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EAN : 9782253189671
1800 pages
Le Livre de Poche (03/10/2018)
4.2/5   114 notes
Résumé :
Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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sur 114 notes
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Musardise_aka_CthulieLaMignonne
  24 janvier 2021
J'ai connu bien des déboires avec Terremer, dus à la politique de conservation des documents dans ma bibliothèque de quartier. S'y trouvaient tous les livres principaux se rattachant à ce cycle légendaire d'Ursula le Guin. J'avais donc entamé le cycle, et puis... patatra ! le temps que je fasse une pause entre deux tomes, la totalité avait disparu des collections. Les livres étaient un peu vieux, certes, mais encore largement en état d'être lus, et, surtout, cette bibliothèque était la seule du réseau à les posséder. Et il n'était nullement envisagé de les remplacer par la nouvelle édition en intégrale. Frustration, dégoût, agacement, je suis passée par toutes sortes d'émotions en me rendant compte qu'on avait fait le choix d'éliminer des collections un classique de la littérature et, en même temps, la possibilité de découvrir son auteure, une référence en SF autant qu'en fantasy : ne restait qu'un seul livre de le Guin, qui allait sans doute suivre la même voie que ses compagnons. Ont suivi des demandes d'achats de la nouvelle intégrale par mon conjoint et moi-même, des discussions constructives avec deux bibliothécaires, et on a finalement gagné au change, puisque notre bibliothèque possède maintenant la récente intégrale publiée en poche. J'espère bien que les lecteurs se montreront un tantinet curieux et l'emprunteront souvent - car ils sont eux aussi en partie responsables de la politique de conservation de la bibliothèque.

Je ne vous raconterai pas l'histoire de Terremer, non pas parce qu'il est impossible d'en tirer un résumé (qui serait très long, cela dit), mais parce que, d'une part, je n'ai pas envie de déflorer l'oeuvre, et d'autre part parce que je pense que ce n'est pas la meilleure façon de donner envie de lire ce cycle. Un de ces jours, j'écrirai des critiques pour chacun des romans ou recueil de nouvelles du cycle, mais ce n'est pas ce que j'ai envie de faire aujourd'hui.

Terremer, c'est un lieu, un royaume, un archipel de centaines, de milliers d'îles. Un lieu surgi de l'imagination d'Ursula le Guin, mais auquel elle avait peu réfléchi lorsqu'elle a écrit les premières nouvelles qui se déroulaient dans cet environnement. Puis, en 1967, un éditeur propose à le Guin d'écrire un roman de commande, un roman de fantasy qui s'adresserait aux adolescents. Réticente d'abord (car après tout, pourquoi écrire spécifiquement pour des adolescents?), elle tente tout de même l'aventure en reprenant le monde à peine esquissé de Terremer. Ce sera, avec le Sorcier de Terremer en 1968, l'arrivée de Ged, le futur Archimage, personnage central de Terremer... Central, vraiment ??? C'est cette question du héros, de la place du héros, qui fera, entra autres, la particularité de Terremer. D'un roman à la facture somme toute classique, comme le dit elle-même Le Guin - et quoiqu'on puisse amplement discuter du classicisme de ce premier roman -, va naître un cycle de six livres, qui n'était absolument pas prévu. Assez vite, Le Guin aura envie de creuser ce monde de Terremer. Suivront donc en 1970 et 1972 Les Tombeaux d'Atuan et L'Ultime Rivage. Et plus rien jusqu'en 1990, date de sortie de Tehanu. Ursula le Guin ne savait alors pas ce qu'il allait advenir de ses personnages. Donc, une pause, à nouveau, jusqu'aux Contes de Terremer en 2001 (dont les nouvelles ont été écrites entre 1997 et 2001), pour terminer le cycle en toute beauté la même année. Après des tergiversations, des arrêts qui devaient signer la fin du cycle de Terremer, et des suites imprévues, la boucle a enfin été bouclée. Et quelle boucle !

