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EAN : 9782290253205
512 pages
J'ai lu (10/03/2021)
3.78/5   1957 notes
Résumé :
De retour de vacances, sur le parvis d’une gare, Édouard laisse derrière lui sa femme et sa valise. Un départ sans préméditation. Une vieille romancière anglaise en est le déclic, la forêt de Brocéliande le refuge.

Là, dans une chambre d’hôtes environnée d’arbres centenaires, encore hagard de son geste insensé, il va rencontrer Gaëlle la douce, son fils Gauvain, enfermé dans le silence d’un terrible secret, Raymond et ses mots anciens, Adèle, jeune fe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (243) Voir plus Ajouter une critique
3,78

sur 1957 notes
Un jour, on peut tout envoyer balader.

Sans préméditation, sans vraiment y réfléchir. Juste en croisant une vielle dame sur son chemin. J'ai toujours su que les veilles dames étaient un peu ensorceleuses …

C'est précisément ce que va faire Edouard, en plantant son épouse sur le quai d'une gare, il décide, sur un coup de tête, de prendre un bus qui va le mener vers Brocéliande.

Entre une vieille romancière, Agathe Christie de notre époque, un chat qui furette et qui connaît les petits secrets de chacun, une logeuse qui soigne les coeurs blessés et une mystérieuse jeune fille, Edouard va aller se perdre sur ces terres de légende pour tenter de mieux se retrouver.

Les livres, parfois, arrivent à point nommé, comme un ami qui frappe à la porte pour venir nous parler un peu de nous. Ce roman a pris des allures de compagnon, comme on chemine pour une balade enchantée sur des sentiers intimes.

Un livre qui fait du bien. Comme une belle bouffé d'oxygène, une vraie ! Comme ces choses simples qui finissent par nous glisser sous les yeux sans qu'on puisse vraiment les voir. Ce roman m'a donné envie, m'a rappelé de les regarder.

Agnès Ledig raconte les beaux sentiments, comme personne. Sans que ça dégouline, sans l'indigestion du trop sucré. Elle raconte les autres, ceux que l'on croise sur nos chemins et nous invite à les regarder un peu. Se mettre à la place. Être soi-même.

Je me suis assis, dans cette belle forêt et j'ai vécu quelques heures au gré des battements de coeur de ces personnages si vivants. Je me suis abrité du monde, là sous les branches anciennes et tellement vivantes d'une terre magicienne …

J'ai respiré la vie et je suis repartie de plus belle me frotter à la mienne. Un roman comme une pause salvatrice, un roman comme une introspection.
J'ai refermé ce livre et j'avais, encore plus fort, envie de faire confiance à l'existence.

Merci Agnès Ledig. Il y a des bribes de votre âme, entre ces pages. Merci pour ça.

Lien : https://labibliothequedejuju..
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Quel ennui ! Et pourtant ça démarrait bien avec ce quinqua qui quitte tout sur un coup de tête pour se réfugier en forêt de Brocéliande, aux côtés d'une vielle anglaise digne d'Agatha Christie.

Le début du récit a même des allures de roman de terroir : une ode à la nature, à la vie simple et aux gens « vrais ». C'est cliché mais mignon.

Le problème c'est que le style est d'une platitude assommante et qu'il ne se passe vraiment pas grand-chose.
Pour pimenter un peu son récit, l'auteur nous titille avec des secrets, des tas de secrets. Je n'ai jamais vu autant de gens avec autant de secrets. En plus il ne faut pas être devin pour comprendre de quoi il retourne !

Les personnages sont des stéréotypes ambulants, sans aucune nuance. La plupart restent à l'état de silhouette, la vieille anglaise disparaît même au milieu du roman tant elle ne sert à rien !

J'ai passé des pages, je me suis contentée de lire les dialogues dans les derniers chapitres pour en venir à bout.

Un jour il faudra vraiment que j'apprenne à abandonner un livre qui ne me plait pas...
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«Forêts, dans vos abris gardez mes voeux offerts!»

