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Sylvie Fortier (Traducteur)
EAN : 9782923165240
448 pages
Éditeur : LEs Editions Ecosociété (06/07/2006)

Note moyenne : 4/5 (sur 6 notes)
Résumé :

Devant l'incontestable urgence de changer notre mode de vie, de plus en plus nombreux sont ceux qui se tournent vers des alternatives , comme les cohabitats, les écovillages et les communautés intentionnelles. La vie en communauté est un choix parfois difficile, mais intelligent, qui permettra à de plus en plus de gens de rejeter le système égoïste de l'« auto-boulot-bungalow » et de vivre en harmonie avec l'en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
colimasson
  05 janvier 2013
Mal lire les quatrièmes de couvertures peut parfois entraîner des surprises. Avec un titre énumératif comme Ecovillages, communautés et cohabitats, je pensais découvrir une liste relativement complète (l'ouvrage fait presque cinq cents pages) des regroupements humains qui ont décidé de se fonder dans l'espoir de mener une vie partagée autour d'une entente commune. Et de foncer, tête baissée, à l'affût de noms, de lieux, de projets, de visions qui sauraient me faire rêver un peu avant de repartir de plus belle dans le quotidien de mon mode de vie supra-communautaire (après tout, c'est bien cela qu'est une nation).

Mais Diana Leafe Christian ne l'entend pas ainsi… Rôdée des communautés intentionnelles puisqu'elle est la rédactrice en chef du magazine « Communities » depuis 1993 et membre de l'écovillage Earthaven en Caroline du Nord, il semblerait plutôt qu'elle cherche, par le biais de cet ouvrage, à juguler une croissance de l'engouement de la population pour ce mode d'existence. Contre l'irréalisme qui sied habituellement à ce qui reste encore largement considéré comme une utopie, Diana Leafe Christian oppose son pragmatisme et son sens des réalités. Peut-être la domination de l'économique, du politique et de l'administratif sont les premières raisons qui peuvent pousser un individu à vouloir se retirer de la communauté non-intentionnelle d'un Etat, mais l'économique, le politique et l'administratif sont des pivots majeurs de l'élaboration d'une communauté intentionnelle :

« Un vieil adage indien affirme qu' « il faut une épine pour ôter une épine ». Aujourd'hui, il faut un budget, un plan d'affaires et une compréhension rudimentaire de l'immobilier et du financement pour pouvoir créer des modes de vie alternatifs à l'intérieur d'une société où ces outils sont nécessaires. »

En de nombreux chapitres très détaillés, l'auteure livre son expérience en matière de choix immobiliers, abordant des points aussi cruciaux que la création d'une personne morale, le choix d'un avocat, le financement autogéré, les permis de construction ou les prêts financiers. Elle aborde la loi et l'économie en nous rappelant des notions fondamentales telles que le titre de propriété, la société à responsabilité limitée, l'association de propriétaires, l'association de condominiums, et les caractéristiques particulières d'une communauté constituée en association exonérée d'impôt.

Voici pour le rébarbatif. Toutefois, ce qui constitue la motivation principale des individus désirant intégrer une communauté intentionnelle reste majoritairement la puissance de sa symbolique humaine. Autour de cette conception, les fantasmes sont souvent plus pérennes que la capacité effective des individus à vivre durablement et sereinement en communauté. Marre des hiérarchies et des systèmes de soumission/domination ? Qu'on n'aille pas s'imaginer que tout ceci disparaîtra miraculeusement une fois installé en communauté… Des figures de dirigeant émergeront d'elles-mêmes, si elles ne sont pas nécessitées par les contingences du milieu. Mais parce que cette hiérarchie s'établira dans un milieu composé d'un nombre d'individus réduit, il est possible de la rendre la plus légitime possible. Diana Leafe Christian recommande de passer par la rédaction de projets et de visions qui serviront de base stable à l'évolution des mentalités au sein de la communauté. Elle ne nie pas que les individus qui souhaitent intégrer une communauté intentionnelle ne possèdent pas des motivations et des dispositions psychologiques propres et, le reconnaissant, elle appelle à la vigilance, non pas pour stigmatiser mais pour qu'une fois les failles mises en avant, il soit plus facile pour chacun d'en éviter les pièges –car, elle le rappelle, près de 90% des communautés intentionnelles rompent avant d'avoir pris leur envol.

