AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Citations sur 90 poèmes classiques et contemporains (18)

Lorraine47
Lorraine47   31 décembre 2013
Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère , et l'amour est amer,
L'on s'abîme en amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage,

Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

Recueil des vers de Pierre de Marbeuf, Rouen ,1628
Commenter  J’apprécie          230
Lorraine47
Lorraine47   30 décembre 2013
Ô Bouteille,
Pleine toute
De mystères,
D'une oreille
Je t'écoule:
Ne diffère,
Et le mot profére
Auquel pend mon cœur
En la tant divine liqueur,
Qui est dedans tes flancs recluse,
Bac chaud, qui fut d'Inde vainqueur,
Tient toute vérité enclose.
François Rabelais (vers 1494-1553) Cinquième livre un des premiers calligrammes français
Commenter  J’apprécie          210
Lorraine47
Lorraine47   01 janvier 2014
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue:
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien:
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.
Arthur Rimbaud, Poésies, mars 1870.
Commenter  J’apprécie          160
Lorraine47
Lorraine47   29 décembre 2013
Longtemps! Toujours! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde!
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir?
Les fleurs du mal, Spleen et Idéal 1857
Commenter  J’apprécie          150
Lorraine47
Lorraine47   31 décembre 2013
Green
Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches,
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous,
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve de chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encor de vos derniers baisers;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

Paul Verlaine Romance sans paroles, "Aquarelles", 1866
Commenter  J’apprécie          140
Lorraine47
Lorraine47   30 décembre 2013
Je vis, je meurs; je me brûle et me noie
J'ai chaud extrême en endurant froidure:
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.
Louise Labbé (1524 - 1566) Sonnets 1555

Commenter  J’apprécie          100
Lorraine47
Lorraine47   28 décembre 2013
J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme qu'il ne me reste plus peut-être, et pourtant, qu'à être fantôme parmi les fantômes et plus ombre cent fois que l'ombre qui se promène et se promènera allègrement sur le cadran solaire de ta vie.
Robert Desnos : À la mystérieuse recueilli dans Corps et Biens, 1930.
Commenter  J’apprécie          80
mcd30
mcd30   28 octobre 2017
Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés ?
Je crois qu'ils sont trop clair semés,
ils ne furent pas bien semés
Et sont faillis.
De tels amis m'ont mal bailli,
Car dès que Dieu m'eut assailli
De maint côté,
N'en vis un seul dans mon hôtel.
Je crois, le vent les a ôtés,
L'amour est morte,
Ce sont mes amis que le vent emporte,
Et il ventait devant ma porte.

La Complainte Rutebeuf
Commenter  J’apprécie          30
mcd30
mcd30   25 juillet 2017
Vers écrits sur un album
Le livre de la vie est le livre suprême
Qu'on ne peut ni fermer, ni rouvrir à son choix;
Le passage attachant ne s'y lit pas deux fois,
Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même;
On voudrait revenir à la page où l'on aime
Et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts.
Commenter  J’apprécie          30
SHANY21
SHANY21   09 novembre 2016
Fantaisie:

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secret.

Or, chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C'est sous Louis treize... - et je crois voir s'étendre
Un coteau vert que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs.

Puis une dame à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs en ses habits anciens...
Que, dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vu - et dont je me souviens !

Gérard de NERVAL (1808-1855)
Commenter  J’apprécie          22




    Acheter ce livre sur

    FnacAmazonRakutenCulturaMomox

    Autres livres de Monique Lebailly (2) Voir plus




    Quiz Voir plus

    Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

    Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

    Paris
    Marseille
    Bruxelles
    Londres

    10 questions
    764 lecteurs ont répondu
    Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre