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ISBN : 1090175132
Éditeur : Serge Safran éditeur (03/10/2013)

Note moyenne : 4/5 (sur 8 notes)
Résumé :
.Mystérieusement disparu, le vieux journal intime de Changki refait surface le jour où ce dernier est appelé au chevet de son cousin. Lui est devenu écrivain, l’autre pas, au prix, pour chacun, de cruelles déconvenues… Entre un petit frère autiste et des parents absents, une jeune femme est prise comme dans un étau… Expulsé de son foyer conjugal, Seon-ho se réfugie chez une ancienne amie elle-même en exil…

Les personnages de Lee Seung-U vivent tous de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
rabanne
  05 février 2018
Voilà un joli recueil de nouvelles d'un écrivain coréen, réputé dans son pays et très apprécié également au Japon.
Il s'agit de huit histoires, extrêmement intimistes, d'hommes et de femmes dont la vie est loin d'être un long fleuve tranquille ! Bon, ce n'est certes pas très rigolo, sans être non plus constamment tragique, même si je vous recommande d'être le mieux disposé possible pour ce genre de lecture.
Une plume fluide et envoûtante, introspective et ciselée, qui parle d'identité, de destinée, d'abandon, d'exil, de culpabilité, de misère affective, d'espoir et de contradictions.
Un panel de trajectoires de vie, multiples, à l'image de la complexité des sentiments humains. Mais j'aurais aimé voir un peu plus de chemins de résilience que de résignation, ou d'obstination, qui frisent parfois l'absurde...
NB : Quand un inconnu vous offre des fleurs..... (les 80's, euh vous voyez de quelle pub je veux parler ?! ;-p). Eh bien aussi, quand un ami vous envoie deux livres (dont le Vieux Journal) comme surprise pour votre anniversaire, comme ça, tout généreusement, on n'est pas loin de "l'effet Impulse" !! (rires)... C'est que ch'uis une grande sensible, moi, donc MERCI encore à celui qui se reconnaîtra à travers cette petite dédicace ! :-)
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le_Bison
  31 octobre 2013
« le Vieux Journal » n'est pas un roman, mais un recueil de nouvelles qui s'assemblent les unes dans les autres pour construire l'histoire de l'âme humaine. Un point de départ – licenciement, rupture, deuil – et à l'arrivée un tunnel sans fond qui s'enfonce dans le noir, point de lumière qui t'attend à l'autre bout. Il te faut avancer encore plus et sombrer dans l'obscurité pour comprendre la trajectoire de cette vie. Loin d'être rectiligne, elle déviera de son point initial pour rencontrer des situations absurdes, rocambolesques ou simplement tragiques. Mais ce n'est que par ses détours que l'âme humaine se forgera un caractère.
" Chaque jour qui passe nous ôte un peu de notre vie. Il nous faut céder cette part pour rester vivants. C'est comme ça. Quand on n'a plus rien à céder, la vie s'arrête. "
Tantôt il se passera quelque chose, tantôt rien. Telle en va la vie. Ce n'est pas la vie rêvée des plantes ni même celle des hommes. Simplement, ta vie. En Corée ou ailleurs. L'âme se passe de frontières, l'amour aussi, tout comme le désespoir, la mélancolie, la tristesse… les sentiments humains.
J'adore lire ces chroniques d'une vie, romancée ou imaginaire. Justement parce qu'une vie est faite de petits bouts de chemins détournés et que ce long parcours dresse le portrait d'un homme.
[...]
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chocobogirl
  06 novembre 2013
Après le très beau roman La vie rêvée des plantes, les Éditions Serge Safran nous font découvrir tout le talent de nouvelliste de son auteur Lee Seung-U. Dans le vieux Journal, nous découvrons 8 nouvelles qui nous plonge au coeur de l'homme, avec ses lâchetés, ses interrogations, ses sensibilités.
Le vieux journal :
Kyu est à ‘hôpital, en train de mourir du cancer. Sa femme appelle un cousin perdu de vue à son chevet. Ce dernier écrivait autrefois, dans un journal que Kyu avait fini par voler. Désormais, Changki publie dans des revues littéraires, des romans. Mais toujours reste en son coeur un sentiment de culpabilité, d'avoir volé en quelque sorte la vie que son cousin devait avoir. La vie de romancier qu'il aurait du avoir, lui l'amateur de poésie, membre du club de littérature. Jalousie, mauvaise conscience, culpabilité, fuite : la mort n'efface t'elle pas toutes les rancoeurs ?
Tantôt il se passe des choses, tantôt rien :
Sangkyu est un garçon autiste. Les parents se désintéressent de lui et seul sa soeur se préoccupe de son bien-être. La souffrance de son frère la torture tandis que son nouveau petit ami la prie au contraire de vivre sa vie et de ne plus s'obliger à porter cette responsabilité. Quand Sangkyu réclame de retourner à l'institut qui l'a déjà accueilli, sa soeur refuse de l'entendre. La culpabilité, le remord l'enferme dans ses certitudes.