Le septième roman d'Agnès Ledig est une quête de vérité, de ce réel que l'on cache trop longtemps et qui a besoin d'un concours de circonstances exceptionnel pour qu'on ose se le dire enfin.

Dès les premières pages vous êtes pris par l'intrigue. Il faut dire qu'il y a de quoi. Imaginez un couple rentrant de vacances en Bretagne. Devant la gare de Vannes, ils prennent le temps de prendre un dernier verre lorsque Édouard, le mari, décide de venir en aide à une vieille dame lourdement chargée. Quelques minutes plus tard, Armelle, son épouse voit le car pour Rennes passer devant elle. «Un indéfinissable mélange de colère et de panique s'empara d'elle quand elle aperçut son mari assis sur un siège à côté de la vieille dame au chapeau.» On va découvrir par la suite que ce coup de tête était un mouvement salutaire, le déclencheur d'une remise en cause d'une vie qui ne lui convenait plus, entre routine, désamour et démotivation.
Mais n'anticipons pas. Aux côtés d'Édouard, une romancière britannique part retrouver la maison d'hôtes où tous les ans elle vient chercher calme et inspiration. C'est là, à l'orée de la forêt de Brocéliande qu'elle lui propose de séjourner. En fait, elle a une idée derrière la tête. Car Édouard pourrait bien être le personnage de son prochain livre. Car cet invité inattendu, elle le pressent, cache quelques secrets.

C'est du reste aussi le cas de la petite communauté qui vit là, à commencer par Gaëlle, la propriétaire des lieux qui tente de cicatriser ses blessures en offrant à ses hôtes toute son attention et sa bienveillance. Comme son fils Gauvain et comme la belle et rebelle Adèle qu'elle héberge aussi, elle trouve dans la forêt de Brocéliande de quoi se ressourcer, de quoi puiser une énergie nouvelle.
A cette photo de groupe, il ne faut pas oublier d'ajouter Raymond, le vieux sage qui a aussi traversé bien des épreuves et dont la philosophie de vie est source d'encouragement pour tous ces cabossés de la vie qu'observe Platon. le chat ne perd rien des allées et venues de chacun, intrigué et quelquefois amusé par les atermoiements des uns, les lubies des autres.
D'abord centré sur ses problèmes, «pris au piège d'un fonctionnement tacite accepté il y a bien longtemps», Édouard va peu à peu s'ouvrir aux autres, découvrir qu'il peut aussi aider ces personnes qu'il côtoie et dont les traumatismes ne sont pas moindres que les siens. La confiance s'installe et chacun accepte de partager ses secrets. La fuite face à un père violent pour Adèle, l'hypersensibilité pour Gauvain, la douloureuse solitude pour Gaëlle qui le pousse à lui faire cet aveu. Il a retrouvé la trace d'Élise, son amour de jeunesse: «Nous nous sommes quittés à dix-sept ans, nous en avons cinquante, l'histoire est incroyable.»
Agnès Ledig a cette faculté, roman après roman, de donner au fil des pages davantage d'épaisseur à ses personnages. Quand on imagine les avoir enfin cernés, on se rend compte d'une nouvelle faille ou au contraire d'une force jusque-là insoupçonnée. Comme le ferait un tailleur de diamant, elle briller les facettes les unes après les autres pour livrer un bijou aussi complexe que beau. Mais cette fois, elle y rajoute un ingrédient, la magie du lieu.
Brocéliande, cette forêt qu'elle a longuement étudiée avant de l'arpenter longuement avec l'aide d'un guide, tient en effet un rôle central dans cette thérapie de groupe. C'est du reste à Val-André que la romancière a écrit son roman, au plus près de cette forêt. Et quand la géographie se met au service de l'introspection, on en viendrait presque à ressentir les vibrations de ce territoire. Comme l'a si bien dit Chateaubriand, chez qui m'a offert le titre de cette chronique :
« Forêts, dans vos abris gardez mes voeux offerts!
A quel amant jamais serez-vous aussi chères?
D'autres vous rediront des amours étrangères;
Moi de vos charmes seuls j'entretiens les déserts. »

