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EAN : 9782755508222
80 pages
1001 Nuits (25/08/2021)
3.21/5   40 notes
Résumé :
" Elle parle, dans le désordre, des moutons écossais, de la lande écossaise, des chardons écossais, des mouettes écossaises, il accepte, bon gré mal gré, d'aborder avec elle ce thème nationaliste et agreste. Il l'écoute, la regarde, troublé. Tout en elle l'enchante, et notre héros s'en veut de cet enchantement qu'elle fait naître si aisément en lui, par son simple éclat, sans nul effort, et pire, sans même le souhaiter. Beaucoup sont tombés, tomberont sous son charm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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cathulu
  27 août 2021
Lui, à l'aube de la cinquantaine, part rejoindre une femme plus jeune, pas libre, avec laquelle il a ébauché une relation. Visiblement sa venue en Écosse ne réjouit pas la Belle. En trois jours, notre héros parviendra-t-il à accepter la réalité ?
Chronique d'un fiasco annoncé, Je m'attache très facilement est un texte très court (74 pages) mais délicieux pour qui apprécie le style et l'univers si particuliers d'Hervé le Tellier.
On oscille sans cesse entre les notations pleines d'acuité : "Après tout, suggère son geste on n'ira pas loin. C'est un excellent résumé." et un comportement qui ne parvient pas à se résoudre à accepter la situation. Mais tout cela ne verse pas dans l'amertume ou la tristesse car "C'est étrange songe-t-il, comme le pire est toujours prévisible."

A noter la parfaite couverture de Clémentine Mélois (et la liste des adresses et des marques de produits  évoquées dans le texte !)
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Herve-Lionel
  22 avril 2014
N°422– Avril 2010
JE M'ATTACHE TRÈS FACILEMENTHervé LE TELLIER - Éditions Mille et une nuits.
Avant de commencer un roman, je lis toujours l'exergue qui en fait partie. Ici, j'apprends que l'ouvrage emprunte son titre à une citation de Romain Gary. L'intérêt que je porte depuis longtemps à cet auteur m'incite à ouvrir le livre avec confiance. Et puis, cette expression me ressemble tellement que c'est sans doute bon signe. Moi aussi, je m'attache très facilement, mais laissons cela!
L'histoire qu'il faut bien raconter, est banale si tant est qu'une histoire d'amour puisse l'être. Nous savons tous qu'elle est au contraire unique. L'homme, c'est « notre héros » et la femme « notre héroïne », cela me paraît un peu désincarné, j'aurais sans doute préféré des êtres nominatifs, mais laissons cela! Il a la cinquantaine, c'est donc « un homme mûr »(j'apprécie l'euphémisme qui cache un début de vieillesse avec ses rides, ses bourrelets et sa calvitie) qui pense encore qu'il est capable de séduction... et elle a vingt ans de moins que lui. « Notre héroïne » est donc jolie, elle est «  grande, élancée, possède de charmants petits seins ». Je n'aurais jamais imaginé qu'une telle maîtresse fût laide et repoussante. Bien sûr, « notre héros » en est follement amoureux. Comment pourrait-il en être autrement? On n'est cependant pas très sûr que la réciproque soit encore vraie, même si le plaisir est encore au rendez-vous de leurs étreintes. Mais laissons cela!
Notre homme a décidé de rejoindre cette femme en Écosse où elle est partie voir sa mère, mais sans pour autant y avoir été invité. le rendez-vous de ce qui ressemble de plus en plus à une rupture, est fixé à l'embranchement de deux routes. C'est un symbole évident, mais laissons cela! Pourtant notre héros n'abandonne rien au hasard, il téléphone, prend l'avion, réserve pour lui seul une chambre d'hôtel, loue une automobile. C'est là que le lecteur, que le narrateur prend constamment à témoin, se rend compte que le titre est un jeu de mots, puisqu'il apprend que « notre héroïne » ne s'attache pas facilement, comprenez qu'elle ne boucle pas automatiquement sa ceinture de sécurité en voiture. Là aussi la polysémie est soit bienvenue, soit facile, c'est selon.
Ce même lecteur comprend aussi très facilement que la tendresse ne fait plus partie du jeu et que l'espoir, pour lui, n'est plus permis puisque la décision de « notre héroïne » est apparemment sans appel, à cause sans doute de la lassitude, de l'usure des choses, d'une autre passade ou d'une autre passion. Mais laissons cela! Puis c'est le retour à Paris, non sans avoir fait un détour par le beau visage d'une autre femme plus jeune, mais tout aussi inaccessible pour « notre héros », la solitude qui revient et avec elle la vieillesse qui se fait plus pesante. Même s'il veut se jouer la comédie de la jeunesse et de l'avenir, il repense à Romain Gary.
C'est donc une histoire comme tant d'autres, une page qui se tourne, une tentative de
ravaudage sentimental et... un désastre annoncé!
Je suis pourtant volontiers attentif aux manifestations de l'Oulipo dont l'auteur fait partie mais j'ai très modérément aimé le style haché de cette histoire pourtant courte.
J'ai quand même préféré « assez parlé d'amour »du même auteur.[La Feuille Volante n°419]

Hervé GAUTIER – Avril 2010.http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Isa0409
  06 décembre 2021