Car enfin, on pourrait penser qu'un cycle qui a connu tant de méandres a été pensé de façon peu rigoureuse et donne un résultat peu cohérent. Or, c'est tout le contraire. Si on compare Terremer à la série des Harry Potter (bon, c'est pas du tout du même niveau selon moi, que je sois claire, même si j'ai pu prendre plaisir à lire Harry Potter), qui révèle beaucoup d'incohérences et de manque d'exploration du monde imaginé par J.K. Rowling, Ursula le Guin a beaucoup plus travaillé et son univers, et ses textes. Si Rowling retombe tout de même sur ses pieds - je dois lui reconnaître ça -, Le Guin s'est, elle énormément, intéressée au monde de Terremer, s'est posé moult questions au fur et à mesure de son travail d'écriture et pendant ses longues pauses. Elle explique très bien tout ça dans tous les textes de type postface de l'intégrale.

Ce qui a fait de Terremer un magnifique terreau pour développer une multitude de sujets, tout en restant une histoire de fantasy à l'écriture très sobre, qui se lit facilement, et d'un genre un peu à part pour les années 1960, puisqu'il s'agissait davantage de voyages initiatiques individuels, du moins pour les premiers romans, que d'une épopée collective. le voyage intérieur, la découverte de ce qui fait l'identité de chacun, c'est Terremer. La place des femmes dans la société, c'est Terremer. le questionnement sur ce qu'est la magie, c'est Terremer. le questionnement sur la supposée supériorité de la magie pratiquée dans l'archipel, c'est Terremer. le rapport entre les hommes et leur sol natal, c'est Terremer. le rapport entre les peuples qui composent l'archipel, c'est Terremer. le rapport à L Histoire, c'est Terremer. le rapport des hommes à la mort, c'est Terremer. La découverte des origines, c'est encore et toujours Terremer. Et Terremer, c'est encore bien plus que ça. Que votre préférence aille vers Confucius ou Aristote, retenez ceci à propos de Terremer : "Le tout est plus grand que la somme des parties" / "La totalité est plus que la somme des parties".

Lien : https://musardises-en-depit-..
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jmb33320
  31 août 2019
Je connais bien, pour les avoir lus, relus et appréciés, les romans de SF d'Ursula K. le Guin, notamment ceux qui s'inscrivent dans le « Cycle de Hain ». Mais je n'avais encore jamais lu en intégralité ses ouvrages de fantasy du « Cycle de Terremer ». La parution récente d'un énorme omnibus au Livre de Poche, dans un format plus grand que celui qui est habituel à cette collection, a été le déclic pour que je m'y mette enfin ! Et j'ai donc passé deux mois en sa compagnie, en alternant cette lecture avec d'autres pour ne pas risquer la saturation.
Cette édition exhaustive comprend les romans ou recueil de nouvelles :
- le Sorcier de Terremer (1968)
- Les Tombeaux d'Atuan (1971)
- L'Ultime Rivage (1972)
- Tehanu (1990)
- Contes de Terremer (2001)
- le Vent d'ailleurs (2001)
mais aussi des présentations et postfaces de l'auteure, quatre nouvelles rares, la « Description de Terremer », une carte et des illustrations. C'est donc un assez bel objet, au papier très fin pour supporter une pagination maximale dans un volume au poids raisonnable.
Le Sorcier de Terremer :
A l'époque où a été écrit ce premier volume (1968), la fantasy n'était pas le phénomène éditorial qu'elle est devenue. J'ai donc trouvé une très grande fraîcheur à sa narration, qui a bien des égards s'éloigne des stéréotypes du genre. Si l'apprentissage de Ged , un adolescent doué de pouvoirs, est au centre du roman, le traitement du sujet échappe subtilement aux lois du genre. Ici, pas de camps bien tranchés entre bien et mal, pas de nations en guerre non plus. le récit laisse la part belle à l'évolution d'une personne vers sa maturité.
Les Tombeaux d'Atuan :
Au premier abord, on croit lire un nouveau roman, et non pas une suite. Mais cette impression se révèlera fausse. Tenar, une fillette de cinq ans, a été désignée comme réincarnation de la Gardienne des Tombeaux d'Atuan. Alors qu'elle en a quinze, elle sera confrontée à une situation qui l'obligera à se redéfinir entièrement. Et Ged y sera pour beaucoup…
L'Ultime Rivage :
Dernier volume de la « trilogie originale » ce volume se caractérise par un ton beaucoup plus sombre que celui des deux précédents. L'équilibre du monde de Terremer est mis en péril par une force mystérieuse qui semble ôter toute magie et tourner les hommes vers la tristesse et la mort. Ged, devenu Archimage de Roke, partira en compagnie d'Arren, un jeune prince venu d'Enlade, pour essayer de remonter à la source de ce trouble. Ils iront aux confins des Marches du Sud puis remonteront vers les Marches de L'Ouest. Chacun d'entre eux en reviendra changé.
