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ISBN : 2070367169
Éditeur : Gallimard (09/05/2000)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Sous la lucarne de sa chambre, une vieille fille calcule. Elle répartit sur huit jours six pommes de terre, un peu de café, quelques morceaux de sucre. Elle a faim. Pour tromper sa faim, elle se promène dans son quartier. Des souvenirs la traversent, venus de son enfance provinciale dans une famille bourgeoise. Elle était toujours dans la lune et, depuis la mort de ses parents, elle a, en quarante années de solitude et de sauvagerie, dissipé sans joie son héritage d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Macabea
  05 mai 2017
Ce livre ne m'est pas tombé des mains....il arrache à l'ombre tant de richesses'...comme écrivait Simone de Beauvoir dans la préface à La Bâtarde. Un récit envoûtant, plein de tendresse et de pudeur. Très féminin. La femme au petit renard fait penser à Giulietta Masina... elle enveloppe du regard les balançoires, court vers l' escalier du métro, sort une clé de sa poche, désoeuvrée, déclame des programmes de bonheurs jamais atteints, se souvient, rêve, pense à ses morts, a envie de mourir, se rétablit, se raccroche à son sac à main, un petit pain au chocolat la nargue depuis hier, le fracas du métro aérien, le monde est lourd à porter, elle le porte, parle à des objets, des meubles, des choses, le châle, le buffet, le chapeau cabossé, le paillasson, l'annuaire, les passerelles, les marchepieds, une péniche, un trottoir, une bâche, la guérite de la vendeuse de billets de loterie, un demi morceau de sucre au bout d'une ficelle, le flic-flac de ses chaussures trop grandes, la litanie des publicités, un marronier la meurtrit, l'émoi des lumières reflétées dans la Seine, ses va-et-vient dans Paris à pied, le quai de la station Strasbourg-Saint-Denis, la concierge, le marchand des quatre-saisons, la cour du Louvre, M.Dumont-Boigny, le grondement d'un train lancé...son petit renard aux yeux ronds de boutons de bottines nous fend le coeur....'j'ai faim mais je peux attendre, lui dit-elle'...de quoi avons-nous faim? la vie oh la vie, ce n'est pas grand-chose, mais c'est énorme dans la langue inspirée, transpirée et inspirante, étincelante de Violette Leduc: une coulée de poésie. On en sort ravigoté. On lui doit encore ça...
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Corboland78
  13 septembre 2016
Violette Leduc (1907-1972) est une romancière française. Fille illégitime de Berthe Leduc et d'André Debaralle, un fils de famille de la haute bourgeoisie de Valenciennes qui refuse de reconnaître l'enfant, elle est marquée par la honte de sa naissance. Une vie difficile et scandaleuse pour l'époque, des liaisons homosexuelles, un court mariage ou des amours masculines sans retour car ce sont eux-mêmes des homosexuels, un avortement où elle manque mourir. En 1939, elle est secrétaire pour la Nouvelle Revue Critique, en 1942 elle commence à écrire des souvenirs d'enfance. En 1945, présentée à Simone de Beauvoir elle en tombe amoureuse et la compagne de Sartre qui reconnait immédiatement son talent, la soutiendra toute sa vie. En 1964 elle frôle le Goncourt pour son roman La Bâtarde, une fiction autobiographique. Violette Leduc a fait de sa vie la matière principale de ses livres, ce qui en fait une des pionnières de l'autofiction. La Femme au petit renard, paru initialement en 1965, vient d'être réédité.
