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EAN : 9782251360416
Éditeur : Les Belles Lettres (02/01/1986)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Publiée en 1884, Poèmes tragiques est une œuvre poétique de Charles Marie René Leconte de Lisle.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
AustralAustral   20 septembre 2010
Sacra fames

L'immense mer sommeille. Elle hausse et balance
Ses houles où le ciel met d'éclatants îlots.
Une nuit d'or emplit d'un magique silence
La merveilleuse horreur de l'espace et des flots.
Les deux gouffres ne font qu'un abîme sans borne
De tristesse, de paix et d'éblouissement,
Sanctuaire et tombeau, désert splendide et morne
Où des millions d'yeux regardent fixement.
Tels, le ciel magnifique et les eaux vénérables
Dorment dans la lumière et dans la majesté,
Comme si la rumeur des vivants misérables
N'avait troublé jamais leur rêve illimité.

Cependant, plein de faim dans sa peau flasque et rude,
Le sinistre rôdeur des steppes de la mer
Vient, va, tourne, et, flairant au loin la solitude,
Entre-bâille d'ennui ses mâchoires de fer.
Certes, il n'a souci de l'immensité bleue,
Des trois rois, du triangle ou du long scorpion
Qui tord dans l'infini sa flamboyante queue,
Ni de l'ourse qui plonge au clair septentrion.
Il ne sait que la chair qu'on broie et qu'on dépèce,
Et, toujours absorbé dans son désir sanglant,
Au fond des masses d'eau lourdes d'une ombre épaisse
Il laisse errer son oeil terne, impassible et lent.
Tout est vide et muet. Rien qui nage ou qui flotte,
Qui soit vivant ou mort, qu'il puisse entendre ou voir.
Il reste inerte, aveugle, et son grêle pilote
Se pose pour dormir sur son aileron noir.
Va, monstre ! Tu n'es pas autre que nous ne sommes,
Plus hideux, plus féroce, ou plus désespéré.
Console-toi ! Demain tu mangeras des hommes,
Demain par l'homme aussi tu seras dévoré.
La faim sacrée est un long meurtre légitime
Des profondeurs de l'ombre aux cieux resplendissants,
Et l'homme et le requin, égorgeur ou victime,
Devant ta face, ô mort, sont tous deux innocents.
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Virgule-MagazineVirgule-Magazine   22 juin 2015
L'éclair vibre sa flèche torse
A l'horizon mouvant des flots.
Sur ta natte de fine écorce
Tu rêves, les yeux demi-clos.

A l'horizon mouvant des flots
La foudre luit sur les écumes.
Tu rêves, les yeux demi-clos
Dans la case que tu parfumes.

La foudre luit sur les écumes,
L'ombre est en proie au vent hurleur.
Dans la case que tu parfumes
Tu rêves et souris, ma fleur !

L'ombre est en proie au vent hurleur,
Il s'engouffre au fond des ravines.
Tu rêves et souris, ma fleur !
Le cœur plein de chansons divines.

Il s'engouffre au fond des ravines
Parmi le fracas des torrents.
Le cœur plein de chansons divines
Monte, nage aux cieux transparents !

Parmi le fracas des torrents
L'arbre éperdu s'agite et plonge.
Monte, nage aux cieux transparents,
Sur l'aile d'un amoureux songe!

L'arbre éperdu s'agite et plonge,
Le roc bondit déraciné.
Sur l'aile d'un amoureux songe
Berce ton cœur illuminé !

Le roc bondit déraciné,
Vers la mer ivre de sa force.
Berce ton cœur illuminé !
L'éclair vibre sa flèche torse.
+ Lire la suite
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julien33julien33   04 février 2014
Villanelle

Une nuit noire, par un calme, sous l'Équateur.


Le Temps, l'Étendue et le Nombre
Sont tombés du noir firmament
Dans la mer immobile et sombre.

Suaire de silence et d'ombre,
La nuit efface absolument
Le Temps, l'Étendue et le Nombre.

Tel qu'un lourd et muet décombre,
L'Esprit plonge au vide dormant,
Dans la mer immobile et sombre.

En lui-même, avec lui, tout sombre,
Souvenir, rêve, sentiment,
Le Temps, l'Étendue et le Nombre,
Dans la mer immobile et sombre.
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   02 janvier 2014
L’albatros

Dans l’immense largeur du Capricorne au Pôle
Le vent beugle, rugit, siffle, râle et miaule,
Et bondit à travers l’Atlantique tout blanc
De bave furieuse. Il se rue, éraflant
L’eau blême qu’il pourchasse et dissipe en buées ;
Il mord, déchire, arrache et tranche les nuées
Par tronçons convulsifs où saigne un brusque éclair ;
Il saisit, enveloppe et culbute dans l’air
Un tournoiement confus d’aigres cris et de plumes
Qu’il secoue et qu’il traîne aux crêtes des écumes,
Et, martelant le front massif des cachalots,
Mêle à ses hurlements leurs monstrueux sanglots.
Seul, le Roi de l’espace et des mers sans rivages
Vole contre l’assaut des rafales sauvages.
D’un trait puissant et sûr, sans hâte ni retard,
L’oeil dardé par delà le livide brouillard,
De ses ailes de fer rigidement tendues
Il fend le tourbillon des rauques étendues,
Et, tranquille au milieu de l’épouvantement,
Vient, passe, et disparaît majestueusement.
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Virgule-MagazineVirgule-Magazine   05 décembre 2018
l’Incantation du loup

Les lourds rameaux neigeux du mélèze et de l’aune.
Un grand silence. Un ciel étincelant d’hiver.
Le Roi du Hartz, assis sur ses jarrets de fer,
Regarde resplendir la lune large et jaune.
[…]
Tandis qu’éblouissant les horizons funèbres,
La lune, œil d’or glacé, luit dans le morne azur,
L’angoisse du vieux Loup étreint son cœur obscur,
Un âpre frisson court le long de ses vertèbres.

Sa louve blanche, aux yeux flambants, et les petits
Qu’elle abritait, la nuit, des poils chauds de son ventre,
Gisent, morts, égorgés par l’homme, au fond de l’antre.
Ceux, de tous les vivants, qu’il aimait, sont partis.
[…]
L’Homme, le massacreur antique des aïeux,

De ses enfants et de la royale femelle

Qui leur versait le lait ardent de sa mamelle,

Hante immuablement son rêve furieux.



Une braise rougit sa prunelle énergique ;

Et, redressant ses poils roides comme des clous,

Il évoque, en hurlant, l’âme des anciens loups

Qui dorment dans la lune éclatante et magique.
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Videos de Charles-Marie Leconte de Lisle (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles-Marie Leconte de Lisle
Leconte de LISLE – Pourquoi devint-il parnassien ? (Chaîne Nationale, 1953) Une conférence de Géraud Venzac, intitulée « Leconte de Lisle, témoin de l'échec religieux et politique du romantisme », prononcée le 6 juin 1952 à l’Institut Catholique de Paris, diffusée sur la Chaîne Nationale le mois suivant.
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