AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782709633420
279 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (26/08/2009)
3.48/5   70 notes
Résumé :
''La planète connut cette année-là son automne le plus chaud depuis cinq siècles. Mais de la clémence providentielle du climat qui joua peut-être son rôle, il ne sera plus question. Ce récit couvre l'espace de trois mois et même un peu plus. Que celle - ou celui - qui ne veut pas - ou plus - entendre parler d'amour repose ce livre.''

Ainsi commence Assez parlé d'amour. Anna et Louise pourraient être soeurs, mais ne se connaissent pas. Elles sont marié... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
3,48

sur 70 notes
5
6 avis
4
8 avis
3
4 avis
2
5 avis
1
2 avis

lafilledepassage
  03 février 2021
Très partagée après cette (première) expérience de le Tellier romancier. Je l'ai préféré dans le rôle d'encyclopédiste des choses inutiles.
Ce sont l'histoire d'amour (encore une !) entre Thomas le psy et Louise l'avocate, et celle entre Anna, elle aussi psy et patiente de Thomas, et Yves, écrivain de son état. Peut-être faut-il y voir les différentes facettes d'une seule histoire (cette image de la boule à multi-facettes recouvertes de miroirs des soirées disco ne me lâche pas), mais on est loin de je-ne-sais-plus-quel écrivain sud-américain qui maniait ces jeux de réflexion avec paillettes et brio… Était-ce Bioy Casarès?
Deux histoires d'amour, en miroir, et un récit probablement construit sur le schéma d'une partie de domino abkhaze. Euh pour moi aussi c'est du chinois, désolée je n'ai pas les codes. Ici et là, quelques petits jeux de mots plaisants, des réflexions sur les expressions choisis par les locuteurs et leur non-dit tellement révélateur.
Le tout est noyé de digressions qui ne m'ont rien apportées, comme les 78 entrées possibles pour le mot « étranger » (ouais bof on est en plein exercice d'atelier d'écriture, là non ?), comme le discours sur la genèse du langage, comme la maladie de Fuchs (maladie qui entraine la cécité) de Simon diagnostiquée par le mari d'Anna, maladie dont il est probablement lui-même atteint symboliquement.

Tout au long du livre, j'ai eu l'impression de regarder une sériée à la télévision, vous savez, ce genre de séries où les femmes sont toutes belles, désirables et désirées, mais si tristement interchangeables. J'ai trouvé tout cela très lisse et très convenu.
« Il est des oeuvres si lumineuses qu'elles nous font honte de la pauvre vie à laquelle nous nous résignons, qu'elles nous adjurent d'en mener une autre. Un livre peut suffire à cette tâche. » Eh bien pour moi ce ne sera pas ce roman-ci.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          302
Herve-Lionel
  23 avril 2014


