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ISBN : 201321250X
Éditeur : Hachette Jeunesse (12/10/2006)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 308 notes)
Résumé :
Périgord, 1815. Jacquou a huit ans lorsque son père est condamné aux galères et meurt au bagne quelques mois plus tard.
Le jeune garçon jure de se venger de l'arrogant comte de Nansac, responsable de l'arrestation de son père. Quinze ans plus tard, révolté par la misère et les mauvais traitements qui s'acharnent sur lui et les siens, Jacquou rassemble les paysans et les persuade de combattre la tyrannie du comte.
Cette version abrégée du chef d'œuvre d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
HORUSFONCK
  20 mai 2019
Jacquou le croquant fait partie de ces livres qui m'accompagnent depuis plus de quarante-cinq années. D' abord lu et relu dans son édition du Livre de Poche, l'ouvrage a rejoint ma bibliothèque numérique, et je m'en régale de quelques passages de temps en temps.
Jacquou le croquant, c'est la révolte de paysans sans terre du Périgord. C'est l'abus de hobereaux aveugles et sourds aux misères de leurs métayers, qui va pousser Jacques Ferral à mettre à bas le château des Nansac. Qui va mener l'orphelin à prendre la fourche et la torche, à la tête d'une armée de gueux. Trop, c'est trop, et la coupe a débordé.
Eugène le Roy se garde bien de faire des amalgames:Tous les nobles ne sont pas de l'engeance des Nansac, ni tous les curés à la botte des affameurs. Il en est, parmi ces derniers, que révulse l'injustice faite à ceux qui ne peuvent se défendre. C'est le curé Bonnal qui, après la mort de sa mère, recueillera Jacquou. le chevalier et sa soeur aideront aussi Jacquou à grandir et devenir un homme libre et correctement instruit.
Et, malgré l'enseignement et les exhortations du brave curé Bonnal, Jacques Ferral ne pardonnera pas aux Nansac, partant du sain principe qu'un pardon demande un amendement de la part du pardonné.
Le mal éradiqué du pays, Jacques Ferral retournera à une vie modeste mais libre et heureuse de charbonnier.
L' histoire contée dans Jacquou le croquant, avec quelques variantes, reste fondamentalement d'actualité et pas seulement dans les pays en voie de développement.
L'adaptation télévisée qui fut faite, à la fin des années soixante, de Jacquou le Croquant est la meilleure et la plus fidèle. Elle restitue parfaitement l'ambiance du récit, son contexte et ses personnages... Je suis plus dubitatif par rapport à l'adaptation ultérieure en un film à grand spectacle qui se permet quelques distorsions et libertés par rapport au livre.
Les derniers mots de ma critique, je les laisse au chevalier dans sa maxime forte: Cil va disant: "Noblesse oblige",
Qui, maufaisant, ses pairs afflige.
" Qui le suit,
Mal s'ensuit."
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Bigmammy
  19 septembre 2012
Je me souviens avoir lu ce classique de la littérature rustique voici vingt-cinq ans. Cependant, malgré les deux adaptations télévisuelle (Stellio Lorenzi en 1969) puis cinématographique (Laurent Boutonnat en 2007) qui eurent un certain succès, je ne me souvenais plus de l'intrigue et j'ai éprouvé un vif plaisir à relire cette terrifiante épopée jusqu'à sa fin, heureusement favorable pour le héros.
Plus même, en lisant dans cette édition des « Classiques de poche » les exposés introductifs d'Amaury Fleges et Emmanuel le Roy Ladurie, j'ai mieux compris le propos polémique et politique d'Eugène le Roy. Quelle ironie, enfin, pour cet auteur, fils d'un couple de domestiques du château de Hautefort devenu fonctionnaire du fisc, de porter ce patronyme alors que ses idées prônent l'affranchissement du peuple des sujétions de la noblesse et de la religion …
Une histoire âpre, terrible, de misère paysanne dans la première moitié du XIXème siècle. Un roman de la précarité et du malheur fondant si vite sur ceux qui n'ont ni bien ni terre, obligés de se louer à la journée, vivant de châtaignes séchées et de braconnage. La pauvreté en pays rural est pourtant bien difficile à appréhender dans ces temps de bouleversements politiques. Cependant, Jacquou le Croquant la rend bien tangible. La Dordogne est un pays pauvre, isolé, bien loin des courants de communication, dénuée de ressources naturelles. Les paysans y survivent très difficilement car « l'agriculture locale avec ses boeufs de labour (en guise de chevaux) et ses araires (charrues primitives) n'a qu'une faible productivité, malgré l'introduction plus ou moins récente des plantes d'origine américaine (maïs, pomme de terre). » et en plus, elle doit supporter ici les exactions d'un cynique nobliau local, l'ennemi juré de Jacques Ferral, le héros de l'histoire.
