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EAN : 9781093606386
éditions de l'Ogre (05/05/2016)
4.56/5   8 notes
Résumé :
« Il y aura toujours un futur pour les enfants-singes, toujours un récif sur lequel nous échouer. Nous sommes des milliers, nous avons nos propres tunnels creusés à la force de nos ongles, nous peuplons les égouts de régions entières, et, lorsque nous disparaissons, ce n’est que pour mieux nous camoufler. Nous sommes là, quand les soldats dorment, quand ils marchent, quand ils se croient seuls, quand ils se touchent dans les baraques, quand ils injurient, quand ils ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Weirdaholic
  14 janvier 2021
Extrait de ma chronique :
"C'est aussi, et avant tout, je ne l'ai peut-être pas assez dit, un pur plaisir de lecture de par sa brièveté et sa langue virtuose ; même s'il brasse des concepts compliqués (qu'on peut parfaitement ignorer), il n'est jamais obscur, au contraire. Un exemple, avec allitération en labiales (P, B, M) ? "Tous percutés, les lampadaires demeurent écharpés, comme mordus par le sol" (page 98). Un autre, avec le même genre de travail sonore, et une subtile allusion à Goya en prime ? "Pour combler les vides de ma mémoire, j'ai laissé faire ma tête, et elle a embrassé des monstres" (page 111).

Vous l'aurez compris (enfin, j'espère), "Saccage" est bel et bien, comme le promettait Hugues, "l'un de ces coups de tonnerre littéraire qui marquent une lectrice ou un lecteur". Encore faut-il avoir envie de s'exposer à l'orage…"

Lien : https://weirdaholic.blogspot..
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Charybde2
  27 juin 2016
Une puissante et singulière poétique de la catastrophe.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2016/06/27/note-de-lecture-saccage-quentin-leclerc/
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loudarsan
  29 juin 2016
Extrait de la critique :
Ruine, gangrène, crasse, déchéance. Saccage suppure. Ronge la désolation et la dévastation. Décor de carton-pâte, perte de la réalité. Jusqu'au plan noir. On tourne en rond en fuyant vers l'avant, alors que le futur disparaît.
A lire sur le blog.
Lien : https://lesfeuillesvolantes...
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   27 juin 2016
Si chacun parlait à travers les carcasses, elles ne pourraient pas le supporter. Elles sont incapables de rien écrire quand elles parlent pour d’autres. Elles ne font que propager la révolte, ce que la milice ne veut plus entendre, et ce que les propriétaires cherchent à tout prix à taire. Ceux-ci les étouffent alors. Par le passé, trop de révoltes venaient des bouches de carcasses possédées. Les propriétaires ont passé des contrats avec la milice. Les carcasses sont à risque. Leurs prophéties peuvent rendre riches, et peuvent montrer le chemin vers l’autre monde, mais les révoltes obligent la milice à détruire les hôtels. Les propriétaires peuvent se servir des carcasses tant qu’elles restent à l’hôtel, mais elles ne doivent pas dire n’importe quoi, ne doivent pas alimenter n’importe quelle guerre.
Il y a des charognards perchés sur un portemanteau à l’entrée de la chambre – leurs glapissements sont la bande-son de mes longues périodes de pesanteur.
Je ne fais rien, je n’y parviens pas. Quoi qu’on me demande, je n’y parviens pas. Je ne sais pas combien de temps j’espère gagner en me dissimulant dans les combles. Avoir tué la carcasse intruse n’a fait que précipiter les choses. Les propriétaires m’auraient eux aussi débusqué. Les traces jusque chez moi se seraient accumulées. Dès l’arrivée à l’hôtel, il faut se mettre au travail. Depuis le refuge, depuis la naissance, le processus est irréversible : carcasse à jamais. Les hôtels sont les plus à même de nous accueillir, de nous offrir le matériel nécessaire à la transformation. Ailleurs, c’est pire. Toutes les voix circulent, et aucune hôtesse ne nous aide à faire le tri. La pièce où j’écris s’écroule sur elle-même. J’aimerais crever dans la sciure. De la brique sortent des insectes.
