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EAN : 9782266230285
128 pages
Éditeur : Pocket (12/07/2012)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 182 notes)
Résumé :
Ce dimanche soir, tes jours d'homme m'ont filé entre les doigts. Au presque-commencement de ma vie, je t'ai perdu, toi avec qui je voulais la finir.
La voix blanche et la colère noire, j'ai eu beau t'appeler, tu étais déjà parti, loin. Ta vie, minuscule tourbillon de quelques lunes et soleils, cessait là de tournoyer, sur le rivage carrelé blanc et glacé d'un hôpital.
Je fais le rêve que l'on nous redonne une poignée d'heures, ravies entre le tomber d'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (69) Voir plus Ajouter une critique
Afleurdelivres
  24 février 2020
❤️💔Je referme ce sublime roman, ce déchirant hurlement d'amour à la sensibilité et la beauté inouïes, totalement bouleversée.
Ce livre est merveilleux. Merveilleux dans sa profondeur. Merveilleux dans l'amour inconditionnel qui en émane. Merveilleux dans sa force. Merveilleux dans sa poésie et son ardeur mais aussi sa pudeur.
Il a été écrit par David Lelait en 2006 suite à la mort de son compagnon d'une cruelle maladie pour dire « l'après toi, le sans toi, la béance à chaque secondes de mes jours ...l'amour de toi qui me cogne au dedans sans jamais plus te parvenir ».
De son écriture pulsionnelle il s'adresse à lui. Ses pensées,sa chair, ses sens sont polarisés sur lui.
Lui, dont l'absence devient « un compagnon fidèle qui ourle désormais mes chemins d'exilé ».
On le suit dans son « improbable voyage » pour accompagner dans sa Bretagne natale son désormais « Toi de poussière » confiné dans sa gangue d'albâtre blanc funéraire.
Il se souvient.
De leur rencontre, leur vie à deux, leur moments de joie et de fusion, l'annonce de la maladie, la peur, les soins à « l'usine-des-vies-fragiles » jusqu'à ses derniers mots qui ne le quitteront plus.
D'un soutien sans failles, il le sublime même dans sa décrépitude.
Attendant désespérément « l'habitude de l'absence », le deuil, ce « sorcier », lui semble impossible.
Le « nous » est obsessionnel, les mots destinés à le prolonger.
Le thème est tristement banal mais c'est son style flamboyant et sa densité qui confèrent au roman une singularité.
Un amour infini se dégage de chaque phrase vous jaillit en pleine face et vous saisit à même le corps.
Et puis la vie, la lumière reviennent par intermittence, marquées par l'abandon des anxiolytiques car «  la plaie doit maintenant respirer à l'air libre ».
Les dernières pages, bouleversantes, mêlent pulsion de vie et de mort jusqu'à l'acceptation de le laisser partir.
Et l'on se prend à espérer intensément que dans son éternité ces mots d'amour poignants et leur souffle soient parvenus à cet homme de poussière et que soient gravées à jamais dans l'immensité, parmi toutes les autres poussières agglomérées, les trois lettres de son prénom.
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isabelleisapure
  12 décembre 2014
J'ai découvert David Lelait totalement par hasard avec son superbe roman « Sur l'épaule de la nuit »,
Une vieille dame se souvient de son amour de jeunesse. Un amour immense qui n'a duré qu'une journée.
Dans « Poussière d'homme » David Lelait nous parle encore d'amour, de l'amour qu'il a ressenti pour son compagnon que la maladie lui a arraché.
Un texte poignant, d'une beauté incroyable.
Les mots sont justes, les phrases simples pour décrire le sentiment amoureux et la perte de l'être aimé.
« "Perdre l'autre, c'est vivre en exil et n'avoir plus, de son pays, entre les mains, qu'une infime poignée de terre."
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Moovanse
  28 octobre 2014
Le choix d'un livre tient parfois à peu de choses … ici, c'est d'abord une couleur de ciel qui m'attire, celle de la couverture, un dégradé de bleus, du sombre à l'éclatant, une lumière de mer qui s'épuise doucement sur le sable beige. Et puis un titre : « Poussière d'homme », deux mots blancs, cinglants, jetés dans tout ce bleu immense, esquisse déjà, et prémices d'un éphémère, d'un perdu, d'un jamais plus, cendres d'une étoile à jamais devenue filante.
Curieuse, je lis alors les premières lignes de cet auteur que je ne connais pas … me laisse facilement convaincre par une entame bouleversante, poignée de mots forts, si intimement enlacés dans la pensée de l'Autre qui manque, cruellement.
" Ce dimanche 3 avril, au soir, tes jours d'homme m'ont filé entre les doigts. Au presque commencement de ma vie, je t'ai perdu, toi avec qui je voulais la finir… Ta vie, minuscule tourbillon de quelques lunes et soleils, cessait là de tournoyer, sur le rivage carrelé blanc et glacé d'un hôpital. Un an sans toi, il y a trop longtemps, il y a si peu. Mais l'absence se rit du temps, elle déchire les calendriers, dérègle les horloges, rend folles leurs aiguilles.
L'absence est un compagnon fidèle qui ourle désormais mes chemins d'exilé.
Je fais le rêve que l'on nous redonne quelques instants, une poignée d'heures d'une toute petite nuit, ravies entre le tomber d'un jour et le lever d'un autre. Ce ne sera qu'un infime moment, juste de quoi refermer les portes de notre vie ensemble, nous serrer une dernière fois l'un contre l'autre avant que nos corps ne volent en éclats. Une minuscule escale pour rattraper ce temps échappé, arraché, et te dire l'après-toi, le sans-toi, la béance à chaque seconde de mes jours, la douloureuse colère depuis ta vie suspendue, l'amour de toi qui me cogne au-dedans sans jamais plus te parvenir…
Ensemble encore quelques heures, pour une volée de mots, jusqu'à nos adieux, quand mes lèvres en seront à lâcher les tiennes pour frôler le vide, embrasser l'absence … »
L'écriture restera ainsi jusqu'au bout, pudique, poétique, sensible, douloureusement mais incroyablement lumineuse.
On ne sort pas indemne de cette lecture, touché par cette histoire somme toute banale (la perte d'un être cher) mais dont l'Amour ne l'est pas, tant il est sincère, profond, puissant et … éternel.
Un cri d'Amour éblouissant.
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blandine5674
  15 juillet 2020
Livre qui m'a chamboulée. Triste puisqu'il s'agit de la perte d'une personne qu'on aime. Et le hasard a fait que je l'ai lu à la date d'anniversaire de la perte de mon meilleur ami, il y a deux ans. Beaucoup de descriptions m'ont ramené de beaux et tristes souvenirs. Peu importe que dans cette histoire c'est l'amour d'un homme pour un autre homme. Voir critique de Afleurdelivres qui, par son enthousiaste, m'a dirigée vers cette lecture et est plus complète que la mienne.
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fee-tish
  05 décembre 2012
Avant même d'ouvrir ce livre, je savais que les 125 pages à venir étaient un concentré d'amour et de tristesse. Je n'ai pas été déçue. Ce livre est une véritable déclaration d'amour post-mortem.
Le narrateur est un homme détruit. Un homme remplit du vide de l'autre. L'autre, c'était l'homme de sa vie. Celui avec qui il pensait finir ses jours et vivre encore tant et tant de choses. Mais la maladie en a décidé autrement. Un lymphome, une chimiothérapie, des séjours à l'hôpital et puis le dimanche 3 avril où tout s'est terminé.
Cette histoire, c'est celle de David Lelait et de son compagnon, disparu trop tôt. Car c'est toujours trop tôt quand il s'agit de votre moitié. Quand elle meurt, c'est un peu de vous qui part avec elle.
Dans ce très court roman, beaucoup de thèmes sont évoqués, dont le principal est la force du sentiment amoureux, qui devient une douleur extrême quand on ne peut plus sentir l'être aimé, le toucher, l'entendre, le voir sourire.
Il y a aussi l'homosexualité bien sûr, qui se révèle d'une beauté sans égale car ici, l'accent est mis sur l'amour entre deux personnes. Ce pourrait être un homme et une femme, une femme avec une femme, ce serait la même chose : cela n'aurait pas rendu le récit plus ou moins fort.
Et puis évidemment, le thème qui reste prédominant, c'est la mort et tout ce qui l'entoure. Tout d'abord, le fait que nous vivons dans une société où la mort est invisible. On ne veut pas en parler. Aussi ne nous étonnons pas qu'elle soit si difficile à gérer lorsqu'elle arrive.
Cette lecture a été un moment magnifique. Une déclaration d'amour comme on aimerait en recevoir. Les larmes ne sont jamais loin, et pourtant je n'en ai pas versé car il n'y a rien de mélodramatique. Mais il est vrai que l'auteur a un don exceptionnel pour transmettre par écrit toutes sortes d'émotions. L'impression de vivre sa tristesse est sans cesse palpable.
Je vous recommande vivement ce roman.
