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EAN : 9782021417111
320 pages
Éditeur : Seuil (05/03/2020)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Nuri est apiculteur, sa femme, Afra, est artiste. Ils vivent tous deux avec leur jeune fils, Sami, dans la magnifique ville d'Alep, en Syrie. La guerre éclate et ravage tout, jusqu’aux précieuses ruches de Nuri. Et l'inimaginable se produit. Afra ne veut plus bouger de sa chambre. Pourtant, ils n’ont pas le choix et Nuri déploie des trésors d’affection pour la convaincre de partir.
Fous de douleur, impuissants, ils entament alors un long périple où ils devron... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Cancie
  22 mars 2020
Nuri est apiculteur et adore son métier qui lui a été enseigné par son cousin Mustafa et avec qui il le pratique. Sa femme Afra est artiste-peintre. Ils vivent à Alep avec leur jeune fils Sami. L'éclatement de la guerre civile va mettre fin à ce bonheur.
C'est l'histoire de ce couple que Christy Lefteri a choisi de nous raconter, ce couple qui va devoir fuir son pays la Syrie, les ruches sacrées de Nuri ayant été détruites et leur enfant Sami tué. Afra est devenue aveugle à la perte de son fils et Nuri doit tout tenter pour la convaincre de partir.
L'auteure va alterner le récit de cette vie à Alep et de l'exode entrepris pour fuir l'invivable avec la narration de leur vie actuelle dans une pension, tout au sud de l'Angleterre où ils attendent depuis deux semaines d'avoir terminé les formalités de demande d'asile.
Le premier chapitre du roman commence avec la description de l'attente au Royame-Uni. Il porte évidemment le chiffre 1 sous lequel se trouve une abeille. Il se termine sur une phrase inachevée à laquelle il manque un mot. Ce mot sera le titre du récit suivant, récit du périple pour arriver jusqu'en Angleterre. Il sera ainsi le dernier mot de la phrase et le premier du paragraphe suivant. Nous passons ensuite au chapitre 2 avec l'abeille puis un autre mot et ainsi jusqu'au chapitre 14 où les deux récits se rejoignent. Une façon très originale pour enchainer à la fois le présent et le passé.
Christy Lefteri a mis en opposition, d'une manière remarquable, la vie heureuse, avant la guerre, dans la magnifique ville d'Alep et la tragédie vécue tout au long du périple vers une autre vie. Elle a su transcrire à merveille les couleurs, les senteurs les odeurs, de même que l'amour de Nuri pour sa femme et pour ses abeilles, abeilles qui ne le quitteront jamais. Tout au long du roman, le thème des abeilles et des ruches sera omniprésent et aidera souvent Nuri à ne pas perdre pied complètement.
En convoquant ici une famille parmi la multitude des réfugiés, l'écrivaine parvient ainsi avec cette histoire personnelle à nous faire vivre et ressentir au plus profond de nous-mêmes, ce qu'est le calvaire de ces gens poussés sur la route malgré eux, alors qu'ils vivaient heureux jusque-là, vers un avenir complètement incertain en prenant des risques immenses, dans des conditions inhumaines.
Quel beau livre puissant de Christy Lefteri, née à Londres, livre qui lui a été inspiré, comme elle nous le dit en fin d'ouvrage par son travail de bénévole dans un camp de migrants à Athènes en 2016 et 2017. Il n'a pas été sans me rappeler le roman graphique de Fabien Toulmé : L'odyssée d'Hakim.
Ce roman, L'apiculteur d'Alep m'a touchée, émue, bouleversée et je ne trouve plus juste résumé que ce qui est écrit sur le bandeau : Une histoire d'amour fou, une odyssée vers l'espoir.
À noter la très belle couverture où deux mains nous présentent deux moitiés de grenade, ce beau fruit, cadeau de Nuri à Afra.
Je remercie Babelio et les éditions du Seuil pour m'avoir permis de découvrir ce magnifique deuxième roman de Christy Lefteri. J'ai par ailleurs bien apprécié le post-scriptum en bas de page de la lettre d'envoi dans laquelle l'équipe du Seuil mentionnait :"Nous ne pouvons être tenus pour responsable de toute envie de miel découlant de cette lecture".

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Pancrace
  22 mars 2020
Dès les premières pages, j'ai perdu mes repères.
Du bonheur au malheur, d'heure en heure l'apiculteur se meurt.
Livre détresse, lecture frayeur.
Les prédateurs brûlent ses repaires.
Il a eu son heure.
Nuri, bombe et cauchemar, fuite essentielle et vitale, son parcours, lourd.
Quitter son pays, partir avec Afra son amour.
De Syrie au Royaume-Uni.
De migrant à réfugié, tout est écrit dans ce road-movie de la vie.
D'Istanbul à Lesbos sans pathos et d'Athènes à Londres à se morfondre.
Happy, apiculteur, quand la mort te susurre des serments veloutés, que rien n'est moins sûr,
que rien n'aura plus d'importance. Ni la chaleur, ni les piqûres…
Je me suis senti mal à l'aise dans cette fiction qui sent trop fort la réalité.
