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ISBN : 2858824894
Éditeur : Editions Ouest-France (01/02/1984)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Met l'accent sur deux aspects essentiels de la rue médiévale : l'élément du paysage et le cadre de vie. Accompagné d'une documentation, de toponymes, de plans anciens ou reconstitués...
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Parthenia
  01 août 2013
La rue médiévale est souvent étroite, sinueuse, fortement inclinée et très encombrée.
Les grandes artères, appelées "maistresses rues" sont rares et mesurent entre 5 et 12 mètres; elles s'inscrivent dans le decumanus et le cardo romain.
Les rues communes mesurent entre 2 et 5 mètres.
Enfin, le dernier échelon est constitué d'un lacis de ruelles dont certaines laissent à peine passer un homme, à condition qu'il ne soit pas trop gros !
Les constructions parasites des particuliers, tels que balcons, passerelles et encorbellements etc, viennent encore empiéter sur la largeur des rues, empêchant davantage le soleil de passer et rendant la circulation encore plus difficile.
Pourtant, un souci d'urbanisme a existé mais est souvent resté lettre morte. Par ailleurs, il est interdit de bâtir près des remparts afin de ne pas gêner la défense en cas d'attaque.
L'étroitesse des rues n'est pas le seul problème rencontré par les citadins qui doivent également supporter la pollution urbaine et la promiscuité, à l'origine des grandes infections. Une puanteur, souvent insupportable, s'en dégage, provoquée par une mauvaise évacuation des eaux usées, l'abandon d'immondices ou le jet du contenu des vases de nuit expédié des étages, malgré les interdits municipaux. le manque de latrines publiques n'arrange rien...
De plus, beaucoup d'activités urbaines sont polluantes, menaçant même de contaminer les puits : les bouchers qui tuent en pleine rue, les "ciergiers" qui fondent le suif, les tanneurs, parcheminiers, teinturiers et foulons qui manient l'alun et les colorants, les maréchaux-ferrants, les barbiers-chirurgiens...
Par ailleurs, les animaux côtoient les hommes qui les élèvent pour les consommer, comme les porcs, chèvres, poules...
Dès le XIIIè siècle, des rois, princes, municipalités commencent à se soucier d'hygiène publique.
A partir de Saint Louis, l'emploi du pavé se généralise sur les rues et itinéraires les plus empruntés, engageant des frais importants, tant pour les travaux que pour l'entretien : ces travaux de voirie sont financés soit sur les deniers publics, soit par une contribution privée.
Les mesures d'assinissement ont souvent un caractère répressif et donnent parfois lieu à des procès. Par exemple, il est interdit de jeter les eaux usées par les fenêtres, du moins de jour ou sans avoir averti préalablement les passants en criant trois fois : «Gare à l'eau ! Gare ! Gare !»
La répétition de ces mesures prouvent la difficulté de leur application.
D'autres décisions sont plus efficaces, telle la mise à disposition de dépotoirs, la construction de gouttières, ou l'installation d'égouts (autrement appelés "conduits de merderons"). Ces égouts sont souvent la prolongation des rigoles à ciel ouvert dont la nuisance visuelle, odoriférante et hydrique est importante.
La création d'un service d'éboueurs hebdomadaire constitue le dernier progrès.
Les rues se mettent à porter un nom dans les villes pour faciliter leur desserte : ce nom est fortement à évocation religieuse, ou lié à des ouvrages civils et militaires; il exprime également la vie économique à travers les métiers qui y sont pratiqués (ex. rue des Forgerons); il peut être en rapport avec la topographie (ou est formé d'un calembour comme la rue des Corps-Nuds sans Testes à Amiens, c'est-à-dire des veaux). Plus rares sont les noms patronymiques.
Or, ces rues ne possèdent pas de plaques d'identification, et comme les noms changent souvent ou se dédoublent, il est parfois difficile de trouver son chemin.
La décoration peut constituer un moyen d'identification comme les montjoies ou les peintures murales. Les enseignes donnent également une indication, et leur avantage est d'être compréhensibles par les illettrés; elles ne sont pas seulement réservées aux auberges ou tavernes.
Il existe des zones champêtres en ville, composées de clos de vigne, de cultures maraîchères, de marais, qui donnent leur nom à un quartier.
Les artisans et boutiquiers travaillent sous l'oeil des passants. Certains métiers sont groupés par nécessité matériel ou technique (ex. les tanneurs, meuniers...) soit par obligation pour faciliter les opérations de contrôle (les changeurs...). d'autres sont dispersés car leur présence est indispensable dans chaque quartier (les boulangers...).
