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EAN : 9782013212502
218 pages
Éditeur : Hachette Jeunesse (12/10/2006)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 332 notes)
Résumé :
Périgord, 1815. Jacquou a huit ans lorsque son père est condamné aux galères et meurt au bagne quelques mois plus tard.
Le jeune garçon jure de se venger de l'arrogant comte de Nansac, responsable de l'arrestation de son père. Quinze ans plus tard, révolté par la misère et les mauvais traitements qui s'acharnent sur lui et les siens, Jacquou rassemble les paysans et les persuade de combattre la tyrannie du comte.
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
qmike549
  18 décembre 2020
Le doute n'est plus permis, « Jacquou le croquant » est un Bonnet rouge de Bretagne [Le mouvement des "bonnets rouges" a débuté en octobre 2013 en Bretagne. Il s'agissait d'un mouvement de protestation, visant principalement une nouvelle taxe sur le transport par camion (qualifiée d'"écotaxe" par le gouvernement] ). Ou encore un Gilet Jaune avant l'heure, un Jacquou ressemblant à un Gilet Jaune d'aujourd'hui, le vrai celui des ronds-points, celui qui hurle sa détresse pour assouvir sa faim le 15 du mois, ou encore pour réclamer plus de justice, même pour oser demander plus de démocratie….
Nombreux connaissent le parcours de Jacquou le Croquant au travers le piètre remake de Laurent Boutonnat sorti sur la toile des cinémas en 2005.
Nombreux anciens connaissent la vie de Jacquou le Croquant au travers un mini sérié TV réalisée par Stellio Lorenzi et diffusée sur la fenêtre de notre petit écran des années 1969…Peu ou pas ne connaisse l'oeuvre magistrale de Eugène le Roy un écrivain français.
Pourquoi, simplement parce que le Eugène le Roy évoque dans nos esprits, le nom d'un républicain engagé, un franc maçon, un anticlérical, un libre penseur….
« Jacquou le Croquant » est un cri d'alarme, une révolte sur l'injustice des conditions de vie des « petites gens ». Les « sans-dents » comme dirait un ex-président pas bien malin….
I) - Quel est le synoptique ?
Nous sommes en 1824, Jacquou est un jeune garçon orphelin de 9 ans.
Ses parents, pauvres métayers dépendant du Château de l' Herm, en Dordogne, ont succombé aux mauvais traitements du seigneur local….
II) – Mon ressenti ?
« Jacques le Croquant » est un titre manquant : le titre choisi par l'auteur est La Forêt barade mais l'oeuvre est publiée pour la première fois en 1899 sous forme de feuilleton dans la Revue de Paris sous le titre Jacquou le Croquant.
Un croquant est le nom donné pour un paysan en révolte dans le sud-ouest de la France sous les règnes sous Henri IV et Louis XIII….
Cette définition n'est pas sans rappeler la célèbre chanson de Georges Brassens : « L'auvergnat » : Toi qui m'as donné du feu quand / Les croquantes et les croquants / Tous les gens bien intentionnés / M'avaient fermé la porte au nez »
Le prénom « Jacques » n'a pas non plus lui était choisi au hasard : Jacques évoque un rebelle, une rébellion : le surnom donné aux paysans révoltés en 1358 au cours de la guerre de Cent Ans qui protestaient contre les pressions fiscales….Jacques Bonhomme prit la tête d'une révolte….Nous connaissons la suite : les paysans furent nommés « Les jacques » et toute révolte paysanne prit le nom de jacquerie…
.(Jacques Bonhomme1 est le nom attribué par Jean Froissart à Guillaume Caillet ou Callet).
Ce titre « Jacquou le croquant » est une première information sur le récit….Le pauvre Jacquou est issu d'une famille de rebelles….
« Jacquou le Croquant est une année 1815
« Jacquou le Croquant » est un contexte : La revanche de la monarchie… Louis XVIII devient roi avec la restauration de la monarchie par les Bourbons après le renversement de Napoléon Ier. Il a régné sur une monarchie constitutionnelle, ce qui signifie qu'il n'était pas le principal chef de son gouvernement……
« Jacquou le Croquant » est un petit manant de sept au début du récit, fils de métayer abominablement pauvre soumis pour le Comte de Nansac…nourrit déjà d'un grandissime désir de vengeance…
Le métayage était très répandu à l'époque. Mode de location de la terre qui, au contraire du fermage, suppose une redevance variable selon les années?.
