AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782362290732
80 pages
Éditeur : Bruno Doucey, 2019 (11/06/2014)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Le mot de l’éditeur :

Une lettre administrative, et tout chavire… Pour Yvon Le Men, poète et diseur de poèmes, la vie bascule lorsque Pôle Emploi lui annonce qu’il est radié du régime des intermittents du spectacle et contraint de rembourser des années d’indemnités. Le souvenir de la pauvreté lui remonte au coeur comme la marée, tandis que la perte de ses droits le ramène vers tous ceux que le chômage rejette aux marges de la société. Son histoire po... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
fanfanouche24
  17 octobre 2014
J'ai découvert par hasard ce 15 octobre 2014, en allant renouveler ma carte d'adhérent à la FNAC, ce petit texte édité par Bruno Doucey. Petit en épaisseur mais qui exprime bien en poésie et en jeux de mots, une colère et un sentiment d'injustice et d'absurdité des plus légitimes. Texte qui garde une allure et une vitalité plus que louables dans un système des plus bancals, et bureaucratiques, dénués du minima d'humanité !!
J'ai été rechercher quelques informations concernant les préoccupations survenant à notre auteur ; ci-joint un mini-récapitulatif, extrait de l'article du Monde des Livres du 8 août 2014, par Johanna Luyssen
« Yvon le Men écrit des poèmes, et souvent il les dit. Depuis quarante ans, il les déclame comme un comédien, parcourt les festivals, les écoles, les médiathèques. A 61 ans, le poète breton, établi à Lannion (Côtes-d'Armor), se flatte d'avoir sillonné sa région : « Il n'y a pas un village en Bretagne où je n'aie pas dit de la poésie. » Yvon le Men ne vit pas de ses droits d'auteur, modestes malgré ses dizaines d'ouvrages écrits – des recueils de poésie, et quelques romans chez Flammarion.
Depuis 1986, il était affilié au régime des intermittents ; en 1998, il est qualifié de « poète-interprète ». Mais, à quelques années de la retraite, la machine administrative s'enraye. Après avoir radié Yvon le Men du régime des intermittents, elle lui réclame un trop-perçu d'indemnités de près de 30 000 euros. Une situation qu'il estime « ubuesque » et qui le mène aujourd'hui à traduire Pôle emploi en justice.
Tout commence en juillet 2013, lorsque Pôle emploi l'informe qu'il ne touchera plus d'indemnités… »
Je plébiscite l'excellent commentaire de melina1965 sur ce court texte combattif…. Aidons l'auteur, en achetant, en lisant et transmettant les textes de ce poète engagé, Yvon le Men, sans oublier tous les autres, intermittents de la poésie, de la culture, à qui on dénie une existence de travail et de création…Cette société mené et capté par « les marchands du temple » !!! …
« Il est vrai
sûrement
il est juste
sans doute
sans aucun doute
qu'un crime de sang
est moins grave
qu'un crime de case
de ne pas être dans la bonne case
du statut d'intermittent du spectacle vivant
intermittent
l'inter de mi-temps
quel drôle de mot
rien que de l'écrire
on se sent comme un
trois-petits-points
qui sautent moutons et mutent
mes rêves en cauchemars
je me réveille à l'abattoir « (p.46)
Bref texte poétique, qui garde dignité, fierté, humour, talent, poésie et musique, en dépit d'une colère plus que compréhensible ; ces lignes accompagnées par les dessins aussi significatifs et vigoureux, de l'ami de l'auteur, PEF….

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          271
melina1965
  16 août 2014
Le poème comme une arme...

...oui, car comme l'a dit Yvon le Men lors de la lecture de son long poème au festival « Etonnants voyageurs », « ce petit livre bleu, il est un peu rouge aussi ».
Il s'en dégage une tension palpable car il est publié dans l'urgence contre la réforme du régime des intermittents du spectacle auquel le poète est affilié depuis1986 et dont il est aujourd'hui radié. C'est une réponse poétique, qui s'ajoute à la réponse juridique, à Pôle Emploi qui lui demande le remboursement de presque 30 000 € d'indemnités qu'il aurait indûment perçues et refuse de l'entendre.
C'est un appel au secours, «un cri qui se joint à d'autres cris» contre le mépris des artistes et de tous, contre l'indifférence, l'âpreté de la vie et l'oppression de la société.
Cette réponse est, elle, sans violence ; on y retrouve l'humour et l'humanité de son auteur qui interpelle à ses côtés les poètes d'hier et joue avec les mots qu'il aime tant.
« En fin de droits », est illustré par Pef, l'ami de vingt ans, qui accompagne avec force ce long cri personnel et collectif, exempt de tout pathos.

Soutenir un poète, c'est aussi lire sa poésie, alors achetez, lisez, partagez les recueils d'Yvon le Men qui, nourrit des poètes d'hier, nous nourrit de ses poèmes dans le monde d'aujourd'hui !
Yvon le Men lit son poème lors du festival « Etonnants voyageurs »...
Lien : http://vimeo.com/97704909
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50

Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   15 octobre 2014
à qui pôle Emploi donne du travail ?
aux employés de Pôle Emploi
d'abord
qui ont peur de leur directeur
qui fait peur aux chômeurs
qui a peur des chômeurs ?
qui se voient dans leurs yeux
de chiens battus
même sans collier
d'enfants perdus
au bout de leur vie
d'enfance perdue
en Bretagne
et ailleurs. (p.34)
Commenter  J’apprécie          380
fanfanouche24fanfanouche24   17 octobre 2014
Il est vrai
sûrement
il est juste
sans doute
sans aucun doute
qu'un crime de sang
est moins grave
qu'un crime de case
de ne pas être dans la bonne case
du statut d'intermittent du spectacle vivant

intermittent
l'inter de mi-temps
quel drôle de mot
rien que de l'écrire
on se sent comme un
trois-petits-points
qui sautent moutons et mutent
mes rêves en cauchemars
je me réveille à l'abattoir (p.46)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
fanfanouche24fanfanouche24   16 octobre 2014
Les saltimbanques
sans banque
sur qui compter
pour continuer
à conter
des contes
à ceux qui comptent
pour eux
sur eux
pour vivre sans compter
pas sans conter. (p.71)
Commenter  J’apprécie          291
fanfanouche24fanfanouche24   15 octobre 2014
Il est vrai
que nous sommes en république
c'est au peuple
de décider
le peuple dont fait partie
comme moi
le directeur de pôle Emploi
des plaintes en proie
au désarroi
des rats des villes
des rats des champs
et cetera et cetera. (p.47)
Commenter  J’apprécie          90
fanfanouche24fanfanouche24   15 octobre 2014
je voulais vous demander Madame
ce qu'est un artiste
vous qui le savez
moi qui le suis
en toute franchise
intérieure
contre vos mots
à double sens
avec les miens
à contre sens (p.41)
Commenter  J’apprécie          100

Videos de Yvon Le Men (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yvon Le Men
"Le plus long voyage"
Texte & voix : Yvon le Men, La baie vitrée, © Éditions Bruno Doucey, 2021. Interprétation musicale : Sébastien Bertrand
autres livres classés : pôle emploiVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
898 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre