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EAN : 9782203215481
368 pages
Casterman (30/08/2023)
3.75/5   68 notes
Résumé :
Le chef-d’œuvre de la rentrée : une fresque brésilienne qui court sur plus de 60 ans.

Dans la région du Minas Gerais, l’opulent patriarche Oswaldo Wallace dirige ses mines avec autorité. Ses deux fils, Severino et Ramires, n’ont qu’un an d’écart, mais tout les oppose : le premier, engagé à gauche, deviendra journaliste puis écrivain, tandis que le second soutient les militaires qui vont exercer un pouvoir autoritaire pendant les « années de plomb » – ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Club N°54 : BD non sélectionnée mais achetée sur le budget classique
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Utiliser deux frères opposés pour présenter les fractures enracinées qui nous expliquent les soubresauts de la société brésilienne du 20eme siècle.

Vincent
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Quelques longueurs, mais vraiment intéressant.

Le dessin est influencé par Crumb, il y a pire comme influence !

André
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Biographie fictive de la famille Wallace dans le Brésil des années 30 aux années 80.

On passe du socialisme aux régimes dictatoriaux des Généraux, à la lutte communiste, au retour de la démocratie, à travers la vie de notre famille bourgeoise dont la fortune initiale vient de l'exploitation minière.

Le père personnage central sera remplacé ensuite par ses enfants qui prennent le relais, et notamment Severino, journaliste à tendance communiste qui a grandi au contact des familles pauvres de mineurs.

C'est plutôt bien construit, mêlant l'histoire du pays et certaines figures clés avec nos personnages fictifs.

Un noir et blanc qui rappellera les comics indés américains, une narration avec quelques ellipses temporelles un peu déroutante au début, des éléments culturels de chaque époque inclus, c'est très riche en contenu et c'est un beau pavé.

Ce n'est pas une BD qui plaira à tous, mais c'est une lecture intéressante.

Greg
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Lien : https://mediatheque.lannion...
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A chaque fois que j'ouvre un pays qui ne se passe pas en France, à quelques exceptions près, je me rends compte que j'ai peu de connaissances sur l'histoire de bien des pays.

Ainsi Chumbo permet d'appréhender l'histoire, la politique et la culture du Brésil au XXe siècle. Matthias Lehmann publie un roman graphique basé sur son histoire personnelle : la chronique d'une famille au Brésil sur soixante ans.
Ainsi on suit une famille de Belo Horizonte : un père souvent répugnant, une mère dans l'ombre de ce père et leurs enfants Severino, Ramires, Adélia, Ursula et Bérénice à partir de 1937.
Il aura fallu trois ans et demi de travail à Matthias Lehman pour emmener ses lecteurs dans un demi siècle d'Histoire collective.On ne peut être qu'impressionné par le talent du dessinateur et ses 368 pages de dessins foisonnant de détails et de trouvailles graphiques, avec un style qui évoque souvent celui de Robert Crumbn jalonnant aussi son récit de dessins satiriques et de coupures de presse pour raconter tous les événements historiques qui vont marquer la vie des personnages.
Multipliant les angles (la presse, l'architecture, la musique, la littérature, le football), Chumbo, au delà de l'histoire d'un pays, dépeint ses cultures, sa sociologie et montre la réalité violente d'un pays sous la dictature.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Matthias Lehmann va puiser dans le passé familial pour nourrir cette saga historique brésilienne qui s'étale sur près de 70 ans et retrace le XXe siècle. C'est parfois un peu cryptique en ce qui me concerne car je ne connais rien à l'histoire du Brésil. Mais on apprend clairement pas mal de choses. Quels noms sont vrais, quelles personnalités ont réellement existé et qui est inventé ? Voilà des interrogations qui m'ont peu gâché la lecture. Où commence l'imagination de l'auteur et où s'arrête la réalité…

Le récit démarre en 1937 avec le patriarche des Wallace, riche propriétaire, esclavagiste, bien dans l'air du temps, et qui élève ses fils à la dure. On s'arrêtera en 2003, avec les deux fils en question et la descendance. Et la destinée n'a pas orienté les choses comme on aurait pu le deviner. Entretemps, la dictature est passée par là, avec son lot d'arrestations, de complots réels ou fantasmés, de tortures, de délations. Les profiteurs font leur beurre. Les Wallace ont des revers de fortune dans ce récit de violence, de pouvoir et de sexe.

Le travail de Matthias Lehmann en noir et blanc est impeccable, c'est impressionnant. Tout comme les mises en page structurées en cases de formes différentes, improbables. Cela dit, le noir et blanc est parfois fort chargé, rempli de hachurés, d'ombres, ce qui n'est pas trop ma tasse de thé. Et j'ai parfois été un peu perdu dans le cours du récit, pour retrouver qui est qui, etc.

Fresque historique, certes, mais on ne s'ennuie pas vraiment au long des 360 pages, et ce n'est pas si fréquent sur un si long roman graphique.
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Une oeuvre fleuve...

Matthias Lehmann, auteur complet sur cette BD, réalise quelque chose de rare : suivre une famille brésilienne sur le temps long, de 1937 aux années 2000. Autofictionnel, l'auteur a puisé dans ses propres souvenirs de famille pour faire ce livre.

Le challenge est immense ! L'auteur a du accumuler une somme de travail colossale pour arriver à ce résultat. Mais quelle maîtrise de Matthias Lehmann, c'est bluffant, à en être jaloux !

L'histoire est particulièrement dense, profonde. Matthias Lehmann restitue avec réalisme l'ambiance du Brésil contemporain, en en soulignant les enjeux (dictature, patriarcat, partage des richesses, insécurité, sexisme, ségrégation, corruption...), tout en développant les ramifications de son scénario avec brio. Il n'hésite pas à mettre en évidence certaines contradictions : comme celles de Severino Wallace, fils à papa qui passe par le communisme, avant de devenir un richissime auteur de romans...

Le découpage des pages est tout aussi intelligent. Si les compositions de Lehmann sont variées, ses choix sont toujours justifiés. L'ensemble est très dynamique, avec des respirations de temps en temps (doubles ou pleines pages) et le livre ne m'est pas tombé des mains, ce qui est régulièrement le cas quand je me lance dans un roman graphique.

Ses dessins, au stylo, sont également très plaisants. Un peu comme dans La vengeance de Croc-en-jambe (du même auteur), les protagonistes du livre ont l'allure de pieds-nickelés, littéralement. Longtemps auteur de fanzines, la composition graphique de Matthias Lehmann grouille de traits, de hachures et autres canevas. de cette manière, il souligne la couleur de peau, la crasse ambiante ou encore l'âge de ses personnages, qui vieillissent inexorablement.

Ces graphismes, qui évoluent à chaque chapitre, influencent notre discernement. Tout est en noir et blanc. de cette façon, Lehmann voulait « éviter de faire du tropicalisme ». Ainsi, on peut parfois être attristé par une scène dramatique, souvent soulignée par une case plus grande, une mise en page spécifique. Inversement, les personnages, aux looks un peu caricaturaux, prêtent souvent à sourire. Car, finalement, la vie de ces personnages n'est pas totalement tracée, elle est aussi assez absurde, avec de nombreuses situations imprévues. Cela tempère pas mal nos émotions : on n'en vient jamais aux larmes, mais on ne rit pas non plus à gorge déployée...

De ce fait, je n'ai rarement eu d'émotion forte en lisant ce livre, qui alterne entre le chaud et le froid. Mais, j'ai apprécié plonger dans une certaine ambiance, dans un ailleurs, un autre temps... et découvrir les vies de ces personnages, tout en relief.

Une certaine perception des années de plomb brésiliennes (Chumbo)...

à lire et à relire.
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L'histoire brésilienne du XXème siècle en un peu moins de quatre-cent pages, et plus précisément celle de l'état du Minas Gerais, le coeur de l'industrie minière du Brésil : c'est le programme que nous propose Matthias Lehmann.

Il nous fait découvrir le quotidien de la famille Wallace, propriétaire d'une concession minière menacée par les ouvriers grévistes. Si l'histoire est surtout centrée sur les deux frères, Severino et Ramirez, chaque membre de la famille mérite un petit arrêt sur image : un père bien décidé à faire plier ses ouvriers, quitte à les bastonner, une mère désillusionnée attendant que son mari passe l'arme à gauche, une fille ainée dévote et plus conservatrice que l'ensemble de la fratrie, une autre fille qui s'amourache des journalistes communistes, et la dernière qu'un rien effraie.

Les années s'écoulent, et l'on voit ce joli petit monde balloté de droite à gauche par les évènements qui secouent le Brésil, entre militantisme et arrivée de la gauche au pouvoir, puis tractations politiques et alliances entre industriels et conservateurs qui mènent à la dictature militaire et à son lot d'horreur.

