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Élisabeth Luc (Traducteur)
EAN : 9782384360963
Faubourg Marigny (10/05/2023)
4.09/5   175 notes
Résumé :
L’histoire de deux amies, élevées au sein du même orphelinat, dont la loyauté est mise à rude épreuve lorsqu’elles se retrouvent quelques années plus tard dans un asile, l’une en tant qu’employée et l’autre comme patiente…
1927, Pennsylvanie. Mary Engle, 18 ans, est embauchée pour travailler dans une clinique pour femmes handicapées mentales, le célèbre Nettleton State Village pour femmes faibles d’esprit en âge de procréer. L’établissement est moderne, et ne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
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Bien que témoignant des comportements déviants concernant le domaine de la santé et des droits des hospitaliers et autres usagers, j'avoue avoir un faible pour ce genre de récit dénonçant les mauvaises conditions de traitements et/ou d'hébergements d'antan et l'évolution, plus que positive, de ces derniers comme est parvenue à si bien le réaliser Ann Leary.

Et ce, encore plus en qualité de soignant, dont je trouve qu'il est primordiale de réaliser se travail de mémoire pour ne pas oublier que, malgré le développement de ce domaine dans de nombreux pays tel que le nôtre, ces changements semblent bien trop récents et que nous pouvons toujours mieux faire afin d'offrir et d'apporter des soins de qualité et d'apporter toute la dignité à chacun, ce dont ont cruellement manqué la population hébergée et représentée dans cette révoltante fiction sous fond de vérité.
Sans être aussi violente et difficile à lire que ce qu'annonçait l'auteure à son lectorat et auquel je m'attendais, je dois bien admettre qu'un fort sentiment d'injustice et de révolte n'a cessé de m'accompagner tout au long de cette lecture que j'ai, pour autant, plus qu'apprécié. En effet, j'ai été des plus sensible à la qualité de la critique et de la dénonciation offerte par Ann Leary débordant de réalisme. L'ambiance se veut ainsi autant malaisante qu'étouffante et les murs de ce huis clos délimitant l'espace de l'intrigue sont d'une véritable froideur. Tout en pudeur, l'auteure lève le voile et dévoile l'envers du décor pour offrir au lecteur les coulisses d'un réputé asile de l'époque où se cachent bien des secrets et autres perversités. Mieux encore et plus que les conditions de l'époque quant aux conditions de vies des internées, cette dernière revient également sur celle de la position de la femme de l'époque, coupable de naître femme sans autres droits que celui d'être docile et soumise à l'homme et de loin son égale.

C'est à l'aide d'éloquents et forts portraits que la romancière parvient à dévoiler un récit aussi juste que tranchant. Ainsi et malgré sa grande naïveté, je me suis très vite attaché à notre héroïne, Mary dont le coeur est aussi pur que les nombreuses actions que cette dernière entreprendra lorsqu'elle ouvrira, après bien des révélations et déceptions, les yeux sur la réalité du monde qu'elle imaginait gravir et conquérir. Orpheline, celle-ci pensait avoir trouvé le travail de ses rêves et le tremplin idéal pour enfin évoluer et briller en société mais cela était sans compter sans sa fortuite rencontre avec son ancienne camarade Lillian qui remettra tous ses acquis en question. Accompagnée du séduisant Jake, celle-ci mènera l'enquête sur l'envers du décor et devra se montrer des plus maligne afin de parvenir à offrir la liberté tant recherchée par les jeunes pensionnaires de Nettleton State Village.
Ainsi et toujours avec réserve et nuance, Ann Leary dévoile de touchantes et complexes relations comme celle des deux amies mais aussi celle plus romantique entre son héroïne et Jake ou bien encore celle plus hiérarchique réunissant notre apprentie et le Dr Agnès Vogel, la directrice de l'établissement. le plus remarquable reste que j'ai adoré me délecter de chacune de ces différentes interactions offrant de vifs et forts passages certains plus doux ou plus complexes et profonds que l'autre mais qui permettent une réelle mise en exergue des sentiments et une représentation variée de la population d'antan.

Ainsi et bien que révoltante, j'ai été plus que séduit par cette éloquente et réaliste critique d'un univers bien sombre et dont les secrets démontrent tout le travail réalisé dans le domaine de la santé quant aux conditions de vie apportées aux usagers. J'ai adoré franchir les portes de cet institut en compagnie de personnages forts et nuancés, offrant un savoureux tourbillon d'émotions et d'interactions sociales et sentimentales.

Cette lecture a été réalisée à l'occasion du Blossom Spring Challenge – 2023 : Menu Lapin de Pâques – Catégorie le pudding à l'arsenic.
Lien : https://mavenlitterae.wordpr..
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Gros coup de coeur pour ce superbe roman, encore une nouvelle pépite littéraire dénichée par les éditions Faubourg Marigny.

L'histoire est prenante, nous nous immergeons rapidement dans cette ambiance un peu inquiétante et suivons Mary avec curiosité. Elle nous emmène au sein du Nettleton State Village, lieu clos où sont détenues de jeunes femmes avec un retard mental afin de les empêcher d'avoir des enfants. Oui oui, vous avez bien lu, il y est donc question de l'eugénisme.

Cette lecture ne laisse pas indifférent. En effet, j'ai été outrée de voir que de tels lieux aient pu exister, avec toute l'horreur que cela sous-entend. Choquée également de voir comment les filles étaient traitées et certaines exploitées. Ce n'était ni plus ni moins une prison dans laquelle elles attérissaient sans jugement préalable. Tout comme le placement de jeunes femmes absolument saines d'esprit dans des asiles, il y avait également des abus dans ces lieux pour "femmes faibles d'esprit en áge de procréer", des jeunes femmes y étaient enfermées car gênantes (le mari souhaite se remarier, elles dénoncent un viol par un membre de la famille etc).

J'ai trouvé très intéressant l'évolution de Mary, très candide et émerveillée au début et qui prend peu à peu conscience des problème que ce genre d'institution soulève. Son parcours est touchant puisque nous découvrons au fil de l'histoire ses secrets et ses peines, son désir d'étudier et de s'en sortir dans la vie, les épreuves qu'elle a dû traverser.

Les cent dernières pages sont absolument addictives, nous empêchant de refermer le livre. le rythme s'accélère, la tension monte et nous ne cessons de craindre le pire. Je dévorais les chapitres le coeur battant et avec la peur au ventre.

Cette histoire portée par une plume agréable m'a donc profondément marquée et fera partie de mes grands coups de coeur de 2023. Une fois de plus, il est important de se rappeler que ce genre de lieux et d'idées ont vraiment existé, et ce récemment puisqu'on parle ici du siècle dernier. La littérature est un excellent moyen de mettre en lumière des travers de l'histoire et des hommes afin de se souvenir et (nous l'espérons) ne pas refaire les mêmes erreurs.
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Alerte Pépite

Bienvenue à Nettleton State Village dirigé par le Dr Agnes Vogel. Une femme aussi belle que distinguée qui fera l'admiration de Mary Engle, récemment embauchée comme secrétaire au sein de l'institut.

Mary va se lier rapidement d'amitié avec l'infirmière Bertie. Elles vont sortir pour se rendre à l'église mais également pour profiter de ce temps hors des murs pour s'amuser et faire des rencontres.

Un jour alors que Mary est en train de déjeuner, elle va croiser une fille qui est internée mais qu'elle reconnaît. Il s'agit de Lillian Faust, une de ses amies avec qui elle a grandi à l'orphelinat de Scranton. Que fait-elle ici ? Que s'est-il passé pour que Lillian soit enfermée à Nettleton State Village ?

Mary va se retrouver à faire face à un dilemme : croire son amie Lilian ou suivre les directives du Dr Agnes Vogel en lui faisant une confiance aveugle face à l'admiration qu'elle lui voue ?

Face à ce choix, Mary va-t-elle continuer sa vie toute tracée ou prendre un tournant inattendu ?

Un roman qui m'a tenu en haleine jusqu'aux dernières lignes. J'ai adoré ce roman qui traite des thèmes tellement importants : la santé mentale, les droits des femmes, la non liberté de disposer de leurs corps, l'abus de pouvoir, la sororité, l'eugénisme..

Mary est une jeune fille touchante, qui parfois n'acceptait pas de voir la vérité en face. Son jeune âge explique aisément ses indécisions, ses doutes, ses peurs. Nous la voyons grandir et prendre en assurance au fil des pages.

Un roman que je vous conseille de découvrir !
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Au début des années 20, de nombreux états américains se sont lancés dans une politique eugéniste. En vertu de théories scientifiques, considérées comme progressistes à l'époque, de nombreuses femmes furent déclarées faibles d'esprit et enfermées dans les établissements d'État. Certaines furent même stérilisées afin d'éviter la propagation de leurs gènes déficients. La narratrice, Mary est engagée comme secrétaire dans un de ses établissements. Tout d'abord convaincue du bien-fondé de la démarche et admirative de la directrice - une femme médecin, fait assez rare dans les années 20 - elle découvre petit à petit une réalité bien plus sombre.

Un roman extrêmement prenant, que j'ai dévoré à la faveur d'une journée où j'étais clouée au lit par la grippe. le thème est passionnant, évidemment, et m'a donné envie d'en lire plus sur le sujet. J'ai aussi beaucoup apprécié le personnage de Mary, qui est loin d'être une héroïne moderne comme on en voit (trop) souvent dans les romans historiques. Elle est pétrie des certitudes de son temps et devra bousculer ses convictions profondes pour aider une amie.

