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ISBN : 235639057X
Éditeur : Elytis (06/01/2011)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Octobre 1816.
Après une rupture amoureuse, Alban, âgé de dix-sept ans, décide sur un coup de tête de quitter sa famille et son métier de batelier pour s’embarquer. Au hasard d’une rencontre, c’est le trois-mâts le Bordelais, en partance pour un voyage de trois ans, qui l’accueille à son bord.
Quand le navire met l’ancre dans la baie de Taiohae, aux Marquises, le mousse est ébloui par la rencontre avec une civilisation dont les valeurs sont aux antipo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
lilyrose33
  13 février 2011
Un bonheur des sens…
Les scènes s'enchaînent et se succèdent, laissant le temps sur place. Les descriptions sont nettes, mais laissent un brouillard imaginatif dans le fond. On y découvre des odeurs de toutes les couleurs, suscitant l'envie de rester un peu plus sur place, pour profiter des décors et des émotions… mais on avance, on court après l'avenir, laissant loin derrière le passé du héros (un amour perdu, un abandon maternelle cruel). On est là, mais on est déjà ailleurs, sublimant la quête du personnage… un départ pour l'Amérique à la recherche de lui-même et de ses racines, mais il part pour d'autres horizons...Un voyage océanique, où le temps n'a toujours pas sa place… une navigation houleuse ou calme mais toujours droit devant, à la rencontre des Marquises…Là enfin, on se pose… on s'assied, on se délecte du paysage… indescriptible et pourtant si vivant dans l'esprit ! On ne l'imagine pas, on le voit, là… devant soi, on y est… autre temps, autre lieu, découverte d'un peuple encore sauvage malgré l'envahissement des blancs destructeurs… où finalement, notre héros se trouve… où finalement, on se trouve soi-même.Une écriture musicale qui chante, une histoire bien construite qui crée l'envie de rester sur place, l'envie d'une suite…Un seul regret, une pudeur dans la description des sentiments d'amour et d'abandon qui sont à la base de son départ.
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Sergi
  04 février 2011
Un bateau livre.
Premières lignes, premières chutes. Dans le même mouvement, nous voici dans l'action. Une écriture efficace, prenante. Une lecture vivante comme peut l'être un spectacle, un film. Serge Legrand-Vall ne s'alourdit pas de psychologisme. L'intention est narrative. L'enjeu se joue tout en joie. Une allégresse de sensations, une jubilation quiète, la luxuriance d'un vocabulaire tout en voyelles et à chaque page un parfum, un courant d'air porté aux narines du lecteur… On lit aussi avec son nez. Comme les yeux détectent le mouvement dans l'immobilité d'une écriture. le nez attrape la vie dans l'invisibilité d'un effluve. Ces bouffées de lecture font cette allégresse et nous poussent tel un bateau livre d'une Lisle à d'autres. de Lisle-sur-Tarn, la bourgade tarnaise où Alban vit, Aux îles Henua Enana, le Pays des hommes, les îles Marquises selon d'autres hommes. Avec le jeune mousse, le lecteur respire ce voyage et l'on se grise à tourner les pages. Après une seconde chute dans le port de Bordeaux et celle évitée de justesse sur le Tarn, il devra s'agir pour Alban d'être vigilant pour la suite. Mais bon… L'auteur invite et l'écriture incite à garder tous nos sens en éveil.
Si ce roman est initiatique, il l'est assurément d'abord pour son auteur. Premier roman comme un baptême. S'il fallait un parrain dans une filiation littéraire d'auteur-conteur, André Dhôtel, forcément hospitalier, pourrait être celui-ci et Gaspard, personnage central de son roman “Le pays où l'on n'arrive jamais”, prix Femina en 1955, une doublure d'Alban. Même profil de héros, même filon d'aventure, même fil narratif tressé de poésie. Ici, sur l'océan Pacifique, comme dans la forêt ardennaise de Dhôtel, le voyage est littéralement un prétexte pour nous conduire, dans un vrai plaisir de lecture, vers un en dedans de soi où se déploie le destin des personnages fictifs et celui de qui l'écrit.
Chaque livre est une île dans la mer intime de nos lectures. Par-dessous les vents et les courants, toutes communiquent entre elles.
Lecteurs, clandestins par définition, nous attendons la prochaine île de littérature, nouvelle destination de cet auteur accoucheur et accouché. Alors, à nouveau, nous voyellerons avec lui. Un seul mot d'ordre, de luxe, de calme et de volupté à l'annonce de ce futur accouchement dont il sera à la fois le père et le fils. Une injonction amicale et exotique empruntée aux cousins du Pays des hommes : Va, y nais !
Naly Razakandraïbé - Librairie Mollat, Bordeaux, 26 janvier 2011.
Lien : http://slegrand.vall.free.fr/
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Sergi
  19 janvier 2011
On retrouve avec cet opus de la collection Grands Voyageurs, un de ces albums où l'on aimait, enfant, dévorer aventures, héroïsmes, rêves fous : Un format dont l'amplitude fait que l'on se pose dans l'histoire, avec respect et attention ; des lettrines évocatrices qui font qu'on s'embarque en lecture comme en contrées lointaines ; des illustrations enfin, à l'image de celles devant lesquelles le lecteur de jadis laissait voguer son esprit vagabond.
Le décor ainsi posé, que viennent les personnages, que viennent les flots des grandes aventures ! Serge Legrand-Vall nous pousse dans le sillage d'Alban, jeune aquitain à qui la première blessure d'amour fait larguer les amarres. du port de Bordeaux il quitte sa terre pour la mer, à bord du «Bordelais» en partance pour les îles, celles aux doux noms de femmes ensorceleuses : les Marquises. du grand voyage il apprend la rudesse de sa nouvelle vie d'homme, la peur mêlée d'envie, la camaraderie, la ruse. Comme si l'air du large concentrait dans ses embruns, tout ce que le monde compte de visages, tout ce que la vie compte de couleurs.