Personnages de création dans un environnement réel, actes glaçants : tu as envie de t'entraîner au tir ? Simple, deux soldats parient celui qui va tirer, c'est un jeu, pour abattre…un enfant de huit ans !
J'ai approché l'errance et ses souffrances dans les lignes de Christy, je ne me suis jamais posé, ni reposé. J'ai couru tout le temps, haletant à tâcher de trouver un peu de baume au coeur pour Afra et Nuri dans les parcs piégés laissés à l'abandon où ils sont abrités avec leurs compagnons. J'étais sans cesse sur le qui-vive pour tous ces gens qui bravent la mort chaque jour qui commence.
Merci Christy de ce témoignage qui va me hanter, je croyais m'y perdre, je m'y suis trouvé encore un peu plus d'humanité.
Merci à Bashung à qui j'ai emprunté quelques lignes de sa superbe chanson : L'apiculteur.
Merci infiniment à Babelio et Seuil pour leur cadeau de masse-critique privilégiée.
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Biblioroz
  17 mars 2020
J'ouvre L'apiculteur d'Alep. À l'intérieur s'y trouvent les paroles de Nuri. Dès ses premiers mots, je retiens mon souffle et je pressens, d'ores et déjà, qu'ils vont éveiller chez moi des émotions multiples. Je le laisse alors parler de sa femme, Afra, de ses yeux aveugles où il n'y rencontre plus qu'un vide abyssal terrifiant. Il nous dit que son rire aux éclats dorés comme de l'or s'est enfui, bien loin. Envolé aussi son don à faire vivre un paysage du bout de ses pinceaux. Envolé, leur petit Sami, victime de l'absurdité humaine.
Ils ont fui Alep pour rejoindre le cousin Mustafa et sa famille déjà exilés en Angleterre. Maintenant, ils sont dans l'attente de papiers, dans une pension anglaise. Pour l'acceptation de leur demande d'asile, leur unique privilège « nous venons du pire endroit sur terre. »
Pour ne pas nous perdre, pour accentuer aussi la transition entre ce lieu de demande d'asile et le passé, l'auteure utilise un mot, isolé sur une page vierge. Ce mot peut être une couleur, le nom d'une ville quittée ou traversée, un moment, comme la nuit, la dernière nuit syrienne avant le passage de la frontière et l'adieu à son pays. Ces mots nous propulsent à chaque fois dans le passé qui fut doux comme le miel qui s'écoule des ruches d'Alep, comme le partage de mets syriens en famille, mais rapidement terrifiant, comme l'inquiétude grandissante, la guerre, leur fuite, leurs haltes de réfugiés faites d'attentes interminables dans des camps sordides où plane toujours la peur, omniprésente.
Les paroles de Nuri sont sensorielles. S'en échappent des parfums de jasmin, de miel, d'épices, de fleurs de citronnier. le parfum de roses de sa femme puis celui du chaos, des ruches brûlées, d'ordures, de mort. Lui revient souvent le bourdonnement des abeilles et la beauté des paysages arides d'Alep. Bouleversante sa sensation de brûlure, sa répulsion et sa peur au moindre effleurement de la peau de sa femme. Alors qu'elle est à ses côtés, il la recherche éperdument, il guette son retour.
Quoique très souvent mutique, les perceptions d'Afra nous guident vers d'autres traumatismes.
Chaque mot, chaque geste, chaque personnage, chaque perception ont une terrible importance dans ce roman. Se ressentent la déchirure du pays quitté, la peur de l'exil, la douleur des pertes mais aussi la puissance des liens familiaux ou amicaux, les souvenirs comme moteur d'un avenir possible.
Les fleurs symboliseront l'espoir en renfermant le pouvoir de dessiner un sourire au milieu des ténèbres. Et n'oublions pas les abeilles que l'on suit, docilement, toujours affairées, source de prospérité et de vie.
Intérieur, extérieur, ce livre est magnifique. Des objets ramenés des décombres de leur ville, Nuri dépose dans les mains d'Afra la grenade fraîche de la couverture, avec ses graines qui étaient comme des joyaux, avant, avant les ténèbres.
Christy Lefteri, à travers cette fiction terriblement émouvante, vous avez admirablement raconté l'histoire de ces réfugiés. Comme vous vous adressez au lecteur en fin d'ouvrage, je vous remercie personnellement pour l'intensité émotionnelle de cette très belle lecture, pour les paroles de Nuri qui résonnent et résonneront longtemps en moi. Merci aux éditions du Seuil et à Babelio pour l'envoi de ce très beau roman.
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Blackbooks
  08 avril 2020
Fermer les yeux pour ne plus percevoir le bourdonnement des bombes, essaim de morts sur une vie passée. Voiler le présent pour fuir les routes du futur, pour butiner le pollen du passé. Plonger la vie dans les ténèbres de la guerre, celle qui arrache, déchire les êtres, pour occulter l'horreur.
Fuir la guerre pour vivre, pour espérer et rêver encore loin de la Syrie désunie. Abandonner sa vie, son identité, son humanité pour une once de papier, se raconter, se justifier pour retrouver le droit d'exister, pour se voir accorder un toit, une autorisation de vivre.