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Ecouté en audio, lecteur Pierre Rochefort.
C'est ce que l'on appelait naguère un roman « à l'eau de rose » transformé en globish « feel good story ». Je ne note pas car je savais avant de commencer que ce n'était pas un genre qui allait susciter des émotions chez moi. Mais j'avais quand même envie de savoir comment c'était fait. Chacun a le droit de se faire plaisir en lisant une histoire plaisante.
Les personnages sont presque tous aimables et animés de bonnes intentions. L'intrigue assez prévisible dans son dénouement et je pense que c'est le code du genre. Imaginons le désordre si cela finissait en bain de sang ! Pour la forme l'auteure use d'abondance d'adjectifs qualificatifs, adverbes et autres métaphores. Nous sommes bien loin d'une écriture dépouillée, il semble nécessaire de préciser chaque émotion, chaque pensée.
Je conseillerais aux amateurs de le lire « en vrai » car la diction de M. Rochefort, si elle est irréprochable dans son audibilité et son phrasé, accentue le pathos crée par la construction grammaticale assez lourde.
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C'est une autre Agnès Ledig que je découvre, elle a choisi la forêt de Brocéliande pour ce livre.
On l'avait connue à la campagne cette fois on la découvre à proximité de cette célèbre forêt, c'est avec beaucoup de poésie qu'elle en décrit les moindres recoins, les arbres, la mousse.
Avec elle, on ferme les yeux et on se promène pieds nus dans l'herbe touffue, mouillée de rosée.
Edouard quitte sa femme sur un coup de tête, il la plaque en gare de Vanne au moment de prendre le TGV pour suivre une vieille auteure anglaise qui le mène dans la demeure de Gaëlle, femme courageuse qui tient cette maison d'hôtes avec l'aide de son fils Gauvain et de la mystérieuse et jolie Adèle.
Des chapitres très courts, des descriptions très poétiques. Des passages mystérieux. Ces chapitres se mêlent, s'entremêlent et le lecteur se demande bien où il va, jusqu'où l'auteure va-t-elle le conduire ? On reste dans le flou.
Au cours de la lecture on se rend compte que les personnages sortent de l'ordinaire :
Edouard quitte sa femme du jour au lendemain sur un coup de tête non prémédité. L'a-t-il aimée un jour ? Il avait gardé au fond de sa mémoire un amour de jeunesse mais que vient-il faire dans cette histoire ?
Gaëlle c'est elle qui a la tête sur les épaules, enfin, peut-être !
Gauvin, bien étrange il reste dans un silence, il se révolte sur sa courroie, il parle en douce aux rochers, mais que peut-il cacher, lui si jeune ?
Cette écrivaine anglaise aussi paraît étrange, elle note, écrit, mais que cherche-t-elle ? Au cours du roman on se rend compte qu'elle n'est pas claire non plus.
Raymond, retraité très proche de la nature, semble connaître beaucoup de choses sur les uns et les autres mais n'en laisse rien transparaitre.
La plus mystérieuse reste Adèle.
Et puis n'oublions pas Elise, l'amour de jeunesse d'Edouard, un amour resté en veille !
Et quelle chute ! On ne s'attend pas à un tel revirement de situation ! si certains éléments de la fin se devinent rapidement, certains autres sont une vraie surprise.
C'est un Agnès Ledig bien différent de ceux que j'ai connus mais il présente un charme différent et surtout raconte plusieurs histoires parallèles chaque personnage est particulier et que dire de plus ? Je l'ai aimé alors mon conseil est : lisez-le !
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INCIPIT
Prologue
Platon s’approcha de l’arbre à pas de loup, grimpa le long du tronc couvert d’une mousse épaisse, ses griffes largement déployées pour atteindre l’écorce et s’y agripper. Deux énormes branches jumelles – qui, à deux mètres du sol, partaient à l’opposé l’une de l’autre – offraient à son corps gracile une zone plane et confortable. Il s’allongea et ferma les yeux. Le chat pouvait rester ainsi des heures sans bouger. À l’affût du moindre bruit, en sécurité, perché là-haut au bord d’une clairière calme.
Le temps s’écoulait, rythmé par l’agitation alentour et les nombreux chants d’oiseaux.
Le bruissement des feuilles répondait au murmure imperceptible des graminées qui dansaient dans le vent.
L’animal, enveloppé de verdure, se laissait bercer par le concert que la nature lui jouait, riche de milliers de solistes.
Platon ne céderait jamais sa place car il sentait qu’elle était sienne. Rien ne pouvait s’opposer à cette douce vérité.
Après sa sieste, il pandicula avec soin puis s’éloigna comme il était venu, vers sa maison de Doux Chemin, intrigué par cette sensation éprouvée durant son sommeil. Il se retourna juste avant de bifurquer vers le sentier qui menait au hameau, pour regarder le tilleul une dernière fois.
Rien ne serait plus comme avant.