La trame du roman est simple : c'est celle d'une famille pauvre persécutée par le comte de Nansac, avide et fourbe, puis celle de la vengeance de Jacquou, le fils de celui qui est mort au bagne pour avoir abattu l'homme qui, par ordre de son maître, avait abattu sa chienne. Jacquou, élevé – au sens littéral du terme – par le bon curé Bonal (un prêtre « jureur » interdit par les maudits jésuites) qui fédère autour de lui toute la population avoisinante pour brûler le château. Mais Jacquou est un être noble, lui, et il épargnera la vie du diable local afin que celui-ci souffre plus que la mort trop douce en perdant tout son bien et sa dignité avec.
Connaissant bien la région, je me suis retrouvée comme chez moi dans ces forêts profondes et sans difficulté à lire cette prose surannée émaillée de termes patois le plus souvent explicités. le style est alerte et les situations haletantes. Eugène le Roy, quoique militant et produisant une oeuvre politique destinée à éduquer le peuple mettant en lumière une classe paysanne mythique et déjà, à l'heure où écrit l'auteur, en partie passée à la Révolution Industrielle, est aussi et surtout un conteur hors pair qui mêle habilement à son intrigue des événements à peine transposés. Cet été par exemple, nous avons visité la maison forte de Reignac où le seigneur local, sorte de Barbe-Bleue surnommé le Bouc de Reignac, subit le même sort que le sinistre Nansac.
Un roman classique du XIXème siècle, paru tout d'abord en feuilleton dans La revue de Paris en 1899 puis chez Calmann-Lévy en 1900, et qu'il est sans doute bon de mettre en perspective avec explosions populaires actuelles contre l'oppression de minorités politiques ou religieuses qui conduisent au désespoir les plus pauvres qui n'ont plus rien à perdre.
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cmpf
  06 décembre 2014
Un très grand plaisir de lecture. Vraiment.
Je connaissais comme beaucoup le film fait fin des années 60, et j'en avais retenu une histoire d'enfant, de grande pauvreté et de loups qui vous poursuivaient la nuit. Mais c'est bien plus que cela.
C'est la confession de toute une vie depuis les sept ans d'un petit paysan Jacques Ferral dit Jacquou. Les faits mais aussi ses opinions et considérations.
Ce livre est paru en feuilleton en 1899, époque où l'on s'interrogeait sur la place des paysans, leur implication dans la vie politique. Il est fait référence plusieurs fois aux différentes révoltes paysannes. La scène d'incendie du château ainsi que l'absence de condamnation pourraient paraître inventées mais elles sont inspirées de faits avérés du XIXème. le livre pourrait paraitre manichéen avec d'un côté les bons nobles le Chevalier de Galibert et sa soeur d'ailleurs issu d'une vieille famille qui s'éteint là et de l'autre les Nansac, paysans enrichis depuis deux générations ayant tous les défauts que l'on prêté aux nouveaux riches et pourtant je n'ai pas trouvé cela exagéré.
Les paysans avaient bien été parfois mis en scène dans la littérature mais par des écrivains qui ne connaissaient pas le monde paysan, Balzac et Zola en tête. Georges Sand confessait la difficulté à rendre le langage, soit on n'était pas compris des lecteurs, soit on n'était pas fidèle. Ici Eugène le Roy a réussi à mélanger des termes et des tournures du patois régional tout en étant parfaitement compréhensible.
J'ai appris qu'Eugène le Roy avait écrit d'autres romans régionalistes et des études sur la Dordogne. Je dirais volontiers ses autres romans.
Mon édition Les classiques de poche comprenait des gravures, une préface d'Emmanuel le Roy Ladurie et une présentation d'Amaury Fleges toutes deux fort instructives.
