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ISBN : 2070144801
Éditeur : Gallimard (27/02/2014)

Note moyenne : 2.75/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Trois jeunes femmes ont disparu à Malabourg. Les amours cachées, les conditions matérielles délicates et la rumeur s’imposent alors entre les gens comme des obstacles et des fantômes.
L’hiver suivant, Alexis et Mina quittent le village. Lui s’exile en France pour apprendre à composer des parfums. Elle s’installe à des centaines de kilomètres de la mer pour tout oublier. Ils se retrouveront quelques années plus tard à Montréal.
Malabourg se déploie en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Alzie
  10 octobre 2014
Si le premier chapitre de Malabourg exhale une note florale parfumée ce n'est cependant pas de l'eau de rose que cette histoire distille ensuite jusqu'à la fin. Trois jeunes filles en cachent une quatrième, aux yeux de chat, dans ce roman aux métamorphoses successives dont les senteurs enivrantes se chargent rapidement d'effluves nauséabonds. Et passé le premier émoi on sombre vite dans l'effroi. Écriture franche et insolente trempée dans la rudesse du climat et l'immensité des paysages canadiens. Beautés naturelles et noirceur humaine s'enroulent dans le même ADN tandis que les charmes de la botanique se diffusent sous une plume déjà un peu experte, entre pesanteur et volatilité, créant un concentré subtil (génétiquement modifié ?) qui m'a personnellement conquise. Perrine Leblanc que je découvre, signe ici son deuxième roman.
Situé entre mer et montagne sur la rive nord de la baie des Chaleurs (Québec), c'est à la géographie et au climat de Gaspésie que le village de Malabourg, où se déroule le roman, doit son invention. Construit le long d'une route nationale qui contourne une réserve indienne, à l'ombre d'une forêt de conifères entourant un vaste lac qui sert aussi de patinoire durant les longs hivers glacés, rien ne distingue à première vue ce Malabourg fictif d'une autre bourgade réelle de la contrée, jusqu'à ses habitants ou ses commerces et lieux emblématiques. L'horticulteur local et ses chats, la pharmacie-librairie, le phare et la marina, l'école secondaire, les jeunes qui font du hockey et louchent du côté de Montréal passés vingt ans, les baby-boomers, la police et le maire à la figure de Janus. Et comme partout les croyances et les superstitions, les joies et les pénibilités de la vie ; côté plaisirs : la rivière à saumons et la tenancière de bar qui dirigeait bordel à Toronto, sans oublier le vagabond de passage.

Oui, mais sauf qu'à Malabourg, dans ce micro-climat propice à toutes les bizarreries olfactives, une jeune fille disparaît, puis deux autres. Ce récit n'est pas une enquête policière et tourne le dos aux narrations convenues. Les yeux de la jeune Mina d'ascendance amérindienne et soi-disant un peu folle, le "nez amoureux" de l'artisan fleuriste créateur de parfums, Alexis, parviendront-ils à purger Malabourg de ses miasmes aussi bien que n'importe quel commissaire en gabardine ? Au lecteur d'en décider s'il accepte de s'aventurer des rives du Saint-Laurent à la Provence et, de Grasse à Montréal, pour retrouver la trace de trois fleurs fauchées trop prématurément.
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LouSalome
  07 août 2014
J'avais entendu beaucoup d'éloges à propos de cette jeune auteur, dont le dernier livre (L'homme blanc) avait été salué par la critique. C'est donc avec certaines attentes que j'ai abordé ce livre.
Malabourg dresse le portrait de la région, la région profonde, au coeur d'un Québec aux hivers rigoureux, d'ou émerge parfois une certaine poésie. Au coeur d'un tableau majestueux, l'horreur survient : le meurtre de trois jeunes femmes, ensevelies sous la glace d'un lac. L'univers des habitants du village en est bouleversé et pousse vers le départ les deux protagonistes de l'histoire.
Malheureusement, je dois m'avouer très déçue. L'histoire, d'une linéarité ennuyante, ne souffre d'aucune fantaisie. L'auteur aborde beaucoup de thèmes, mais ne prend le temps d'en creuser aucun. Elle laisse l'impression d'un roman écrit trop vite.
On rencontre très tard les deux héros principaux, Mina et Alexis, et tout deux m'ont parût très fades, lisses, sans grand intérêt. Dans la deuxième partie du roman, les deux personnages entament une nouvelle vie à Montréal, tout d'abord séparément, pour ensuite se retrouver et se lier. L'un des deux, devenu parfumeur, laisse l'auteur nous livrer quelques clichés sur le métier en question, le tout étant doucereux et pénible à souhait. La passion pour les pierres précieuse de Mina est à peine plus supportable. le ton diffère tellement de la première partie, si dure, qu'on se croirait dans un autre livre. À vrai dire, les deux parties du roman n'ont que très peu de chose en commun. le lien entre les deux histoires s'effrite trop vite.
