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Gérard Klein (Éditeur scientifique)
ISBN : 2266004905
Éditeur : Pocket (09/09/1998)

Note moyenne : 4/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Le « livre d’or » présente le panorama complet de la science-fiction classique et moderne à travers les oeuvres, les écoles et les genres qui ont marqué son évolution.
• Chaque volume est consacré à un auteur ou à un domaine particulier, dont il regroupe les nouvelles les plus fulgurantes, les plus illustres ou les plus significatives.
• Un grand nombre de textes présentés dans le « livre d’or » sont inédits en français.
• Chaque volume est en o... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Foxfire
  27 février 2019
J'ai lu très peu d'oeuvres de le Guin, uniquement le superbe roman « la main gauche de la nuit » et le passionnant recueil d'articles paru sous le titre « le langage de la nuit ». Roman, essai, il ne me manquait plus que des nouvelles pour avoir un aperçu global du talent l'auteure. C'est chose faite avec ce volume de la collection mythique de Gérard Klein « le livre d'or de la SF ». Cette lecture est venue confirmer tout le bien que je pensais d'Ursula le Guin qui est donc également une excellente nouvelliste.
Sur les 11 nouvelles que comporte cette anthologie, seules 2 ne m'ont pas entièrement séduite, sans pour autant qu'elles puissent être qualifiées de mauvaises. Si « le roi de Nivôse » ne m'a pas convaincue c'est surtout parce qu'il est une sorte d'esquisse à ce qui deviendra « la main gauche de la nuit ». Ayant lu ce superbe roman avant la nouvelle, celle-ci m'est apparue peu aboutie, comme un brouillon du chef d'oeuvre en question, certes un joli brouillon mais qui s'apprécie sans doute plus si on n'a pas lu « la main gauche… ». La seconde nouvelle qui ne m'a pas séduite est « à la veille de la révolution ». Dans ce texte, indéniablement brillant, Le Guin développe des idées intéressantes et profondes tout en restant à hauteur d'humain. L'auteure propose un texte très bien écrit et intelligent mais il lui manque le côté merveilleux, enchanteur que j'aime tant chez cette auteure.
Ce sont là les 2 seuls textes du recueil qui, tout en étant bons, ne m'ont pas séduite. Tout le reste n'est que du bonheur.
Comme je l'ai dit, ce que j'aime particulièrement chez Le Guin c'est son talent pour imaginer des récits empreints de merveilleux. Depuis ma lecture du recueil d'articles « le langage de la nuit » je sais que Le Guin avait beaucoup de considération pour les contes, genre littéraire très riche et plus profond que ce que pensent beaucoup de gens. Il n'est donc guère étonnant que plusieurs nouvelles fassent penser à des contes. C'est le cas de la magnifique nouvelle qui ouvre ce recueil, « le collier de Semlé » qui constitue semble-t-il le prologue du « monde de Rocannon ». le mélange de fantasy et de SF allié à la poésie d'un conte est enchanteur. Des images naissent instantanément dans la tête du lecteur. D'ailleurs, bien faite, une adaptation en B.D pourrait être assez fabuleuse.
« La règle des noms », formidable récit qui relève plutôt de la fantasy a aussi des allures de conte. Tout comme « étoiles des profondeurs », très beau récit en forme d'hommage poétique à Galilée et à tous ceux qui regardent le ciel.
Dans chaque récit Le Guin fait preuve d'un talent formidable pour créer des mondes riches avec une économie de mots qui force le respect. Pas de vanité, pas d'effet gratuit chez Le Guin. A chaque fois, en très peu de pages tout un monde prend vie. Tout comme, il suffit à l'auteure de quelques lignes pour camper des personnages forts et attachants. Même dans un récit assez mineur comme « avril à Paris », Le Guin parvient, avec très peu, à lier son lecteur à ses 2 héros. Cette histoire n'est pas la plus aboutie de le Guin mais ce mélange de magie et de voyages dans le temps réussit l'exploit d'être à la fois drôle et émouvante.
