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EAN : 9782951459427
85 pages
Editions Garamond (01/01/2001)
3.38/5   4 notes
Résumé :
Suite indienne déroule dans un enchaînement d'instantanés à coloration musicale les étapes d'un voyage dans le nord de l'Inde à la fin des années 80 : "Des hommes bavardaient avec des gestes lents, / villageois en sursis dans un répit de l'air, / portant assis leurs mots sur la paume de la main, / les accompagnant un instant un peu au-dessus d'eux-mêmes / pour les voir éclore à la surface du ciel..." Dans cette évocation, le quotidien et ses bouillonnements ne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Fleitour
  30 juin 2015
Suite indienne est un voyage à travers l'Inde avec Bombay pour première étape .
Ce périple s'ouvre sur l'irruption des pèlerins , « se sentir emporté sans le vouloir » le ton est donné ,à « Bonbay où tout est gris » .
Voyage presque photographique , les images fusent s'enchaînent , dans une hâte qui ne ressemble pas à celle nos villages endormis .
Cette superpositions fatigue quelquefois on voudrait se poser ,ne plus ressentir ce fourmillement de pas « l'empreinte aérienne d'une marche ...les engelures , les crevasses , les oedèmes , et dans l'éther desséché la silhouette pénitente d'une femme .
Puis le voyage sait quitter la périphérie , les hordes de chiens , retrouver des visages , la dormeuse , le danseur , la veuve , l'urgence de témoigner est moins forte plus nonchalante le style aussi change .
La langue de Scoêzec cherche alors le rythme du Haïku « dans cette orgie de blancheur je me suis assise  »
La poésie s'installe avec plus de tendresse pour ces figures ancestrales , et dans une supplique elle leur parle «  fais jouer le cercle de tes bras ,attise autour de ton buste les brasiers qui consument ta virilité  »
la suite indienne imprégnée du passé Jaipur , Orchchâ , sillonne une route étrange , c'est l'Inde peuplée d'ombres « Elle s'appelait Châlurata peut être , lorsque bercée par son chant , elle s'endort dans l'ombre projetée de son éternité  » .
« Pourquoi chercher à retenir mon âme » ce dernier chant est un adieu à ces lieus , ce sont les mots choisis par Annick le Scoëzec pour nous laisser en attente en suspend d'une suite possible .
Très beaux textes parfois difficiles , hachés et faussement décousus , ils invitent à ressentir ce voyage par tous nos sens sans juger , sans interpréter juste regarder vivre l'Inde .
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Scopa
  16 juin 2015
" Suite indienne "est un recueil de poésie relatant un voyage dans le nord de l'Inde. Chaque poème est l'occasion d'éclairer de manière très photographique
les pérégrinations de l'auteur.
D'une écriture alerte et musicale Annick le Scoezec Masson restitue avec infiniment de sensibilité les instantanées poétiques que lui évoquent se formidable pays.
L'on peut juste regretter l'uniformité du ton qui nuit à l'intérêt constant du livre. Néanmoins, c'est une charmante découverte en ce qui me concerne.
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Atasi
  12 juin 2015
Suite indienne est un petit voyage poétique à travers l'Inde.
Première étape, Bombay, sa foule, ses mendiants, ses tas d'immondices, ses fouilleurs de poubelles, ses taudis, ses gratte-ciels, là un temple jaïn, sa Tour du Silence haut-lieu de la religion pârsi, son front de mer, la Porte de l'Inde. Où richesse côtoie intimement la misère et la ruralité la modernité.
Puis direction Aurangabad et sa route jusqu'à Ellorâ.
Route vers le nord et le Rajasthan, ses miniaturistes aux personnages s'animant pour nous souffler dans l'oreille un passé lointain. Rajasthan des couleurs, son désert du Thar, Udaipur et Jaipur.
Et ainsi, bout à bout, un merveilleux voyage, entre rêve et réalité. Car faut se laisser flotter avec "Suite indienne".
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
BradominBradomin   26 décembre 2014
Aboiements furieux au point du jour : / j’ai fait pendre un esclave.
J’avais surpris / les reflets d’un embrasement
sur la cheville nue / de Chântra.
Il n’a rien dit, / signant ainsi son crime.
Chântra a jeté, entre elle et moi,
le long pan de son voile ;
avec la fixité d’une statue,
elle a raidi son corps, l’a tendu
comme un arc.
Je me suis précipité, face contre terre,
j’ai embrassé ses genoux,
le regard perdu, ma langue avide sur ses
pieds.
Elle n’a rien dit.
J’ai fermé la porte de sa chambre, / donné la clef
à la vieille édentée / qui en garde le seuil
couchée de tout son corps.
Je suis parti sept jours dans la montagne.
Veillant dans un abri de chasseur,
je voyais l’aurore / enflammer le vallon,
le soleil se pendre dans les arbres,
descendre l’essaim des ombres,
les étoiles fuser.
Des chiens hurlaient au point du jour :
j’avais fait pendre un esclave / et Chântra...
J’ai fumé trois jours encore / et trois nuits dans ma tanière.
Je ne voyais plus rien, / la noire Kâlî s’enroulait dans les flammes,
excitant les grelots de ses chevilles.
Au petit matin elle se dissipait / dans le brouillard vert
d’un lointain Udaipur.
J’ai fumé encore / et j’ai cru deviner, dans la vallée,
la luxuriance d’une battue :
brocarts et satins, / pashmînâ d’Amritsar,
tarpans de soie / sur l’herbe éclatante
et la bave des chiens.
J’ai senti la fourrure sous mes doigts,
l’odeur aigre du fauve, / son sang coagulé.
Je me suis déguisé, me suis coulé
en feulant dans les fourrés.
La Noire a crevé mon sommeil
de son masque hideux et sanglant.
Toute la nuit j’ai senti / la mort labourer mes veines.
La gueule en feu, habité d’un tonnerre / à faire rugir les montagnes,
je me suis désaltéré / à une flaque de boue
dans les relents de vieux cuir d’un / troupeau d’éléphants.
Haletant, je me suis affaissé, / j’ai laissé passer dans mes yeux
un vol de babouins qui ne reviennent / jamais.
Repu de nuit, la sueur glaçait mon front.
Maintenant,
une femme est à mes côtés,
pieds maquillés de henné.
Elle m’enveloppe de sa voix berçante,
me cajole
de ses mélodies.
Elle a défait ses cheveux, me dit que,
si je veux, elle est prête :
que le bûcher soit allumé.
Mais voilà qu’elle hurle que je suis fou;
dans l’orage de mes rugissements,
je ne l’écoute pas.
Pourquoi vouloir retenir mon âme ?
La Noire seule le sait, / mais qu’y puis-je ?
Je ne m’habite plus,
cette maison n’est plus la mienne.
("Le tigre" p.68).
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BradominBradomin   01 janvier 2015