D'« Elle », l'héroïne du roman, nous ne saurons rien, pas même son nom, si ce n'est qu'elle habite à Paris une chambre sous les toits, près des bonnes et du robinet d'eau qui goutte sur le palier, dans la musique du métro aérien. Elle vit dans la misère, transparente aux yeux du monde, la faim au ventre, « Elle est une ombre qui aboie tellement elle a faim. » Ses journées ne sont qu'errance dans la ville et le métro où la présence des voyageurs la réchauffe. Elle croise des passants, épie des artisans de métiers anciens, regardent les vendeuses dans les boutiques…
Attention, roman complexe à lire. Les trois premiers quarts du livre ressemblent au délire d'une femme à bout de force, épuisée par la faim. Les phrases sont très courtes, crachées sur le papier mais on pourrait assimiler cette littérature à de la poésie en prose car ce texte presqu'incompréhensible découvre/révèle des images, des sensations. Disons-le tout net, soit le bouquin va vous tomber des mains immédiatement, soit il va déclencher en vous une douce mélancolie, une errance de l'esprit, une curiosité vous poussant à comprendre de quoi il retourne et comment tout cela peut se terminer. Avant de vous lancer dans cette lecture, je vous conseille donc d'ouvrir le roman chez votre libraire et d'en feuilleter une page ou deux, prises au hasard, pour comprendre dans quoi vous risquez de vous engager…
Le dernier quart de l'ouvrage change de ton (un peu) et le lecteur se retrouve en terrain presque balisé. « Elle » hésite à vendre son renard, cet accessoire vestimentaire d'autrefois, qui tient une place importante pour elle, psychologiquement parlant et finalement, se résoudra à accepter la charité de pièces de monnaie qu'on acquiert en acceptant de tendre la main.
Roman difficile à lire dans la forme choisie pour l'écrire par Violette Leduc. Mais j'avoue que s'il n'était si court, je l'aurais abandonné très vite. Si vous voulez découvrir cet écrivain, je conseillerais plutôt un autre ouvrage, comme par exemple La Vieille fille et le mort.
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Allaroundthecorner
  17 octobre 2016
On tombe dès le début dans une espèce de divagations de l'auteure où on suit cette femme "Elle", celle qui n'a pas de prénom et qui est perdue au milieu de brouhaha parisien. Durant les 80 premières pages, soit plus de la moitié, on nous livre un récit décousu, où on nous parle de ses vagabondages dans Paris, mais surtout de sa faim, de cette faim qui lui tord l'estomac, celle qui la rend faible. On peut donc penser que ce "délire" textuel provient de cette faim que ressent l'auteure - oui je rappelle que cette histoire comme toutes ses histoires sont fortement inspiré de sa vie et que durant plusieurs années, notamment durant la Seconde Guerre mondiale, Violette Leduc a vécu dans la misère, elle a d'ailleurs acheté et vendu bon nombre de choses au marché noir, mais aussi au Mont-de-piété dont la narratrice fait référence dans le livre.
Cette histoire est vraiment décousue au point que l'on a parfois du mal à suivre, l'on s'interroge sur le but de l'auteure, ce qu'elle veut nous faire comprendre. S'ajoute à ça tout un délire sur un renard (un accessoire de mode hein, pas un vrai renard !) qu'elle trouve dans une poubelle alors qu'elle était à la recherche d'une orange. L'objet va devenir très important pour elle, elle va s'afficher avec, mais aussi le cacher, par peur qu'on lui vole sans doute.
Personnellement, j'ai compris la chose, son affection pour ce renard comme une métaphore de cet enfant qu'elle n'a jamais eu. Oui, je ne l'ai pas dit mais Violette Leduc a failli mourir à cause d'un avortement réalisé lors de son cinquième mois de grossesse. Je rappelle que l'avortement était alors interdit en France à cette époque et qu'il était très dangereux de pratiquer ce genre d'opération, évidemment. C'est un évènement de sa vie qui l'a profondément marquée et dont elle a souvent parlé dans ses écrits.
Peut-être que je suis complètement à côté de la plaque, mais j'ai assimilé ce renard dont elle nous parle comme une allégorie de cet être qu'elle n'a pas eu, qu'elle a refusé d'avoir, mais qu'elle a peut-être chérie, je ne sais pas.
Si quelqu'un a un meilleur avis à me fournir ça m'intéresserait énormément parce que pour le coup, je ne sais pas trop quoi en penser.
Avec La femme au petit renard, j'ai retrouvé le style très agréable de Violette Leduc, ses phrases courtes, ses pérégrinations poétiques au travers d'un Paris extrêmement bien détaillé entre le métro aérien, le boulevard de la Villette, ses boulangeries, son atmosphère aussi. J'ai beaucoup aimé et j'ai eu beaucoup de plaisir à la lire dans une autre oeuvre, mais j'ai aussi eu un peu de mal au début, j'ai trouvé le récit un peu trop décousu, que l'on partait un peu dans tous les sens sans qu'il y ait de réels rapports entre toutes les informations données et, c'est dommage.
