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ISBN : 2367934959
Éditeur : L'Atalante (24/08/2018)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Un coin entre mer et montagne. Une lande, longtemps après un désastre qui a laissé la terre exsangue et toxique. Ses rares habitants vivent les yeux tournés vers le ciel dans l'attente de la pluie, ou vers le sol où la mort les attend. La faute au Temps Vieux dont les traces subsistent encore sous forme de micro-organismes, qui devaient faire pousser le maïs plus vite et plus droit, et de monstres autonomes qui continuent à labourer une terre depuis longtemps désert... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
kateginger63
  15 novembre 2018
Du post-apocalyptique poétique et écologiste
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Les éditions Atalante sont toujours un gage de qualité. Je ne suis jamais déçue quand je lis une de leurs publications.
Celui-ci m'a interpellé surtout pour son thème. Il y a quelques années déjà, j'ai eu un réel coup de coeur avec "Les derniers hommes" de Pierre Bordage, qui imaginait une France exsangue en eau. Une saga qui conte comment tout un peuple est réduit à marcher et errer en quête de ce précieux liquide.
Ce roman lui ressemble un peu. Et puis avec un titre qui illustre bien ce qu'on va y trouver.
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Un récit post-apocalyptique qui nous plonge dans un univers où la boue est reine. Qui mêle écologie, foi et amour dans un monde dévasté. Le nôtre.
Des êtres humains qui ont l'air d'avoir régressé, vivant comme des bêtes, condamnés à errer dans cette boue toxique nommée bien justement "la malboire".
Un jeune qui sort du lot (de la boue) est Zirare, ce Candide sauvé par un vieil ermite Arsen, détenteur d'une machine à extraire l'eau souterraine.
Un roman d'apprentissage puisque Zirare va cheminer tout le long de cette rivière empoisonnée pour chercher son Graal, cette substance plus rare que l'or, l'Eau avec un grand E.
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C'est aussi un récit écologique puisque le thème de la technologie est abordé avec la destruction de tout l'écosystème. Une allusion non cachée au groupe industriel Monsanto. Il y a également le jugement d'une humanité révolue, de fascination pour pas grand-chose (culte d'un barrage par exemple), de la bêtise humaine et son auto-destruction.
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L'auteur a aussi montré, avec Zirare et son groupe, que l'entraide et la foi sont les meilleurs moteurs pour re-créer une vie meilleure. Prendre conscience de l'autre et surtout de croire à un espoir lumineux.
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La plume de l'auteur est poétique , noire certes, mais d'une puissance d'évocation assez forte. J'ai bien aimé les pensées (ses mémoires) que le narrateur nous dévide . Au début, ils sont naïfs, balbutiant, hésitants -tel un Golem qui naît - puis au fur et à mesure de son cheminement, ils deviennent sûrs, précis et clairs. (malgré tout de même une certaine inquiétude et de la résignation)?
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Malboire , un éco-roman, malgré sa cruauté et son ton sombre, "réveille" notre responsabilité envers l'eau. Ne la gaspillons pas. Il n'est plus le temps de se résigner, mais plutôt faire changer les mentalités.
Au final, récit optimiste ou pessimiste? A nous, Humains de faire le bon choix...
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Lu dans le cadre du challenge #theblacknovember
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Lekarr
  24 novembre 2018
Comme le dit fort justement la quatrième de couverture, ce roman est une petite fable écologique dans laquelle l'auteur nous montre les conséquences possibles, voire même probables, des activités humaines sur notre environnement et en particulier sur la plus importante de nos ressources : l'eau. le monde que nous a concocté l'auteur est en effet presque totalement dénué d'eau potable. Exception faite de la pluie et de quelques rares sources profondément enterrées, le précieux liquide est devenue extrêmement rare au point de devenir une richesse inestimable, voire une monnaie d'échange.