Si le Guin excelle à imaginer des mondes riches et à créer des personnages forts, elle maîtrise également parfaitement la narration. Ses récits sont toujours très bien menés, de façon très intelligente. Sans jamais chercher la facilité d'effets artificiels, l'auteure parvient à surprendre son lecteur. On ne sait jamais où Le Guin va nous emmener. Ainsi en lisant « neuf vies » on a d'abord l'impression de se retrouver face à un récit assez classique de SF avant d'être peu à peu emmené vers quelque chose de plus personnel. On commence par suivre 2 hommes chargés de l'exploitation minière d'une planète qui reçoivent l'assistance de clones. le récit aborde alors avec subtilité les thèmes de l'identité et de la solitude, tout en demeurant très divertissant.
« Champ de vision » et « ceux qui partent d'Omelas » sont d'autres preuves de la maestria narrative de l'auteure. La construction est chaque fois parfaite de bout en bout jusqu'à des conclusions à la fois surprenantes et qui donnent un sens aux récits.
Mais la nouvelle qui m'a littéralement subjuguée est « plus vaste qu'un empire », un véritable chef d'oeuvre de la forme courte. L'intrigue est menée de main de maître. L'auteure installe progressivement les différents éléments, prenant le temps de s'attarder sur les rapports entre les personnages. D'ailleurs, les relations entre les protagonistes sont finement posées et l'évolution de ces rapports est très bien construite. Dans ce texte on retrouve un motif récurrent chez Le Guin, la forêt en tant que personnage vivant (motif qu'on retrouve un peu dans un autre texte du recueil, le très bon « le chêne et la mort). A travers un récit d'exploration, l'auteure aborde le thème du rapport à l'autre. Et elle le fait de façon brillante mais surtout pleine d'émotion. Empreint d'un grand humanisme, le récit est centré sur les émotions. Les sentiments et les émotions sont un véritable enjeu dramatique dans le récit. Ils sont les causes et les conséquences, ils font partie des péripéties, des événements. Sur un thème classique en SF, Le Guin fait preuve d'une belle singularité et pose un regard très personnel.
Ce recueil est donc un très bon ouvrage qui ne me donne qu'une envie, lire encore et encore cette fabuleuse auteure qu'est Ursula le Guin.
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Erik35
  08 juin 2018
LA MAGIE LE GUIN EN ONZE ÉTAPES.
Crée à l'instigation du normalien mais féru de SF, fantastique et fantasy Jacques Goimard, sous la direction et (très intelligemment) préfacé par l'essayiste, écrivain et directeur de collection Gérard Klein, voici donc un énième mais indispensable petit bijou tout droit tiré de l'imaginaire riche, humain, dense, poétique et complexe de la regrettée Ursula K. le Guin.
Certes, l'anthologie n'est pas des plus récentes et demande quelques instants de recherche sur les sites d'ouvrages d'occasions (la tâche n'est guère ardue et plus d'une proposition à coût très raisonnable se présente de suite au fouineur) puisqu'elle n'est plus disponible à l'état neuf chez votre libraire de proximité préféré. Cette collection qui fit les beaux jours du genre "Le Livre d'or de la science-fiction" date en effet des années 70-80...
Il n'en demeure pas moins que la plupart des nouvelles proposées ici n'ont jamais été reprises ailleurs, à l'exception notable de la première "Le collier de Semlé", édité sous une forme proche en prologue du roman inaugural du fameux cycle de Hain (qui deviendra le cycle de l'Ekumen), "Le Monde de Rocannon". Les amateurs, de même que les éventuels curieux décidé à venir tâter de cette oeuvre polyphonique, profonde, majestueuse, ne seront pas déçus par ce choix de texte dans lequel ils retrouveront (découvriront) tout aussi bien la veine futuriste de l'autrice que celle, sans doute plus poétique encore, liée au monde de la fantasy et proche, indubitablement, de son superbe cycle de Terremer.
Toutes les thématiques propres à l'autrice américaine sont déjà présente dans ces quelques textes, dont certaines pépites comme ce surprenant et anachronique "Avril à Paris", ce troublant de beauté "Le Roi de Nîvose" où l'on pénètre à nouveau dans la magie de cette planète aux êtres asexués de "La main gauche de la nuit" (sans doute son roman le plus attachant), cet inquiétant "Plus vaste qu'un empire" qui est une sorte de réponse à "Le nom du monde est forêt" ou encore la toute dernière qui donne quelques pistes sur ce qui allaient permettre cette expérience anarchiste réelle dans "Les Dépossédés", l'autre très grand roman d'Ursula K. le Guin.