N°419– Avril 2010
ASSEZ PARLÉ D'AMOURHervé le Tellier – Jean Claude LATTÈS.
Ce titre était un peu engageant, après tout, les romans sont pleins d'histoires d'amour mais c'est aussi la dernière phrase du dernier chapitre qui revient ainsi comme un leitmotiv. Pourtant, le livre refermé, il apparaît que c'est une sorte d'antiphrase ironique puisqu'on pouvait penser qu'il n'y serait pas question d'amour, alors que, au contraire, c'est le thème unique de cet ouvrage où il n'est question que de cela! En réalité on se trompe, on se ment, on se quitte, on se croise et on tisse beaucoup d'histoires d'amour dans ce roman.
Ce qui frappe d'abord c'est le temps bref (trois mois d'un automne plutôt chaud)pendant lequel se déroule ce récit. le panel des personnages va de l'écrivain, à l'avocate célèbre, de l'analyste au scientifique connus... bref des intellectuels, mais aussi des notables parisiens, à l'abri des soucis d'argent, satisfaits d'eux-mêmes, comme il se doit. C'est surtout deux destins de femmes mariées, Anna et Louise, la quarantaine, mères de famille et heureuses. Elles se ressemblent sans se connaître et vont vivre deux amours semblables. Anna, pédopsychiatre mariée à un chirurgien,Stan, va croiser la route de Yves, l'écrivain et Louise, l'avocate, mariée à un scientifique, Romain, celle de Thomas qui est aussi l'analyste d'Anna. Thomas deviendra l'amant de Louise et Yves celui d'Anna. Ces deux passions adultères se recoupent donc avec pour toile de fond les maris auxquels elles n'ont pourtant rien à reprocher, qui sont amoureux d'elles et qui les protègent. Ils sont sans doute seulement les victimes de cette usure des choses, de cette envie d'ailleurs de leur épouse mais assurément ne méritaient pas cette épreuve... Quand ils finiront par comprendre ils en seront malheureux et peut-être aussi honteux [« Bien, dit Romain, pour résumer, je suis marié, nous avons des enfants, ma femme a rencontré un autre homme... Je suis très malheureux ». « Stan s'engloutit dans ce lent tourbillon qui le ramène soudain vers Anna, vers la pensée noire du corps nu d'Anna sous celui d'un autre, et l'image qui surgit le broie »].
Pourtant elles se demandent si cet amant qui débarque dans leur quotidien et le bouleverse pourra être le nouvel homme de leur vie, avec toute la remise en cause que cela entraîne inévitablement. Ce sont, bien sûr des  liaisons potentiellement dangereuses puisqu'elles bousculent les certitudes établies, l'ordre des choses et ne laissent pas place, en apparence, à cette culpabilité judéo-chrétienne qui nous entoure. Tout cela est un peu compliqué d'autant que dans cette affaire il ne faut pas oublier les enfants. Ils ont toute leur place dans ce récit, même s'ils restent un peu en retrait. le Tellier ne leur donne la parole qu'à la fin, notamment avec la métaphore d'Alice [« Oui, songe Anna, le Chat a raison, quand on ne sait pas où aller, le chemin n'a pas d'importance »].
Louise et Anna, comme Thomas et Yves se croisent,(sans oublier les rencontres inévitable entre les amants et les maris cocus) Ce n'est peut-être pas si artificiel que cela et cela caractérise les personnages, pas si fictifs cependant. J'ai toujours plaisir à voir comment ils réagissent par rapport à l'auteur, j'aime imaginer l'usage qu'ils font de leur liberté... Yves, l'écrivain est un peu le double de le Tellier et réagit probablement comme un auteur, surtout quand il écrit, pour les 40 ans d'Anna, un livre qui sera comme un cadeau et dont il sera évidemment question d'amour. Ce « livre dans le livre », c'est plus qu'une manière de mise en abyme, c'est une véritable trouvaille pleine d'émotions, de souvenirs.
L'auteur s'interroge et interpelle son lecteur: A un âge où la vie semble définitivement tracée, où les choses sont établies, l'amour peut-il venir frapper, même sous la forme du « coup de foudre »qui autorise les folies, les espoirs, les remises en question, parce que le corps change, que le temps a passé et qu'on ne le rattrape pas, qu'on croit s'être trompé dans son choix d'avant, et que, pour cela on est capable de tout briser et de tout recommencer, malgré les convenances sociales, la honte, la culpabilité, les enfants qui nous jugeront plus tard... Avec aussi la certitude que l'être qui vous a préféré à un autre peut parfaitement remettre en cause, avec le temps, le choix qu'il a fait de vous!
Il est aussi question de judéité dans ce récit mais aussi de dominos abkhases( et ce n'est pas un hasard tant les règles en sont compliquées mais Anna suggérera à Yves de substituer le titre initial prévu pour son livre « Tu parles d'amour dans ton livre...Alors met simplement « amour »), d'interrogations sur le langage, de la cryptobiose des tartigrades, des iguanes marins des Galapagos, de jalousie, d'hommage (celui que l'auteur rend à l'écrivain Edouard Levé qui s'est tué), de mort et de chagrin et de deuil.

C'est vrai que c'est bien écrit, le style est fluide et agréable, avec un jeu sur les mots, où l'auteur joue sur l'ambiguïté du langage, les quiproquos, les lapsus(« fais-le pas » et « fais le pas »), parle, dans son roman, constamment d'amour,«  cette chose qu'on donne sans la posséder », une occasion unique pour le Tellier, qui, un peu comme au théâtre, fait apparaître les personnage deux par deux, pour que, alternativement, ils se donnent la réplique. Leur rencontre a toujours quelque chose d'intime. le contexte oulipien caractéristique ajoute de l'intérêt à tout cela !
Une autre problématique se pose à l'auteur, celle de rencontrer son public. Avec ce roman, Il est permis de penser que oui!
Je continuerai à suivre la démarche littéraire de cet auteur, son analyse de ces « vertiges de l'amour » m'a bien plu.
©Hervé GAUTIER – Avril 2010.http://hervegautier.e-monsite.com