Quai numéro 1
Édouard raccrocha, un sourire satisfait sur les lèvres.
Il observait sa femme apporter quelques corrections à son maquillage à l’aide de son miroir de poche. Longs cils, grands yeux noisette, pommettes hautes, lèvres pulpeuses, chevelure soyeuse. Son épouse était une très belle femme. Longtemps il avait ressenti cette fierté de voir les hommes se retourner sur son passage, lorsqu’il l’avait à son bras. Assis en terrasse sur le parvis de la gare de Vannes, ils terminaient leur verre. Leur TGV entrerait bientôt en gare pour les déposer à Paris. Ils reprenaient le travail deux jours plus tard. Armelle était heureuse de rentrer. Ce séjour dans le golfe du Morbihan avait eu beau être charmant, elle n’avait pas pu décrocher de ses mails professionnels dont elle était inondée au quotidien. Une négligence de deux semaines l’aurait condamnée à la noyade dès son retour. De quoi la rendre nerveuse durant toutes les vacances. Et puis, Armelle avait engagé un processus important avant leur départ. Elle était impatiente d’en constater les effets.
— Le notaire, annonça Édouard en rangeant le téléphone dans sa poche. La maison de ma mère est vendue.
— En voilà une bonne nouvelle ! Nous allons enfin pouvoir refaire la cuisine.
— Elle est encore fonctionnelle, non ?
— On voit bien que tu n’y passes pas beaucoup de temps !
Alors qu’il avalait en silence cette dernière remarque, Édouard aperçut une vieille dame, petite et menue, qui sortait de la gare. D’une main, elle tirait avec difficulté une lourde valise sur laquelle était calé un gros vanity-case. De l’autre, elle tenait un sac à main en cuir rouge. La femme portait un élégant chemisier à fleurs sur une jupe plissée, et sa chevelure blanche relevée en un chignon parfait était surmontée d’un chapeau en feutre de couleur crème orné d’une fine dentelle. De minuscules lunettes rondes menaçaient de s’échapper du bout de son nez. Un personnage d’Agatha Christie, se dit Édouard, jusque dans les moindres détails, hormis des baskets aux pieds qui la reliaient à la modernité au même titre qu’un éclairage LED dans une grotte du paléolithique. Elle s’immobilisa, leva la main pour se protéger du soleil et poussa un bruyant soupir en scrutant au loin les autobus en correspondance.
— Vous voulez de l’aide ? proposa Édouard en se levant.
— Well ! Voilà qui est fort aimable, cher monsieur, répondit-elle avec un fort accent anglais. Cette valise doit peser autant livres que moi.
— Fais vite, s’agaça Armelle, le train ne va pas tarder.
— Au pire je te rejoins sur le quai, dit Édouard en enfilant son sac à dos. C’est juste à côté.
— Tu ne veux pas me laisser ton sac ?
Il ne répondit pas.
Armelle les regarda s’éloigner sur le parvis en direction de la gare routière, de l’autre côté de la route. Son mari avait pris un peu d’embonpoint ces dernières années. Il était grand, pour le moment cela se voyait peu. L’âge et l’effet d’un certain relâchement alimentaire œuvraient. Si l’ensemble restait tonique, le ventre commençait à prendre ses aises. Armelle lui faisait régulièrement la remarque, elle qui entretenait son corps à l’équerre comme une haie de thuyas. Il lui renvoyait toujours un « à quoi bon ? » blessant.
Après tout, c’est son problème, pensa-t-elle sans état d’âme.
Édouard portait le gros vanity-case d’une main et tirait la valise dont les roulettes martelaient le pavé tel un roulement de tambour sur le chemin du condamné vers l’échafaud. L’idée lui glaça le sang. Pourquoi cette image alors qu’il n’avait aucune raison de ressentir la situation comme telle? La vieille dame suivait en trottinant derrière lui, sans se laisser distancer. Ils disparurent derrière le premier bus de la rangée.