Chez l'autre :
Un homme est mis à la porte de son domicile conjugal par son beau-père. Reprenant contact un peu par hasard avec une ancienne amante, il est hébergé chez cette dernière qui part en voyage. Les jours passent et il fait connaissance avec un vieux voisin qu'il accompagne en promenade. Peu à peu, l'exclu se raconte tandis que se dessine le portrait de l'absente.
Le lecteur :
Un homme sans emploi à la charge de sa femme se voit dépêcher en urgence par cette dernière au poste d'un employé absent. Son rôle : faire la lecture à un vieux monsieur silencieux. Qui est-il ? Pourquoi ne parle-t'il pas ? Qu'attend-t'il ? Une relation silencieuse se crée entre les deux hommes. L'un parle, raconte sa vie tandis que l'autre écoute. Mais bientôt, la situation se retournera.
Porté disparu :
Un accident de train porte à la lumière des médias l'image d'une veuve éplorée. le narrateur reconnaît ses anciens voisins à qui il avait prêté de l'argent lors d'une mauvaise passe. de l'argent qu'il n'a jamais revu depuis la disparition de ses derniers, criblés de dettes. le passé ressurgit et ravive la culpabilité d'avoir vendu un de leurs terrains laissés en gage. Partant à la recherche de la veuve, c'est le mari présumé mort qui croisera son chemin. L'occasion de faire enfin le jour sur leur malheureux parcours.
La chambre :
Un romancier se retrouve en pleine séparation avec sa femme, à cause de la vieille tante un peu folle qu'il héberge. Partie aux États-Unis avec leur fils, elle l'oblige à vendre leur appartement à la mort de l'aïeule, pour se faire entretenir. Alors que le logement reste inhabité, l'écrivain continue d'en occuper une des pièces pour son travail d'écriture.
Du côté de Jongnamjin :
Un homme séparé depuis 3 ans de sa petite amie reçoit tout à coup un coup de fil de cette dernière. Elle lui rappelle un lieu qu'elle souhaitait visiter et l'invite à l'accompagner à Creve-Coeur dans le village de Jongnamjin. Il refuse et se rappelle leur relation. Il ignore encore qu'il va déclencher un drame. Les regrets ne sont pas loin.
Du côté de Jongnamjin 2 ou l'enterrement dans le vent :
Un enfant abandonné par son père, parti avec une autre femme, puis par sa mère qui quitta son pays natal, revient dans le village qui l'a vu grandir. Plein de rancoeur et d'incompréhension, il obéit à sa mère récemment décédé et revient sur les traces de son père pour l'enterrer à ses côtés. Qui étaient-ils ? Pourquoi ce souhait de reposer aux côtés d'un homme qui l'a blessé ? Un retour aux origines et à Crève-coeur poignant.
Le nouvelliste puise avec talent dans le quotidien des hommes pour trouver la substance de ses histoires. Des hommes souvent malchanceux, désabusés, fatalistes qui sont le jouet du destin. L'auteur brosse des personnages souvent lâches ou coupables. Leur résignation n'efface pas toute la lucidité qu'ils ont sur leur propre parcours, reconnaissant leurs erreurs ou leur malchance. Mis à mal par la famille, le travail, le manque d'argent, ils trouvent le salut dans l'écoute, dans la parole ou même dans l'écriture. Des parallèles troublants se forment entre les histoires dénotant peut-être d'une inspiration autobiographique que certaines auto-citations viennent renforcer.
Lee Seun-U nous raconte la banalité de l'existence mais avec force subtilité, il réussit à transmettre aux lecteurs toute la sensibilité de chacun de ses personnages. Privilégiant l'introspection et l'emploi d'un Je narrateur, il s'entoure d'un nuage mélancolique où le passé et le présent se mélangent. Les regrets et la culpabilité ne sont jamais loin et tissent un univers sobre où la compréhension du monde se fait à rebours, avec l'impression de ne jamais être à sa place.
Décidément, la Corée est un vivier de perles littéraires que les Éditions Serge Safran s'emploie à nous faire découvrir. Après Adieu le cirque !, voici un magnifique recueil que je vous invite à découvrir également sans tarder !
Lien : http://grenieralivres.fr/201..
