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Critique de Nadael


Nadael
  23 janvier 2019
Risha ne parle pas. Ses mots ne sortent pas. Ils restent blottis à l'intérieur, près de son coeur, immense. Personne ne peut l'entendre, mais Risha, elle, écoute tout ce qui se passe autour. Et les rires et les blagues d'avant ont été remplacés par les Bipbiiiip et les ClingCling, les cris et le vacarme, les bruits des voitures et la colère des gens… le monde clame sa rumeur et la société s'individualise. Même le soir, quand la petite fille muette rentre chez elle, ce qu'elle voit l'attriste : son père sa mère son frère sont là, mais leurs yeux sont rivés sur des écrans ; télévision, tablette, portable… Chacun est dans sa bulle. Échanges, communications, transmissions, circulations d'idées ; tout a disparu dans cette maison, devenue elle aussi, muette.

Alors Risha s'évade dans l'imaginaire. Son écran à elle, c'est le ciel. Elle s'allonge dans l'herbe et fait tournoyer ses doigts dans l'azur, dessine des formes et des visages, qu'elle anime. Risha invente des histoires. Et là, elle se sent heureuse.

Un soir à la maison, c'est le black-out. Un violent orage entraîne une coupure d'électricité. La famille est plongée dans le noir. Son père, sa mère, son frère, tous enragent.

On allume une bougie. Risha fait danser ses mains autour de la flamme vacillante. de l'ombre portée jaillissent des papillons de toutes les couleurs… bientôt la main de sa maman surgit elle aussi, puis les doigts de son papa et voilà ceux du grand frère… Ensemble, ils jouent. Ensemble ils partagent un moment doux et harmonieux.

Une petite fille sensible, un monde bruyant, des écrans qui enferment. le pouvoir de l'imaginaire qui démolit les murs et laisse s'envoler les mots comme des papillons. Un très bel album.
Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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