Tehanu :
Rajout de 1990 à la trilogie initiale, ce quatrième volume se caractérise par un ré-équilibrage des sexes par la prééminence accordée à Tenar et sa protégée Therru. Ursula K. le Guin s'en explique dans une postface éclairante. le roman a été jugé trop féministe pour nombres de lecteurs, qui ont vécu la perte des pouvoirs de Ged comme insupportable. Pour autant ce roman, pour moi encore plus sombre que l'Ultime Rivage, est bien plus subtil et profondément humain.
Contes de Terremer :
Magnifique. L'écriture de chaque nouvelle est ciselée, les surprises au programme. Et l'on en apprend beaucoup plus sur l'histoire de Terremer, chaque nouvelle se situant à une époque différente, on finit par avoir une perspective différente et beaucoup plus riche de cet univers. Si vous voulez avoir un aperçu saisissant de ce cycle, commencez-donc par ces Contes de Terremer.
Le Vent d'ailleurs :
Où comment mettre fin à un cycle commencé trente ans plus tôt avec toute la hauteur de vue nécessaire : difficile de mettre en défaut Ursula K. le Guin sur la grande cohérence de son univers, encore une fois si profondément humain et, à mon sens, éloigné des clichés du genre.
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l-ourse-bibliophile
  07 mai 2022
J'ai commencé cette lecture avec quelques idées préconçues : pour être honnête, du fait de l'âge des premiers romans, je m'attendais à ce que ce soit sympathique, mais très classique. Un héros, de l'aventure, des duels de magie, des méchants très méchants et des dragons un peu partout… Je ne pouvais être plus positivement surprise de ce que j'ai alors découvert.
Certes, le début du premier tome est classique. Un garçon faisant preuve d'un pouvoir précoce et fort, ses premiers maîtres, son passage à l'École de Roke – l'école de magie –, ses erreurs et sa progression. La première moitié est très rapide (Ged passe d'apprenti à sorcier à mage sans que l'on ne voit le temps passer, sans que l'on ne sache vraiment comment), tout à fait « sympathique mais classique » donc. Mais les choses évoluent et, quand a commencé cette fuite en avant pour se défaire de l'ombre qu'il avait extrait des ténèbres, la tonalité a changé et le tout est devenu beaucoup plus captivant. Ne nous arrêtons donc pas à ces cent premières pages sur un pavé qui en contient 1800.
Car les romans d'Ursula K. le Guin sont, en réalité, beaucoup plus psychologiques et parfois beaucoup plus sombres que ce à quoi je m'attendais. Plus qu'un ennemi bien identifié, ce sont des ténèbres qui envahissent chaque roman, des forces noires et invisibles : celles des Tombeaux d'Atuan et des Innommables, celles liées à cette terrible Contrée Aride où errent les morts, celles que l'on porte en soi…
Ce ne sont pas des histoires de guerres, de lutte entre le Bien et le Mal, mais des quêtes souvent très personnelles. Les ténèbres à dissiper ou à dompter sont souvent intérieures, issues de la soif de pouvoir, de la jalousie, de la fierté, de la peur, pernicieuses contaminations de l'esprit et du coeur. le quatrième tome, très sombre, raconte la méchanceté humaine, la cruauté indicible, la misogynie. Ce tome amorce une tendance plus féministe, avec des personnages féminins qui interrogent le quasi-monopole de la magie par les hommes, la chasteté des mages, le rabaissement des sorcières, le pouvoir des femmes – celui qu'elles prennent, celui qu'on leur laisse. L'amour et le désir font leur apparition tandis que Ged – le héros jusque-là, le mage, le sage – se retrouve malmené par une perte intime et la honte, sources d'un apprentissage de la vie qui n'est pas telle qu'on la souhaitait.
