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ISBN : 226623028X
Éditeur : Pocket (12/07/2012)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 148 notes)
Résumé :
Ce dimanche soir, tes jours d'homme m'ont filé entre les doigts. Au presque-commencement de ma vie, je t'ai perdu, toi avec qui je voulais la finir.
La voix blanche et la colère noire, j'ai eu beau t'appeler, tu étais déjà parti, loin. Ta vie, minuscule tourbillon de quelques lunes et soleils, cessait là de tournoyer, sur le rivage carrelé blanc et glacé d'un hôpital.
Je fais le rêve que l'on nous redonne une poignée d'heures, ravies entre le tomber d'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
  12 décembre 2014
J'ai découvert David Lelait totalement par hasard avec son superbe roman « Sur l'épaule de la nuit »,
Une vieille dame se souvient de son amour de jeunesse. Un amour immense qui n'a duré qu'une journée.
Dans « Poussière d'homme » David Lelait nous parle encore d'amour, de l'amour qu'il a ressenti pour son compagnon que la maladie lui a arraché.
Un texte poignant, d'une beauté incroyable.
Les mots sont justes, les phrases simples pour décrire le sentiment amoureux et la perte de l'être aimé.
« "Perdre l'autre, c'est vivre en exil et n'avoir plus, de son pays, entre les mains, qu'une infime poignée de terre."
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Moovanse
  28 octobre 2014
Le choix d'un livre tient parfois à peu de choses … ici, c'est d'abord une couleur de ciel qui m'attire, celle de la couverture, un dégradé de bleus, du sombre à l'éclatant, une lumière de mer qui s'épuise doucement sur le sable beige. Et puis un titre : « Poussière d'homme », deux mots blancs, cinglants, jetés dans tout ce bleu immense, esquisse déjà, et prémices d'un éphémère, d'un perdu, d'un jamais plus, cendres d'une étoile à jamais devenue filante.
Curieuse, je lis alors les premières lignes de cet auteur que je ne connais pas … me laisse facilement convaincre par une entame bouleversante, poignée de mots forts, si intimement enlacés dans la pensée de l'Autre qui manque, cruellement.
" Ce dimanche 3 avril, au soir, tes jours d'homme m'ont filé entre les doigts. Au presque commencement de ma vie, je t'ai perdu, toi avec qui je voulais la finir… Ta vie, minuscule tourbillon de quelques lunes et soleils, cessait là de tournoyer, sur le rivage carrelé blanc et glacé d'un hôpital. Un an sans toi, il y a trop longtemps, il y a si peu. Mais l'absence se rit du temps, elle déchire les calendriers, dérègle les horloges, rend folles leurs aiguilles.
L'absence est un compagnon fidèle qui ourle désormais mes chemins d'exilé.
Je fais le rêve que l'on nous redonne quelques instants, une poignée d'heures d'une toute petite nuit, ravies entre le tomber d'un jour et le lever d'un autre. Ce ne sera qu'un infime moment, juste de quoi refermer les portes de notre vie ensemble, nous serrer une dernière fois l'un contre l'autre avant que nos corps ne volent en éclats. Une minuscule escale pour rattraper ce temps échappé, arraché, et te dire l'après-toi, le sans-toi, la béance à chaque seconde de mes jours, la douloureuse colère depuis ta vie suspendue, l'amour de toi qui me cogne au-dedans sans jamais plus te parvenir…
Ensemble encore quelques heures, pour une volée de mots, jusqu'à nos adieux, quand mes lèvres en seront à lâcher les tiennes pour frôler le vide, embrasser l'absence … »
L'écriture restera ainsi jusqu'au bout, pudique, poétique, sensible, douloureusement mais incroyablement lumineuse.
On ne sort pas indemne de cette lecture, touché par cette histoire somme toute banale (la perte d'un être cher) mais dont l'Amour ne l'est pas, tant il est sincère, profond, puissant et … éternel.
Un cri d'Amour éblouissant.
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fee-tish
  05 décembre 2012
Avant même d'ouvrir ce livre, je savais que les 125 pages à venir étaient un concentré d'amour et de tristesse. Je n'ai pas été déçue. Ce livre est une véritable déclaration d'amour post-mortem.
Le narrateur est un homme détruit. Un homme remplit du vide de l'autre. L'autre, c'était l'homme de sa vie. Celui avec qui il pensait finir ses jours et vivre encore tant et tant de choses. Mais la maladie en a décidé autrement. Un lymphome, une chimiothérapie, des séjours à l'hôpital et puis le dimanche 3 avril où tout s'est terminé.
Cette histoire, c'est celle de David Lelait et de son compagnon, disparu trop tôt. Car c'est toujours trop tôt quand il s'agit de votre moitié. Quand elle meurt, c'est un peu de vous qui part avec elle.
