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EAN : 9782709637954
290 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (24/08/2011)
3.24/5   41 notes
Résumé :
Un photographe, Antonio, retourne à Lisbonne après dix ans d’absence. Il y retrouve le correspondant de son journal, Vincent, le narrateur de ce récit, afin de suivre le procès d’un tueur en série.

Enfant, Antonio a rencontré en une fillette, Canard, l’amour mythique, éternel, celui qui promet de grandir sans jamais s’affadir, mais ce rêve de bonheur s’est déchiré. Vincent a ses raisons, peu avouables de vouloir guérir cette blessure, réparer ce qui ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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sur 41 notes
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ninosairosse
  20 janvier 2018
Le W descend la pente sur ses rails d'acier, dans un vacarme métallique et grinçant.
Les pantographes crépitent d'un éclat vif dans l'azur du ciel, l'arrière du câble de traction se soulève hors du sillon rouillé ouvert dans le ciment. p21
L'Electro W, c'était le nom d'une ligne de tramway, 1985, à Lisbonne....
♫ Je m'appelle W comme n'importe qui.
Mon père s'appelait Z mais c'était un génie ♫
- W 454 - Michel Sardou - 1976
Retour sur le passé,
le futur déjà glisse sur le versant du présent
la conscience d'exister
Ne rien oublier pour rester vivant...
Rose et turquoise, le pull-over
déluge en moins d'une heure
des gouttes et des couleurs...
dégouté ...mais de bonne humeur.
Désastre de Lisbonne écrit par Voltaire
Des astres, Galilée, les lunes de Jupiter
Comme un nénuphar blanc sur l'étang
Okavango métaphore de l'inachèvement
de l'adversité, de l'inaccessible
philo du perdant, voir le soleil de profil.
si W égal tramway équivalent de Métro
le Z pourrait coller pour Zazi de Queneau
OULIPO,chapeau ,Hervé Letellier sensations
Nombreuses j'en ai fait les citations......
.... mes nombreuses Félicitations *****+++++

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tilly
  30 août 2011
Il y a un narrateur. Vincent Balmer a quarante ans en septembre 1985. Il est le correspondant français à Lisbonne d'un journal dont la rédaction parisienne lui adjoint un jeune reporter photographe portugais pour couvrir un procès d'assises retentissant. Durant neuf journées bien remplies, Balmer va prendre méticuleusement des notes sur ses pérégrinations avec António Florès dans la capitale lusitanienne, sur leurs rencontres, et sur ce qu'il adviendra jour après jour d'une relation qui n'est peut-être pas si fortuite que ça. Vingt-six ans plus tard (aujourd'hui donc), Balmer reprend ses notes (un journal écrit au passé auquel il dit ne rien changer ou presque) pour en faire un roman qui portera le nom d'une ligne de tramway aujourd'hui abandonnée à Lisbonne : l'Eléctrico W.
« Tous les mauvais romans se ressemblent, mais chaque bon roman l'est à sa façon. » (Epilogue, page 286)
Hélas, j'ai pas lu tous les livres... alors je serais peu crédible si j'assurais que celui-ci ne ressemble à aucun autre ! Je vais simplement tenter d'exprimer le charme (au sens magicien du terme) qui naît des décalages successifs et inattendus d'une histoire très sage au départ. La sérénité et la cohérence de la narration masquent longtemps la fragilité de Balmer, qui va se révéler peu à peu.
Au début, on pourrait croire qu'António et "Canard" seront les héros principaux du roman de Vincent, tellement l'histoire de leurs amours enfantines contrariées est prégnante, triste et émouvante. Mais elle n'est en fait que le point de départ d'un enchaînement d'événements que Balmer se croit capable de maîtriser. Insatisfait et malheureux, jaloux du secret d'enfance que son jeune confrère lui a révélé, et qui rend António attirant et le fait exister, Vincent va vouloir mettre en scène sa revanche sur une vie médiocre. Il veut prendre la place de d... du destin. J'ai hésité souvent entre la compassion et l'agacement devant les initiatives dramatico-comiques que le narrateur accumule. le plaindre ou se moquer de lui ? Trop cassé ou trop con ? Naïf ou prétentieux ? A la toute fin, un court paragraphe règle la question, lapidaire dans sa forme et profondément humain dans son sens. le genre de révélation qui donne envie de recommencer la lecture d'un roman depuis le début, sur le champ, pour le lire autrement. Ce que j'ai fait.