A ces activités empiétant le pavé, viennent s'ajouter dès l'aube les petits métiers ambulants qui emplissent les rues de leurs cris (équivalant à nos réclames) déclenchant pendant des heures une cacophonie assourdissante: crieurs publics ou privés, marchands ambulants, colporteurs...
Des travailleurs saisonniers viennent également proposer leurs services et sont mal vus par les travailleurs sédentaires à cause de leur concurrence et du soupçon qui pèsent sur eux de ne pas respecter la réglementation.
Les rues connaissent un surplus d'animation les jours de marchés ou de foires, les jours de fêtes ou de processions...
Mais la rue est également le théâtre de violences physiques ou verbales, exacerbées par la boisson ou les rumeurs. Toute une faune marginale et hétéroclite y grouille : mendiants, délinquants, ou tout simplement déclassés, chômeurs, catégories professionnelles méprisées (qui changent d'une ville à l'autre : poissonniers en Bretagne, cordonniers ailleurs, etc...).
Certaines catégories raciales ou professionnelles sont regroupées dans des quartiers spécifiques et tenues à porter un signe d'infamie (tels les Juifs ou les prostituées).
L'insécurité règne dans la rue, entraînant des mesures de sécurité et de répression. Une chasse est faite à la mendicité et au vagabondage, entraînant expulsions et banissement. Les étrangers sont mal vus : à Nantes, ils sont tenus d'obtenir une autorisation pour séjourner plus de 24 heures; à Rennes, leur présence doit être signalée par l'aubergiste qui les héberge !
Pour conclure, c'était une lecture très instructive (malgré un premier chapitre assez laborieux !). C'était palpitant de voir revivre sous nos yeux toute une société urbaine, avec ses codes moraux, ses règlementations professionnelles, ses troubles et ses jours de fêtes ! Nous qui nous plaignons de notre vie de citadins stressante et bruyante, nous échappons à la cacophonie, la promiscuité entraînant un manque total d'intimité, les commérages parfois nuisibles, la pestilence, la pollution visuelle, olfactive et hydrique (bon, nous avons notre pollution industrielle et chimique !^^), la suspicion, les enfants abandonnés dans les rues, bref tout ce qui émaillait la vie de nos ancêtres médiévaux...
Lien : http://parthenia01.eklablog...
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Tempuslegendae
  11 novembre 2012
Avancer dans un Paris ancien peut être assimilé à une reconnaissance de talent au profit de certains auteurs, lesquels ont su rénover le pavé craquelé à l'aide de leurs recherches, progressant dans la mémoire de l'Histoire moyenâgeuse le diamant de leur plume entre les doigts.
«La rue au Moyen Age», c'est un livre dont je me souviens avoir dévoré la trame il y a fort longtemps, mais chose étonnante, je suis encore capable d'en restituer une impression fidèle comme si j'avais terminé la lecture depuis hier seulement. Imaginez un instant le Quartier Latin au XVIIIe siècle, une mise en scène peu commune pour nous, les citadins d'une époque pour le moins rafraichie, observant ce petit monde itinérant de forains, de charlatans, de bonimenteurs, de marchands d'espoirs qui vous offriraient une herbe merveilleuse, aux mille vertus, contre quelques écus à trois lys. Ces gens du pavé clameraient leurs divines marchandises accompagnées de quelques mots, totalement incompréhensibles pour la plupart d'entre nous. En voici un extrait aussi typique que croustillant: «J'ai l'herbe qui les veiz redresceet cele qui les cons estrece A pou de painne. de toute fievre sanz quartainne Gariz en mainz d'une semainne.»Ceci est une tranche de vie en plein mouvement, insérée dans une documentation illustrée avec richesse et minutie, le tout consigné dans un ouvrage unique par Jean-Pierre LEGUAY, écrivain, historien, musicien, malheureusement aveugle. Celui-ci peut être fier d'avoir pu lever le rideau sur la maquette authentique du Moyen Age, avec comme artère principale, la rue, à l'échelle du temps, son spectacle permanent où se reflètent les préoccupations du moment, les plaisirs et les drames, un monde souvent cruel et impitoyable pour les faibles. Grace à cet auteur, je me suis souvent dit qu'après l'époque fascinante de la Révolution française il n'est pas impossible que j'aille errer dans un Paris obscur, traversé de rues en pavés, logeant des trottoirs bordés de façades princières. Découvrir un véritable paysage biblique, comme dans un rêve saint…
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st79310
  23 juillet 2018
Je n'ai pas trop accroché. Cependant, il est assez complet avec ses cartes et estampes d'époque.
Pour amateur avisé d'histoire.
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