« Larry se souvient : « Tout à coup, nous étions 10, débordants d'enthousiasme, caressant de grands espoirs et idéaux, et traînant tous dans nos bagages nos blessures et nos carapaces. Aucun de nous n'était très outillé en termes d'expérience de vie collective. Délicatement tissée au fil des ans, la culture communautaire de Lost Valley n'a pu survivre à l'invasion. Nous avons rapidement sombré dans l'incompréhension, le ressentiment et les conflits. » »

Ne rêvons pas : les communautés intentionnelles ne sont ni plus ni moins différentes que les sociétés dans lesquelles nous avons pu vivre jusqu'à présent. Peut-être plus gérables, plus conviviales et parfois fondées sur des idéologies unificatrices, elles peuvent fournir un lieu de développement et d'épanouissement plus serein pour des individus brisés ou exténués par leur ancienne existence. Mais parce que ces communautés regroupent justement des êtres fragilisés et dégoûtés par une société qui, vaille que vaille, semble avoir fait ses preuves plus largement que 90% des communautés intentionnelles fondées à la va-vite, Diana Leafe Christian nous rappelle qu'il est important d'exercer son regard critique, même au moment crucial à partir duquel on ne souhaite plus qu'une chose : voir son fantasme d'une communauté unie se concrétiser.
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Fleurdecoeur
  17 octobre 2011
Nous sommes nombreux à aspirer à vivre différemment: consommer différemment, travailler différemment, se loger différemment. Mais comment construire cette différence de manière viable et fiable? C'est tout l'objet de ce livre qui loin de se présenter comme une critique unilatérale du modèle dominant, se propose au contraire d'en comprendre certaines logiques et d'en introduire d'autres pour réellement connaître une transition vers des modes de vie alternatifs, durables et conviviaux dans lequel notre imaginaire se trouve en partie décolonisé de nos réflexes sociaux malsains (consumérisme outrancier, déplacements excessifs, individualisme exacerbé etc...). Sans tourner le dos à la modernité, ce livre nous offre aussi un retour vers des relations sociales plus chaleureuses, un réapprentissage du lien avec les autres et des manière de vivre ensemble sainement.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   15 janvier 2013
Ben Haggard qualifie cette tendance à l’étalement de « syndrome de réfugié citadin ».
Voici ses commentaires sur le sujet : « Comme les gens des milieux urbains et suburbains craignent de manquer d’intimité dans les villages et les communautés tissées serré, ils s’éparpillent dans le paysage et cherchent un endroit où se cacher. Ils ne font alors que répéter sur le plan du microcosme les pires erreurs du développement suburbain –destruction et étalement. On multiplie les réseaux de sentiers et de routes, qui exigent de l’entretien, érodent la terre et dérangent la faune. Les coûts associés à la distribution de l’eau et de l’énergie et à la gestion des rebuts augmentent. La communication devient plus difficile. Souvent, les décisions prises pour l’aménagement du site tiennent pour acquis que les résidents resteront jeunes et en santé toute leur vie. »
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colimassoncolimasson   07 janvier 2013
Conscients que nous vivons dans une société de plus en plus fragmentée, superficielle, vénale, dangereuse et au mode de vie dispendieux ; atterrés par la présence d’armes à feu dans les écoles et d’escrocs chez nos gouvernants, nous désirons ardemment un mode de vie plus chaleureux, plus tendre, plus enrichissant, moins coûteux, plus coopératif et faisant plus de place aux relations humaines.
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colimassoncolimasson   05 janvier 2013
La plupart des groupes (soit près de 90%) aspirant à former des écovillages ou des communautés intentionnelles ne prennent jamais leur envol ; la communauté dont ils rêvent ne se matérialise jamais. Ils ne trouvent pas le terrain, ils n’ont pas l’argent ou ils s’enlisent dans les conflits. Souvent, ils n’ont tout simplement pas pris la mesure de la somme de temps, d’argent et de compétences organisationnelles requises pour mener à bien un projet d’une telle envergure.
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colimassoncolimasson   17 janvier 2013
Larry se souvient : « Tout à coup, nous étions 10, débordants d’enthousiasme, caressant de grands espoirs et idéaux, et traînant tous dans nos bagages nos blessures et nos carapaces. Aucun de nous n’était très outillé en termes d’expérience de vie collective. Délicatement tissée au fil des ans, la culture communautaire de Lost Valley n’a pu survivre à l’invasion. Nous avons rapidement sombré dans l’incompréhension, le ressentiment et les conflits. »
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colimassoncolimasson   11 janvier 2013
Si vous poursuivez des buts écologiques ou de développement durable (selon ce que vous planifiez), dites que vous comptez chauffer vos maisons en partie avec la chaleur du soleil, que vous voulez économiser en générant votre propre énergie plutôt que de payer une grosse compagnie, que vous voulez faire pousser des légumes comme le faisait votre grand-mère. Comment un éleveur de bétail de la vieille garde, un administrateur ultraconservateur ou un chrétien fondamentaliste pourrait-il s’objecter à cela ? (Mais si votre groupe s’intéresse au végétalisme, aux aliments crus, à la méditation, à la guérison émotionnelle, au parentage et à l’allaitement partagés, à l’amour libre, à la canalisation des archanges, des extraterrestres ou des entités du plan causal –je vous en prie, n’en dites rien !)
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