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traversay
  20 octobre 2013
Romancier talentueux (La vie rêvée des plantes), Lee Seung-U se révèle dans le vieux journal comme un nouvelliste tout aussi doué. Il puise dans le quotidien des petites histoires admirablement troussées où l'absurdité de la vie semble toujours prendre le pas sur une quelconque rationalité. L'introspection est le domaine de prédilection de l'auteur, la malchance et/ou la lâcheté de ses personnages se donnant la main pour les rendre sinon pathétiques du moins désarmés et vulnérables. Lee Seung-U aime les imperfections humaines, ses erreurs de trajectoire, ses hésitations et ses fourvoiements. Il en fait de courts récits souvent drôles et ironiques, toujours clairvoyants. Subtiles, intimistes, lucides, délicates et mélancoliques sont ses nouvelles. Il sait rendre originale la banalité de certaines existences, lui donnant des couleurs inattendues. L'une des histoires s'intitule "Tantôt il se passe des choses, tantôt rien." Lee montre que le rien ne l'est jamais vraiment, que le passé peut resurgir à tout instant et changer la route que l'on a cru bon de choisir. Ou faire regretter de ne plus pouvoir en emprunter une autre.
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Alloney
  09 janvier 2018
Huit nouvelles qui nous présentent des tranches de vies, celles de personnages "imparfaits", qui ont tous pour point commun de s'interroger sur leur vie. Intimistes et réalistes, Lee Seung-U nous livre un quotidien, à priori banal, sous forme d'introspection personnelle.
Convaincue par la découverte de cet auteur coréen, j'ai déjà très envie d'en lire d'autres bouquins.
Décidément la Corée, recèle de vraies pépites littéraires (et cinématographique, mais ça c'est une autre histoire...).
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   29 octobre 2013
J’écrivais le soir, et le matin j’allais au bureau. Ce que j’avais écrit la veille, je le rayais le lendemain, et ainsi de suite chaque jour. Certaines parties, je les ai réécrites plus de dix fois. Parfois je rayais tout ce que je venais d’écrire et recommençais depuis le début. Les phrases avançaient lentement comme si j’apprenais à ramper. L’écriture m’a permis de concevoir cette lutte acharnée entre le désir de montrer ce qui est en moi et le souci de le dissimuler. Mes mots se heurtaient, entraient en collision, en conflit. D’où ces phrases de sang, tout en paradoxes. Réécrire ce qui a été déjà écrit est un travail éreintant. Je souffrais de la fatigue, de manque de sommeil, de la faim, non sans cesser, en proie à une ardeur sadique, de me battre contre les phrases. J’avais l’impression d’être possédé.
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le_Bisonle_Bison   12 octobre 2013
Je reste parfois plusieurs jours de suite sans sortir, je passe tout mon temps dans cette petite chambre. Avant de sortir, je dresse une liste des choses nécessaires. J’ai rapporté de mon studio la cafetière électrique, la cuisinière à gaz portable, une casserole, des nouilles instantanées, des cuillers à thé, des gobelets, du sucre et des kleenex. Je me fais des nouilles instantanées et du café. J’ai apporté aussi le grille-pain, un couteau, le lecteur de CD, un plateau, du pain de mie, des cintres, des sous-vêtements, des chaussettes et mon fauteuil.
Je me fais griller du pain, j’écoute de la musique, lis ou somnole dans mon fauteuil. J’ai pris un abonnement à l’internet haut-débit, un autre à un journal, puis j’ai transporté mon téléviseur. Je commande des livres sur internet, j’envoie des e-mails à ma femme, je lis mon journal, je regarde les matchs de foot à la télé. Ma femme ne répond jamais, le journal m’apporte tous les bruits du monde, mais le monde ne change pas et les matchs sont ennuyeux. Bon, peu importe. Certains jours, je dors toute la journée. Je ne m’en plaindrai pas.
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rabannerabanne   04 février 2018
Ce n'est pas ce qu'on va écrire et comment on va le faire qui est important, ça compte aussi, mais ce n'est pas l'essentiel, à mon avis, c'est même peut-être rien du tout... ce qui compte, c'est l'empire qu'exerce la conscience sur l'écriture... on peut parler de la nécessité urgente d'écrire, non ? quelque chose comme ça, j'ai découvert que c'est ça le plus important. Et ça, moi, je ne l'ai pas.
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rabannerabanne   03 février 2018
Ma mémoire n'est pas une étendue toute plate. Elle est faite de montagnes dressées très haut et de vallées profondes. Les remous s'agitaient surtout dans les recoins ombreux. Là où se love la culpabilité.
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le_Bisonle_Bison   04 novembre 2013
Ses lèvres remuaient légèrement en suivant les mots que je lisais maladroitement. Il avait appris mes phrases par cœur. J’étais atterré. J’avais l’impression de commettre un crime. Les phrases que je lisais n’étaient plus les miennes. Un moment, les faibles murmures a cessé, ses lèvres n’ont plus bougé. Ses yeux étaient clos. Il s’était endormi. J’ai continué de lire pour lui. Mes larmes ruisselaient. Elles tombaient sur le cahier. J’ai lu jusqu’au bout, jusqu’au bout…
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