Un de mes coups de coeur de janvier, je recommande chaudement!
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Mary mesure sa chance : cet emploi de secrétaire au sein de Nettleton State Village est une aubaine pour elle. Sous les ordre du célèbre docteur Agnès Vogel dont elle est admirative, Mary s'épanouit, oeuvrant au bon fonctionnement de cet hôpital pour femmes faibles d'esprit en âge de procréer. Jusqu'à ce qu'elle reconnaisse Lillian Faust parmi les patientes, cette ancienne amie avec laquelle elle a partagé son enfance à l'orphelinat de Scranton ...

J'ai beaucoup aimé ce roman, tout d'abord par la thématique qu'il met en avant. Cet hôpital pour femmes faibles d'esprit en âge de procréer, c'est avant-tout un asile, un lieu d'enfermement pour des femmes jugées inférieures, coupables d'avoir espéré trop de libertés, jetées en prison pour ne pas transmettre leurs tares à une potentielle descendance. Au travers de ce bâtiment austère et affreux, c'est la notion d'eugénisme qui est interrogée par l'autrice.

Comment ne pas être glacé d'effroi devant tant d'injustice, devant les actes odieux perpétrés au sein de l'hôpital ? Comment ne pas être profondément touché par ces femmes, enfermées contre leur gré, souvent sur simple décision d'un mari ou d'un père. Un réel témoignage de la condition féminine au XXème siècle qui m'a rappelé une autre lecture : Ce qu'elle a laissé derrière elle, de Ellen Mary Wiseman.

Si la thématique ne laisse pas indifférent, les personnages non plus. J'ai été complètement horrifiée par le docteur Vogel, femme détestable totalement aveuglée par ses convictions. J'ai été parfois agacée par la naïveté de Mary, puis agréablement surprise par son assurance prise.

Je n'ai qu'un seul regret concernant cette lecture : le rythme qui m'a parfois manqué … Si l'intrigue s'accélère considérablement à la fin du roman, j'ai toutefois trouvé quelques longueurs au récit.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Un fermier choisi avec soin le taureau qui va saillir ses vaches et sélectionne une truie qui donnera les porcelets les plus robustes. Nul ne ferait saillir une jument lente et trapue par un étalon de course en s’attendant à obtenir un champion. Pourquoi sommes-nous si peu soucieux de l’hérédité quand il s’agit d’être humains? L’espèce que Dieu a placé au-dessus des autres? Il est de notre devoir de préserver les qualités des fondateurs de ce pays et de ne pas laisser notre population décliner d’avantage à cause d’accouplements irréfléchis de nos meilleurs sujets avec des êtres inférieurs.
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Il s'agit de deux faibles d'esprit, deux soeurs issues d'une famille nombreuse immigrée de Lituanie. Elles avaient transmis leur déficience mentale héréditaire à leurs vingt-sept enfants, tous faibles d'esprit, illégitimes et délinquants. Oui, nous comptons désormais vingt-sept défhcients mentaux supplémentaires pris en charge par la communauté et qui, à leur tour, commencent à engendrer une troisième génération de futurs criminels. Imaginez que nous ayons, au lieu de cela, procuré un lieu sûr à ces deux Sœurs vulnérables au cours de leurs années de fertilité. Nous aurions évité la naissance de vingtaines de malheureux dont nous devrons subir les maladies, la déchéance et les crimes.
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À présent, je voyais le monde tel qu'il était vraiment, un monde que les scientifiques comprenaient mieux que les prêtres. Je vivais sur une des nombreuses planètes de l'univers, peuplée d'organismes qui transmettaient des gènes de génération en génération. Dieu, les anges, le destin divin étaient des idées fantasques inventées par les hommes bien avant la science de l'évolution. Elles étaient comme les histoires de fées de soeur Rosemary. Elles visaient à nous effrayer, nous séduire, mais elles n'étaient pas vraies. Mon coeur n'était qu'un organe. Il n'avait rien à voir avec l'amour, il ne pouvait être accablé par les sentiments.
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"Dans la gestion des résidentes, les employés. doivent faire preuve de bienveillance et de compréhension. Toute menace, insulte ou autres sévices sont formellement interdits. Une gifle, un coup de pied ou quelconque châtiment corporel infligé à une résident vaudra à l'employé un renvoi immédiat. Toute résidente surprise en train d'en maltraiter une autre sera signalée sur-le-champ à Mme la directrice adjointe."

Comme j'avais été naive! L'établissement me semblait alors si ordonné. Si je n'avais guère de contacts avec les résidentes, j'ai pu constater que la plupart des employées ne montraient aucune bienveillance.
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On distinguait les étages supérieurs de la bibliothèque depuis la grille et le dôme de l'immense planétarium, sur la colline, à l'extrémité du campus. Je n'y étais jamais entrée, mais je savais qu'il y avait des télescopes si puissants que l'on voyait d'autres mondes. On voyait des étoiles et des planètes dont la plupart des gens n'avaient pas entendu parler. La plupart des habitants de cette terre passeraient leur vie entière en ignorant que ces galaxies célestes et autres merveilles existaient.
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