Chaque fois, ce sont d'incroyables leçons d'humanité que nous propose la californienne, mais d'un humanisme totalement acentrique, ainsi que le rappelle fort judicieusement Gérard Klein. Un humanisme qui n'est pas fils de la Renaissance puis des temps modernes où, pour aller un peu vite, l'homme s'est imposé comme centre du monde en lieu et place de dieu, mais un humanisme dans lequel nous sommes à l'intérieur du grand tout, capable de bien nombreuses réalisations capables d'influer sur le reste, sans aucun doute, mais qui ne fait pas de cette humanité la chose première et dernière autour de laquelle tout le reste doit invariablement tourner. L'homme est, chez Ursula K. le Guin une part parmi d'autres de la création. «Les hommes ne sont pas détrônés mais redéfinis», explique le préfacier. Et de poursuivre ainsi : «À l'image souveraine et centrale d'un homme idéal succède l'idée des hommes, différents, communiquant et tâtonnant. Aucun d'eux dès lors, pas même le plus humble, pas même la communauté apparemment la plus arriérée et la plus isolée, ne peu être négligée, car l'un et l'autre portent une irremplaçable potentialité d'expérience et d'interactions.»
Par ces quelques lignes, on comprend mieux comment la violence, qu'elle soit guerrière, policière, entre les sexes, entre les générations ne peut être que condamnée par Ursula K. Leguine. de même que toute forme de sexisme, de racisme, d'oppression sociale, économique, culturelle, éthique. L'écoute, le respect de l'autre dans ce qu'il a de plus profond, de différent, d'atypique y sont sans cesse rappelés. le plus inouï, c'est que sans aucune espèce de didactisme, de moralisme de café du commerce ou d'imprécation intellectuelles factice et fastidieuse, toute l'oeuvre de cette magicienne des idées et des mots parvient, en quelques dizaines de pages d'une simplissime (dans les moyens) mais évidente finesse, d'une infinie tendresse la plupart du temps - ce qui ne l'empêche pas de décrire, souvent, des mondes rudes, difficiles, convulsifs - à démonter les mécanismes de ces violences, de cet hubris, à en montrer l'absurde même, mais aussi à chercher et souvent proposer des alternatives, des chemins d'expérimentation, des voies divergentes possibles. Là est toute la grâce et la très grande force de cette oeuvre qu'il est, dans une certaine mesure, bien dommage de circonscrire à des genres littéraires souvent mésestimés tant du public que des critiques, tandis qu'elle s'ouvre sur des thématiques aussi diverses que l'écologie, les sciences cognitives aussi bien que celles qualifiées d'humaines, sociologie et ethnologie en tête, sur une certaine forme (très souvent dénuée de puissance supérieure, de divinité incarnée ou révélée) de spiritualité et de métaphysique, et bien entendue sur toutes les formes de gouvernement que ces beaux rêves éveillés sont à même de proposer et de partager.
Une oeuvre d'une richesse immense que le public français n'a pas fini de découvrir (au rythme des traductions et selon le bon vouloir des éditeurs) dont il nous semble, sans aucune hésitation, qu'elle émane d'un des esprits majeurs de la fin du XXème siècle et de l'aube de celui-ci. Cette anthologie, pour celles et ceux qui parviendront à se la procurer, en est une excellente porte d'entrée.
Ci-après, les titres, en français (puis en anglais) ainsi que le nom des traducteurs des onze nouvelles proposées dans ce recueil :
1 - le Collier de Semlé (Semley's Necklace / The Dowry of Angyar), trad. Jean BAILHACHE
2 - Avril à Paris (April in Paris), trad. Jean BAILHACHE
3 - La Règle des noms (The Rule of Names), trad. Jean BAILHACHE
4 - le Roi de Nivôse (Winter's King), trad. Jean BAILHACHE
5 - Neuf vies (Nine Lives), trad. Jean BAILHACHE
6 - Plus vaste qu'un empire (Vaster Than Empires and More Slow), trad. Claude SAUNIER
7 - Étoiles des profondeurs (The Stars Below), trad. Jean BAILHACHE
8 - Champ de vision (Field of Vision), trad. Jacques POLANIS
9 - le Chêne et la mort (Direction of the Road), trad. Jean BAILHACHE
10 - A la veille de la révolution (The Day Before the Revolution), trad. Jean-Pierre PUGI
11 - Ceux qui partent d'Omelas (The Ones Who Walk Away from Omelas), trad. Henry-Luc PLANCHAT
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Tatooa
  26 novembre 2019
En fait, en cherchant un peu dans ma bibliothèque, je n'ai pas lu beaucoup de livres de cette auteure.