Le principal intérêt de cette bande dessinée est qu'elle montre les trajectoires de chacun des personnages et les mouvements sociaux qu'ils traduisent : jeune fille d'une famille pauvre devenant professeur à l'université, gérant bourgeois doublé par son associé, homme de main plutôt niais devenant un des tortionnaires les plus retors de la dictature, et j'en passe.

Le récit peut sembler un peu indigeste au premier abord, et manque de repères pour un lecteur qui ne serait pas familier de l'histoire brésilienne ; mais j'ai beaucoup aimé la manière qu'à l'auteur de passer d'un monde à l'autre : salons de Belo aux favelas sordides, rues surpeuplées à la jungle…pas forcément moins agitée !

Le style de dessin n'est pas celui que je préfère, mais mention spéciale tout de même aux nombreuses cases où le père embarque sous son bras ses deux fistons à la mine déconfite, ou aux nombreuses scènes de turluttes en tout genre qui parsèment le récit, pour ne pas ternir la sulfureuse réputation du géant sud-américain !
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critiques presse (9)
LeMonde
18 décembre 2023
Le rapport entre les classes, l’émancipation féminine et la difficulté à s’affranchir de sa condition sociale jalonnent ce tableau au style hachuré, riche en emprunts iconographiques des époques visitées, à rebrousse-poil des nombreux clichés qui accompagnent le Brésil.
Lire la critique sur le site : LeMonde
BoDoi
29 septembre 2023
Chacun des ses personnages se veut ainsi le reflet d’une frange de la population, l’auteur réalisant ainsi un kaléidoscope d’une société meurtrie mais ô combien riche d’une culture emblématique.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Culturebox
11 septembre 2023
Ce livre est presque aussi monumental que le pays dont il parle. [...] Par-dessus tout, "Chumbo" illustre la question du déclassement. Ici, les névroses familiales font écho à celles du pays tout entier.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Telerama
11 septembre 2023
L’auteur de “La Favorite” a exploré trois ans durant ses origines brésiliennes. Entre invention et BD documentaire, il livre une immense fresque sur ce pays marqué par la dictature des années de plomb.
Lire la critique sur le site : Telerama
Auracan
07 septembre 2023
Difficile de résumer ce passionnant opus de près de 400 pages tellement il s’avère foisonnant, balayant les affres d’un pays jadis sous dictature et en constante reconstruction au travers de la vie d’une famille brésilienne confrontée aux difficultés politiques et aux conditions sociales souvent si difficiles.
Lire la critique sur le site : Auracan
LesInrocks
06 septembre 2023
Cette fresque familiale au noir et blanc somptueux parle du Brésil d’aujourd’hui en reconstituant celui d’hier.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
BDGest
01 septembre 2023
Bande dessinée totale, dense, âpre et légère à la fois, Chumbo est une lecture au long cours qui nécessite un peu de temps devant soi et un minimum d’attention. L’effort est cependant largement récompensé par un palpitant voyage historico-géographique en terre sud-américaine.
Lire la critique sur le site : BDGest
Bedeo
30 août 2023
Jolie et épaisse, tranche de vie du Brésil, "Chumbo" est un roman graphique qui pourrait bien devenir culte...
Lire la critique sur le site : Bedeo
LeMonde
28 août 2023
Le rapport entre les classes, l’émancipation féminine et la difficulté à s’affranchir de sa condition sociale jalonnent ce tableau au style hachuré, riche en emprunts iconographiques des époques visitées, à rebrousse-poil des nombreux clichés qui accompagnent le Brésil.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
J’en ai connu pas mal / Des types bien pourris
Y en a un pas banal / Qui te sourit la nuit
Mais quand vient le matin / Le gars t’assassine
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- Je vous signale que nous n'avons pas pour habitude de pactiser avec la bourgeoisie!
- Voyons, "la bourgeoisie n'est pas une classe, c'est un état d'esprit"
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Videos de Matthias Lehmann (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Matthias Lehmann
À travers ses pages aux compositions inventives, qui empruntent à la caricature comme à la publicité ou au graphisme brésilien, l'auteur mêle aux histoires intimes la grande Histoire d'un pays fascinant, le Brésil.
S'inspirant de son histoire familiale, Matthias Lehmann réalise avec ce roman graphique une grande saga, où personnages et destins se croisent et se recroisent.
- Chumbo, de Matthias Lehmann chez Casterman. https://www.lagriffenoire.com/chumbo.html
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