Se battre pour celle qui se meurt intérieurement, pour celle qui refuse, pour faire le deuil de ce qui ne sera plus, de ceux qu'on a perdu. Perdre pour se retrouver, errer pour voler un peu de liberté, ne pas égarer les essaims d'amour de leur vie.
Nuri tente de survivre quand Afra s'estompe, Nuri veut reconstruire quand Afra s'enferme dans sa cécité, dans sa toile noire. Sur les pistes des migrants, il va essaimer son amour pour guider son épouse vers les étoiles de la liberté et de la vie. Une errance sur les voies de la souffrance, de l'intolérance, un itinéraire loin de la guerre, des militaires, des sentiers sinueux pour de simples papiers, pour rêver.
Un roman qui mêle passé, présent, un sujet qui m'avait semblé intéressant mais en dépit de certaines licences poétiques je n'ai fait qu'accompagner Nuri et Afra dans leur exil.
Merci Babelio et les éditions du Seuil pour cette masse critique privilégiée.
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Labibliothequedemarjorie
  08 avril 2020
Nuri est apiculteur. Afra, sa femme, est peintre. Ensemble, ils vivent à Alep, capitale syrienne, avec leur fils de sept ans, Sami. La vie est douce et heureuse jusqu'au jour où éclate le conflit. le pays est alors en pleine guerre civile. On vit sous les bombes et les armes. Alep est à feu et à sang. Les ravages se multiplient chaque jour. Les ruches de Nuri sont détruites. Puis, le pire arrive. Sami est tué. Afra n'est plus que l'ombre d'elle-même. Dehors, les rues sont désertes. La population fuit. C'est l'exode. Afra refuse encore de partir. Pourtant le danger guette, les exécutions sont courantes. le bon sens aura finalement raison. Il est alors temps de penser à l'avenir.
Nuri et Afra prennent alors la route. Leur but : rejoindre leur cousin en Angleterre.
Débute alors un long périple, entre misère et espoir.
Je remercie Babelio et les éditions du Seuil pour cette lecture.
L'histoire de Nuri et d'Afra est celle de milliers de réfugiés qui arpentent le monde chaque année. le contexte politique est toujours d'actualité. La Syrie est en guerre depuis 2011. Les opposants au régime prennent la ville d'Alep dès 2012, enrôlant sous la contrainte hommes et enfants. Seule la mort attend ceux qui refusent de rejoindre les rangs rebelles. La ville est détruite par les bombes. Il ne reste plus qu'un champ de bataille.
L'auteure est chypriote. Elle a travaillé à plusieurs reprises dans un camp de migrants en Grèce. Son récit est inspiré de son vécu, de ses rencontres. Elle a voulu restituer les témoignages de toutes ces vies détruites par les conflits armés.
"L'apiculteur d'Alep" parle du voyage des réfugiés à travers l'Europe. de la Syrie, jusqu'en Turquie, en passant par l'île de Léros au large des côtes d'Athènes. L'objectif : obtenir le sésame pour atteindre l'Angleterre, territoire tant convoité, tant espéré. Celui où tout est possible. le pays de la liberté. La terre de tous les espoirs. Mais avant, il y a un parcours semé d'embûches, les passeurs peu scrupuleux, profitant de la misère humaine, les dangers des traversées en mer, et les violences des camps.
Un roman sur la réalité de la guerre, de la fuite vers un idéal, d'une survie et d'une reconstruction. le parcours d'un couple, uni par l'amour, leur seule force pour traverser les obstacles et atteindre paix et sérénité.
Une excellente lecture, un témoignage touchant.

Lien : http://labibliothequedemarjo..
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
SquirelitoSquirelito   09 avril 2020
Là où il y a des abeilles, il y a des fleurs et là où il y a des fleurs, il y a l’espoir d’une vie nouvelle
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abookcatcherabookcatcher   01 avril 2020
Quand elle riait, elle faisait trembler la maison. Mais, dès que son humeur tournait, mon univers s’assombrissait. Je n’y pouvais rien. Elle était plus forte que moi. Elle pleurait comme une enfant, son rire tintait haut et clair, et son sourire reste le plus beau qu’il m’ait été donné de voir. Elle pouvait débattre pendant des heures sans interruption. Afra adorait ou détestait, et elle inhalait le monde comme si c’était une rose. Voilà pourquoi je l’aimais plus que la vie.
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abookcatcherabookcatcher   01 avril 2020
Là où il y a des abeilles, il y a des fleurs, et là où il y a des fleurs, il y a l’espoir d’une vie nouvelle.
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abookcatcherabookcatcher   01 avril 2020
Tu dois apprendre à marchander. Les êtres humains sont très différents des abeilles. Nous ne travaillons pas ensemble, nous n’avons pas de véritable notion du bien commun. Voilà ce que j’ai découvert.
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abookcatcherabookcatcher   01 avril 2020
En chaque personne que tu connais, il y a quelqu’un que tu ne connais pas.
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Christy Lefteri discussed what inspired her to write 'The Beekeeper of Aleppo'
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