La récolte est partagée en principe par moitié, d'où le nom de métayage, entre le propriétaire et le locataire, mais de nombreuses redevances en nature, prélevées sur le jardin et la basse-cour, s'y ajoutaient.
« Jacquou le Croquant » est le Comte de Nansac, un aristocrate parvenu depuis au moins deux générations, un personnage doté de tous les atouts qui font fuir le moindre chrétien : Nansac est avare pervers brutal malhonnête….
« Jacquou le Croquant » est Monsieur Laborie avec une figure dure et fourbe…, Un abject faux-jeton cruel régisseur du comte…une de ces figures qu'on n'aimerait pas à trouver au coin d'un bois.
« Jacquou le Croquant » est Martissou, le papa de Jacquou, un révolté qui dans un moment de haine perd la raison et tue Laborie le régisseur de Comte….Il est condamné sans délai au bagne…Tout le jour à travailler dans les boues de la rivière, nourri de mauvaises fèves, enchaîné la nuit sur le lit de planches, il attrapa les terribles fièvres du bagne. Et puis, la perte de sa liberté et le chagrin le minaient plus que la maladie : aussi, au bout de quelques mois, le pauvre misérable mourut désespéré. (Page 157).
De 1852 à 1953, plus de 100000 condamnés ont subi leur peine dans les bagnes coloniaux, principalement ceux de Guyane et de Nouvelle-Calédonie.
Sous le terme « bagne », se confondent différents territoires, mais aussi différentes peines. Etaient condamnés au bagne les criminels de droit commun ou délinquants multirécidivistes ou selon la littérature pour moins que cela….Avons tous en mémoire le calvaire de Jean Valjean, le héros martyr de Victor Hugo
« Jacquou le Croquant » est la mort par épuisement de Françou la pauvre maman de Jacquou après de nombreuses tentatives pour trouver du travail…. Ma mère, elle, ne vivait plus, la pauvre femme, étant toujours dans les transes, ne mangeant guère et ne dormant quasi plus (Page 57)…. Pauvre femme! Elle était trop jeune pour mourir !.... – Cette femme ne fréquentait pas l'église et n'a pas fait ses Pâques; elle reniait Dieu et la sainte Vierge; c'est une huguenote : il n'y a pas de prières pour elle...
« Jacquou le Croquant » est la peine, le désarroi d'un jeune meurtri révolté Jacquou au désir de vengeance intense…. Comment venger la mort de mon père sur les messieurs de Nansac? Ils étaient riches, puissants, la terre était à eux; ils avaient un château inabordable à leur volonté, des domestiques, des gardes armés, et, moi, j'étais pauvre; et chétif. (Page 170).
« Jacquou le Croquant » est dom Enjalbert un chapelain opportuniste , un ancien moine de Saint-Amand-de-Coly, qui s'était habitué au château, trouvant le gîte bon…
« Jacquou le Croquant » est le bon curé Bonal l'homme du peuple rempli d'amour qui a prêté serment à la République …Il recueille Jacquou devenu orphelin…Il se chargera de son éducation…
« Jacquou le Croquant » est un Jacquou adulte qui organise une lente montée insurrectionnelle contre le comte de Nansac……
« Jacquou le Croquant » n'est pas qu'un simple roman dit "historique" avec un récit écrit pour faire pleurer dans les chaumières, c'est un roman social, c'est également un roman politique, c'est un plaidoyer sur la misère, un cri d'alerte sur les relations maîtres-soumis dans le monde rural, c'est une critique amère sur les abus de pouvoir des aristocrates et de pseudo-bien-pensants de la religion…Le bon curé Bonal sera révoqué du clergé et finira ses jours en travaillant la terre comme un paysan….mais un paysan de bon sens…
Dans ce roman, Eugène le Roy lance des messages forts, des cris d'alarme sur les conditions de l'oppression de la classe paysanne
« Jacquou le Croquant » est la merveilleuse écriture avec l'emploi de mots, verbes, adjectifs justes pour imbiber le lecteur en entier dans le récit.
Un récit que nous avons du mal à quitter tant que nous avons de la compassion, pour ma part de l'admiration pour ce jeune Jacquou….Partout je rappelais les tyranniques vexations de ce gredin, ses méchancetés, la férocité froide avec laquelle il abusait de sa force; son insolence, celle de son fils et de leurs hôtes à l'égard des femmes : à chacun je ravivais le souvenir de ce qu'il avait eu particulièrement à souffrir de cet odieux seigneur de contrebande. Je tâchais de relever ces pauvres gens courbés sous cette tyrannie humiliante, de leur faire sentir qu'ils étaient des hommes (Page 434).
Mais dites-moi Monsieur Eugène le Roy ne seriez-vous pas un peu insoumis ??
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HORUSFONCK
  20 mai 2019
Jacquou le croquant fait partie de ces livres qui m'accompagnent depuis plus de quarante-cinq années. D' abord lu et relu dans son édition du Livre de Poche, l'ouvrage a rejoint ma bibliothèque numérique, et je m'en régale de quelques passages de temps en temps.
Jacquou le croquant, c'est la révolte de paysans sans terre du Périgord. C'est l'abus de hobereaux aveugles et sourds aux misères de leurs métayers, qui va pousser Jacques Ferral à mettre à bas le château des Nansac. Qui va mener l'orphelin à prendre la fourche et la torche, à la tête d'une armée de gueux. Trop, c'est trop, et la coupe a débordé.
Eugène le Roy se garde bien de faire des amalgames:Tous les nobles ne sont pas de l'engeance des Nansac, ni tous les curés à la botte des affameurs. Il en est, parmi ces derniers, que révulse l'injustice faite à ceux qui ne peuvent se défendre. C'est le curé Bonnal qui, après la mort de sa mère, recueillera Jacquou. le chevalier et sa soeur aideront aussi Jacquou à grandir et devenir un homme libre et correctement instruit.
Et, malgré l'enseignement et les exhortations du brave curé Bonnal, Jacques Ferral ne pardonnera pas aux Nansac, partant du sain principe qu'un pardon demande un amendement de la part du pardonné.
Le mal éradiqué du pays, Jacques Ferral retournera à une vie modeste mais libre et heureuse de charbonnier.
L' histoire contée dans Jacquou le croquant, avec quelques variantes, reste fondamentalement d'actualité et pas seulement dans les pays en voie de développement.
L'adaptation télévisée qui fut faite, à la fin des années soixante, de Jacquou le Croquant est la meilleure et la plus fidèle. Elle restitue parfaitement l'ambiance du récit, son contexte et ses personnages... Je suis plus dubitatif par rapport à l'adaptation ultérieure en un film à grand spectacle qui se permet quelques distorsions et libertés par rapport au livre.
Les derniers mots de ma critique, je les laisse au chevalier dans sa maxime forte: Cil va disant: "Noblesse oblige",
Qui, maufaisant, ses pairs afflige.
" Qui le suit,
Mal s'ensuit."
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Bigmammy
  19 septembre 2012
Je me souviens avoir lu ce classique de la littérature rustique voici vingt-cinq ans. Cependant, malgré les deux adaptations télévisuelle (Stellio Lorenzi en 1969) puis cinématographique (Laurent Boutonnat en 2007) qui eurent un certain succès, je ne me souvenais plus de l'intrigue et j'ai éprouvé un vif plaisir à relire cette terrifiante épopée jusqu'à sa fin, heureusement favorable pour le héros.
Plus même, en lisant dans cette édition des « Classiques de poche » les exposés introductifs d'Amaury Fleges et Emmanuel le Roy Ladurie, j'ai mieux compris le propos polémique et politique d'Eugène le Roy. Quelle ironie, enfin, pour cet auteur, fils d'un couple de domestiques du château de Hautefort devenu fonctionnaire du fisc, de porter ce patronyme alors que ses idées prônent l'affranchissement du peuple des sujétions de la noblesse et de la religion …
Une histoire âpre, terrible, de misère paysanne dans la première moitié du XIXème siècle. Un roman de la précarité et du malheur fondant si vite sur ceux qui n'ont ni bien ni terre, obligés de se louer à la journée, vivant de châtaignes séchées et de braconnage. La pauvreté en pays rural est pourtant bien difficile à appréhender dans ces temps de bouleversements politiques. Cependant, Jacquou le Croquant la rend bien tangible. La Dordogne est un pays pauvre, isolé, bien loin des courants de communication, dénuée de ressources naturelles. Les paysans y survivent très difficilement car « l'agriculture locale avec ses boeufs de labour (en guise de chevaux) et ses araires (charrues primitives) n'a qu'une faible productivité, malgré l'introduction plus ou moins récente des plantes d'origine américaine (maïs, pomme de terre). » et en plus, elle doit supporter ici les exactions d'un cynique nobliau local, l'ennemi juré de Jacques Ferral, le héros de l'histoire.
