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EAN : 9782702836774
205 pages
Éditeur : Le Grand Livre du Mois (30/11/-1)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Novembre 1918. A Basson-Seul, en Auvergne, Baptiste et Patience Toutin attendent le retour de leurs deux fils, après quatre années de guerre. Mais les semaines passent et l'espoir de les revoir vivants s'amenuise. Sans descendance, Baptiste est gagné par le désespoir. Il laisse dépérir le domaine et commence à vendre son cheptel.
Un soir, un inconnu se présente à la ferme. Jean Lorlanges. Il a combattu au côté du cadet et rapporte ses effets militaires. Recon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Sylviemesjeudis
  26 mars 2020
Nous sommes en Auvergne en 1920, dans le massif du Cézalier battu par les vents. Les Toutin y sont nés. La Première Guerre mondiale est terminée, le bilan humain est terrible. Baptiste Toutin et Patience en ont fait les frais : leurs deux fils, Jean-Marie et Joseph, ne reviendront pas. Leur domaine de Basson-Seul peut péricliter, qu'importe, ils n'ont plus d'héritier. Quand le train a ramené les soldats, les familles en liesse sur le quai de la gare les ont accueillis. Les uns pleuraient de joie, les autres de tristesse. Jean-Marie et Joseph ne font pas partie du voyage. Les médailles que les Toutin recevront à la place de leurs fils ne les consoleront pas, Baptiste ne les regardera même pas. le corps de Joseph sera rendu à sa famille, mais pas celui de Jean-Marie, mort quelque part, on ne sait où.
Si Patience pleure ses fils en silence, Baptiste exprime sa souffrance par des comportements plus ou moins suicidaires en affrontant la montagne jusqu'à l'épuisement. Il part le matin et ne rentre que le soir à bout de force. La folie le guette. Chaque jour, il entretient son chagrin. L'alcool l'aide et la déambulation dans les chemins escarpés et enneigés lui permet de crier sa douleur. Il n'a plus de goût à la vie, se détache de son domaine qui ne comprend plus que deux vaches et une douzaine de poules, et le chien Mariole, fidèle à ses maîtres. Basson-Seul est situé à l'écart des habitations, rattaché au hameau des Bassons qui dépend de la commune de Compains.
Patience est deux fois malheureuse : d'avoir perdu ses enfants et de voir son homme basculer dans une démence impossible à guérir malgré l'attention qu'elle lui porte comme le ferait une mère.
À la foire de Brion, à six kilomètres de chez eux, elle retrouve une amie d'école, Minette Bogelot, qu'elle n'a pas vue depuis deux ans, et son mari Antoine. Ils ont quatre enfants : Fernand travaille chez Michelin à Clermont-Ferrand ; Mauricette vit maritalement avec un magasinier des manufactures de Saint-Étienne dont elle attend un enfant ; François et Paul demeurent sur le domaine. Ce jour-là, Patience annonce à son homme qu'elle le quittera s'il ne change pas de comportement. « Même chez les autres, je serais moins malheureuse que dans ma propre maison », lui dit-elle. Il n'en croit rien, à tort. Elle part avec une vache et son chien. Un soir qu'il rentre de sa marche quotidienne, il ne trouve à la maison ni sa femme ni son chien, il a compris. Ce temps de solitude lui permet de faire le point sur ses biens. Les bâtiments sont une ruine envahie par la mauvaise herbe. Pourtant, l'arrière-grand-père Jean avait fait ce qu'il faut pour que le domaine soit solide. Joseph, le grand-père, l'avait entretenu et agrandi. Jean-Baptiste, le père, avait poursuivi sa mise en valeur malgré son décès prématuré. Et lui, qu'en faisait-il ? Rien, parce que ses fils sont morts et qu'il n'y a personne pour prendre sa succession, le domaine ira à des étrangers.
Pendant que Patience est réfugiée chez son amie, un inconnu d'environ 25 ans, garçon de ferme, se présente à Baptiste Toutin. Il a côtoyé Joseph au front et apporte la lettre qu'il avait sur lui et son casque. Les deux jeunes se sont fait une promesse mutuelle de rendre visite à la famille et de lui transmettre la dernière lettre de celui qui tomberait si l'autre restait vivant. Promesse dont s'acquitte Jean Lorlanges envers son camarade. Dans sa lettre à son père, Joseph lui recommande d'embaucher Jean après la guerre parce que le domaine ne manque pas d'ouvrage et Jean doit subvenir aux besoins de sa famille nombreuse et pauvre. Jean est le déclencheur du mieux-être de Baptiste qui demande à sa femme de revenir, car il sait où elle se trouve. Fidèle à la parole de son fils, il embauche Jean.
Ne dévoilons pas la suite...
Le roman est superbement écrit avec de magnifiques descriptions de la nature, des saisons, du travail de la terre et dans la ferme, du déroulement des journées à la campagne, des comportements de chacun. On ne peut qu'être touché de compassion pour tous les personnages. Il met l'accent sur les séquelles psychologiques de la guerre sur les combattants et leur famille. L'auteur nous révèle la personnalité de Jean par petites touches qui nous tiennent en haleine.
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ides60
  25 octobre 2010
Je ne connaissais pas l'auteur.
Ce livre sans prétention tient toutes ses promesses. D'une écriture fluide, limpide, il se lit très vite et il est bien abordable.
L'histoire est attachante, ne manque pas d'intérêt, jamais lourde, jamais lassante.
Au contraire, on a parfois hâte de tourner les pages pour obtenir les réponses à nos questions.
Un bon roman pour un bon moment.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   30 décembre 2016
Plus tard, un pli annonça le retour du corps de Joseph. Il alla reposer au cimetière de Compains. Une deuxième lettre évasive, tenait Jean-Marie pour disparu au-delà des lignes ennemies. Il resterait prisonnier d'une terre dont l'existence lui était inconnue la semaine précédent son départ. Sa jeune vie désormais gisait en une lointaine plaine d'où les morts longtemps encore feraient signe aux vivants. Jean-Marie et Joseph posthumement décorés, Toutin fourra les médailles au fond d'un tiroir sous quelque passementerie oubliée. Geste de colère et d'indignation.
De ce jour, à Basson-Seul, le vin n'ayant plus goût d'"exception" coula à chaque repas. Toutin s'en emplit l'âme et le corps. Il déambula sur ses terres tonnant et crachant à la face du ciel et des gouvernements, il injuriait Dieu en personne.
- Qu'est-ce que tu en as à foutre, toi ? Des fils, tu en fais autant que tes curés peuvent en bénir ! Mais moi j'en avais deux... Seulement deux...
+ Lire la suite
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SylviemesjeudisSylviemesjeudis   26 mars 2020
La peur m'a rendu malade plus d'une fois, ce que j'ai vu était plus laid à voir qu'une mauvaise vie, et toujours je me suis juré que, si je m'en sortais, je courrais me jeter dans les bras du bonheur.
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SylviemesjeudisSylviemesjeudis   26 mars 2020
Prenez la peine de réfléchir et vous n'aurez aucune difficulté à choisir votre vie.
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SylviemesjeudisSylviemesjeudis   26 mars 2020
Souvent, si on savait ce que la vie nous réserve, on calculerait moins.
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