La dernière chose qui m'a choquée, et qui a probablement valu à ce livre une critique si dure de ma part (alors que sous d'autre apport, il pourrait s'avérer correct), fut le traitement, à la fin du livre, de la crise étudiante de 2012 au Québec. Abordée comme un évènement quelconque, à peine expliquée, l'auteur en parle comme d'un joli spectacle, un peu futile, malgré l'aura de danger dont elle pare le "dragon" (sa métaphore récurrente pour la foule).
La pauvreté de son discours à ce sujet n'est pas du à l'ignorance, car je l'ai elle-même entendu discourir, à la radio, du sujet. Je ne sais pas trop a quoi l'attribuer... à la paresse? Il est difficile de croire que quelqu'un qui connait très bien le sujet peut négliger tout à fait d'en faire une analyse le moindrement intéressante. Une crise sociale comme celle qui a ébranlé le Québec cette année ne s'évoque pas avec quelques phrases toutes faites.
Pour finir sur le point positif (car il y a en a un), j'ai découverts chez cette jeune auteur un talent littéraire certain. Bien qu'il ait servit une histoire banale, l'écriture de ce livre présentait d'intéressantes qualités : fluidité, vocabulaire éloquent et bien utilisé (exception faite des passages sur la parfumerie). On découvre quelques perles, une écriture qui sait surprendre.
En bref, je ne saurais recommander ce livre, mais je vais m'attaquer moi-même, lorsque je trouverais le temps, au premier roman de cet auteur, afin de me faire une meilleure idée de son style. À voir...
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VanilleBL
  21 avril 2014
"Maintenant, prenons une jeune femme singulière, à l'intuition de chat, amoureuse mais seule. C'est le mouton noir du village. Imaginons que cette femme puisse surveiller l'homme qu'elle convoite avec une grande liberté, du fait de la folie qu'on lui suppose et qui la rendrait pratiquement invisible. Retrouvons le décor naturel de cette histoire d'amour à sens unique qui en cache une autre, plusieurs autres, comme une poupée gigogne de récits, et remontons avec Mina le temps de l'histoire..."
Le décor naturel de cet emboîtement de récits, c'est Malabourg, "un village de fous. le nom le dit, le mal est dans le nom de ce village." Pourtant, ce pourrait être un décor de conte d'hiver, avec sa neige, son vent glacial et ses personnages caractéristiques : des femmes, comme "programmées" seulement pour être mamans ou putains, un vagabond, des jeunes filles en fleurs, un maire, seigneur en son domaine, avec sa maison peinte d'un jaune canari inimitable... Les hommes sont rustres, leurs mains rugueuses et la domination masculine. le froid semble inhiber les sentiments mais pas les désirs les plus forts et parfois les plus fous. "Les filles de la nouvelle génération rendent fous les hommes du cru au visage de pêcheur et à la paume sans âge."
Une de ces filles, Geneviève, annonce à sa meilleure amie Liliane qu'elle est enceinte. Mais avant d'avoir eu le temps de choisir entre avorter ou garder le bébé, elle est assassinée et ensevelie dans le lac, une vraie "Tombe". le conte d'hiver bascule définitivement dans la tragédie la plus sordide lorsque Liliane comprend "que le vieux qui avait couché avec son amie pendant l'été, c'était son père". Elle sombre dans la folie et le récit se poursuit dans une horreur ouatée et féroce...
L'écriture nuancée, sensuelle et en retenue de Perrine Leblanc contraste avec la dureté impitoyable de son univers. Trois jeunes filles disparaissent et sont sauvagement assassinées dans un simple souffle d'écriture, d'un simple trait de plume. D'un murmure, d'une suggestion, d'un rythme, elle fait surgir tout un univers.
Pour survivre, pour vivre, il faudra quitter Malabourg, se réinventer une vie loin de cette atmosphère de cauchemar. Parce qu'ils en savent trop sur les "événements dramatiques" survenus dans le village, parce qu'ils sont chacun animé d'une passion qui les préserve – pierres précieuses pour elles, parfums pour lui – Mina et Alexis auront le courage de s'enfuir pour se sauver. Des lieux maudits et des souvenirs qui hantent, il reste des odeurs qui s'accrochent, refusent de s'effacer. Alors il faut créer de nouvelles effluves, des fragrances poétiques plus que chimiques, il faut, "les sens en éveil, transformer une métaphore en sillage" et faire "entrer le monde dans une fiole" pour que tout (re)prenne sens et que l'amour triomphe du pire.