La trame du roman est simple : c'est celle d'une famille pauvre persécutée par le comte de Nansac, avide et fourbe, puis celle de la vengeance de Jacquou, le fils de celui qui est mort au bagne pour avoir abattu l'homme qui, par ordre de son maître, avait abattu sa chienne. Jacquou, élevé – au sens littéral du terme – par le bon curé Bonal (un prêtre « jureur » interdit par les maudits jésuites) qui fédère autour de lui toute la population avoisinante pour brûler le château. Mais Jacquou est un être noble, lui, et il épargnera la vie du diable local afin que celui-ci souffre plus que la mort trop douce en perdant tout son bien et sa dignité avec.
Connaissant bien la région, je me suis retrouvée comme chez moi dans ces forêts profondes et sans difficulté à lire cette prose surannée émaillée de termes patois le plus souvent explicités. le style est alerte et les situations haletantes. Eugène le Roy, quoique militant et produisant une oeuvre politique destinée à éduquer le peuple mettant en lumière une classe paysanne mythique et déjà, à l'heure où écrit l'auteur, en partie passée à la Révolution Industrielle, est aussi et surtout un conteur hors pair qui mêle habilement à son intrigue des événements à peine transposés. Cet été par exemple, nous avons visité la maison forte de Reignac où le seigneur local, sorte de Barbe-Bleue surnommé le Bouc de Reignac, subit le même sort que le sinistre Nansac.
Un roman classique du XIXème siècle, paru tout d'abord en feuilleton dans La revue de Paris en 1899 puis chez Calmann-Lévy en 1900, et qu'il est sans doute bon de mettre en perspective avec explosions populaires actuelles contre l'oppression de minorités politiques ou religieuses qui conduisent au désespoir les plus pauvres qui n'ont plus rien à perdre.
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cmpf
  06 décembre 2014
Un très grand plaisir de lecture. Vraiment.
Je connaissais comme beaucoup le film fait fin des années 60, et j'en avais retenu une histoire d'enfant, de grande pauvreté et de loups qui vous poursuivaient la nuit. Mais c'est bien plus que cela.
C'est la confession de toute une vie depuis les sept ans d'un petit paysan Jacques Ferral dit Jacquou. Les faits mais aussi ses opinions et considérations.
Ce livre est paru en feuilleton en 1899, époque où l'on s'interrogeait sur la place des paysans, leur implication dans la vie politique. Il est fait référence plusieurs fois aux différentes révoltes paysannes. La scène d'incendie du château ainsi que l'absence de condamnation pourraient paraître inventées mais elles sont inspirées de faits avérés du XIXème. le livre pourrait paraitre manichéen avec d'un côté les bons nobles le Chevalier de Galibert et sa soeur d'ailleurs issu d'une vieille famille qui s'éteint là et de l'autre les Nansac, paysans enrichis depuis deux générations ayant tous les défauts que l'on prêté aux nouveaux riches et pourtant je n'ai pas trouvé cela exagéré.
Les paysans avaient bien été parfois mis en scène dans la littérature mais par des écrivains qui ne connaissaient pas le monde paysan, Balzac et Zola en tête. Georges Sand confessait la difficulté à rendre le langage, soit on n'était pas compris des lecteurs, soit on n'était pas fidèle. Ici Eugène le Roy a réussi à mélanger des termes et des tournures du patois régional tout en étant parfaitement compréhensible.
J'ai appris qu'Eugène le Roy avait écrit d'autres romans régionalistes et des études sur la Dordogne. Je dirais volontiers ses autres romans.
Mon édition Les classiques de poche comprenait des gravures, une préface d'Emmanuel le Roy Ladurie et une présentation d'Amaury Fleges toutes deux fort instructives.
Lu dans le cadre du challenge ABC 2014-2015
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saphoo
  22 mai 2020
J'étais bien jeunette, quand j'ai croisé Jacquou le Croquant, mon souvenir était bien faible, les oubliettes et les rats qui croquaient le prisonnier, m'avaient traumatisée, du haut des primes années, déjà je me demandais comment des hommes pouvaient être aussi cruels. Cette lecture a éclairé ce lointain souvenir, et je suis bien contente d'avoir fait plus ample connaissance avec Jacquou.
J'ai bien aimé le style avec ce vieux françois, qui me rappelle le patois de mes ancêtres.