Tout à coup je fis volte-face :
elle arrivait, sa horde de chevaux
déchaînés depuis l’horizon,
pressant leurs corps sur le fleuve,
les secouant comme des poches de
cendre,
tandis que les rives molles de la Yamunâ
se fondaient dans le ciel.
Des buffles traversaient, impavides,
déplaçant des montagnes vieilles dans la
brume
et le songe vide d’un roi
au bord de leurs croupes flasques.
Toute l’eau tombée délayait le paysage
dans un lavis de livre ancien.
Il y avait, bien sûr, le Tâj Mahal,
de l’autre côté des flots furieux,
soudain fulgurant
et qui semblait brûler la page,
s’en découper pour n’y laisser
qu’un profil de tombeau.
Il y avait encore, devinée entre les
pierres,
la respiration de l’esthète reclus,
ses longs regards sur l’ire des dieux,
ses pensées mornes dans le marbre creux
des fontaines,
dans le pan des murs ciselés,
s’agitant soudain avec une rare
précipitation,
prisonnier de l’instant sacré
sous le seul cri des singes.
("La mousson", p. 73)


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FleitourFleitour   01 juillet 2015
Une touche de vert et de rouille,
La nacre .d'un gris sale où transpire
la palette de l'Iris:
c'est le bain des buffles dès que le soleil frappe,
un oiseau debout sur chaque dos .

Dans le village un barbier
rasait le crâne d'un vieillard au teint clérical,
ne lui laissant qu'un toupet
pour le lier avec le ciel .
P65 Eros
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BradominBradomin   21 juin 2015
Dans cette orgie de blancheur je me suis
assise
et Mahâvîra, je l’ai vu :
c’était ce tremblement
dans la vapeur dorée d’un jardin
immobile,
les herbes folles et bleues,
la masse charnue d’une poignée de
glaïeuls,
le vibrato d’un après-midi
où tu posais dans l’ombre pour la photo,
entre les canaux
sous un feuillage liquide
quelque part
du côté de Shâlimâr.
("Le Brahmine", p.61)
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FleitourFleitour   30 juin 2015
des hommes bavardaient avec des gestes lents ...
portant assis leurs mots
pour les voir éclore à la surface du ciel ...
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