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EAN : 9782200015473
375 pages
Armand Colin (30/11/-1)
3.5/5   2 notes
Résumé :
Qu’est-ce que le 17e siècle ?
Depuis longtemps déjà, les historiens cherchent, au-delà des récits traditionnels de l’histoire politique, les réalités plus complexes d’une histoire totale. Totale parce que, ne se limitant plus à la seule Europe, voire à la seule France, elle veut faire leur place légitime aux autres continents. Totale parce que, sans négliger l’événement, elle entend mettre l’accent sur toute la vie du passé, s’efforçant d’en éclairer tous les... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
François Lebrun est un prof d'histoire à l'université de Rennes. Moderniste reconnu, il consacre cet ouvrage au XVIIème siècle. Ce siècle fut celui de Louis XIV, de Cromwell, des procès de sorcellerie et de Descartes, de Calderon, Rubens ou Rembrandt... Cette époque riche est entrevue ici à l'échelle mondiale puisque Lebrun ne centre pas son oeil sur le royaume de France mais donne une ambition plus vaste à son ouvrage : du nouveau monde au Japon en passant par la Chine. Ce siècle fut aussi celui de nombreuses guerres et d'une certaine tourmente à l'échelle européenne, bien décrite par l'auteur. le livre nous donne donc une image politique, culturelle, religieuse, artistique de l'époque...
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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
A l’opposé des jansénistes, les libertins pratiquent soit le libertinage des mœurs, soit la plus grande liberté de pensée allant jusqu’à l’athéisme, soit encore les deux à la fois. L’un de leurs adversaires, le jésuite Garasse fait en 1623 la distinction :

J’appelle libertins nos ivrognets, moucherons de tavernes, esprits insensibles à la piété, qui n’ont d’autre Dieu que leur ventre […] Il est vrai que ces gens croient aucunement (= jusqu’à un certain point) en Dieu, haïssent les huguenots et toutes sortes d’hérésies, ont quelquefois des intervalles luisants et quelque petite clarté qui leur fait voir le misérable état de leur âme, craignent et appréhendent la mort, ne sont pas du tout (= totalement) abrutis dans le vice, s’imaginent qu’il y a un enfer, mais au reste vivent licencieusement, jetant la gourme comme jeunes poulains […].

J’appelle impies et athéistes ceux qui sont plus avancés en malice ; qui ont l’impudence de proférer d’horribles blasphèmes contre Dieu ; qui commettent des brutalités abominables ; qui publient par sonnets leurs exécrables forfaits ; qui font de Paris une Gomorrhe ; qui font imprimer le Parnasse satirique ; qui ont cet avantage malheureux qu’ils sont si dénaturés en leur façon de vivre qu’on n’oserait les réfuter de point en point, de peur d’enseigner leurs vices et faire rougir la blancheur du papier.

Chapitre 2. La civilisation européenne dans la première moitié du XVII ème siècle
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Au moment même de l’arrestation de son ami, Jansénius meurt à Ypres, laissant un énorme manuscrit, écho de ses conversations et de ses lettres avec Saint-Cyran, mais surtout œuvre personnelle. Ses amis de Louvain le font paraître en septembre 1640 sous le titre Augustinus. C’est un in-folio de quelque 1 300 pages sur deux colonnes d’impression serrée. Dans cet ouvrage purement théologique, Jansen prétend systématiser la pensée de saint Augustin sur le problème de la grâce. En fait, il interprète toujours cette pensée dans le sens le plus strict et retient surtout les positions rigides élaborées par l’évêque d’Hippone lors de sa polémique avec le moine Pélage. Il dénonce les erreurs des pélagiens, des semi-pélagiens et de tous leurs successeurs (notamment les molinistes, spécialement visés sans être nommés) et rappelle ce qu’il estime être la doctrine augustinienne : nécessité de la grâce divine pour que l’homme pécheur puisse mériter son salut, efficacité infaillible de cette grâce sans pour autant nuire à la liberté humaine, gratuité absolue de la prédestination. Ainsi, à l’opposé du courant optimiste représenté par Molina, Jansénius met l’accent sur la corruption foncière de la nature humaine et sur la toute-puissance de Dieu.