Jour après jour, c'est à dire chapitre après chapitre - il y en a neuf, plus un prologue et un épilogue - la situation se ramifie, les personnages secondaires entrent dans la ronde, leurs histoires s'imbriquent. Au fil des rencontres, les confidences d'un personnage puis d'un autre font surgir les souvenirs du narrateur qui les note sur son cahier à petits carreaux, pour ne rien oublier, pour rester vivant. Il y a des promenades magnifiquement évocatrices dans Lisbonne, des digressions - très belles - sur la photographie, l'écriture contrainte, le journalisme de guerre, le suicide, Romain Gary, Italo Calvino, Evariste Galois, Jaime Montestrela.
Je n'avais encore rien lu d'autre d'Hervé le Tellier. Déjà, la lecture de la liste de ses nombreux ouvrages m'avait réjoui : Sonates de bar, Les Amnésiques n'ont rien vécu d'inoubliable, Joconde jusqu'à 100, Guerre et Plaies, etc. Et Pouy puis, il y a aussi : La Disparition de Perek, roman noir dans la série le Poulpe dirigée par Jean-Bernard Pouy. Rien de très hilarant en soi, sauf qu'Hervé le Tellier est un des membres à vie de l'Ouvroir de Littérature Potentiel, et que Georges Perec, l'Oulipo,... Alors là je me mets témérairement en danger en avançant que ce titre Eléctrico W m'a fait penser, justement à W ou le souvenir d'enfance.... Et des souvenirs d'enfance, dans ce roman... Alors le titre peut-être...
Qui irait recompter le nombre de mots dans un roman ? Personne, sinon l'imprimeur ! Mais je suis intimement persuadée que Vincent/Hervé dit vrai quand il se vante d'avoir retravaillé son tapuscrit pour qu'il fasse exactement 52 122 mots, parce que 52 122 est… un nombre premier !
J'aime penser qu'il y a plein d'autres petits ou grands mystères, mathématiques ou pas, cachés dans Eléctrico W. Vrais mystères ou fausses mystifications ? Peu importe, j'en suis friande, ils ont fait les délices de ma lecture. Il y a par exemple le nom donné par Vincent Balmer à un personnage qu'il invente (un personnage de roman qui en crée un autre…) : Lena Palmer. Palmer-Balmer, on voit bien d'où vient son inspiration. Il reconnait lui-même que cela sonne comme le nom d'une héroïne de série télé américaine. Seulement on est en 1985, et Laura Palmer n'apparaîtra dans les petites lucarnes de nos livingrooms qu'en 1990 ! Merci, Hervé le Tellier, pour cet hommage subliminal et anachronique à Twin Peaks et à David Lynch que vous aimez sans doute autant que moi, c'est-à-dire beaucoup !
Une dernière observation sur la structure mathématique plus ou moins cachée d'Eléctrico W. On pourrait, comme on fait pour un programme logiciel, dessiner l'organigramme du roman d'Hervé le Tellier. Une première case, tout en haut, avec deux personnages seulement (le prologue), puis une branche, de nouvelles cases (nouvelles histoires, nouveaux personnages), et ainsi de suite, d'autres branches, jusqu'au bas de l'arbre programmatique, où toutes les cases sont alignées, toutes les histoires ouvertes. L'épilogue est là pour fermer, une à une, les parenthèses qui ont été ouvertes, les crochets à l'extérieur des parenthèses, les accolades au plus haut niveau. Prologue, épilogue, la boucle est bouclée, toutes les belles histoires ont une fin.
Lien : https://tillybayardrichard.t..