Armelle ferma son miroir d’un geste lent. Saisir un verre, ouvrir son agenda, écrire un message sur son téléphone, chaque mouvement de ses doigts fins toujours parés d’un vernis rouge était gracieux. Elle rassembla ses affaires, sortit son porte-monnaie pour régler les consommations. Le train serait bientôt en gare et Édouard ne revenait pas. Elle hésitait à l’appeler pour lui préciser l’horaire de départ. Il le connaissait. Elle se fit violence pour ranger son téléphone dans son sac et pesta contre l’irresponsabilité de son mari.
Debout, chargée de bagages, elle vit le troisième bus s’engager sur la route à destination de Rennes et passer à sa hauteur. Son regard s’attarda sur les occupants. Un indéfinissable mélange de colère et de panique s’empara d’elle quand elle aperçut son mari assis sur un siège à côté de la vieille dame au chapeau.
Édouard la regarda à peine avant de tourner la tête. Cette lâcheté légendaire qu’elle lui avait toujours prêtée, sans pour autant l’imaginer capable d’un tel acte.
L’autocar venait de disparaître au bout de la rue quand un haut-parleur annonça l’arrivée imminente du TGV pour Paris.
Quai numéro 1.
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Édouard raccrocha, un sourire satisfait sur les lèvres.
Il observait sa femme apporter quelques corrections à son maquillage à l’aide de son miroir de poche. Longs cils, grands yeux noisette, pommettes hautes, lèvres pulpeuses, chevelure soyeuse. Son épouse était une très belle femme. Longtemps il avait ressenti cette fierté de voir les hommes se retourner sur son passage, lorsqu’il l’avait à son bras. Assis en terrasse sur le parvis de la gare de Vannes, ils terminaient leur verre. Leur TGV entrerait bientôt en gare pour les déposer à Paris. Ils reprenaient le travail deux jours plus tard. Armelle était heureuse de rentrer. Ce séjour dans le golfe du Morbihan avait eu beau être charmant, elle n’avait pas pu décrocher de ses mails professionnels dont elle était inondée au quotidien. Une négligence de deux semaines l’aurait condamnée à la noyade dès son retour. De quoi la rendre nerveuse durant toutes les vacances. Et puis, Armelle avait engagé un processus important avant leur départ. Elle était impatiente d’en constater les effets.
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Lui revint la description que Gaëlle avait fait de son fils, et qui le replongea au creux de sa propre enfance. L’hypersensibilité dont il avait souffert, sur laquelle il n’avait jamais posé de mots. Il avait dû appartenir à cette catégorie d’enfants différents qu‘on appelait aujourd’hui précoces, ou dys-quelque chose. Quarante ans plus tôt, ce genre de dépistage n‘était pas monnaie courante. Le comportement de cet adolescent le renvoyait à sa propre réalité – il en fut consolé. Sa différence, ressentie depuis toujours, ne lui apparaissait plus comme une faiblesse mais comme un fait dont il s’était accommodé. p. 272
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Que veux-tu ? Avec qui ? Pourquoi ? Comment ? Pose-toi ces questions mille fois et agis. Tu as plus de printemps derrière toi que devant. Il est temps. Le passé est révolu. Le présent est ici. Tu y joues un rôle, ton rôle. L'avenir s'imposera. Attends.
La liberté est l'oxygène de certains amours. Elle en a besoin, toi aussi, tu le sais. Tu respires mieux depuis que tu es ici; Et il n'y est pas question de feuilles ou de béton. Tu es un affranchi. Un affranchi du couple. L'idée te convient, elle convient à Elise. Certains canapés ont des messages subliminaux à délivrer.
Rien n'empêche de s'aimer. Surtout pas cette liberté-là. Vivre seul à deux donne envie de partager plus fort les moments plus rares.
Tu as l'âge où tout bouge, tout se remet en question, tu as lâché quelques certitudes, compris quelques règles simples, imaginé assez de scénarios pour savoir celui qui te convient.
réfléchis et à la fois arrête de réfléchir. Vis.