Dans ce très court roman, beaucoup de thèmes sont évoqués, dont le principal est la force du sentiment amoureux, qui devient une douleur extrême quand on ne peut plus sentir l'être aimé, le toucher, l'entendre, le voir sourire.
Il y a aussi l'homosexualité bien sûr, qui se révèle d'une beauté sans égale car ici, l'accent est mis sur l'amour entre deux personnes. Ce pourrait être un homme et une femme, une femme avec une femme, ce serait la même chose : cela n'aurait pas rendu le récit plus ou moins fort.
Et puis évidemment, le thème qui reste prédominant, c'est la mort et tout ce qui l'entoure. Tout d'abord, le fait que nous vivons dans une société où la mort est invisible. On ne veut pas en parler. Aussi ne nous étonnons pas qu'elle soit si difficile à gérer lorsqu'elle arrive.
Cette lecture a été un moment magnifique. Une déclaration d'amour comme on aimerait en recevoir. Les larmes ne sont jamais loin, et pourtant je n'en ai pas versé car il n'y a rien de mélodramatique. Mais il est vrai que l'auteur a un don exceptionnel pour transmettre par écrit toutes sortes d'émotions. L'impression de vivre sa tristesse est sans cesse palpable.
Je vous recommande vivement ce roman.
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letitbe
  26 août 2015
Convaincue par les éloges qui encensaient ce livre, je me suis laissée tenter d'autant que j'avais apprécié "C'était un samedi" du même auteur.
Difficile d'être insensible au thème de ce livre : la perte de l'être aimé, la douleur de celui qui reste.
L'histoire du couple, les souvenirs évoqués, la perte, la douleur, les étapes du deuil. Tout cela est bien évoqué.
Mais voilà, je n'ai pas été bouleversée par cette histoire. le style, trop emphatique, trop lyrique, excessif, m'a dérangée et parfois agacée.
Mes plus belles émotions littéraires je les ai trouvées dans des textes écrits sans fioritures. L'émotion , à mon sens, doit être perçue dans les non-dits et non être exprimée à force de tournures de style trop démonstratives. C'est pour ça que je n'ai pas été entièrement convaincue par ce livre.

Commenter  J’apprécie          120
amaryllis
  26 janvier 2014
J'ai découvert cet auteur en lisant C'était en mai, un samedi, un roman sur Dalida où l'auteur imaginait qu'elle téléphonait à une inconnue avant de mettre un terme à sa vie. C'était magnifique !
L'histoire de ce récit autobiographique est simple : une histoire d'amour entre deux hommes, séparés par la maladie et la mort. C'est le récit d'une fin de vie et d'un hommage à l'histoire d'amour de deux hommes.
Alors, pour résumer, c'est simple, c'est beau et c'est puissant. C'est un récit assez court, que j'aurai pu lire en quelques heures, mais cela remue tellement de choses en vous, que j'ai fait une petite pause, l'émotion est forte. Cela vient aussi de l'écriture, les phrases sont simples, les expressions sont choisies avec soin. C'est fin. Touché !
C'est aussi cette impression d'être proche, d'être dans l'intimité de ces personnes, non pas de les connaître, mais on est dans le registre de la vie ordinaire : la mort, l'amour... j'ai presque envie de dire du banal en littérature. Mais, rien de banal dans cette histoire, les sentiments sont extraordinairement forts. Il est même difficile de décrire ce récit. Il marque profondément. Finalement même si ce récit est celui d'une vie, d'un homme, on est touché car il atteint l'universalité. Et c'est ce que j'avais aimé dans le livre avec Dalida, et que je retrouve ici, ce n'est pas tant le personnage réel qui compte pour nous en tant que lecteur, ce sont les sentiments, cette beauté des sentiments, cette fragilité du bonheur et de la vie. Des choses qui nous parlent, qui résonnent en nous... Mais attention rien de déprimant, c'est triste d'accord, mais c'est beau, plein de force aussi, un livre qui nous anime.
A lire pour découvrir une belle histoire d'amour, la douleur, l'absence, pour s'émouvoir et peut-être pleurer, pour voir la beauté aussi.
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
PusziPuszi   05 mai 2014
p. 31 "C'est un amour facile, sur lequel on ne pose pas de mots. Mieux vaut le faire qu'en parler. Il roule léger. Il n'est pas de ceux auxquels on s'oblige pour ne pas vivre seul ou pour tromper l'ennui. pas de ces amours que l'on couche sur un faire-part, que l'on grave dans les registres de l'état civil, pas de ceux qui donnent des enfants ou tiennent des promesses pour l'avenir du monde, pas non plus de ceux dont la passion vous brûle et vous dévore. Juste un amour qui souffle sur le coeur, juste le plaisir sans les devoirs, la caresse sans la gifle, le baiser sans la morsure.