J'ai beaucoup aimé Planète d'exil, lu en 2015, semble-t-il. Mais je ne m'en souviens pas du tout, ce qui est quand même un peu étrange.
Dans cette anthologie, j'ai bien aimé la plupart des nouvelles. Mais j'avoue que j'ai peiné à accrocher vraiment. C'est très bien écrit, mais je suis resté à distance de la plupart d'entre elles. "Etrangère", sans doute.
Et je sais exactement pourquoi.
Pas d'identification aux personnages possible, en ce qui me concerne. Alors intellectuellement, c'est intéressant, certes. Ce sont, pour la plupart, des "études de cas".
Mais très franchement, je ne suis pas arrivée à éprouver des émotions, pas d'attachement, à aucun personnage, à part, à part ce clone de "Neuf vies", qui est celle que je préfère entre toutes, sans doute parce que je connais bien la solitude.
Peut-être cette absence d'émotions est-il lié au format, trop court pour arriver à m'immerger. Même dans la plus longue, "Plus vaste qu'un empire", j'ai eu du mal. Dans celle-là, sa théorie de l'empathie ne m'a pas du tout convaincue. En restant à distance des personnages, j'ai pas réellement adhéré à l'histoire, non plus.
Comme "cas", c'est intéressant, mais ça ne m'a pas vraiment parlé, une fois de plus.
J'ai plus aimé "Champ de vision", avec la différence de point de vue entre Hugues et Temski, j'ai trouvé l'idée très originale, et en fait, j'aurais apprécié qu'elle soit plus longue et développée. J'ai également beaucoup aimé "Le chêne et la mort", vraiment très imaginative et totalement dépaysante !
Je n'ai pas du tout apprécié "A la veille de la révolution". J'en ai trouvé le ton très "donneur de leçon", et je n'aime pas ça, dans aucun domaine. Par ailleurs, j'ai eu une impression assez étrange de "révolte de salon", parce que rien de tout ça n'est assez réaliste pour moi.
Les utopies, c'est très joli. En théorie. Mais il suffit de regarder ce qu'il se passe à Hong-Kong, au Chili, au Liban, au Soudan, pour voir qu'intellectualiser et théoriser, c'est bien, mais que la réalité, c'est que le monde est injuste, sauvage, que les révoltes se passent dans le sang et les larmes, et que si elles réussissent, c'est aussi souvent pour ne faire que changer de maître.
Enfin bref, je suis sans doute trop vieille, trop cynique et désabusée pour réellement apprécier. Par ailleurs, comme toujours en cette période, mon moral n'est pas des plus gais. Donc pas tellement en phase avec tout ça.
Bon après, c'est très agréable à lire, bien écrit, bien traduit. mais sans plus.
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jamiK
  29 août 2017
C'est un recueil de nouvelles qui regroupe plusieurs textes antérieurs à 1975 et dont certains contiennent les prémices de chacun de ses romans, tout en étant absolument pas le roman en raccourcis. Ils sont tous très bien écrit, plein d'idées nouvelles et d'angles de vue originaux et dans plusieurs genre. Elle m'ont toutes emballées et m'ont donné envie de me tourner vers les romans que je n'ai pas encore lus (le thème des dépossédés revient dans 2 nouvelles). Autre point commun entre ces nouvelles et qui fait d'Ursula le Guin un de mes auteurs de SF préféré, c'est sa capacité à camper des personnages toujours touchants, avec des caractères bien définis, où la sagesse y est souvent présente, même le chêne de "Le chêne et la mort" attire notre empathie.
Je me demande parfois si la lecture de l'oeuvre d'Ursula le Guin ne devrait pas être remboursé par la Sécurité Sociale tant elle me semble relaxante et apaisante, zen...
