pour adultes, m'a répondu la libraire. Selon nous, ce n'est pas bien qu'un enfant refuse d'affronter la réalité. »
L'auteur nous parle déjà fin des années 70 des mythes présents dans la finance ou dans le mauvais réalisme qu'entretient une certaine Amérique comme l'actualité récente nous l'a montré (y compris avec le revirement de Wall Street suite à l'élection de Trump).
« Le chef d'oeuvre de cette littérature totalement irréaliste est, sans le moindre doute, l'indice quotidien des cours de bourse. »
J'ai regretté de ne pas avoir son avis sur le schisme qui parcoure actuellement la littérature SF anglophone et qui se répercute sur le prix Hugo tout en ayant aucune illusion sur le camps qu'elle défend.
J'ai trouvé qu'à un moment elle faisait une critique sociologique de la société du rapide mais ce n'est qu'un point de vue. Une littérature du rapide peut aussi exister, c'était d'ailleurs déjà le cas avec les pulps et les nouvelles dans les journaux. D'ailleurs, elle ne parle pas du lien entre cinéma et littérature mais j'aurais aimé connaître son avis. Globalement, et c'est paradoxal venant d'elle je pense, elle semble avoir du mal avec la mixité, les collages de thèmes, le diffus, un monde qui bouge et la nouveauté alors qu'elle se focalise sur la recherche des essences (pas celles juste idéalisées des Platoniciens toutefois).
« Un roman de fantasy est un voyage, … un voyage qui peut-être dangereux et vous transformera. »
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critiques presse (3)
Bibliobs   13 août 2018
Best-seller sorti en 1996 aux Etats-Unis, adapté au cinéma avec Ellen Page et Evan Rachel Wood, ce livre puissant met en question notre façon de vivre et de consommer. Pour y répondre par un cri aussi écologiste que féministe.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Bibliobs   13 août 2018
L'écrivaine américaine, pionnière de la SF féministe, ne s'est pas contentée d'écrire, dans les années 1960-70, parmi les meilleurs romans du genre (le cycle de « Terremer » ou le radical «la Main gauche de la nuit»), elle a aussi magistralement théorisé son art, et ce sont ses réflexions, imprégnées de psychanalyse, de mythologie et de contes de fées, qui se trouvent réunies dans ce livre.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Elbakin.net   15 novembre 2016
Une lecture forte, permettant tour à tour de s’interroger, non seulement sur l’importance si ce n’est l’essentialité des littératures de l’imaginaire, mais également sur nos attentes en tant que lecteurs.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   26 avril 2018
Pour un auteur de science-fiction, il existe un danger qui est tout à fait réel : il ne s'écrit pratiquement jamais de vraies critiques. Les lecteurs, bien sûr, nous font des remarques qui sont merveilleuses et toujours réconfortantes, et nous avons avec eux un rapport extraordinaire. Mais l'écrivain doit presque toujours se contenter d'être son propre critique. Ses textes de mauvaise qualité se publieront tout aussi vite, voire encore plus vite ; les fans le liront, parce que c'est de la science-fiction. Seule la conscience insiste pour s'efforcer d'écrire des textes excellents. À part l'écrivain, tout le monde s'en fiche.

UNE CITOYENNE DE MONDATH.
+ Lire la suite
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BazaRBazaR   22 novembre 2016
Quand j'ai commencé à réfléchir aux raisons pour lesquelles les Américains ont peur des dragons, je me suis rendu compte qu'en réalité, beaucoup d'entre eux ne sont pas seulement anti-fantasy, mais même anti-fiction. Nous avons, collectivement, tendance à considérer toute œuvre de fiction comme digne de méfiance ou de mépris.
"Ma femme lit des romans. Moi je n'ai pas le temps."
"Avant, quand j'étais gosse, je lisais de la science-fiction, mais évidemment je n'en lis plus, maintenant."
"Les contes de fées, c'est bon pour les enfants. Moi, je vis dans la réalité."
Qui s'exprime ainsi ? Qui donc exclut ainsi d'autorité, avec cette belle assurance, "La Guerre et la Paix", " La Machine à explorer le temps" et "Le Songe d'une nuit d'été" ? Je crains que ce ne soit l'homme de la rue, l'homme américain de plus de trente ans, le mâle industrieux - autrement dit, les hommes qui sont aux commandes de notre pays.
("Pourquoi les Américains ont-ils peur des dragons?")
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BazaRBazaR   26 novembre 2016
Un livre, pour moi, ne commence pas par une idée, ou une intrigue, un évènement, une société, un message. Un livre naît en moi sous la forme d'une personne, une personne que je vois, que j'aperçois d'assez loin, le plus souvent dans un paysage. Je vois le lieu, je vois la personne. Je n'ai pas à inventer ou à imaginer : il ou elle est là. Et tout mon travail consiste à l'y rejoindre.
("Madame Brown et la science-fiction")
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BazaRBazaR   21 novembre 2016
Pour faire bref, disons que j'avais toujours écrit, et que j'allais bientôt en arriver au point où il allait falloir publier ou capituler. On ne peut pas se contenter de remplir le grenier de manuscrits. L'art, comme le sexe, ne peut pas être pratiqué indéfiniment en solo ; d'ailleurs, l'un et l'autre ont le même ennemi, la stérilité.
("Une citoyenne de Mondath")
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BazaRBazaR   25 novembre 2016
Les grandes histoires fantastiques, les mythes, les contes de fées ressemblent vraiment aux rêves : ils parlent de l'inconscient à l'inconscient, ils s'expriment dans la langue de l'inconscient - par symboles et archétypes. Certes, ils utilisent des mots, mais sur un mode musical : ils contournent les raisonnements verbaux et s'adressent directement aux pensées qui gisent dans les profondeurs et que l'on ne peut exprimer.
("L'enfant et l'ombre")
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Videos de Ursula K. Le Guin (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ursula K. Le Guin
Entretien téléphonique entre le journaliste Paul Holdengräber et la romancière multi-primée Ursula K. Le Guin dans lequel elle s'exprime, entre autres choses, sur la fragilité de la frontière entre réalité et fiction, sur la souffrance provoquée par la célébrité et les angoisses liées aux influences littéraires extérieures. Émouvant et lumineux d'autant que cet entretien date d'une vingtaine de jours avant son décès.
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