Pourtant, de l'eau, le monde de la Malboire n'en manque pas. Mais comme son nom l'indique, elle est presque toujours impropre à la consommation. A cause de la folie des hommes et de leur recherche immodérée de productivité et de profit, la terre est désormais pourrie, polluée par les pesticides, par le sel des océans qui submergèrent les continents, par toutes les saloperies qu'on lui fit subir année après année. Elle demeure cependant au centre des préoccupations des personnages qui devront tout au long du roman composer avec ses diverses manifestations : marais putrides, neige et rivières, flots libres et fuyants ou prisonniers d'un barrage ou d'une digue, l'eau sera tour à tour synonyme de danger ou d'espoir.
Une omniprésence qui nous rappelle à quel point elle est précieuse et combien il est nécessaire de la préserver et de la partager. L'auteur se livre d'ailleurs dans les derniers chapitres de son roman à une critique sévère des puissants qui, possédant tout, se goinfrent le monde pour leur seul plaisir, sans soucis des conséquences. Il nous renvoie aussi à nous-même qui continuons à consommer comme si de rien n'était, nous voilant la face derrière nos cartes de crédit et nous donnant bonne conscience en faisant du tri sélectif ou en installant un bac à compost dans le fond du jardin.
Finalement, le seul vrai souci avec ce roman – car il y en a un – c'est qu'il a été écrit en 2018. Or, le post-apo est un sous-genre déjà fort ancien dans lequel il est désormais bien difficile de tracer son sillon. Tout ce que l'auteur y mentionne, tous les rebondissements de son intrigue - les groupements humains qui essayent de maintenir un semblant de civilisation, les bandes de pillards qui rendent leur existence précaire, les religions farfelues qui prospèrent sur la désespérance des gens et, last but not least, une terre inhospitalière sur laquelle tout ce beau monde tente de survivre – tout cela a déjà été écrits maint et maint fois.
Pour autant, Camille Leboulanger le fait plutôt bien. Son écriture est d'une belle simplicité et il sait alterner les passages durs et violents avec d'autres beaucoup plus tendres. Il sait aussi susciter de belles images (les engins agricoles qui continuent à martyriser la terre, les adeptes du Grand Clapot qui attendent le moment de surfer la grande vague) et nous réserve une conclusion si ce n'est surprenante, du moins parfaitement raccord avec son intrigue.
Et puis il y a Zizarre, le héros de cette histoire, dont l'innocence agace autant qu'elle émeut et qui fait penser à ces enfants qui ont besoin de se brûler pour comprendre qu'il faut se méfier du feu. Malgré les mises en garde, malgré les risques, il tente, il essaye, encore et encore, tout à son idée d'améliorer ce qui peut l'être. Il y a aussi Mivoix, sa compagne au verbe rare, qui peut se montrer aussi obstinée que lui lorsqu'il s'agit de protéger leur amour, Arsen le vieux sage et quelques autres qui viennent illuminer de leur présence cette farce sombre. Des personnages peu nombreux mais auxquels on s'attache immédiatement et que l'on accompagne avec grand plaisir.
Je recommanderai donc ce roman à celles et ceux qui n'ont pas encore l'habitude de ce type de récit. Il constitue une belle porte d'entrée dans ce genre très particulier et souvent prophétique qui nous renvoie à nos peurs en nous faisant entrevoir un avenir pas forcément très rose mais malheureusement fort plausible.

Lien : http://sfemoi.canalblog.com/..
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Maks
  30 septembre 2018
Camille Leboulanger nous offre avec Malboire un véritable hymne de lutte contre le massacre de la planète.
On connait tous les enjeux si la prise de conscience ne se fait pas, il est même bien trop tard, dans Malboire on voit les conséquences de ceux qui polluent les eaux, empoisonnent la Terre (et empoisonnent nos descendances par la même occasion) et cela sans aucun scrupule. Alors oui, c'est une histoire qui fait peur, qui montre du doigt, qui dénonce, et c'est bien.

Le récit a beau être engagé, il est écrit de manière fort belle, avec une lenteur agréable, une douce langueur. Un premier contact avec Camille Leboulanger réussi pour ma part.

Le point où j'ai eu le plus de mal, c'est avec le personnage principal, non pas qu'il soit désagréable, mais un peu limité dans sa tête, assez spécial, enfin je l'ai ressenti comme ça, pour les autres, notamment sa compagne et le vieil homme ils sont excellents, c'est d'autant plus frustrant d'avoir un personnage principal un peu étrange.