Dès sa parution, l’Augustinus suscite un vif intérêt dans les milieux ecclésiastiques de la plupart des pays catholiques. À Louvain même, les jésuites réagissent violemment et obtiennent de Rome une condamnation du livre, d’ailleurs ambiguë, par la bulle In Eminenti (6 mars 1642). En France, l’ouvrage posthume de Jansénius bénéficie de nombreuses approbations, notamment de la part des oratoriens, des dominicains et de certains docteurs de Sorbonne, mais il se heurte à l’hostilité de Richelieu et des jésuites. C’est pour le défendre contre les attaques de ces derniers qu’Antoine Arnauld (1612-1694) se jette dans la bataille. Celui qu’on appellera bientôt le Grand Arnauld est le plus jeune des dix-neuf frères et sœurs de la mère Angélique et le meilleur disciple de Saint-Cyran. S’intéressant davantage, comme son maître, aux problèmes moraux et aux engagements pratiques qu’aux questions strictement théologiques, il publie en 1643 De La Fréquente Communion dont le succès, considérable et immédiat, contribue beaucoup plus sûrement que le pesant traité de l’évêque d’Ypres, à la diffusion en France des idées jansénistes. Arnauld y dénonce les pratiques des confesseurs jésuites autorisant trop facilement les sacrements et rappelle les règles de la primitive Église et l’infini respect dû à l’eucharistie ; sans condamner vraiment la communion fréquente (comme le lui reprocheront à tort ses adversaires), il tend à la présenter comme un idéal presque inaccessible, inclinant ainsi les âmes croyantes davantage vers la révérence et la crainte que vers la confiance et l’amour. (...)
Ainsi, Augustinus et Fréquente Communion se rejoignent et se complètent : en 1640-1643, le jansénisme, en tant que mouvement religieux, est né sous sa double forme théologique et morale.

Chapitre 2. La civilisation européenne dans la première moitié du XVII ème siècle
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La vie et l’œuvre de saint Vincent de Paul (1581-1660) résume presque tous les aspects de la réforme catholique. Ce fils de paysan des Landes, devenu prêtre et ami de Bérulle et de François de Sales, crée en 1625 à Paris la congrégation de la Mission, constituée selon le contrat de fondation (de) quelques ecclésiastiques de doctrine, piété et capacité connues, qui voulussent renoncer tant aux conditions des villes qu’à tous bénéfices, charges et dignités de l’Église, pour, sous le bon plaisir des prélats, chacun en l’étendue de son diocèse, s’appliquer entièrement et purement au salut du pauvre peuple, allant de village en village, aux dépens de leur bourse commune, prêcher, instruire, exhorter et catéchiser ces pauvres gens et les porter à faire tous une bonne confession générale de toute leur vie passée, sans en prendre aucune rétribution en quelque sorte ou manière que ce soit, afin de distribuer gratuitement les dons qu’ils ont reçu de la main libérale de Dieu.

Chapitre 4
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La querelle qui s’instaure après 1630 autour du problème de la circulation du sang est caractéristique des difficultés et des limites que rencontre encore la science : ce sont celles-là mêmes qu’a connues le XVIe siècle. Ce n’est que dans les années 1640-1660 que s’amorce, sous l’influence des idées de Descartes, le triomphe d’une mentalité vraiment scientifique. Mais auparavant, les progrès de la science sont encore entravés par le respect exagéré pour la tradition et l’autorité des Anciens et par la mentalité même de l’époque.

Chapitre 2. La civilisation européenne dans la première moitié du XVII ème siècle
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La Réforme protestante a été l’un des grands événements du xvie siècle. Certes, l’existence des Églises orthodoxes, séparées de Rome (avec notamment le patriarcat de Constantinople, sous domination turque, et le patriarcat de Moscou) constituait, depuis le Moyen Âge, une première déchirure de la « robe sans couture » du Christ. Mais bien plus grave par ses conséquences de tous ordres a été le schisme protestant. Si l’histoire des États européens a été dominée au xvie siècle par les problèmes religieux issus de la Réforme, ceux-ci, vers 1600, sont loin d’être résolus.

Chapitre 1. Le monde en 1600
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