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XL
  24 septembre 2011
Lisbonne, durant le mois de septembre 1985, celui de la mort d'Italo Calvino et du tremblement de terre à Mexico (de magnitude 8,2)Vincent Balmer, un ancien reporter de guerre d'une quarantaine d'années, et Antonio Flores, un photographe de dix ans son cadet, se sont connus à Paris. Relations de travail plutôt qu'amis, ils ont collaboré à un ouvrage dont l'un a écrit les textes accompagnant les images de l'autre et ils ont de l'estime pour leur travail respectif.
Fuyant une histoire d'amour à sens unique, Vincent s'est installé à Lisbonne depuis quelques mois comme correspondant de presse. D'origine portugaise, Antonio, qui a vécu son adolescence dans la capitale portugaise, n'y est pas revenu depuis dix ans. Ils se retrouvent pour couvrir le procès à sensation d'un tueur en série, un jugement en assises qui tarde à débuter.

Au cours de la première soirée, Antonio confie à Vincent le souvenir de « Canard », une jeune fille qu'il a aimée à quinze ans et dont il a été séparé. S'étant connus enfants sur le trajet de la ligne de tramway Eléctrico W, ils étaient vite devenus indispensables l'un à l'autre.
Aux dernières nouvelles, Canard était enceinte… Vincent, amoureux éconduit et insatisfait, écrivain et traducteur velléitaire, incapable de finir une histoire et sans doute désireux de prendre une revanche sur la médiocrité de son existence, entreprend d'accomplir le destin inachevé d'Antonio.
En même temps qu'il reconstitue et raconte l'histoire de Canard, il se révèle au lecteur : gentil mais inconsistant, souvent démuni et maladroit, compliqué, alors qu'Antonio, plus combattif, plus séduisant, apparaît comme son contrepoint. Pourtant, la fin les renvoie un peu dos à dos : secret pour dissimulation, malhonnêteté pour hypocrisie, l'attitude de l'un comme de l'autre ne me paraît pas mieux défendable.
Durant les neuf jours de leur cohabitation, Vincent le narrateur, a pris des notes dans un petit cahier : leurs rencontres avec une série de personnages secondaires qui se révèlent des archétypes féminins, leurs promenades dans Lisbonne, ses ruelles, ses maisons, ses vieux docks, de petits détails qui donnent du crédit à l'histoire.
Après les avoir laissées dormir pendant plus de vingt ans, il les livre en un roman à peine retouché : neuf chapitres au long desquels des intrigues s'ébauchent, se nouent, se déroulent. La confidence d'Antonio est le point de départ d'un enchaînement d'errements et de tergiversations, d'initiatives malvenues, d'événements qu'il se croit capable de maîtriser, de décalages successifs et inattendus. Un bref épilogue achève de lever le voile, refermant les portes sur toutes les histoires entr'ouvertes.
Un rythme lent qui confère au récit nonchalance et sérénité, une construction romanesque sophistiquée, un livre sur les affinités et les sentiments tout en nuances, des histoires multiples qui se chevauchent et s'imbriquent en un univers humain complexe, un travail sur la mémoire et la mise en abîme, j'ai reposé le roman avec l'envie de recommencer la lecture du début, pour en goûter toute la richesse. Mieux encore, le narrateur qui tout en partageant des réflexions sur l'écriture - l'écrivain s'écrivant en train d'écrire – glisse dans le cours du récit, ses traductions d'un auteur portugais méconnu qu'il veut révéler et des pistes de recherche sur la biographie qu'il projette d'écrire, m'a donné le goût de lire les contes, tour à tour fantastiques ou absurdes, de Jaime Montestrela.
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YvPol
  14 septembre 2011
Que dire de ce roman, sinon qu'il est tour à tour agaçant, long, captivant, passionnant ? Je suis passé par tous les stades m'amenant à ces adjectifs lors de ma lecture.
D'abord agaçant et long, parce qu'on ne sait pas où Vincent veut aller ; on ne comprend pas sa démarche de quitter si tardivement une femme qui l'a fait souffrir, qui l'a fait languir, cruellement, sadiquement. C'est un homme qui ne peut se résoudre à agir. Il subit constamment. Il ne peut pas quitter cette femme, mais néanmoins, dès qu'il en rencontre une autre il tombe sous son charme et se croit amoureux. Mais dès qu'Irène ne montre ne serait-ce que le bout de son nez, il redevient l'homme soumis, malheureux. Il fréquente alors les autres femmes plus pour rendre jalouse celle qui lui est inaccessible que par vrai amour. Il en devient énervant de soumission, de non prise en mains de sa vie. On ne voit pas comment avec un tel manque de personnalité et d'affirmation de soi, cet homme pourrait s'en sortir. Vous pourrez me dire que ce n'est pas parce que le héros n'est pas dynamique ou attirant que le livre ne l'est pas non plus. Alors là, je dis : "Eh bien oui, vous avez mille fois raison, mais je ne peux m'empêcher de m'auto-titiller -c'est une image, bien entendu, rien de grivois dans mes propos. Non mais qu'allez-vous chercher là ?- et je plaide donc coupable : oui, je suis fautif d'avoir du mal à lire les aventures ou mésaventures de gens mous !
Ensuite, captivant et passionnant parce que Hervé le Tellier nous balade dans Lisbonne, et dissèque les sentiments amoureux. "En virtuose des jeux de l'amour et du hasard, Hervé le Tellier veut croire qu'il n'est de destin qui se laisse dompter." (4ème de couverture) Ce Vincent sait agir dès lors qu'il ne le fait pas directement pour lui mais pour un autre ; dès qu'il peut et doit le faire pour sa propre personne, il est totalement timoré ou à contretemps.
Un roman qui me laisse un goût d'amertume pour n'y avoir pas totalement adhéré. Cependant, force m'est d'admettre que l'auteur sait retenir son lecteur par des petites intrigues -amoureuses-, par une écriture à la fois érudite et très accessible. Comme les passages relatifs au roman qu'essaye -encore un essai, une vélléité- d'entreprendre Vincent sur Evariste Galois et Pescheux d'Herbinville, son assassin -en duel- putatif. Ou encore les savoureux paragraphes dans lesquels Hervé le Tellier cite l'écrivain portugais Jaime Montestrela : Vincent s'essaye à traduire les Contos Aquosos de cet auteur en français. de petites histoires surréalistes, difficilement traduisibles ou adaptables qui émaillent le texte du roman. Elles sont philosophiques, drôles, sombres, décalées, parlent d'amour, de religion
Que dire de ce roman, sinon qu'il est tour à tour agaçant, long, captivant, passionnant ? Je suis passé par tous les stades m'amenant à ces adjectifs lors de ma lecture.
D'abord agaçant et long, parce qu'on ne sait pas où Vincent veut aller ; on ne comprend pas sa démarche de quitter si tardivement une femme qui l'a fait souffrir, qui l'a fait languir, cruellement, sadiquement. C'est un homme qui ne peut se résoudre à agir. Il subit constamment. Il ne peut pas quitter cette femme, mais néanmoins, dès qu'il en rencontre une autre il tombe sous son charme et se croit amoureux. Mais dès qu'Irène ne montre ne serait-ce que le bout de son nez, il redevient l'homme soumis, malheureux. Il fréquente alors les autres femmes plus pour rendre jalouse celle qui lui est inaccessible que par vrai amour. Il en devient énervant de soumission, de non prise en mains de sa vie. On ne voit pas comment avec un tel manque de personnalité et d'affirmation de soi, cet homme pourrait s'en sortir. Vous pourrez me dire que ce n'est pas parce que le héros n'est pas dynamique ou attirant que le livre ne l'est pas non plus. Alors là, je dis : "Eh bien oui, vous avez mille fois raison, mais je ne peux m'empêcher de m'auto-titiller -c'est une image, bien entendu, rien de grivois dans mes propos. Non mais qu'allez-vous chercher là ?- et je plaide donc coupable : oui, je suis fautif d'avoir du mal à lire les aventures ou mésaventures de gens mous !