Visuellement c'est intéressant, des paysages post-apocalyptiques désolés, des ruines de notre époque mais qui pour les protagonistes paraissent très anciennes et mystérieuses et une profusion de crasse, de puanteur, de vase et de débris, de quoi être dépaysé.
Voir la chronique sur mon blog :
Lien : https://unbouquinsinonrien.b..
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Les_lectures_de_Sophie
  05 octobre 2018
Ce roman est à la fois très malaisant et plein d'espoir… Mais surtout, ce livre est plein de poésie. Camille Leboulanger a une plume rare et belle. Les phrases sont ciselées, chaque mot trouve sa place et son sens de manière évidente.
Au début de l'histoire, Zizare, qui ne porte pas encore de nom, erre dans la Malboire. C'est quand il est sorti de la boue par Arsen qu'il commence à apprendre les mots, et à les poser sur ce qu'il vit et ce qu'il a vécu. Au départ, son vocabulaire tourne autour de la Malboire et de l'eau, élément vital s'il en est, mais qui a disparu de la surface de la planète au profit de cette boue toxique nommée Malboire. A force de vouloir toujours plus de tout, l'Homme a par le biais des pesticides réussit a tuer l'eau potable. Il ne reste que la pluie. C'est du moins ce que croient les survivants. Sauf un, Arsen, qui est persuadé qu'il reste de l'eau sous la Malboire. Certitude qu'il a transmise à Zizare. Ensemble, ils vont forer la terre, sans jamais perdre espoir, et pendant ce temps, Arsen va transmettre a Zizare ce qu'il sait du Vieux Temps, et surtout lui apprendre les mots. C'est ce qui lui permet de nous transmettre cette histoire.
Plus il avance dans son récit, plus son vocabulaire s'étoffe. Chaque nouvelle découverte dans son road-trip amène la découverte ou la création de nouveaux mots. Un certain nombre de néologismes font d'ailleurs leur apparition dans le récit, car Zizare se trouve face à des éléments et des concepts qui lui sont inconnus. Et pour comprendre et assimiler ces nouveautés, il lui faut les nommer.
Cette histoire qui se situe dans un futur terriblement plausible pour notre planète. le manque d'eau potable sera un enjeu crucial des décennies à venir. Camille Leboulanger nous livre ici une version cruelle de ce futur, où les grands groupes chimiques ont gagné et on tué la terre et l'eau. C'est une version de notre futur tellement plausible qu'elle en est effrayante. Comme le dit l'éditeur, ce roman se lit au futur antérieur. On a à fois l'impression que ces événements sont loin de nous, mais qu'ils ont en même temps un côté inéluctable.
L'auteur nous livre ici un cri d'alarme, mais surtout une fable écologique pleine de poésie et d'espoir, malgré les erreurs humaines. Une quête de l'eau, de la vie, du renouveau, au travers des mots. le langage et la compréhension du monde qui nous entoure sera notre salut. Tant que nous ne comprendrons pas, ou n'admettrons pas l'urgence de la situation, nous risquerons de nous trouver un jour, nous ou nos descendants, confrontés à la Malboire.
Ce roman a été un coup de ♥ pour plusieurs raisons, la première étant l'incroyable plume de Camille Leboulanger, et son amour des mots qui transpire de son texte. La deuxième est que ce texte nous donne une possibilité de plus d'ouvrir les yeux, et d'éviter, peut-être, s'il n'est pas trop tard, la catastrophe écologique qui nous fonce dessus.
Ce livre a été publié dans la collection La dentelle du Cygne, et c'est vraiment de la dentelle. Camille Leboulanger est un auteur à suivre. A même pas trente ans, c'est son troisième roman publié, sans compter quelques nouvelles dans des anthologies, et j'ai bien l'intention de découvrir son premier texte, que je n'ai pas encore lu, et qui semble lui traiter de l'absence de nuit, paru aussi chez L'Atalante.
Lien : https://leslecturesdesophieb..
