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Critique de Sergi


Sergi
  27 janvier 2015
Les Marquises, romancées par Serge Legrand-Vall
Publicitaire à Bordeaux, Serge Legrand-Vall est aussi écrivain. Une activité à laquelle il consacre tous ses vendredis pour noircir les pages de ses romans. Auteur de plusieurs livres dont un essai “Toulouse Bordeaux l'un dans l'autre”, de deux romans, “Les îles du santal” et “La Rive sombre de l'Ebre”, il publie cette année “La part du requin”, la suite des Îles du Santal dont l'histoire se déroule aux Îles Marquises. « J'ai toujours nourri un fantasme pour les îles ». Pour comprendre pourquoi, ill faut peut-être chercher du côté de l'histoire personnelle de l'auteur, confié jeune à l'Assistance publique. « Je me souviens que lorsque je regardais le planisphère, j'ai été attiré par les îles. Elles symbolisaient l'isolement, et correspondaient à mon histoire intime ». Dès lors, il nourrit une attirance pour ces territoires qu'il n'avait jamais approchés, si ce n'est dans son imaginaire et ses nombreuses recherches. En 2011 donc, paraît Les îles du Santal, roman de la rencontre amoureuse réparatrice d'un jeune marin et d'une indigène des Marquises, au début du XIXe siècle. À la suite de cette parution, il obtient une résidence d'écriture soutenue par la région Aquitaine, dans l'île de Nukuhiva, où il séjourne en décembre 2011. le Graal était alors au coeur de ses mains, pouvoir enfin découvrir ce qu'il avait toujours construit dans son imaginaire. Là- bas, l'auteur a fait de nombreuses rencontres, récolté aussi les témoignages des habitants et a abordé ces îles autrement que dans les livres. Dès son retour en France, il commencera l'écriture de ce qu'il allait nommer “La part du requin” dont l'histoire se déroule 25 ans après les Îles du santal. Au coeur de ce roman se place la colonisation et la complexité des relations entre les indigènes et les Français. L'Histoire est ici retranscrite avec une vision à la loupe d'une véritable transformation de la vie sur les îles depuis l'arrivée des Français. « Les Marquisiens ont vu avec convoitise l'arrivée des Français, ils ont été séduits par les produits manufacturés. le troc était la base des échanges. Les marins étaient aussi en demande de femmes qui étaient une monnaie d'échange. Au départ, les Français parlaient de protection mais le transfert de souveraineté a été brutal. Lorsque les indigènes l'ont compris, il était trop tard », raconte l'auteur. À travers le prisme du couple du jeune marin et de l'indigène qui ont eu des enfants, l'auteur va camper la notion du dilemme que vont vivre leurs enfants pris entre deux cultures. « Comment trouver sa place quand on est double, est une des grandes lignes de ce roman. « “La part du requin” est la part des blancs. En un siècle le peuple a perdu du fait des épidémies et de l'alcoolisme une grande part de sa population. Ils n'étaient plus de 2.000 en 1920 alors qu'ils étaient 100.000 à la fin XVIIIe », explique l'auteur. Lors de sa résidence d'écriture en décembre 2011, l'auteur a beaucoup appris de ce peuple, et « a compris sa psychologie ». « Aujourd'hui les Marquisiens ont besoin de reconstruire leur identité culturelle et mettent au coeur de leurs préoccupations l'importance de leur mémoire au travers de festivals de culture.» D'autre part, très peu de romans parlent des îles Marquises mis à part les écrits historiques. La part du requin et Les îles du Santal ont donc trouvé un écho dans le coeur des Marquisiens.
Fabienne Amozigh. La Dépêche du Bassin. 08 01 2015
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