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Charybde2Charybde2   27 juin 2016
En se projetant cinq cents mètres à l’extérieur, on peut surprendre les soldats camouflés. Ils communiquent heure par heure dans leurs talkies-walkies hors d’usage des informations inutiles. Ils rendent des comptes aux généraux (déjà morts pendus dans leurs cabinets privés). Ils parlent de nous. Parfois, ils parlent d’étrangers, mais c’est toujours de nous.
Contre la milice, il n’y a aucune résistance, et des milliers d’hôtels. Nous, carcasses, sommes habituellement tenues au silence, obligées d’inscrire sur des feuillets illisibles nos étapes vers la lumière. Ce qu’il y a pour les hommes, dans ces feuilles, c’est tout ce que la milice ne veut plus voir. C’est tout ce qu’elle ne peut plus tolérer. J’aurais pu suivre les instructions des propriétaires, craindre les avertissements de la milice, me taire, disparaître, mais j’ai préféré parler, et je me dis qu’ainsi vont les choses, qu’ainsi fondent les bruits. Je n’ai personne à protéger, personne à tenir éloigné des conséquences de ma révolte souterraine – je n’ai comme amis que l’oubli, les fissures de la terre et quelques roues en feu encore animées par le souffle d’une explosion imaginaire.
Pour finir : j’entends les carcasses répandre le vin, faisander le gibier, brûler les écrevisses dans de larges casseroles. Elles s’esclaffent comme des mouettes après un larcin – plus tard, aucune ne bronche, l’eau bouillante se répand sur le sol, tout se tait, sinon les bulles acides qui explosent et viennent brûler les insectes volants.
Plusieurs jours stagnent ainsi dans la famine et les cris (quand je dis les cris, je veux bien sûr parler du silence).
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Charybde2Charybde2   27 juin 2016
À travers les œilletons montés à l’envers des portes (sur chacune, capiton et mousse épaisse teintée rouge vif) : des carcasses, identiques, l’échine à l’atelier, le regard froncé sur du papier de verre, le visage barbouillé d’encre sympathique. Toutes les carcasses sont coiffées de cagoules avec une ouverture grillagée au niveau de la bouche. En caressant leurs bras on récupère une liqueur particulière qui fait pourrir la terre. Les cagoules, c’est pour dissimuler la laideur. Des hôtesses se tiennent debout à leurs côtés, portant à bout de bras de petits plateaux d’argent sur lesquels sont disposés divers instruments. Aussi le travail ainsi s’initie : une carcasse achève son texte, plie la feuille, l’insère dans une enveloppe et la repose sur le plateau d’argent que tient l’hôtesse. L’hôtesse alors enflamme la lettre qui, à mesure qu’elle se consume, hurle des prophéties de sorcier. On prévient : c’est l’unique méthode pour écouter les récits des carcasses. Sans ces précautions. Je préfère ne pas en parler.
À l’aide de micros disposés dans chaque pièce, les propriétaires enregistrent ces prophéties sur les bandes noires de leurs magnétoscopes, puis ils les revendent ensuite à de riches industriels. Les industriels ont de quoi traduire les prophéties des carcasses. Ils accèdent ainsi au sublime. Seuls les industriels ont l’argent pour atteindre au sublime.
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Charybde2Charybde2   27 juin 2016
Le risque est dans la pensée, le risque est dans la parole, le risque est dans le rêve, le risque est dans la parole des rêves. Partout la milice nous attend. Il ne faut plus me croire – l’essentiel doit être déformé. La milice a dû conserver l’apparence générale pour vous faire adhérer au mensonge. Déjà elle s’adresse à vous. Elle peut passer par moi, elle sait faire ce genre de chose, elle a les machines pour, elle les transporte sur d’immenses remorques.
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Charybde2Charybde2   27 juin 2016
Un chasseur apparaît. Il se présente tout sourire mais je lui soupçonne des intentions malveillantes. J’ai pour habitude de les accueillir quand ils n’arrivent pas en bandes. Ma grand-mère m’a éduquée ainsi. Mon grand-père lui-même était chasseur. Ma grand-mère a eu beaucoup de tristesse toute sa vie par sa faute. Quand mon grand-père est mort, elle lui a rendu hommage en se faisant sauter la tête avec son fusil. Ainsi elle n’a plus été triste.
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