Certains volumes se sont révélés presque déprimants tant leur atmosphère est lourde, tant leurs personnages doutent ou errent en vain : c'est le cas du troisième, L'Ultime Rivage, un road-trip à travers les mers noyé dans les incertitudes d'une magie qui semble vaciller, d'un monde qui perd pied, d'une tristesse infinie due à une quête de l'immortalité finalement dépourvue de sens, ou du quatrième, Tehanu, pour des raisons que je ne dévoilerai pas pour ne pas spoiler.
Tome après tome se dessine l'histoire de Ged/Épervier, parfois avec des ellipses de plusieurs années entre deux volumes. Ged apparaît comme un personnage parfois mystérieux du fait de ce portrait en pointillé. Outre l'histoire de Ged, c'est aussi celle des personnages qui l'entourent, notamment des femmes qui deviendront aussi importantes que lui. J'ai tellement envie de vous parler de la richesse et des nuances des personnages de Tenar, Tehanu ou même Seserakh qui n'apparaît pourtant que dans le dernier volume, mais je ne veux pas gâcher le plaisir de la rencontre à celles et ceux qui se lanceraient dans cette aventure.
L'intériorité des personnages constitue bien souvent le coeur des romans, aussi palpitants qu'ils peuvent se montrer en parallèle (je pense par exemple au gebbet du premier tome ou au second volume, Les Tombeaux d'Atuan, roman captivant dévoré en 24 heures). Les protagonistes que l'on rencontrera au fil des épisodes seront bien souvent confrontés à des questions identitaires, des questions de pouvoir, de liberté, d'entraide et de confiance
Rares sont les finals épiques, les duels ostentatoires de magie. Celui de Tehanu pourrait presque apparaître comme bâclé tant il est bref, mais ce n'est finalement pas ce qui importe : on ne lit pas le roman pour sa fin, c'est tout ce qui a mené les personnages là où ils sont qui importe. Ce n'est pas forcément épique ou trépidant, mais ça peut se révéler grandiose et puissant malgré tout.
Le cinquième tome, Contes de Terremer, se démarque des autres en proposant cinq nouvelles qui permettront d'aborder le sixième et dernier tome en ayant tous les éléments nécessaires. On y trouve des histoires du passé, des secrets, des choix, des hommes dévorés par la cupidité ou le désir de domination et des mages qui se privent d'une part de leur humanité en niant leur désir, en reniant le sexe féminin, mais aussi des personnages plus nuancés ; on y trouve des histoires du passé, des situations troublantes, des remises en question, la vérité derrière les légendes ; il s'y dessine un déraillement, un déséquilibre qui sera au coeur du dernier volume. Comme dans tout recueil, toutes les nouvelles ne se valent pas, elles ne passionnent pas de la même manière ou n'ont pas toute une force équivalente, mais elles sont toutes intéressantes et servent l'histoire globale à merveille.
Ce dernier tome, le Vent d'ailleurs, reprend des éléments de tous les tomes précédents et constitue une très belle conclusion, riche et onirique. Comme ses prédécesseurs, c'est une réflexion sur les choix, la vie et la mort, le pouvoir et la magie, les hommes et les femmes.
La plume d'Ursula K. le Guin est très agréable à lire. Fluide et immersive, elle nous transporte dans son univers de dragons et de magie où le pouvoir réside dans le vrai nom des choses. Elle convoque parfois des images incroyablement intenses, à la fois fascinantes et oppressantes, et certains noms – les Tombeaux d'Atuan, l'En-Dessous des Tombeaux, les Innommables, les Puissances Anciennes… – ont conservé un pouvoir formidablement évocateur tout au long de la saga. Elle donne corps à l'immatériel, force aux sentiments et aux doutes, intensité à des quêtes personnelles.
