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EAN : 9782330050986
289 pages
Actes Sud (03/06/2015)
3.5/5   20 notes
Résumé :
Martin Brady voit sa vie bouleversée lorsqu'une blessure le condamne à s'établir le temps de la guérison dans une ville du Texas, alors qu'il acheminait des armes pour le compte de riches despotes mexicains. Le pistolero, Américain réfugié de l'autre côté de la frontière après avoir vengé la mort de son père au cours de son adolescence, va être amené à choisir son camp. Entre les deux nations en lutte, il devra opter pour défendre sa terre natale ou celle qui l'a re... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique

Avant même d'ouvrir le livre, c'est une bonne surprise de découvrir le nom du traducteur (Arthur Lochmann) sur la première de couverture car c'est une reconnaissance méritée ! Perso, ma vie de lectrice serait bien limitée sans le travail formidable des traducteurs.trices dont le talent est équivalent à celui de l'auteur (même sous la torture, je persisterai à dire que des livres traduits sans talent sont mal traduits !).

En plus, il se trouve que je "connais" (entre guillemets) Arthur Lochmann... mais pas en tant que traducteur.

En fait, l'année dernière il est venu à la librairie du Square de Grenoble pour parler de son dernier livre "Toucher le vertige"... qui est plutôt un ouvrage philosophique. Je savais qu''il avait interrompu des études de philosophie et de droit pour le métier de charpentier (ce qu'il raconte dans "Une vie solide") mais j'avais complètement zappé sa vie de traducteur ! Mea-culpa !

Pour en revenir au livre, mon unique (et énorme) bémol concerne le titre...

Pour vous je ne sais pas, mais pour moi le titre d'un livre est très important parce que c'est lui qui va me faire fantasmer sur l'histoire avant même d'avoir commencé ma lecture !

L'aventurier du Rio Grande !

Avec un tel titre, je m'attendais à des galopades, à des attaques de diligence, à des courses-poursuites, à des parties de poker truquées et qui se terminent en bagarre ou par des coups de feu à tire-larigot !

Le Larousse définit un aventurier soit comme une personne sans scrupule qui recourt à divers stratagèmes pour parvenir à ses fins, soit comme une personne qui cherche l'aventure par goût du risque...

Ben c'est franchement pas le cas de Martin Brady ! D'accord, c'est un pistoleros mais c'est uniquement le hasard qui l'a amené là où il en est et ses revolvers ne lui servent pas tant que ça... Martin a juste saisi les occasions quand elles se présentaient parce qu'il ne pouvait pas revenir en arrière.

Martin Brady c'est un bon gars qui n'a que son cheval pour qui s'inquiéter (est-ce qu'il est bien installé ? Est-ce qu'il a à manger ?) et il le pousse toujours au galop à contrecoeur. Martin est tellement seul qu'il s'étonne constamment de voir que sa compagnie est appréciée par les gens qu'il croise... Bref, c'est tout le contraire d'un aventurier !

Alors oui ! J'ai trouvé que l'histoire traînait en longueur parce que j'attendais de l'action qui ne venait pas... ou juste un peu vers la fin mais c'était trop tard !

Maintenant, imaginez que l'on change le titre français pour le remplacer par une traduction du titre original (The wonderful country)... ça donnerait "Le pays merveilleux" ! Et ça a change tout, non ? Parce que là, moi je m'attends à ce que l'auteur nous fasse découvrir un pays où une région avec de magnifiques descriptions de paysage... J'imagine déjà un cowboy solitaire qui chemine tranquillement sur son cheval et qui traverse les grandes étendues de l'ouest américain.

Avec ce nouveau titre, j'entrevois la promesse de lire du nature writing et la perception que je peux avoir du livre est complètement différente ! le personnage de Martin Brady, puisque je n'attends plus de lui un aventurier, devient très attachant.

Et là, après avoir terminé ma lecture, je me dis que j'ai eu un magnifique livre entre les mains et qu'un mauvais titre a presque tout gâché ! Mais ce n'est pas si grave puisque je pourrai le relire... quitte à customiser la couverture avec le titre qui me plaît ! :D

L'aventurier du Rio Grande de Tom Lea

Traduit par Arthur Lochmann

Éditions Actes Sud (GF)

Éditions Actes Sud, collection Babel (poche)

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Martin Brady est un déraciné, étranger au Mexique et étranger aux États-Unis. Toujours le cul entre deux chaises, sans vraiment savoir où est son peuple et où se trouve sa terre.

Martin est un Américain, pourtant, mais après la mort de son père, il est passé au Mexique car il avait été recueilli par une famille là-bas.

Après 14 ans passé au Mexique, il a tout d'un homme de là-bas et au départ, les Américains le prennent pour un Mexicain.