Ainsi, "Malabourg" n'est plus le nom d'un lieu maudit. "Malabourg est un jus opulent et frais, avec une pointe d'iode pour la mémoire de l'eau, et cette damascone en touches discrètes, couplées à l'alcool phényléthylique pour le mariage rose du miel, de la poudre et de l'amande amère, mais le coeur est composé de trois fleurs : rosa damascena, rosa centifolia et lilium candidum, cette fleur muette, qui ne s'ouvre pas naturellement pour la parfumeur et dont il faut par conséquent recréer l'odeur. C'est un parfum de peau jeune réchauffée par le souffle du dragon. En mettant en marche tous ses sens, le compositeur de Malabourg a remonté à la vie, remis au monde à sa façon, délicatement, trois jeunes femmes pour l'amour d'une autre."
Lien : http://www.paroles-et-musiqu..
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Errant
  19 avril 2018
En refermant ce livre, je me suis demandé qu'est-ce que je venais de lire au juste. Dans une première partie on relate des meurtres de jeunes filles, toutes plus ou moins liées. Aucun suspense puisque le tueur est rapidement connu et se pend tous aussi rapidement devant l'imminence de sa dénonciation. Aucun indice sur ses motivations , aucun élaboration réelle quant aux effets sur les proches des victimes; on enfile les faits, point à la ligne. Un deuxième temps aborde quelques personnages du village, sans but précis, juste de temps de placer quelques clichés sur les Indiens. Une troisième partie, possiblement une tentative maladroite de récupérer le tout, s'attache à un parfumeur qui élabore une nouvelle recette pour sa blonde. Bref ce court roman part dans tous les sens sans jamais arriver nulle part. Dommage car, surtout au début, l'écriture nous surprenait agréablement à certains moments.
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zebres16
  23 décembre 2016
Malabourg est une petite contrée du Canada, dure et hostile, un peu à l'image des relations humaines entre les personnages………
Ne parlons pas des sentiments amoureux qui ne reflètent pas le ciel bleu !!!
Trois jeunes filles sont assassinées, mais attention, il n'y a pas d'intrigue, pas de roman policier en perspective. Très rapidement, le mystère sur le responsable est levé et l'on passe à la seconde partie du roman.
Totalement différente de la première partie, on y rencontre les véritables protagonistes du livre. Un aspirant parfumeur et une étudiante.
D'ambiance glauque et sinistre, proche de la série Broadchurch, si vous l'avez vue, on est plutôt dans la rencontre et l'histoire d'amour rose-bonbon. le tout sur fond de manifestation étudiante…..
Et voilà, c'est déjà fini…
Tout est effleuré, mais rien n'est vraiment creusé. Il n'y a pas vraiment d'adéquation entre la première et la seconde partie du livre.
L'écriture est plaisante, les chapitres, courts et concis mais voilà, je suis passée complètement à côté de ce récit qui n'a pas su retenir mon attention.
Il faudra que je lise le premier roman de Perrine Leblanc afin de me donner une idée complète de son travail. A suivre…… !!!
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critiques presse (2)
Chatelaine   02 juillet 2014
Avec Malabourg, elle a su créer un climat envoûtant.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
LaPresse   31 mars 2014
Ce qui étonne dans ce deuxième roman, c'est cette sensualité, plutôt absente de L'homme blanc, son premier roman qui lui a valu le Grand Prix du livre de Montréal et le Prix du Gouverneur général.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
AlzieAlzie   10 octobre 2014
C'est Alexis. Il a le menton en galoche, les yeux ronds et rapprochés comme ceux des Anglais, une grande bouche aux lèvres minces, mangées, qui s'étirent dans un sourire de timide qu'il n'offre pas souvent aux autres. Il vend des fleurs et des plantes. Il offrait des roses à Geneviève, avant sa disparition. il a associé toutes les jeunes filles de Malabourg à une fleur. Geneviève, sa préférée, c'était la rose de Damas.
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AlzieAlzie   10 octobre 2014
Mina n'est pas très prolixe. Elle a les dents mal plantées. Elle sourit peu et rit en pinçant les lèvres. Dans l'inventaire des filles de Malabourg dressé par Alexis, Mina, c'est le pissenlit, la dent-de-lion. En langue morte : dens leonis.
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Diffusion le 27 octobre 2015
Anne-Pascale Lizotte reçoit l'auteure Perrine Leblanc. À la question de qui êtes-vous la contemporaine ? Elle répond de l'écrivain français Jean Echenoz et des séries télés.
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