De plus, chaque volume est accompagné d'une postface signée par Ursula K. le Guin et ces ajouts se sont révélés particulièrement intéressants et réjouissants, bref, véritablement pertinents. Ils replacent l'oeuvre dans son contexte et soulignent tant des détails relatifs à l'époque que les désirs de l'autrice. (Par exemple, les personnages de l'Archipel de Terremer ont la peau noire ou cuivrée, seuls les peuples du Nord et de l'Est (qui sont, au début du moins, plutôt des personnages négatifs) sont blancs. C'est un détail qui ne m'avait pas arrêtée car ça ne me choque absolument pas, mais pour l'époque, c'était plus qu'original.) Elle raconte sa vision de Terremer, les difficultés pour écrire tel ou tel tome, sa découverte du féminisme et son impact sur son oeuvre, la relation entre son monde fictionnel et le monde réel, et bien d'autres sujets évoqués en quelques pages concises et précises qui éclairent merveilleusement toutes celles lues juste avant.
Ainsi, pas ou peu d'aventures haletantes, de grands combats homériques, d'éclairs magiques fusant en tous sens. le coeur de ces romans est le parcours personnel de tous ces personnages et tous leurs choix qui les ont amenés là où ils sont. Terremer parle d'identité et de choix, de relations entre peuples, entre femmes et hommes, de la place des femmes dans la société, de la mainmise des hommes sur certaines pratiques, certains arts, certains savoirs, de pouvoir et de confiance, de la mort et de la vie, du passé et des bifurcations de l'Histoire de Terremer.
Ces six volumes constituent une saga solide alors qu'il n'était absolument pas prévu qu'ils soient si nombreux ; Ursula K. le Guin a su tisser et développer ses récits, approfondir son univers d'une manière parfaitement cohérente sans vision d'ensemble préalable. Et surtout, elle propose des romans beaucoup plus humains que ce à quoi je m'attendais, beaucoup plus intimistes, ce que j'ai trouvé formidablement enthousiasmant. de la fantasy subtile et délicate, non dénuée de poésie. Ça a été une aventure magique et je retournerai un jour respirer l'air de Gont.
Lien : https://oursebibliophile.wor..
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Darweel
  24 mai 2021
Près à plonger dans un nouveau monde de fantasy?
Parfait, alors allons-y.
Terremer est un petit bijou qui a tous les ingrédients (ou presque) pour être un maître livre de fantasy. Il reprend tous les codes que l'on connait (et que l'on aime). Son originalité, vient à la fois de ce monde exclusivement insulaire, mais aussi du renversement du "code couleur" des personnages. Vous croiserez très peu de grands blonds aux yeux bleus et à la peau pâle. Et quand ce sera le cas, vous aurez de quoi le regretter -)
L'histoire de ce monde est très bien ficelée. D'ailleurs, tout est très minutieusement étudié. Chaque question trouve sa réponse. Pas toujours la réponse qu'on voudrait, mais rien n'est négligé!
Les récits sont truffés de bonnes idées. on y rencontre des situations inédites en fantasy, surtout à l'époque où les livres ont été écrits (années 70/80). C'est un monde agréable, bien décrit et dans lequel on prend plaisir à voyager.
La magie n'est pas facile à domestiquer et finalement, est presque moins importantes que les personnages qui la manipulent... presque!
Avec autant de bonnes critiques, pourquoi seulement quatre étoiles?
Parce qu'en dépit de tout ce que je viens de dire avant, j'ai un problème (qui ne concerne peut être que moi) avec la narration. le style d'écriture nous éloigne beaucoup trop des personnages. On suit leurs aventures, mais en les contemplant seulement. Jamais on ne "vit" les choses avec eux. On a très peu accès à leurs états d'âmes, à leurs sentiments, à leurs pensées finalement. Leurs actes parlent pour eux, certes, mais c'est parfois assez frustrant de rester "de l'autre côté de la barrière". de fait, le récit s'en trouve être assez froid et impersonnel. Et en ce qui me concerne, j'ai souvent dû m'accrocher pour lire un chapitre de plus. Je n'ai cependant pas regretté de l'avoir terminé, mais je ne le lirai pas une seconde fois, c'est certain.
Ensuite, je trouve dommage que l'on retrouve ce clivage homme/femme. Encore une fois, le récit a été écrit il y a une petite cinquantaine d'années. Mais en tant que femme, je trouve toujours frustrant de voir que les personnages féminins restent secondaires la plupart du temps, et quand ils sont mis au premier plan (les Tombeaux d'Atuan) ils ont tout de même besoin d'un homme pour s'en sortir (même si l'homme a tout autant besoin de la femme pour ne pas mourrir). Alors qu'on peut suivre des récits entiers où il n'y a pas l'ombre d'une femme, sans que ça ne paraisse gêner l'évolution de l'histoire, l'inverse ne se verra jamais (et tant mieux).