Ce roman alterne les moments calmes, propices à notre Martin Brady pour se livrer à de l'introspection (il vient de se casser la jambe) et des moments Aventures avec un grand A.

Cherchant une paix intérieure qu'il ne trouve pas, notre homme, à la fois peone, pistoleros, vacher, vaquero, cow-boys, homme à tout faire pour le clan des Castro (Cipriano & Marcos), notre hombre offre son amitié et ses états d'âme à son bel étalon noir andalou, Làgrimas ("Larmes" en mexicain).

Tom Lea nous décrit superbement bien ces terres où le vent souffle, charriant de la poussière et du sable, ces terres hostiles, désertiques, où les Apaches font des incursions meurtrières.

Les paysages, tels qu'il les décrit, donnent la sensation au lecteur d'y être et de chevaucher au côté des Tuniques Bleues ou de notre pistoleros qui a tout du ténébreux sans pour autant être une brute sanguinaire assoiffée de sang.

Pour nous parler de la politique, qu'elle soit du côté des Américains ou des Mexicains, l'auteur donne la parole à des personnages secondaires, des piliers de bar, des alcooliques, des gens pratiquant la radio cancan, des militaires, des paysans ou des éleveurs.

Tout était dit, il n'en fallait pas plus pour comprendre le bordel qu'il y avait au Mexique avec la prise de pouvoir des Castro brothers. Heu, des Castro hermanos !

Ce western est lent, presque paresseux dans sa première partie, et pourtant, je n'ai pas ressenti de l'ennui tant le panel des personnages était large, bien fait, apportant chacun une pierre à l'édifice de cette petite ville frontalière qu'est Puerto, nous la faisant vivre de l'intérieur comme si nous étions.

Ce western se déguste lentement, sans précipitations, car il nous montre un homme tiraillé entre deux cultures, entre deux peuples, un homme qui a bossé pour les mauvaises personnes, qui aimerait se poser un peu et quand enfin ça arrive, bardaf, il doit repartir sur les routes car tel est son devoir.

Un western assez introspectif dans sa première partie, un personnage principal tourmenté, attachant, sympathique, déraciné, un homme de parole et d'honneur qui ne sait pas encore où est sa place, qui est à la recherche d'une certaine paix intérieure et qui nous fait voir son monde, des deux côtés de la frontière, à travers de son regard désabusé.

Pour se coucher moins bête : Ce roman a été adapté au cinéma (1959) par Robert Parrish, avec Robert Mitchum dans le rôle titre. Il n'avait pas été épargné par les critiques et le réalisateur avait ajouté une histoire d'amour dans le film.


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Tom Lea (1907-2001) est un artiste américain aux talents multiples. Peintre au service de l'anthropologie, célèbre au Texas où ses peintures murales ornent de nombreux bâtiments publics, il a été correspondant artistique du Life Magazine pendant la Seconde Guerre mondiale.Tom Lea est devenu écrivain tardivement, ses romans reflètent sa passion pour son pays. Connaisseur avisé de l'histoire grâce au poste occupé par son père, maire d'El Paso pendant la révolution mexicaine, Tom Lea témoigne de l'affrontement brutal entre les cultures mexicaine et anglo-américaine sans épargner ni l'une ni l'autre.

"The Wonderful Country" (L'aventurier du Rio Grande) parait en 1952 aux états-unis.

Après avoir vengé par le sang la mort de son père, le jeune Martin Brady se réfugie au Mexique où il est recueilli par la puissante famille Casas qui règne sur la région. Il sera un homme de main, en charge des basses et violentes besognes (Pistolero, vacher, convoyeur de minerais, ... )

Une interminable errance qui en font un "péon", un "gringo", un déraciné, étranger partout, nulle part chez lui...

Lors d'un convoi, il se fracture la jambe en tombant de cheval. Débute alors une longue et douloureuse convalescence, source de questionnements sur l'avenir qu'il veut se construire.

Alors que la "civilisation" gagne la petite ville de Puerto (Implantation du chemin de fer et expansion des commerces), la guerre aux Apaches s'intensifie et le rôle des Texas Ranger devient majeur.

Splendide roman, très bien écrit, avec une force et un lyrisme qui anticipent les romans de Cormac McCarthy ("De si jolis chevaux")

De magnifiques descriptions de paysages où le vent et la poussière sont omniprésents.

Récit introspectif (dans sa 1 ère partie), tourmenté, qui nous fait voir ce monde à travers les yeux de Martin Brady.

Un personnage attachant, déraciné, perdu dans un pays étranger à la recherche d'une paix intérieure.

Sa tendresse, son amitié, il les réserve pour Làgrimas, son étalon noir.