🚲 « Depuis toujours, il n'a jamais tout à fait suffi qu'il [notre héros] désire pour désirer tout à fait. Mais désormais, il faut que tout, chez l'autre, le rassure, l'attention des gestes, la tension du corps. Il veut que sa peau convoite la sienne, et le lui prouve à tout instant. Cette exigence, il le craint, deviendra avec les ans de plus en plus difficile à combler. »
(P.29)
🚲 S'aimer, c'est regarder ensemble dans la même direction. Ce n'est en tout cas pas pédaler en sens inverse ; même si parfois aimer, c'est bien souvent pédaler. Dans le mou, dans le vide, dans la semoule, aimer est un sport endurant, une course de fond, un marathon harassant. Oui, aimer pour notre Héros, c'est tenter le tout pour le tout, c'est prendre un avion vers l'Écosse et risquer un retard, un vol annulé ou reporté qui bousculerait le plan minutieusement préparé qu'il comptait suivre, c'est retrouver celle qu'il aime au croisement de deux nationales perdues dans le brouillard lochnessien, en espérant raviver une flamme qu'il est le seul à ne pas vouloir voir s'essouffler.
🚲 Aimer n'est pas facile. « What else is new ? » me direz-vous. Pour notre héros, conquérir cette femme, c'est conquérir sa jeunesse qui s'enfuit et qui lui échappe, c'est prendre les armes pour une bataille perdue d'avance, c'est essayer en vain, malgré les évidences, malgré les non, les baisers refusés, c'est désirer les lèvres et les mots qu'elles tairont à jamais.
🚲 Est-ce pour autant une tragédie, un drame insurmontable ? Peut-être pas… Il suffit d'un pas de côté, d'une pause parfumée à l'Earl Grey, d'un vol seconde classe inconfortable pour réaliser que parfois, le destin se mêle à nos histoire pour nous guider vers d'autres histoires, d'autres aventures, d'autres perspectives…
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LaMinuteMAD
  04 mars 2022
L'effet Prix Goncourt fait que les détenteurs des droits des ouvrages de M. le Tellier doivent en profiter un peu... Ce roman (très différent de L'Anomalie) est écrit comme une ébauche de roman. Les actions sont décrites furtivement, les personnages n'ont pas de nom : il y a notre héros, notre héroïne et l'Autre. L'Autre est l'officiel de notre héroïne, le héros n'est que son amant, vieillissant, un peu trop possessif envers notre héroïne, qui s'est apparemment lassée de lui et qui ne lui dit pas ouvertement. Elle est en visite chez sa mère en Écosse et notre héros débarque comme un cheveu sur la skink (c'est une soupe écossaise). Il est pathétique, elle est plutôt froide (notre héroïne, pas la soupe) et notre héros formalise petit à petit son échec amoureux.
Pas follement emballée par ce texte montrant un personnage qui énerve et fait un peu pitié ; même s'il est (le texte) plus recherché qu'il n'y paraît, j'imagine, de par son ambiguïté quant à sa véracité (on dirait presque un récit personnel de l'auteur, car le héros écrit un peu comme lui) ; le titre est d'ailleurs tiré de Vie et mort d'Émile Ajar, de Romain Gary, où ce dernier révèle sa double identité.
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jefdebourges
  07 novembre 2021
Un très court roman d'amour.
Lui (le Héros) frôle la cinquantaine et elle (l'Héroïne), de 20 ans sa cadette, ont eu une aventure passagère.
Mais le passager de cette aventure ne veut pas croire à sa fin, il cherche des indices qui prouveraient qu'elle est toujours attirée par lui.
Comme elle est parti chez sa mère en Ecosse et que son régulier (l'Autre) ne la rejoint que quelques jours plus tard, il s'envole vers elle, tente de la reconquérir ou au moins d'avoir les idées claires sur leur relation.
Un roman, dont la trame est très simple, mais avec le style rythmé, enjoué voire naïf d'Hervé le Tellier, donc à la lecture très (trop ?) rapide.
Mesdames, si vous voulez entrer dans les arcanes d'un cerveau d'homme qui lui-même tente d'entrer dans les arcanes d'un cerveau de femme, lisez-le.
Bien sur le Héros a plus un cerveau d'adolescent qu'un cerveau de quinqua, mais c'est ce qui fait le charme de cet ouvrage.
Livresquement votre
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
line70line70   23 mars 2011
S'il a appris une chose, une seule, c'est que les sentiments, la tendresse, le désir doivent aller ou se défaire d'eux-mêmes. Et aussi que l'amour - donnons-lui ce nom par convention - que l'amour, donc, n'est pas un caillou au bord de la route, immobile, venu de nulle part et né de rien. L'amour disparaît, revient, il change, il bouge, il tombe et se redresse alors qu'on le croit mort.
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ZilizZiliz   20 décembre 2021
Elle est à pied, elle pousse son vélo, elle ne l'a pas vu. Que dit-on dans les mauvais romans ? Que son coeur se presse comme une éponge, que son sang se fige ? Tous ces clichés sont vrais, hélas. Il s'étonne de tant d'émotion, de fébrilité, s'en veut de sa sensiblerie.
(p. 33)
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cathulucathulu   27 août 2021
Elle le voit, elle cache admirablement sa joie.
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Vidéo de Hervé  Le Tellier
La joyeuse équipe de l'Ouvroir de littérature potentielle se produit tous les mois à la BnF. Marcel Benabou, Jacques Jouet, Hervé le Tellier, Clémentine Mélois et leurs acolytes y font résonner en public lectures et créations originales.Ils ont choisi cette saison de porter leur regard amusé sur le thème de la signalisation routière.Séance enregistrée le 10 mai 2022 à la BnF I François-Mitterrand.
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