Lu dans le cadre du challenge ABC 2014-2015
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CDemassieux
  30 juillet 2015
« Croquant : paysan, rustre (péjoratif) ; paysan révolté sous Henri IV et Louis XIII dans le Sud-Ouest (historique) » (Le Robert dixit)
Jacquou est bien un révolté du Sud-Ouest, appartenant à une longue lignée du genre. Mais un révolté raisonnable, quels que soient les malheurs dont l'objet de sa vengeance – le comte de Nansac, nobliau opportuniste, cruel et sans scrupule – s'est rendu responsable. Nansac, c'est l'archétype atemporel du seigneur tout puissant : « le comte renouvelait, autant que faire se pouvait, la tyrannie cruelle des seigneurs d'autrefois. » Un potentat terrorisant la population locale.
Mais Jacquou n'est pas Edmond Dantès. Il a appris à avoir une conscience, ce qui explique sa modération dans sa vengeance, au regard des souffrances infligées par son ennemi de toujours. Mieux, il veut rendre justice au nom de toutes les victimes du comte. Il devient le porte-voix de ces miséreux qu'il côtoie depuis son enfance et dont il fait partie. Il est un personnage droit, capable de freiner ses instincts et les assujettir à son sens moral.
Car il a partagé la vie et le labeur de ces petites gens ; le sort réservé, sous la Restauration revancharde, à ces révoltés d'hier qui firent tomber beaucoup de « têtes bleues » ! Son serment, prononcé jadis avec sa mère à l'encontre de Nansac, d'abord personnel, se mue progressivement en une révolte au nom de ce peuple de damnés, accablé par le malheur et la soumission.
Cette conscience fine, Jacquou la devra à un homme d'Eglise ontologiquement bon : le curé Bonal, son protecteur, un saint homme au sens tant religieux que laïc. « Un paysan un peu instruit en vaut deux, sans compter que celui qui ne connaît pas l'histoire de son pays, ni sa géographie, n'est pas Français, pour ainsi parler », le préviendra-t-il. Le Roy écrit à une époque où le savoir avait encore quelque chose de sacré. L'instruction comme arme contre la domination. Et s'il est anticlérical, Eugène le Roy n'en ignore cependant pas la valeur sécurisante de la religion pour ces petites gens. Sauf qu'il entend séparer le vin de l'ivraie : le curé Bonal des obscurantistes et faux dévots.
Ainsi, Le Roy, à la différence des énervés de la table-rase du passé, respecte les traditions, lesquelles unissent ces travailleurs de la terre, si futiles peuvent sembler certaines de leurs superstitions. Ici donc, point de lutte des classes haineuse. Juste du pain pour tous et l'abolition de la servitude, avec une certaine méfiance pour le progrès incarné par la ville.
Jacquou, c'est aussi, en plus d'une aventure romanesque admirable, une étude de la vie rurale au XIXe siècle, loin des stéréotypes outranciers qu'on peut rencontrer dans Les Paysans de Balzac, par exemple.
Parlons maintenant de ce style où s'invitent le phrasé et le patois de ce Périgord si exactement rendu. Il provoque un effet de réel saisissant, Jacquou étant par ailleurs le narrateur de sa propre histoire.
« A la fois document historique et conte populaire » (Amaury Fleges, Présentation), Jacquou est un roman populaire qui élève les consciences au même titre que Les Misérables d'Hugo. On s'y frotte à un destin local qui prend progressivement une dimension universelle ; une histoire dont il restera toujours quelque chose, la marque des grandes oeuvres ; simplement belle, étant entendu que la beauté excède le cadre strict des mièvreries pseudo romantiques qui se vendent, hélas, comme des foies gras de Dordogne…en moins bon !
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ChristianAttard
  18 janvier 2019
Disons le sans ambages, « Jacquou le Croquant » est un chef d'oeuvre. L'un des très rares romans décrivant avec justesse le monde paysan du XIXe siècle.
Ma génération n'a souvent pas lu le livre, emportée par la beauté et l'intelligence de l'adaptation télévisuelle du très grand Stellio Lorenzi. Et c'est fort dommage.

Oublions aussi les qualificatifs de roman naturaliste ou social car beaucoup plus qu'un Zola, qu'un Hector Malot, un Hugo ou un Huysmans, Eugène le Roy sait de quoi il parle pour l'avoir vécu. Cela se lit, se sent. Ses descriptions du pays sont belles et exactes et la construction de son intrigue, simple et réaliste, ne laisse aucune place aux extraordinaires coïncidences et retournements des « Misérables » par exemple.