Quand au reste du monde, il est résolument misogyne. Vous me direz, c'est la norme en fantasy, surtout à cette époque. N'empêche que ça reste regrettable. Surtout quand l'autrice ne fait rien de flagrant pour y remédier. C'est comme ça, c'est tout (notons que, à travers l'un des récits, on apprend que ça n'a pas toujours été le cas). On doit l'accepter comme une fatalité.
Cependant, ça reste un récit à découvrir.
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indithepotatoreads
  02 octobre 2021
Quelle aventure !
Ca faisait des années que je voulais lire Terremer et c'est chose faite avec ce beau bébé de 1800 pages !
Difficile de résumer mes impressions. Je dirais que Terremer est très différent de toute la fantasy que j'ai lue jusque là. Je trouve que les idées de Ursula le Guin se démarquent de ce qu'on retrouve généralement dans la fantasy. Ne vous attendez donc pas à une fantasy comme celle de Sanderson ! Ici, pas de grands combats, pas de réels grands "méchants" mais plutôt des héros et héroïnes atypiques, beaucoup de contemplation et d'introspection.
Ce que j'ai particulièrement adoré, ce sont les postfaces de l'autrice. Quelle femme ! J'ai beaucoup d'admiration et même de l'affection pour elle. La toute dernière partie intitulée Terremer revisitée est hyper intéressante car Ursula le Guin offre une réflexion sur son oeuvre, sur les codes de la fantasy, sur la question du genre, sur les héros et héroïnes, sur tellement de sujets intéressants. Vraiment, je vous recommande de lire ce qu'elle a à nous dire.
Seul point négatif de ma lecture, les nouvelles. Malheureusement, je n'accroche pas aux nouvelles de cette autrice alors que c'est d'habitude un format qui me plait énormément. Certaines m'ont plu mais sans plus. D'autres m'ont carrément ennuyée et je les ai survolées.
En bref, je recommande vivement les 5 romans de Terremer :
- le Sorcier de Terremer : 4 étoiles, vous y faites la connaissance de Ged et quel plaisir de voir un personnage principal de couleur (ça a été écrit dans les années 60 donc c'est d'autant plus cool)
- Les Tombeaux d'Atuan : 4 étoiles, vous rencontrez Tenar et vous allez l'adorer. Elle est superbe.
- L'Ultimage Rivage : 5 étoiles, une réflexion sur la vie et la mort, la quête de l'immortalité. J'ai particulièrement aimé la vision du héros par Ursula le Guin.
- Tehanu : 5 étoiles, le livre le plus difficile car il aborde des thèmes très durs (TW viol notamment). Les femmes sont au centre de ce récit. Je n'avais pas gardé grand souvenir de ce roman lors de ma première lecture mais cette fois ci, il m'a beaucoup marquée. Je pense notamment au thème du victim shaming, au regard des autres, au rôle des femmes... probablement mon livre préféré de cette saga
- le Vent d'Ailleurs : 5 étoiles, un final parfait, la boucle est bouclée, j'ai adoré.
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critiques presse (1)
Liberation   14 novembre 2018
A Terremer, la magie semble se perdre, les dragons s’entretuent. [...] Terremer est une fantasy sensible, où les dragons ne sont pas censés avoir de genre…
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
sebastiencoelhosebastiencoelho   13 août 2022
Car, comme la plupart de ses compagnons, il savait qu'un mage peut avoir des façons subtiles de dire la vérité, qu'il peut même la garder pour lui, mais que s'il dit une chose, cette chose est telle qu'il l'a dite. Car c'est cela qui en fait un maître.
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sebastiencoelhosebastiencoelho   13 août 2022
À partir de ce jour, il fut convaincu que l'homme sage est celui qui ne se détache jamais des autres créatures vivantes, qu'elles aient ou non le don de la parole; et, dans les années qui suivirent, il s'efforça patiemment d'apprendre ce qu'on peut apprendre, en silence, du regard des animaux, du vol des oiseaux, du mouvement lent et majestueux des arbres.