Il rentra.
Serein.
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Elise.
Il y pensait le matin, le soir, dans tous les moments où de belles choses se présentaient à lui et qu'il avait envie de partager. Elle était l'incarnation du beau dans ce monde plutôt laid.
Elle était une nuit de pleine lune quand on a peur du noir.
Elle était le rayon de soleil sur le feuilles d'automne.
Elle était la première fleur du printemps.
Elle était la campagne enneigée à l'aube.
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Videos de Agnès Ledig (50) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Agnès Ledig
Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/agnes-ledig-un-abri-de-fortune-53745.html Entrer dans un livre d'Agnès Ledig, c'est se couper du monde, retrouver l'essentiel, s'interroger sur son propre parcours, imaginer une autre façon de vivre le quotidien. Depuis son premier roman « Marie D en haut » en 2011, suivi de « Juste avant le bonheur », Agnès Ledig est devenue une auteure majeure, fédérant autour d'elle un public fidèle, sensible à ses histoires contemporaines et à son écriture belle et fluide. Pour son 10ème roman, « Un abri de fortune », elle nous entraine dans les Vosges, là où elle-même s'est installée avec sa famille il y a quelques temps. Là, dans cette nature intacte, Capucine et Adrien, ont reconstruit leurs vies, eux que le destin avait confronté au pire. Nous les avions déjà croisé dans le précédent titre d'Agnès Ledig, « La petite reine » mais précisons-le, ce nouveau roman n'est pas une suite. Ensemble, Capucine et Adrien ont retapé une ancienne ferme, et tout en assurant le travail des champs et l'entretien des bêtes, ils ont fait le choix d'accueillir chez eux des personnes en reconstruction. Tout cela sous le regard de Jean, 90 ans, qui a toujours vécu ici et qui, assis chaque jour sur son banc, assiste avec discrétion aux allers et venues des uns et des autres. Et voilà Clémence, Rémi et Karine. Ils ne se connaissent pas. Tous les trois sont un peu paumés, ont été brinquebalés par la vie, tentent de masquer les maux qui les taraudent et se retrouvent ainsi dans cette ferme isolée des Vosges pour essayer de redonner un sens à leur existence. Chacun garde jalousement le secret qui le tenaille jusqu'au jour où un secret encore plus grand va leur permettre de déverrouiller leur mal-être. Avec sa plume douce, délicate et sensible, Agnès Ledig parvient une fois encore à nous toucher au coeur. Au-delà de cette belle histoire de résilience et d'entraide, dans laquelle des thèmes forts et douloureux sont abordés, elle nous rappelle aussi combien la nature, les gestes simples, l'écoute des autres peuvent nous aider à apaiser nos émotions excessives et nos idées noires. Une leçon de vie et d'espoir que chacun pourra interpréter à sa façon. « Un abri de fortune » d'Agnès Ledig est publié chez Albin Michel
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