Ensuite, captivant et passionnant parce que Hervé le Tellier nous balade dans Lisbonne, et dissèque les sentiments amoureux. "En virtuose des jeux de l'amour et du hasard, Hervé le Tellier veut croire qu'il n'est de destin qui se laisse dompter." (4ème de couverture) Ce Vincent sait agir dès lors qu'il ne le fait pas directement pour lui mais pour un autre ; dès qu'il peut et doit le faire pour sa propre personne, il est totalement timoré ou à contretemps.
Un roman qui me laisse un goût d'amertume pour n'y avoir pas totalement adhéré. Cependant, force m'est d'admettre que l'auteur sait retenir son lecteur par des petites intrigues -amoureuses-, par une écriture à la fois érudite et très accessible. Comme les passages relatifs au roman qu'essaye -encore un essai, une vélléité- d'entreprendre Vincent sur Evariste Galois et Pescheux d'Herbinville, son assassin -en duel- putatif. Ou encore les savoureux paragraphes dans lesquels Hervé le Tellier cite l'écrivain portugais Jaime Montestrela : Vincent s'essaye à traduire les Contos Aquosos de cet auteur en français. de petites histoires surréalistes, difficilement traduisibles ou adaptables qui émaillent le texte du roman. Elles sont philosophiques, drôles, sombres, décalées, parlent d'amour, de religion
Lien : http://lyvres.over-blog.com
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brusc
  07 octobre 2011
La première fois que j'ai lu Hervé le Tellier, ce fut une franche partie de plaisir. Avec en mains les Joconde jusqu'à 100, ou sur votre indulgence… je me tortillais littéralement de rire sur la banquette du métro, alors que précisément ce jour-là (cela se lit très vite) toutes les tuiles du monde s'étaient abattues sur moi. La force de cette expérience, son caractère exceptionnel et paradoxal m'ont fait me jeter sur son avant-dernier roman paru en 2009, d'autant que son titre "Assez parlé d'amour" me garantissait de jouir encore de l'humour et de la finesse de ce membre éminent de l'Oulipo. Patatra, la déception fut à la mesure de l'enthousiasme précédent. Non pas parce que ce livre n'est pas drôle - Hervé le Tellier a le droit d'écrire autre chose que des oulipettes à la Joconde et on n'est pas obligé de rire tout le temps même intelligemment... - mais plutôt que ces deux histoires d'amour croisées sont d'un profond ennui. Hervé le Tellier devait d'ailleurs s'en douter car il commence son livre par cette drôle de phrase : ''La planète connut cette année-là son automne le plus chaud depuis cinq siècles. Mais de la clémence providentielle du climat qui joua peut-être son rôle, il ne sera plus question. Ce récit couvre l'espace de trois mois et même un peu plus. Que celle - ou celui - qui ne veut pas - ou plus - entendre parler d'amour repose ce livre.'' Je n'ai pas reposé le livre tout de suite - je ne réponds pas si facilement aux injonctions - mais n'ai pu, malgré toute ma bonne volonté et l'élégance de l'écriture, m'intéresser aux ces pauvres personnages ridicules et caricaturaux, si étroitement localisés dans l'espace, le social, le psychologique. Avec le temps, j'avais évidemment un peu oublié toute cette histoire, avais mis un peu au placard son auteur… Mais lorsque j'ai vu sur les tables de ma librairie le cru 2011 de HLT, je me suis dit qu'il était trop bête de rester sur cette impression désagréable, que l'auteur devait avoir une nouvelle chance de me séduire. Et voilà, pari réussi. Electrico W - les titres des livres de HLT sont à eux-seuls des romans-, a tenu toutes ses promesses. Les ambiances, les lieux, les personnages (les femmes malgré tout me semblent encore un peu stéréotypées...) avaient quelque chose cette fois-ci à me raconter de l'amour, sûrement, de la ville de Lisbonne, c'est sûr, des hommes, peut-être, de l'Histoire, des souvenirs et ce qu' ils nous obligent à vivre. Allez-y, c'est un bon livre.