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Philemont
  01 janvier 2013
En 1975 l'oeuvre d'Ursula LE GUIN se résume à neuf romans. Elle a pourtant déjà fortement marqué la Science-Fiction, et a été récompensée en conséquence. La structure de son oeuvre ressemblait d'ailleurs déjà à ce qu'elle est encore aujourd'hui.
Le cycle de Terremer se résumait alors à la trilogie initiale. Rappelons que son intrigue prend place dans un archipel aux îles innombrables, où coexistent des hommes de races différentes, et où la magie est garante du progrès technologique. le cycle de l'Ekumen, parfois appelé cycle de Hain, se composait lui de cinq romans. Ce cycle est une histoire du futur de l'Humanité exploitant une idée alors inédite en Science-Fiction, celle selon laquelle les différences biologiques et culturelles sont indispensables à la survie de l'Humanité. Il y avait enfin un roman isolé, L'Autre côté du rêve, mais que l'on peut considérer comme un prologue au cycle de l'Ekumen puisque décrivant un avenir relativement proche où la Terre devient invivable.
C'est à cette époque qu'Ursula LE GUIN publie un recueil de nouvelles intitulé The Wind's Twelve Quarters dont le contenu est repris en France trois ans plus tard dans le livre d'or de la Science-Fiction. Cette anthologie réunit onze nouvelles annonçant ou confirmant les thématiques particulières de l'auteure. Deux d'entre-elles peuvent être rattachées au cycle de Terremer, cinq au cycle de l'Ekumen, et quatre sont indépendantes de tout cycle en dépit d'une thématique de fond commune.
1) le Collier de Semlé (Semley's Necklace, 1965)
Il s'agit d'une nouvelle à mi-chemin entre la Fantasy et la Science-Fiction. Avec son style très proche du conte traditionnel, elle a été reprise par LE GUIN, sous une forme légèrement remaniée, dans le prologue de son premier roman, le Monde de Rocannon, premier tome du cycle de l'Ekumen.
2) Avril à Paris (April in Paris, 1962)
Hommage à Paris, où Ursula LE GUIN séjourna dans le cadre de ses études, cette nouvelle annonce le cycle de Terremer, avec la rencontre entre un sorcier du XVème siècle et un scientifique du XXème siècle.
3) La Règle des noms (The Rule of Names, 1965)
Nouvelle se situant très clairement dans le cycle de Terremer, ce dernier n'avait alors pas encore trouvé son originalité propre puisque ce texte est très inspiré de l'univers de Tolkien. La fameuse règle des noms est toutefois l'un des codes essentiels qui régira la vie des magiciens dans le cycle.
4) le Roi de Nivôse (Winter's king, 1969)
Première esquisse de la Main gauche de la nuit, quatrième tome du cycle de l'Ekumen, cette nouvelle conte l'histoire d'un roi androgyne qui fuit son royaume afin d'échapper au conditionnement mental que ses ennemis lui ont fait subir.
5) Neuf vies (Nine lives, 1969)
Cette nouvelle est à rattacher au cycle de l'Ekumen, mais il est difficile de la situer chronologiquement. L'idée que les Hommes exploitent les ressources d'autres planètes est toutefois évoquée dans Les dépossédés, cinquième tome du cycle. Dans cette nouvelle, deux ingénieurs humains se font assistés par dix clones du même individu pour exploiter les minerais d'une planète.
6) Plus vaste qu'un empire (Vaster than empires and more slow, 1971)
Cette nouvelle appartient au cycle de l'Ekumen. Si elle n'est pas chronologiquement datée, son intrigue est la plus éloignée dans le temps parmi toutes les oeuvres qui composent le cycle. Dans celle-ci une équipe d'explorateurs voyagent plus rapidement que la lumière et prend contact avec une forme de vie totalement étrangère.
7) Étoiles des profondeurs (The Stars Below, 1974)
Nouvelle indépendante de tout cycle, il s'agit d'un mélange d'histoire et de Science-Fiction sous forme d'hommage à Galilée. On y retrouve aussi l'appétence de l'auteur pour mettre en avant les relations entre groupes sociaux opposés.
8) Champ de vision (Field of vision, 1973)
Indépendante de tout cycle également, cette nouvelle met en scène le Docteur Geraint Hughes qui participe à une expédition sur Mars. Pour lui l'expérience tourne mal puisqu'il perd manifestement la vue, mais semble désormais doté de visions.