Un grand merci à Bertrand Tavernier -passionné du genre- qui (via les éditions Actes Sud) fait revivre ces grandes pages de l'Histoire américaine. Sa postface est grandiose...

Ce roman a été adapté au cinéma (1959) par Robert Parrish, avec Robert Mitchum dans le rôle titre.

Un très grand voyage littéraire.

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Martin Brady a autrefois éliminé le meurtrier de son père et s'est réfugié au Mexique, où il est devenu un pistolero à la solde d'une famille de riches propriétaires. Amené à revenir chez lui pour se procurer des fusils commandés par ses employeurs, il n'ignore pas que la justice américaine réclame toujours sa tête. A peine entré en vile, son cheval se cabre et le désarçonne. Résultat : une jambe brisée, avec l'impossibilité de se remettre en selle. Ce repos forcé le contraint à renouer avec ses vieilles habitudes et à regarder dans le rétroviseur. Bien vite, son passé le rattrape, avec pour conséquence de l'amener à choisir entre son ancienne existence et la nouvelle. En effet, un conflit éclate entre les deux rives du Rio Grande.

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Tom Lea signe un roman méditatif qui a été vendu à Hollywood et dont le scénario a été ficelé pour convenir au mieux à la personnalité de l'acteur Robert Mitchum, avec une succession assez atypique pour l'époque d'événements liés les uns aux autres. Il s'agit ici d'un anti-héros, qui roule sa bosse et qui doit se positionner. Malheureusement, les contingences décident pour lui et, bien qu'amoureux, il ne peut pas échapper à son métier des armes. Un massacre se profile et il sait qu'il en sera l'un des artisans.

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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Ellen repoussa le bras qu’il essaya de passer autour de sa taille.
— Laissez-moi seule. Donnez-moi du repos, du repos, du repos, Starke Colton ! Êtes-vous aveugle ? Ou bien sourd ?
— Non, je vous vois et vous entends très bien.
Il la laissa seule et referma la porte derrière lui. Aux quatre coins de la bâtisse, le vent faisait entendre de puissants gémissements. Le major lui aussi se sentait fatigué. Il trouva Mindy Stoker dans la cuisine.
— Elle va se reposer, dit Colton, dormir un peu. Elle dit qu’elle ne peut rien avaler.
Il se tourna vers le commis de cuisine qui préparait des boulettes de viande.
— Serait-il possible que je me lave le visage et les mains dans la cuisine ?
— Venez dans ma chambre, major, lui répondit son hôtesse, vous trouverez du savon, de l’eau et du linge de toilette.
Elle le prit par le bras.
— Suivez-moi, je vous en prie.
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— Dieu soit loué…
D’un geste du menton, il indiqua l’étoile du matin.
— El Lucero, celui qui apporte la lumière.
Martin Brady aperçut l’étoile. Quand le soleil serait levé, si près de la garnison, ils n’auraient plus à craindre les Apaches. Mais tant qu’il faisait nuit, la vigilance s’imposait.
— Une longue nuit, lâcha Casas.
Dire quelques mots lui fit du bien.
Au loin, dans le bruit du vent, les cavaliers entendirent un cri faible. Ils s’immobilisèrent. Le cri se fit tremblotant puis se mua en un glapissement hululé.
— Ah, si c’est pas pittoresque ! Une sérénade à Lucero, s’exclama Casas.
Il attendit un moment, avant de reprendre :
— De la musique et pas d’Indiens. On est plutôt bien lotis, pas vrai Martín ?
— Pour l’instant.
Le sable soufflé par le vent vint buter contre ses dents quand il ouvrit la bouche.
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Pour sa part, Martin Brady n’était pas certain d’avoir envie de voir des gringos. Mais il savait qu’il en verrait ce jour-là. Tout au long de cette remontée vers le nord, vingt-six jours de route avec les bœufs et le lourd minerai – et bien avant encore –, il avait pensé au moment où il se retrouverait à nouveau de l’autre côté du fleuve. Il y avait pensé pendant des années. Quand le patrón lui avait dit d’emmener le minerai dans le Nord, il n’avait pas renâclé. Il voulait savoir à quoi ça ressemblait. Maintenant, il y était presque.
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Petites et discrètes, quatre compagnies distinctes de voyageurs faisaient route ce matin-là, alors que le soleil n’était pas encore levé, vers la ville solitaire. Ignorant toutes la présence des autres, seulement remarquées par le vent, elles convergeaient depuis les quatre points cardinaux de l’obscurité qui s’étendait très loin alentour.
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J'étais de ce pays, c'était ma terre natale.
Je ne demandais rien de plus que ce qu'elle me donnait.
Et j'y sentais l'enchantement du monde,
Sur les murs de ma demeure, le soleil était d'or,
Et j'y connus l'amour.
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