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Lunalithe
  13 novembre 2018
Un roman hypnotisant, qui nous embarque dans un futur où la planète est abominablement pollué et l'eau rare.
On y suis Zizare, à l'histoire obscure, qui nait lorsqu'on le tire de la boue. Qu'est ce que la boue ? Qu'est ce que la Malboire ? Qu'est ce que ce monde post-apocalyptique ?
C'est ce qu'on tachera de découvrir au fil de ce roman touchant, porté par la voix de Zizare qui nous conte son monde, qui se fait la voix de de Mivoix, qui nous parle avec ses mots de ce que l'on connait peut-être, de ce que l'on devrait craindre surement.
On y croise des fanatiques, des résignés, des idéalistes, et on y trouve à la fois des choses familières, et aussi un écart monstrueux avec ce qu'on vit... Mais cet écart ne risque-t-il pas de se réduire de jour en jour ?
J'ai aimé le ton de ce roman, cette candeur de la part de Zizare, qui "nait" plusieurs fois. de cette belle écriture nait de belles réflexions, et un vocabulaire qui insiste sur ce que notre narrateur ne comprend pas. Sans compter cette impression de contempler la fin du monde à chaque page...
Ce roman n'est pas entièrement pessimiste pour autant - il l'est beaucoup, mais l'auteur ménage une petite porte de sortie, un petit espoir pour la suite des événements. Ce qui est sûr, c'est qu'on en ressors bouleversés, avec l'impression d'avoir contemplé un futur possible et effrayant, où la nature humaine est présentée sous tous ses aspects possibles, allant de la résignation à la révolte.
Un très beau roman.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   19 février 2019
Un mensonge répété suffisamment de fois finit par ressembler à la vérité.
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YuyineYuyine   19 février 2019
Ceux de la boue n’ont pas de mémoire, car ils ne connaissent pas le temps ; ils n’ont pas de temps, car ce ne sont pas des hommes, à moins que ce ne soit l’inverse.
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kateginger63kateginger63   06 novembre 2018
Peut-être la terre est-elle un peu plus mélancolique à chaque fois qu'une plante fend sa surface. Peut-être garde-t-elle dans chaque tige qui lui échappe, chaque feuille qui s'étend, le souvenir de la graine qu'elle a abritée en elle, dissimulée jusqu'au moment inévitable où elle lui a échappé.
Commenter  J’apprécie          180
JoyeuxDrilleJoyeuxDrille   11 octobre 2018
C'est à ce moment que j'ai décidé pour de bon d'être fou. Comme Mivoix et comme Arsen, dont tous riaient jusqu'à ce que sa machine trouve l'Eau. Depuis, personne n'osait plus ricaner. Le fou avait eu raison. Rester sain d'esprit, c'était accepter le monde tel qu'il était : c'état piétiner le sable en priant chaque fois que son talon touchait le sol qu'il n'en ferait pas sortir la Malboire. Être sain, c'était se satisfaire des maladies, du tord-boyaux exécrable, de l'amer gruau de maïs quand il réussissait à pousser dans la terre exsangue. Et aussi de la démarche boitillante des volailles, le battement ridicule de leurs moignons déplumés, des bêlements étranglés des laineux quand les tumeurs leur prenaient la gorge et qu'il fallait les abattre, par pitié et pour pouvoir trouver le sommeil la nuit. Être sain, c'était le règne de la Malboire.
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rkhettaouirkhettaoui   31 janvier 2019
Peut-être la terre est-elle un peu plus mélancolique à chaque fois qu’une plante fend sa surface. Peut-être garde-t-elle dans chaque tige qui lui échappe, chaque feuille qui s’étend, le souvenir de la graine qu’elle a abritée en elle, dissimulée jusqu’au moment inévitable où elle lui a échappé.
Cependant, je n’étais pas une plante. Je n’étais pas même un champignon, pas même une mousse. Je n’étais qu’une partie plus ambitieuse de la boue mue par une énergie étrangère : cette nécessité de respirer et de vivre dont le limon est dénué. Lui se satisfait de gésir, ou de couler lentement. Il ne fait aucun mouvement brusque, aucun éclat. La vase existe, sans but ni raison.
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