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critiques presse (1)
Actualitte   13 septembre 2011
Le roman d’Hervé Le Tellier serait alors à lire comme un conte, une tentative de faire le pont entre le fantasme et le vécu, vers un décryptage plus vrai de la quête humaine.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ninosairosseninosairosse   18 janvier 2018
l'Okavango. C'est un fleuve africain, un fleuve bien plus long et plus puissant que le Tage ou le Rhône et sa largeur, aux rapides de Popa Falls, dépasse le kilomètre. Il prend sa source en Angola, longe la Namibie avant de pénétrer dans le Botswana. C'est là qu'il rencontre le désert du Kalahari. Il s'enroule alors en méandres, il crée une riche forêt tropicale, façonne un immense delta marécageux et salé que peuplent des milliers de flamants roses. Pendant la saison sèche, on compte des myriades d'îles, formées autour des termitières géants, des buissons touffus. Les dépliants touristiques parlent de marais luxuriant, d'un miracle de l'eau, d'un paradis terrestre. Tous les fleuves coulent vers la mer et la mer n'est jamais remplie, dit l'Ecclésiaste. Ce n'est pas vrai : le Kalahari est immense, et toute l'eau de l'Okavango s'évapore peu à peu, disparaît dans la boue et les sables.
L'Okavango n'atteint jamais la mer. Son destin de fleuve ne s'accomplit pas.
p227
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ninosairosseninosairosse   20 janvier 2018
Une goutte fraîche est tombée sur ma main. Je suis retourné m'asseoir près d'Irène. Le trottoir devant nous s'est soudain couvert de petites taches d'un gris sombre. Elles naissaient rondes comme des pièces de monnaie, s'allongeant en larmes sur les pentes. Soudain il y a eu l'éclair, et tout de suite le tonnerre, la brise a fait tinter la ville, l'air lourd s'est coloré de fraicheur. Un bruissement clair est sorti du sol, tout s'est assombri d'un coup et il s'est mis à tomber des trombes d'eau. Vite, elle a envahi la rue, dense et lumineuse, et cette gelée translucide et grelottante reflétait l'argent du ciel. Ç'aurait pu être une de ces pluies de mousson, violentes et douces à la fois, qui lavent la terre. Mais à Lisbonne, nul n'affichait cette nonchalance abattue qui fait les Tropiques. On tentait d'échapper au déluge, on se réfugiait sous les stores des magasins, on rentrait le linge qui pendait aux balcons.
p188
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ninosairosseninosairosse   19 janvier 2018
Quand je suis arrivé en France, j'ai lu le poème de Voltaire sur le désastre de Lisbonne. Je l'ai même appris par cœur :

Direz-vous, en voyant cet amas de victimes :
Dieu s'est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes ?
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?

[...] Parfois, je me dis que c'est ici en 1755, pendant le tremblement de terre, que Dieu est mort.
p48
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ninosairosseninosairosse   19 janvier 2018
Les tombes sous le soleil ne sont jamais tout à fait mélancoliques. On trouve toujours un peu de vie pour égayer le regard, un brin d'herbe qui miroite, un pinson étourdi qui picore le sol, un scarabée noir aux grosses mandibules qui se traîne sur le gravier. Et puis, quand les tombes ne racontent rien, on ne s'y attarde pas.
p125
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ninosairosseninosairosse   13 janvier 2018
- Je pense même que nous devrions lui avouer, pour Lena et moi.
J'étais très heureux de la trouvaille de ce "nous" complice. Il ne fallait pas en abuser, surtout pas. Les hommes ont du mal avec le "nous", ou plutôt, leur "nous" finit souvent mal, dans des connivences suspectes.
p70
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Videos de Hervé Le Tellier (60) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé  Le Tellier
La joyeuse équipe de l'Ouvroir de littérature potentielle se produit tous les mois à la BnF. Marcel Benabou, Jacques Jouet, Hervé le Tellier, Clémentine Mélois et leurs acolytes y font résonner en public lectures et créations originales. Ils ont choisi cette saison de porter leur regard amusé sur le thème de la signalisation routière.
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