Mon avis est en intégralité sur le blog :
Lien : http://allaroundthecorner.bl..
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5Arabella
  05 août 2016
Une femme plus toute jeune, sans ressources, seule dans une petite chambre. Un concentré de solitude. La moindre mouvement qui devient un événement. Et Paris parcouru à pied, pour tuer le temps. Un imaginaire débridé, toute chose entrevue devient objet d'imagination. Pas de récit, pas de début ni fin véritable, une sorte de monologue intérieur, au-delà de la logique, pas très loin de la folie.
Un petit livre dérangeant et étrange, pas très facile à classer et pas très confortable à lire.
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Marpesse
  01 juin 2014
Une femme a faim, elle se donne des coups de poings dans l'estomac, elle erre dans Paris pour oublier cette faim. Dit comme ça, ça ne donne pas envie et pourtant, dans le style de Violette, c'est beau et c'est tout sauf "cucul". Prose poétique et pas ennuyeuse, surgissement des images et des formules...
Un jour, alors qu'elle s'en va fouiller les poubelles pour trouver un quartier d'orange pourrie (elle a faim d'une orange!), elle trouve au fond d'une caisse un "petit renard", une fourrure. C'est son bien ! Elle l'exhibe puis le cache, de peur qu'on lui reprenne. Elle le regarde la nuit, à la lueur d'une allumette, dans sa caisse, jusqu'au moment où elle sait qu'elle va devoir s'en séparer, le vendre pour avoir de l'argent. Elle lui jure que son Judas le rachètera quand il sera riche... Elle fait des serments d'amour à son "petit renard".
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Corboland78Corboland78   13 septembre 2016
Combien dans une demi-livre de café ? Les grains qu’elle prenait par poignées, dans le paquet, tombaient un à un dans le saladier. Elle comptait, sa main tremblait à cause de son souci d’économie. Elle frissonna, ses jambes se dérobèrent. Trop d’efforts pour une sous-alimentée. Périr après avoir dépéri. Elle se nourrissait de sa salive, elle domptait sa faim, sa tête s’étalait sur son épaule, ses pieds étaient des crachats. Ses yeux se fermaient entre les battements des tempes, les pulsations dans ses oreilles l’exténuaient, elle se rendait. Non. La nuit en elle la reposait, c’était un pardon qu’elle n’avait pas demandé.
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   19 septembre 2016
C’est tarte les souvenirs, ce sont des bandelettes, ils vous momifient. Quel est l’instant qui n’est pas déjà du souvenir ?
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julienleclerc45julienleclerc45   06 novembre 2016
Le mangeur de glaçons, comme elle, s’asseyait et s’installait sur le même banc, à sa gauche; loin d’elle et loin du portillon. D’abord, il vivotait les bras croisés. Vivoter ressemblait à un devoir. Il ne voyait rien devant lui puisqu’il ne réagissait pas si deux voyageurs excédés en venaient aux mains, si une femme criait. C’est peut-être un homme-sandwich qui a gagné sa journée. Son pardessus gris fer prend le chemin des pardessus des comptables en haillons réunis une nuit sur le boulevard, entre Le Dôme et La Coupole. Après avoir vivoté, il se perdait dans la chevelure en coup de vent, la joue dévorée par la publicité.
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   19 septembre 2016
Hurler qu’elle ne peut pas recommencer sa vie ne servirait à rien. La jeune fille à l’intérieur du pressing ne lève pas la tête : elle enferme des cadavres dans des machines, elle transforme des morts flasques avec son fer à repasser.
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   20 septembre 2016
Folie + folie = folie. En voulant vivre, elle précipite sa fin. Cette lumière, soudain, qui prophétise la lumière… Quelqu’un braque le réflecteur du bonheur dans sa chambre. Le bonheur. Il a fallu qu’elle vieillisse pour y songer à l’improviste sans avoir appris, sans avoir compris ce que c’est.
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Sortie du film "Violette Leduc" avec Emmanuelle Devors et Sandrine Kiberlain (2015).
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