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Critique de Kittiwake


Kittiwake
  09 janvier 2016
Découvrir l'existence de sa fille alors qu'elle a vingt ans, c'est une expérience perturbante, de quoi remettre en question les fondamentaux que l'on croit avoir solidement construit après quelques décennies. Thomas s'est consacré à la médecine humanitaire, aux confins du Pakistan et de de l'Inde. Une vie simple, avec un sentiment d'utilité, des relations chaleureuses avec la population, tout cela lui convient. Jusqu'au jour où la nouvelle vient mettre le doute dans ses certitudes, suffisamment pour décider d'un retour, juste pour tenter d'apercevoir la jeune fille.
Retour déstabilisant : abondance, bruit, technologie, confort, le choc culturel inversé existe. Thomas opte pour un travail de directeur médical dans un foyer de personnes âgées.

Vient le temps de la construction : avec les résidents, avec l'infirmière, avec le squatter de l'usine désaffectée voisine, et enfin avec sa fille. Ces liens là sont ténus, c'est plutôt de l'espionnage, Thomas guette la jeune fille, amoncelle un maximum de données pour tenter de la connaitre, interfère en douce dans sa vie, finit par la rencontrer, sans pour autant lui révéler leur lien.

L'histoire est sympa, les personnages sympathiques, le thème accrocheur. La lecture est facile et plutôt agréable.
Alors qu'est-ce qui ne fonctionne pas? Qu'est-ce qui empêche que l'on arrive à la dernière page sans regret, sans lassitude non plus, prêt à passer à autre chose, et à vraisemblablement oublier rapidement l'ouvrage?

Un manque de crédibilité que ce soit en Inde, où, hormis l'absence de confort, la vie ressemble à un séjour touristique, en France, dans ce foyer improbable, où l'on peut leurrer un contrôleur de l'administration en lui faisant croire qu'un patient revêtu de sacs de pommes de terre a une lèpre contagieuse. La plupart des scènes « d' action » sont trop rocambolesques pour que l'on y adhère.

Certes dans la vie, on connaît tous des situations où la réalité dépasse la fiction mais « si on peut tromper une fois mille personnes, il est plus difficile de tromper mille fois une personne » (La cité de la peur ).
Même l'histoire de cette paternité tardivement découverte, suscite chez le géniteur un comportement difficilement explicable.

On ne retrouve pas le mordant, l'autodérision qui faisaient des deux premiers romans de Gilles Legardinier des petites bombes de plaisir, et qui pouvaient provoquer de ces rires incongrus de lecteur, créant un perplexité dans l'entourage ignorant la cause de cette hilarité soudaine. Ici, on sourit un peu, on peut être légèrement ému, mais pas plus.

A classer dans les lectures récréatives, assimilables aux sucres rapides, qui ne tiennent pas au corps, à moins qu'ils ne s'incrustent sous forme de graisse là où il ne faut pas…

Enfin un dernier mot pour la couverture du livre : je me demande si je ne préférais pas la période chat……

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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