9) le Chêne et la mort (Direction of the Road, 1973)
Encore une nouvelle indépendante de tout cycle, celle-ci prend la forme d'une autobiographie d'un chêne qui découvre le développement de l'automobile.
10) A la veille de la révolution (The day before the revolution, 1974)
Retour dans le cycle de l'Ekumen avec en quelque sorte un prologue au roman Les dépossédés. Cette nouvelle est en effet consacrée à Odo, fondatrice de la société telle que décrite dans le roman.
11) Ceux qui partent d'Omelas (The Ones Who Walk Away From Omelas, 1973)
Courte nouvelle indépendante de tout cycle, celle-ci se développe autour d'une hypothèse simple mais terrifiante : et si le bonheur de tous les êtres était conditionné au malheur d'un seul ?
Ce que le lecteur ressent à la lecture de ces onze nouvelles d'Ursula LE GUIN, comme de celle de ses romans d'ailleurs, c'est l'humanisme qui s'en dégage. Pour elle il n'y a pas de salut dans le cadre d'une civilisation unitaire ; au contraire c'est la différenciation des êtres, et par-là même l'acceptation des uns par les autres, qui est salutaire. Il faut certainement voir ici la résultante de l'éducation que LE GUIN reçut de ses parents ethnologues. de même, dans bon nombre de ses textes, on ressent l'influence de ses études d'histoire qui ajoute encore au fait que son oeuvre est bien plus influencée par les sciences sociales que par les sciences physiques, ce qui était alors totalement anachronique parmi les auteurs de Science-Fiction.
Comme Ursula LE GUIN est une formidable auteure, le résultat est ici un recueil de nouvelles plein d'émotions avec une mention toute particulière pour les deux dernières : A la veille de la révolution (prix Nebula 1974, prix Jupiter et Locus 1975) et Ceux qui partent d'Omelas (prix Hugo 1974).
Notons pour conclure que les nouvelles de cette anthologie sont réunies et abondamment présentées par Gérard KLEIN. Ses commentaires ont été très largement utilisés dans la rédaction de la présente chronique.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   09 mai 2018
La discipline militaire, avec sa raideur chitineuse, ne pouvait s'appliquer à ces équipes de savants fous. Les ordres se transmettaient, étaient exécutés d'une manière qui tenait de la procédure parlementaire et du choix individuel. Elle aurait rendu malade un officier de l'armée régulière.
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Erik35Erik35   10 mai 2018
Il faut approfondir les choses. Il y a de la lumière pour qui veut la voir. Ce ne sont pas seulement nos yeux mais nos mains, notre esprit, notre cœur, notre foi qui nous révèlent l'invisible et lèvent le voile du mystère. Et les ténèbres de la terre brillent comme une étoile dormante.
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Erik35Erik35   10 mai 2018
S'ils veulent voir la mort de leurs yeux, c'est leur affaire, non la mienne. Je ne veux pas être pour eux l'éternité. Qu'ils ne comptent pas sur les arbres pour y trouver l'image de la mort. Qu'ils la cherchent plutôt dans les yeux de leurs semblables.
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TatooaTatooa   24 novembre 2019
Il est dur de faire connaissance avec autrui, fût-ce le plus ouvert des extravertis face à l'être le plus humble, car même alors on éprouve une certaine crainte, consciente ou non. Va-t-on me ridiculiser, détruire l'image que j'ai de moi-même, m'envahir, me modifier ? Sera-t-on différent de moi ? Certainement. C'est là ce qu'il y a de plus terrible, l'étrangeté de l'étranger.
(Dans "neuf vies")
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Erik35Erik35   09 mai 2018
Son ton n'exprimait aucune sympathie, et d'ailleurs il était vain d'en attendre de ces gens-là. La sympathie est une chose que l'on donne parce qu'on a besoin d'en recevoir.
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Videos de Ursula K. Le Guin (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ursula K. Le Guin
Entretien téléphonique entre le journaliste Paul Holdengräber et la romancière multi-primée Ursula K. Le Guin dans lequel elle s'exprime, entre autres choses, sur la fragilité de la frontière entre réalité et fiction, sur la souffrance provoquée par la célébrité et les angoisses liées aux influences littéraires extérieures. Émouvant et lumineux d'autant que cet entretien date d'une vingtaine de jours avant son décès.
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