Je ne tombe pas amoureux, je m'élève amoureux."

p. 38 "L'absence, c'est le vide intersidéral, ce décor un peu flou qui tourne autour de moi mais sans moi, des silhouettes désarticulées et sans visage qui s'agitent dans la brume. Vivre l'absence, c'est avoir la respiration difficile et le corps engourdi. c'est une maladie qui épuise, coupe l'appétit et morcelle le sommeil. C'est une maladie dont on est certain, à plus ou moins long terme, de mourir. L'absence est physique, elle s'inscrit dans le corps.
Perdre l'autre, c'est renoncer à une intimité et à une communication uniques. je suis démuni sans cette oreille attentive, cette parole apaisante, cette présence évidente. La vie nous apprend à acquérir, à conquérir, rarement à nous dessaisir. La dernière vague du bain de minuit est moins caressante., le café du matin n'est plus assez corsé, le sommeil était réparateur, il est désormais une fuite.
Perdre l'autre, c'est vivre en exil et n'avoir plus, dans son pays, entre les mains, qu'une infime poignée de terre. Une terre dont on est certain qu'elle ne donnera pas de fleurs. C'est enfermer au fond d'une valise de carton bouilli les reliques du temps d'avant, quelques photos quelles ans pâliront, des vêtements imprégnés d'une odeur qui disparaîtra bientôt. C'est conjuguer le présent au passé, parler une langue que personne ne comprend, lire et relire un livre merveilleux dont personne, n'a entendu parler."

p. 95 "Une part de moi gît désormais emmurée sous ce couvercle, je mesure combien je ne serai plus jamais exactement le même, plus jamais vraiment entier. Que l'on me pardonne si, à partir de cet instant, je me dérobe parfois aux regards pour fuir dans un lieu mystérieux et invisible où te retrouver. Si je semble m'effacer, m'absenter, il faudra comprendre qu'à cet instant, je cours vers toi."

p. 115 "La solitude ne me pèse pas, je la cultive au contraire. Il me faut voyager en moi... et surtout, pour l'heure, n'y croiser personne. J'ai à faire cavalier seul avec la tendresse de mes souvenirs, à palper sous mes doigts la chair vive de ma blessure."
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meellymeelly   13 juillet 2012
Ton absence est une corde qui m’étrangle, vole mon souffle et me brûle la chair aussi fort que je me débats. Parfois je me cramponne à elle pour retrouver mon chemin jusqu’à la surface du monde.
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meellymeelly   13 juillet 2012
Je ne tombe pas amoureux, je m’élève amoureux. Je t’aime comme on s’élève et grandit, comme on se hausse sur la pointe des pieds pour apercevoir la mer de l’autre côté de la barricade. Je t’aime en liberté.
Commenter  J’apprécie          170
GrouchoGroucho   31 août 2015
L'absence, c'est le vide intersidéral, ce décor un peu flou qui tourne autour de moi mais sans moi, des silhouettes désarticulées et sans visage qui s'agitent dans la brume. Vivre l'absence, c'est avoir la respiration difficile et le corps engourdi. c'est une maladie qui épuise, coupe l'appétit et morcelle le sommeil. C'est une maladie dont on est certain, à plus ou moins long terme, de mourir. L'absence est physique, elle s'inscrit dans le corps.
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calypsocalypso   29 juillet 2017
Ce dimanche 3 avril, au soir, tes jours d’homme m’ont filé entre les doigts. Au presque commencement de ma vie, je t’ai perdu, toi avec qui je voulais la finir. Nous avions oublié d’être mortels, le temps nous a rattrapés… La voix blanche et la colère noire, j’ai eu beau t’appeler, tu étais déjà parti, loin. Ta vie, minuscule tourbillon de quelques lunes et soleils, cessait là de tournoyer, sur le rivage carrelé blanc et glacé d’un hôpital. Un an sans toi, il y a trop longtemps, il y a si peu. Mais l’absence se rit du temps, elle déchire les calendriers, dérègle les horloges, rend folles leurs aiguilles. L’absence est un compagnon fidèle qui ourle désormais mes chemins d’exilé.
Je fais le rêve que l’on nous redonne quelques heures, une poignée d’heures d’une toute petite nuit, ravies entre le tomber d’un jour et le lever d’un autre. Ce ne sera qu’un infime moment, juste de quoi refermer les portes de notre vie ensemble, nous serrer une dernière fois l’un contre l’autre avant que nos corps ne volent en éclats. Une minuscule escale pour rattraper ce temps échappé, arraché, et te dire l’après-toi, le sans-toi, la béance à chaque seconde de mes jours, la douloureuse colère depuis ta vie suspendue, l’amour de toi qui me cogne au-dedans sans jamais plus te parvenir.
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