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Musardise_aka_CthulieLaMignonneMusardise_aka_CthulieLaMignonne   30 décembre 2020
La guerre comme métaphore morale est limitée, restrictive et dangereuse. En réduisant le choix de l'action à une "guerre contre", on divise le monde en Moi ou Nous - le Bien - et Eux ou Ca - le Mal -, on atrophie la complexité éthique et la richesse morale de nos vies en une dualité oui/non, avec/sans. C'est puéril, mensonger, et dégradant. Dans le cadre d'une histoire, cela disqualifie toute solution qui ne serait pas violente et procure au lecteur un réconfort infantile. Bien trop souvent, les protagonistes de ces fantaisies se comportent exactement comme leurs ennemis, agissent avec la même violence aveugle - sauf que que le héros est du "bon" côté", et finit en conséquence par triompher. Le droit fait la force.
Ou bien la force fait-elle le droit ?
Si la guerre est le seul enjeu, oui. La force fait la justice. C'est précisément la raison pour laquelle je ne joue pas aux jeux de guerre.
Pour devenir l'homme qu'il porte en lui, Ged doit découvrir l'identité et la nature de son véritable ennemi. Il doit découvrir ce que signifie être soi-même. Cela n'exige pas de guerre, mais une recherche, ainsi qu'une découverte. La recherche l'amène au-devant de périls mortels, de deuils et de souffrances. La découverte lui apporte la victoire qui ne scelle pas une guerre mais signe le début d'une vie.


Le Sorcier de Terremer - Postface
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laulauttelaulautte   04 février 2022
Le meilleur moyen d’étudier une période historique qui n’existe pas, c’est de la raconter et de découvrir ce qui est survenu. Je crois que les historiens du monde prétendu réel usent d’une méthode assez similaire, au fond. Même si l’on assiste à un évènement historique, a-t-on la moindre chance de l’analyser – voire de se le rappeler – sans le relater sous une forme narrative ? Quant aux évènements qui, par leur position dans le temps ou l’espace, échappent à notre sphère personnelle, nous n’avons pour les connaître que les récits que nous en transmettent d’autres personnes. Après tout, le passé n’existe que dans la mémoire, qui est bien une sorte d’imagination. L’évènement est réel maintenant, or, une fois qu’il devient jadis, la continuité de son existence dépend de notre énergie et de notre honnêteté. Si on le laisse échapper à sa mémoire, seule l’imagination peut en restaurer la moindre lueur. Si on ment sur le passé, si on le force à raconter l’histoire qu’on veut l’entendre dire, il perd sa réalité, il devient factice. Transporter le passé avec nous à travers le temps dans le fourre-tout du mythe et de l’histoire représente une lourde tâche ; mais, comme dit Lao-Tseu, les sages escortent les chariots à bagages.
[Avant-propos – Contes de Terremer]
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TatooaTatooa   15 avril 2022
Quiconque, homme ou femme, s'aventurerait en ce lieu sans y être autorisé serait assurément frappé à mort par la colère des Innommables. Mais, parmi toutes les règles qu'elle avait apprises, il n'y en avait aucune qui interdit l'entrée du Labyrinthe. C'était inutile. On ne pouvait y accéder qu'en passant par l'En-Dessous des Tombeaux ; et, de toute façon, les mouches ont-elles besoin d'une règle pour savoir qu'il ne faut pas entrer dans la toile de l'araignée ?
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Videos de Ursula K. Le Guin (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ursula K. Le Guin
La réédition toute récente au Bélial' du recueil “Les Quatre Vents du désir” est l'occasion de revenir sur l'oeuvre d'Ursula K. Le Guin, grande dame des littératures de l'imaginaire. Pour en parler : Hélène Escudié, autrice d'une thèse sur Le Guin et dont une ample interview-carrière avec celle-ci, menée en 2002, vient enrichir “Les Quatre Vents du désir”, et David Meulemans, fondateur de la maison d'édition Aux Forges de Vulcain et spécialiste de le Guin. https://www.belial.fr/ursula-k-le-guin/les-quatre-vents-du-desir Animation : Erwann Perchoc Illustration : Aurélien Police
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