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EAN : 9782070712175
196 pages
Éditeur : Gallimard (14/01/1988)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 22 notes)
Résumé :
L'asphyxie, c'est l'atmosphère dans laquelle grandit la Bâtarde. Sa mère ne lui donne jamais la main.
Bien au contraire. Elle lui fait porter le poids d'une faute qu'elle n'a pu accepter. Quant à son regard sur sa fille, c'est à peine un regard : c'est dur et bleu.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
ATOS
  12 novembre 2013
Premier Livre. Pas un roman. Un acte de survie.
C'est une écriture qui se met à germer dans une terre ravagée, piétinée.
Un miracle que ces mots là aient pu sortir et venir jusqu'à nous.
Un vrai miracle. A quoi sont dus les miracles?
A une grand mère, à un chausson aux pommes, à un flacon d'anisette, où à cette l'envie toute naturelle qui nous vient de vivre?
Il n'y a pas vraiment de chronologie, c'est vrai. Tout est juste. Parce qu'un enfant retient, retient beaucoup, regarde tout, écoute, et comprend.
Mais un enfant ne classe pas sur la ligne de temps, l'enfant accroche ses souvenirs à la ligne de son coeur.
L'asphyxie c'est beaucoup de visages, beaucoup de vies, beaucoup de souffles. Des bruits, des cris, des coups, des larmes, du venin, un étouffoir d'enfance, une blessure et puis c'est un parfum d'orange, une musique de rue, un tablier, un cornet de frites, une poupée brisée, de la corde d'espadrille, et toute cette nuit accrochée à une fenêtre.
Tout est là. L'écriture est là. Les images, ce rythme très particulier qui gifle et caresse les pages. Elle a tout semé dans ce premier livre. Sa semence. Un jais, son style.
Tout ce qu'elle ne cessera jamais d'écrire : ce mal d'aimer.
« il n'est pas bon d'être aimé, si jeune, si tôt. […] Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. » écrivait Romain Gary dans la Promesse de l'aube.
Mais une promesse, c'est déjà ça. Ce n'est pas un serment, juste un sentiment. Ça fait rêver, ça apaise, ça fait patienter, ça fait espérer.
« c'était une mère irréprochable», sans doute.
Que peut on reprocher à qui ne formule aucune promesse? Qui n'a aucune parole à donner ne désirera tenir aucune main.
Violette Leduc se donnait, et nous donnait, là une très belle promesse, une promesse qu'elle aura su tenir jusqu'au bout de son écrit.

Astrid Shriqui Garain
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Allaroundthecorner
  24 juin 2019
J'avais déjà été assez étonnée lors de ma lecture de la vieille fille et le mort. Je ne le qualifie pas forcément comme un roman, mais peut-être plus comme un semblant de tranche de vie.
Ici, c'est un peu la même chose. Je trouve en fait assez grossier de qualifier cette oeuvre de roman, c'est plus que ça, c'est une sorte de déclaration, un mal-être jeté à la face du monde.

Ce livre représente les prémisses, l'enfance de l'auteure, son sentiment de rejet. Ce rejet qui transparaît dès la première phrase. Phrase marquante, extrêmement dure de par sa simplicité : "Ma mère ne m'a jamais donné la main..."
Avec L'asphyxie, on en apprend un peu plus sur cette femme qui se sentait sûrement honteuse d'être une bâtarde, une enfant qui, dès l'enfance a compris que sa mère n'était autre qu'une étrangère. Une femme tantôt méchante, tantôt absente. Une femme qui n'a que faire d'une petite fille sans père.
Si la figure de la mère en prend pour son grade (jusque dans une certaine mesure, j'ai personnellement trouvé qu'elle admirait la mère dans un certain sens), celle de la grand-mère se trouve être rehaussée, presque fantasmée tellement cette vieille femme représente l'enfance en tant que telle pour la jeune fille.
On trouve le besoin d'aimer, d'être acceptée, d'être heureuse. Mais ce besoin se confronte forcément avec le mal d'aimer, cette difficulté, non, cette impossibilité même. La fillette n'aura donc jamais droit au bonheur après le décès de sa grand-mère ?

Mon avis en intégralité :

Lien : http://allaroundthecorner.bl..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
juliedubjuliedub   22 décembre 2012
L'été, un rempart d'ombrelles fleurissait le long du mur. Par temps maussade, les fleurs posées sur des échasses, s'inclinaient avec condescendance sur les vieilles croix qui tombaient de traviole sur la terre... On frôlait le mur, on levait les bras et ces parasols en guipure vous distrayaient le creux de la main... La nuit, on ne fermait pas la barrière. On pouvait l'enjamber aisément. On ne fermait pas la porte de l'église qui présidait à ce laisser-aller. Elle ressemblait à une longue maison qui va en s'enfonçant. On en voit de semblables dans les paysages inondés.
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juliedubjuliedub   22 décembre 2012
Je pense que les gens ne respectent pas la nuit. Ils la laissent dehors. Ils fichent le camp dans le sommeil.
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cinefil78cinefil78   21 août 2019
Ma mère ne m'a jamais donné la main... Elle m'aidait à monter, descendre les trottoirs en pinçant mon vêtement à l'endroit où l'emmanchure est facilement saisissable. Cela m'humiliait. Je me croyais dans la carcasse d'un vieux cheval qu'un charretier tirerait par l'oreille...
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MacabeaMacabea   02 juillet 2017
Elle m'envoya un gentil signe avec sa main . Je ne le rendais pas. J'étais coincée par le remords que son ignorance déclenchait. Son signe devenait aussi benêt que celui des petits paysans qui saluent un grand train qui "trace" dans la campagne... Je ne m'élançai pas. J'appartenais à ce ciel complice à ces nuages renfrognés , à la façade de notre maison qui recevait une lumière de circonstance, à ce cerisier que le vent agaçait... J'appartenais à ce que j'avais perdu.
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jmleglisejmleglise   30 juillet 2016
Derrière moi, on pleurait, on sanglotait, on prononçait des mots informes. c'était un chagrin bruyant, épais. Il charriait la substance même de l'être qui le subissait. Il charriait la révolte, la colère, l'échec, le regret. Je n'osais pas me retourner vers lui [...] J'avais honte de ma mère.
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Videos de Violette Leduc (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Violette Leduc
"Il m?arrive d?être trois jours seule sans dire un mot à quelqu?un, c?est tout de même dur et quelque fois on perd pied" avouait Violette Leduc en 1965. Deux ans plus tard, Jean Renoir affirmait qu'"un des inconvénients de notre époque, c?est la solitude." Alors que Jean Cocteau estimait, lui, "que la vraie solitude est au milieu de beaucoup de monde".
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