C'est un excellent roman pour qui veut approfondir ou découvrir la France rurale de cette époque, la misère, le dur labeur, l'injustice, le joug des plus nantis sur ces pauvres diables. Heureusement il y a des belles âmes au grand coeur, comme le bon vieux curé qui a recueilli et éduqué Jacquou tout comme le Chevalier avec ses dictons et autres fariboles, l'avocat qui a su défendre le peuple.
Une fresque historique, sociale, et morale. Maintenant j'aimerai revoir la version télévisée de l'époque pour parfaire le tout.
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
meyelebmeyeleb   27 août 2011
Et puis j’aimais ma forêt, malgré sa mauvaise renommée. J’aimais ces immenses massifs de bois qui suivaient les mouvements du terrain, recouvrant le pays d’un manteau vert en été, et, à l’automne se colorant de teintes variées selon les espèces : jaunes, vert-pâle, rousses, feuille-morte, sur lesquelles piquait le rouge vif des cerisiers sauvages, et ressortait le vert sombre de quelques bouquets de pins épars. J’aimais aussi ces combes herbeuses fouillées par le groin des sangliers ; ces plateaux pierreux, parsemés de bruyères roses, de genêts et d’ajoncs aux fleurs d’or ; ces vastes étendues de hautes brandes où se flâtraient les bêtes chassées ; ces petites clairières sur une butte, où, dans le sol ingrat, foisonnaient la lavande, le thym, l’immortelle, le serpolet, la marjolaine, dont le parfum me montait aux narines, lorsque j’y passais mon fusil sur l’épaule, un peu mal accoutré sans doute, mais libre et fier comme un sauvage que j’étais.
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OrpheaOrphea   16 décembre 2019
Et, en m'en allant, je passai près d'une tombe brisée par le temps, rongée par les pluies, le soleil et les gelées d'hiver, effritée, réduite en gravats, prête à disparaître, et je me dis combien c'était chose vaine que de chercher à perpétuer la mémoire des morts. La pierre dure plus longtemps qu’une croix de bois, mais le temps, qui détruit tout, la détruit aussi ; et puis, que fait cela à celui qui est dessous ? Ne faut-il pas enfin que le souvenir du défunt se perde dans cette mer immense et sans rives des millions de milliard d'êtres humains disparus depuis les premiers âges ? Dès lors, l’abandon à la nature qui recouvre tout de son manteau vert vaut mieux que ces tombeaux où la vanité des héritiers se cache sous le prétexte d'honorer les défunts.
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BVIALLETBVIALLET   14 avril 2012
Liberté et pain cuit sont les premiers des biens. Manger le pain pétri par sa ménagère et fait avec le blé qu’on a semé ; goûter le fruit de l’arbre qu’on a greffé, boire le vin de la vigne qu’on a plantée ; vivre au milieu de la Nature qui nous rappelle sans cesse au calme et à la modération des désirs, loin des villes où ce qu’on appelle le bonheur est artificiel- le sage n’en demande pas plus.
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Nostradamus27Nostradamus27   29 décembre 2017
Il y en a qui ont besoin de la société des autres, qui veulent se mêler à la foule, à qui il faut des voisinages, des nouvelles, des échanges de platusseries ou plats propos ; moi pas, il me paraît que c'est un malheur que de ne pas savoir vivre seul.

Les hommes rassemblés valent moins qu'isolés. Il en est du moral comme du physique, les grandes réunions humaines sont malsaines pour l'esprit et le cœur, comme pour le corps.
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templierstempliers   02 mars 2009
* « Mon existence n'a point été sans peine, mais elle s'est écoulée du moins sans regrets et surtout sans remords, ce qui n'est pas peu de chose. »
* « L’égoïsme m’indigne, la méchanceté m’exaspère, l’injustice me révolte, la misère me saigne le cœur. »
* « Mes bonshommes sont des personnages, non d'imagination, mais d'observation. »
Eugène Le Roy
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Métayers des Nansac
Feuilleton en 6 épisodes fidèlement adapté par Stellio LORENZI du roman d'Eugène LE ROY, qui raconte la vie d'un paysan, Jacquou, entre 1819 et 1830, et montre à travers lui la misérable existence de la paysannerie en Périgord sous la Restauration, encore sous le joug des seigneurs.Jacquou a sept ans et ses parents sont métayers du Comte de Nansac. Celui-ci, ainsi que Laborie, son...
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