Mais aux abords des îles, il arrive que la réalité se farde, que les repères se brouillent. D'un paradis enchanteur émerge aussi un monde où les influences mouvantes entament leur travail de sape. Où les traditions ancestrales, fidèles à leurs valeurs d'accueil et de générosité, se corrompent soudain, prises au piège d'une danse sournoise, hélas irréversible. « Les îles du Santal » donnent à rêver, mais aussi à réfléchir ce qui ne gâche rien. Invitation au voyage où s'invitent également le recul nécessaire à toute prise de conscience, le clair-obscur du peintre qui sculpte le relief. Ne dit-on pas que les voyages forgent la jeunesse ? Sous la forge du temps, la jeune Elytis trace sa route.
Anne Duprez - Aqui.fr
Lien : http://www.aqui.fr/cultures2..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
SergiSergi   04 février 2011
Un vent frais soufflait de l’aval de la rivière, agitant les larges feuilles des figuiers dont les fruits bleuissaient. Il arriva sous les arcades de la grande place et s’engagea sous un porche ouvert alors que les premières étoiles piquaient le voile sombre qui descendait sur le village. Il avait vu, là-haut, de la lumière à la fenêtre de la mansarde d’Émeline. Elle était déjà rentrée de son service. Il s’engageait, euphorique, dans l’escalier du deuxième étage encombré de vieux ustensiles de cuisine quand il ralentit, l’oreille blessée par les sons qu’il percevait. Il monta encore deux marches et s’arrêta tout à fait, le cœur battant trop vite. De la porte en bois ciré qui fermait le haut de l’escalier, lui arrivaient des bruits qu’il n’identifiait que trop bien. De petits gémissements, des ahanements plus graves et les grincements du lit. Ainsi, il n’y avait plus de doute à avoir. Elle s’était bien pressée de l’oublier, de se donner toute à l’autre. Il ne verrait plus ses yeux verts fixés dans les siens. Il ne toucherait plus ce corps à la peau pâle dont l’absence l’obsédait. Une vague de rage l’emporta, le libérant de sa stupeur immobile. Attrapant une casserole de fonte ébréchée posée au coin d’une marche, il la lança à toute volée contre la porte du repaire ennemi. Dans un bruit de tonnerre, l’objet se cassa, brisant dans le choc les planches de la frêle porte et déclenchant un cri strident bientôt suivi d’exclamations dans toute la maison. Il redescendit sourd et aveugle, si vite que les habitants alarmés sortis sur le palier du premier étage eurent du mal à le reconnaître.
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BettyPBettyP   21 février 2011
Un mouvement à la surface d'une vague attira son attention. Elle fronça les sourcils et fixa l'objet qui se déplaçait, tout près de la langue rocheuse qui longeait l'embouchure de la rivière. Une tortue marine honu ! Elle connaissait ces cousines de la mer qu'elle avait parfois rencontrées en nageant vers les eaux profondes. Elle en avait vu pondre dans le sable, avec des larmes de douleur. Cette tortue-là nageait mollement et s'arrêta tout à fait. Vaiana se sentit invitée à la rejoindre, non pour plonger à ses côtés, mais parce que honu était là pour une raison précise. Elle descendit de l'arbre aussi vite qu'elle y était montée, posa son panier d'œufs et courut nue vers la rivière froide qu'elle traversa suffisamment en amont pour ne pas effrayer la visiteuse. Puis, elle longea la rive ombrageuse jusqu'aux galets. A l'endroit où les vagues alanguies finissaient leur course sur le sable gris, honu restait immobile sous la surface, agitant à peine ses nageoires. Elle attend que je la prenne, pensa Vaiana. Elle guetta la vague qui apporterait la bête vers le bord et avança lentement dans l'eau. Puis, dans un élan, elle s'en saisit à deux mains de part et d'autre de la carapace, la souleva et tomba à la renverse avec elle sur les cailloux.
(P61)
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SergiSergi   27 septembre 2010
Les ombres lui firent signe de les suivre et il leur emboîta le pas. Une sorte de fièvre semblait habiter les silhouettes nombreuses qui se pressaient sur l’étroit chemin. Les torches de coco éclairaient fugitivement une branche, une chevelure, un visage strié de tatouages, le tressage d’une vannerie. Au loin, résonnaient les battements graves des tambours, comme ceux d’un cœur exhumé des profondeurs du corps de l’île, dans des éclaboussements de terre noire et des craquements de racines.
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pointipointi   12 novembre 2012
C'est le genre de livre où on entre facilement. L'histoire nous embarque loin, dans ces iles qui font rêver, qui nous paraissent , alors, pas si lointaines. L'écriture à la fois fluide et dynamique nous permet de nous imaginer sur ce bateau, derrière cet arbre, dans cette île...tout en nous renvoyant à nos propres rêves.
C'est un livre que l'on s'approprie.
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Video de Serge Legrand-Vall (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Serge Legrand-Vall
Serge Legrand-Vall - La part du requin .Serge Legrand-Vall vous présente son ouvrage "La part du requin, aux Marquises, histoire d'un monde disparu" aux éditions Elytis. http://www.mollat.com/livres/legrand-vall-serge-part-requin-aux-marquises-chronique-fin-monde-9782356391483.html Notes de Musique : ?Angel of Mockery? (by Immaculate Emotion Engines). Free Music Archive.
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