Ici, on voit vivre ces paysans, on entend leur mots, participe à leur repas, leurs distractions et leurs révoltes.
Relire « Jacquou le croquant » ramène durement à la compréhension que si les générations changent, les mécanismes de l'asservissement, de la pauvreté et du pouvoir restent les mêmes. Ces petits tyrans locaux, nationaux ou internationaux portent simplement d'autres noms, d'autres titres et sont inattaquables désormais.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
meyelebmeyeleb   27 août 2011
Et puis j’aimais ma forêt, malgré sa mauvaise renommée. J’aimais ces immenses massifs de bois qui suivaient les mouvements du terrain, recouvrant le pays d’un manteau vert en été, et, à l’automne se colorant de teintes variées selon les espèces : jaunes, vert-pâle, rousses, feuille-morte, sur lesquelles piquait le rouge vif des cerisiers sauvages, et ressortait le vert sombre de quelques bouquets de pins épars. J’aimais aussi ces combes herbeuses fouillées par le groin des sangliers ; ces plateaux pierreux, parsemés de bruyères roses, de genêts et d’ajoncs aux fleurs d’or ; ces vastes étendues de hautes brandes où se flâtraient les bêtes chassées ; ces petites clairières sur une butte, où, dans le sol ingrat, foisonnaient la lavande, le thym, l’immortelle, le serpolet, la marjolaine, dont le parfum me montait aux narines, lorsque j’y passais mon fusil sur l’épaule, un peu mal accoutré sans doute, mais libre et fier comme un sauvage que j’étais.
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BVIALLETBVIALLET   14 avril 2012
Liberté et pain cuit sont les premiers des biens. Manger le pain pétri par sa ménagère et fait avec le blé qu’on a semé ; goûter le fruit de l’arbre qu’on a greffé, boire le vin de la vigne qu’on a plantée ; vivre au milieu de la Nature qui nous rappelle sans cesse au calme et à la modération des désirs, loin des villes où ce qu’on appelle le bonheur est artificiel- le sage n’en demande pas plus.
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Nostradamus27Nostradamus27   29 décembre 2017
Il y en a qui ont besoin de la société des autres, qui veulent se mêler à la foule, à qui il faut des voisinages, des nouvelles, des échanges de platusseries ou plats propos ; moi pas, il me paraît que c'est un malheur que de ne pas savoir vivre seul.

Les hommes rassemblés valent moins qu'isolés. Il en est du moral comme du physique, les grandes réunions humaines sont malsaines pour l'esprit et le cœur, comme pour le corps.
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templierstempliers   02 mars 2009
* « Mon existence n'a point été sans peine, mais elle s'est écoulée du moins sans regrets et surtout sans remords, ce qui n'est pas peu de chose. »
* « L’égoïsme m’indigne, la méchanceté m’exaspère, l’injustice me révolte, la misère me saigne le cœur. »
* « Mes bonshommes sont des personnages, non d'imagination, mais d'observation. »
Eugène Le Roy
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ChristianAttardChristianAttard   07 janvier 2019
Et toujours me remémorant le passé, je me souvins de cet ancêtre qui nous avait transmis le sobriquet de Croquant, branché dans la forêt de Drouilhe, par les gentilshommes du Périgord noir qui poursuivaient sans pitié les pauvres gens révoltés par l’excès de la misère.
Alors, plein de rancoeur, reliant, par la pensée, les malheurs des miens avec ceux des paysans des temps anciens, depuis les Bagaudes jusqu’aux Tard-advisés, dont nous avait parlé Bonal, j’entrevis, à travers les âges, la triste condition du peuple de France, toujours méprisé, toujours foulé, tyrannisé et trop souvent massacré par ses impitoyables maîtres.
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Video de Eugène Le Roy (2) Voir plusAjouter une vidéo

Métayers des Nansac
Feuilleton en 6 épisodes fidèlement adapté par Stellio LORENZI du roman d'Eugène LE ROY, qui raconte la vie d'un paysan, Jacquou, entre 1819 et 1830, et montre à travers lui la misérable existence de la paysannerie en Périgord sous la Restauration, encore sous le joug des seigneurs.Jacquou a sept ans et ses parents sont métayers du Comte de Nansac. Celui-ci, ainsi que Laborie, son...
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