Lien : http://hervegautier.e-monsit..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
edwige31
  14 octobre 2012
Le mot qui me permet de qualifier ce roman est lumineux. le thème, pourtant maintes fois traité, est ici un croisement harmonieux et subtile entre les personnage. J'ai découvert que la construction du roman a été faite selon les contraintes de Oulipiens. L'Ouvroir de Littérature Potentielle, Oulipo, a été fondé le 24 novembre 1960 par une groupe d"écrivains, de mathématiciens et peintres tels que Raymond Queneau, François le Lionnais, Italo Calvino, Jean Queval ou Claude Berge. le but de l'organisation était d'inventer une nouvelle écriture romanesque et poétique en intégrant des contraintes scientifiques à la littérature. Dans le cas présent, il s'agit de la base d'une partie de dominos, de dominos abkhazes. Dans la règle des dominos abkhazes, fait rare, il est possible de reprendre un domino déjà posé. Dans ce roman, un double posé donnera naissance à un chapitre à un seul personnage, un simple à un chapitre à deux personnages, exceptionnellement trois si l'un des personnages n'agit ni ne parle. le double zéro est un cas intéressant : il créera un chapitre avec deux personnages secondaires, ou un seul. On peut donc voir que la construction du roman est très cadrée et pourtant quelle harmonie se dégage de ce roman.
Nous rencontrons donc 6 personnes, dont 2 couples et 2 amants, dont l'histoire d'amour adultère est décrite de l'émergence des sentiments au dénouement final. Ces histoires d'amour adultères seront un révélateur pour ces hommes et ces femmes : les femmes devront faire un bilan de leur vie car leur choix déterminera la suite de leur existence. Il est difficile d'en dire plus sans révéler la subtilité du roman.
C'est remarquablement écrit, avec finesse mais aussi beaucoup d'humour (surtout les propos du psychiatre). Je reprends le terme d'une critique qui dit que Hervé le Tellier est un fin horloger : la succession des 60 chapitres, plus ou moins longs, avec les croisements perpétuels des personnages, est pourtant remarquablement fluide. Les sentiments sont délicatement exprimés et avec une certaine élégance.
Une vraie découverte de délicatesse.
Lien : http://toshoedwige.blogspot...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
alzaia
  17 avril 2016
Je vais passer pour un ovni mais je ne connais pas "des papous dans la tête" dans lequel officie (ou officiait! nsp) l'auteur...Donc je connais très mal Hervé le Tellier, à part "Demande au muet" que j'avais trouvé très drôle je n'avais rien lu de lui." Assez parlé d'Amour" se lit très vite; l'histoire et les mises en situations de chacun des personnages sont très agréable à lire; on rit, on lève les yeux et on réfléchit, on s'instruit, quelque chose de réflexif opère, on apprécie la mise en abîme entre le titre du livre et le titre du livre d'un des protagonistes écrivain et plein d'autres finesses... Ceci dit on s'interroge aussi pas mal sur l'aspect très (trop?) intelligent qui sous-tend le procédé (auquel le livre pourrait presque se résumer! par instants); arrivée au 3 quart (environ) de la lecture j'ai bizarrement commencé à ressentir une sorte d'absence de "corps" de l'histoire, due au fait que certains questionnements des intéressés prenaient un sens double, sibyllin et que j'avais du mal à ressentir de l'empathie, gênée par une sorte de distance qui opérait de manière trouble sur ma lecture... ajouté à ça le cadre bourgeois (germanopratin comme c'est la mode en ce moment d'employer!) m'a passablement barbé : sont tous chirurgien, écrivain, avocat, analyste, psychiatre : bon... passent leur temps à s'acheter des fringues de luxe et des dessous chic re-bon... in-fine l'érudition, l'intelligence et même l'espièglerie de l'écriture et donc de l'écrivain mènent la danse et on sent une belle maîtrise... pour finir et en rajouter au niveau du ressentis une sorte de fiat lux : je pense qu'il s'agit plus d'une parodie de roman que d'un roman ! ou du moins je l'espère...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          72
Jacotte_Fenwick
  29 mars 2015
Un psy tombe amoureux d'une avocate mariée à un biologiste, sa patiente (psychiatre, épouse d'un ophtalmo) d'un écrivain. Ils sont libres, elles ne sont plus mariées pour longtemps. le Tellier, oulipien et papou dans la tête, nous livre les états d'âme de tous ces bobos sur fond d'exercices de style (pas pu aller au-delà de la 20e des 76 phrases contenant « étranger » et constituant la conférence de l'écrivain, moment de vérité de l'ophtalmo bientôt quitté). L'histoire ne vaut pas tripette mais j'ai aimé les petites excursions dans le cambouis du psy et celui de l'écrivain : « Yves est écrivain, puisqu'il ne pourrait écrire sans honte « infinie tendresse », « fusiller du regard » ou « éperdument amoureux ». de temps à autre, « sommeil pesant », « traverser l'existence », « griffonner à la hâte » lui échappent ». Il manque « s'engouffrer dans une bouche de métro » et « avant d'engloutir son troisième sandwich au concombre », mais j'ai adhéré. Je n'arrive hélas pas à retrouver la phrase où le psy trouve décevant que ne soit pas prononcé le mot « inconscient » dans une conférence sur l'attachement. Là, je marchais à fond.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80

Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
luocineluocine   27 mars 2010
Parfois quand un inconnu indiscret vient à le questionner sur sa vie - un taxi, un coiffeur de province, un voisin de train – Yves s’invente un métier, se fabrique une vie, dans l’impunité de l’anonymat ….Le temps d'une course place d'Italie - rue Montmartre, il devient l'un des spécialistes européens de la cryptobiose des tardigrades.

- De la quoi des quoi? dit le taxi

- De la cryptobiose des tardigrades. Les tardigrades sont de tout petits animaux pas plus gros qu'une tête d'épingle. Ils sont capables d'expulser toute l'eau de leur corps pour résister à des températures extrêmes dans l'Antarctique : c'est cela, la cryptobiose. Dans cet état, ils peuvent survivre des années, parfois des siècles. Je les étudie depuis vingt-deux ans maintenant.

--On vous paye pour ça avec nos impôts? Demande le taxi inquiet."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
brigetounbrigetoun   22 octobre 2010
La chanson d'Elton John et Bernie Taupin date des années soixante-dix, mais le honky-tonk de l'orgue Farfisa n'a pas tant vieilli que ça. Louise a tant dansé sur Crocodile Rock, que le rock lui rappelle aussi bien ses treize ans que ses trente ans. Plus tard, elle l'ignore encore, il lui rappellera ses quarante ans. Après un Radiohead, Thomas est essoufflé. Il a abandonné Louise pour un tabouret près du bar. Elle virevolte dans les bras d'un grand blond, la jupe s'envole haut. Louise a un peu bu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
NievaNieva   18 mai 2021
— Alors, lit Anna d’une voix douce, Alice arrive au croisement de deux routes et voit un Chat perché dans un arbre. Elle lui demande aussitôt :
— Quel chemin dois-je prendre ?
— Où veux-tu aller ? réplique le Chat.
— Je ne sais pas, répond Alice.
— Alors, dit le Chat, ce n’est pas important.
Karl s’est endormi. Une sorcière bleue sur son balai s’élance sur la porte quand Anna éteint la lumière.
Oui, songe Anna, le Chat a raison, quand on ne sait pas où l’on veut aller, le chemin n’est pas important.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
irreguliereirreguliere   16 octobre 2010
Il est des oeuvres si lumineuses qu'elles nous font honte de la pauvre vie à laquelle nous nous résignons, qu'elles nous adjurent d'en mener une autre, plus sage et plus pleine, des oeuvres si puissantes qu'elles nous donnent du courage, nous intiment d'entreprendre.
Commenter  J’apprécie          90
lafilledepassagelafilledepassage   03 février 2021
Il faut donner aux villes de grands jardins. Les jardins sont la condition pour que la vie des jeunes bascule, pour qu’elle emprunte un chemin de traverse, un embranchement imprévu. Pour qu’elle réalise une partie de ses potentialités.
Commenter  J’apprécie          90

Videos de Hervé Le Tellier (59) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé  Le Tellier
La joyeuse équipe de l'Ouvroir de littérature potentielle se produit tous les mois à la BnF. Marcel Benabou, Jacques Jouet, Hervé le Tellier, Clémentine Mélois et leurs acolytes y font résonner en public lectures et créations originales. Ils ont choisi cette saison de porter leur regard amusé sur le système solaire.
autres livres classés : crise de la quarantaineVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox







.. ..