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
PusziPuszi   05 mai 2014
p. 31 "C'est un amour facile, sur lequel on ne pose pas de mots. Mieux vaut le faire qu'en parler. Il roule léger. Il n'est pas de ceux auxquels on s'oblige pour ne pas vivre seul ou pour tromper l'ennui. pas de ces amours que l'on couche sur un faire-part, que l'on grave dans les registres de l'état civil, pas de ceux qui donnent des enfants ou tiennent des promesses pour l'avenir du monde, pas non plus de ceux dont la passion vous brûle et vous dévore. Juste un amour qui souffle sur le coeur, juste le plaisir sans les devoirs, la caresse sans la gifle, le baiser sans la morsure.
Je ne tombe pas amoureux, je m'élève amoureux."

p. 38 "L'absence, c'est le vide intersidéral, ce décor un peu flou qui tourne autour de moi mais sans moi, des silhouettes désarticulées et sans visage qui s'agitent dans la brume. Vivre l'absence, c'est avoir la respiration difficile et le corps engourdi. c'est une maladie qui épuise, coupe l'appétit et morcelle le sommeil. C'est une maladie dont on est certain, à plus ou moins long terme, de mourir. L'absence est physique, elle s'inscrit dans le corps.
Perdre l'autre, c'est renoncer à une intimité et à une communication uniques. je suis démuni sans cette oreille attentive, cette parole apaisante, cette présence évidente. La vie nous apprend à acquérir, à conquérir, rarement à nous dessaisir. La dernière vague du bain de minuit est moins caressante., le café du matin n'est plus assez corsé, le sommeil était réparateur, il est désormais une fuite.
Perdre l'autre, c'est vivre en exil et n'avoir plus, dans son pays, entre les mains, qu'une infime poignée de terre. Une terre dont on est certain qu'elle ne donnera pas de fleurs. C'est enfermer au fond d'une valise de carton bouilli les reliques du temps d'avant, quelques photos quelles ans pâliront, des vêtements imprégnés d'une odeur qui disparaîtra bientôt. C'est conjuguer le présent au passé, parler une langue que personne ne comprend, lire et relire un livre merveilleux dont personne, n'a entendu parler."

p. 95 "Une part de moi gît désormais emmurée sous ce couvercle, je mesure combien je ne serai plus jamais exactement le même, plus jamais vraiment entier. Que l'on me pardonne si, à partir de cet instant, je me dérobe parfois aux regards pour fuir dans un lieu mystérieux et invisible où te retrouver. Si je semble m'effacer, m'absenter, il faudra comprendre qu'à cet instant, je cours vers toi."

p. 115 "La solitude ne me pèse pas, je la cultive au contraire. Il me faut voyager en moi... et surtout, pour l'heure, n'y croiser personne. J'ai à faire cavalier seul avec la tendresse de mes souvenirs, à palper sous mes doigts la chair vive de ma blessure."
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meellymeelly   13 juillet 2012
Ton absence est une corde qui m’étrangle, vole mon souffle et me brûle la chair aussi fort que je me débats. Parfois je me cramponne à elle pour retrouver mon chemin jusqu’à la surface du monde.
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meellymeelly   13 juillet 2012
Je ne tombe pas amoureux, je m’élève amoureux. Je t’aime comme on s’élève et grandit, comme on se hausse sur la pointe des pieds pour apercevoir la mer de l’autre côté de la barricade. Je t’aime en liberté.
Commenter  J’apprécie          180
calypsocalypso   29 juillet 2017
Ce dimanche 3 avril, au soir, tes jours d’homme m’ont filé entre les doigts. Au presque commencement de ma vie, je t’ai perdu, toi avec qui je voulais la finir. Nous avions oublié d’être mortels, le temps nous a rattrapés… La voix blanche et la colère noire, j’ai eu beau t’appeler, tu étais déjà parti, loin. Ta vie, minuscule tourbillon de quelques lunes et soleils, cessait là de tournoyer, sur le rivage carrelé blanc et glacé d’un hôpital. Un an sans toi, il y a trop longtemps, il y a si peu. Mais l’absence se rit du temps, elle déchire les calendriers, dérègle les horloges, rend folles leurs aiguilles. L’absence est un compagnon fidèle qui ourle désormais mes chemins d’exilé.
Je fais le rêve que l’on nous redonne quelques heures, une poignée d’heures d’une toute petite nuit, ravies entre le tomber d’un jour et le lever d’un autre. Ce ne sera qu’un infime moment, juste de quoi refermer les portes de notre vie ensemble, nous serrer une dernière fois l’un contre l’autre avant que nos corps ne volent en éclats. Une minuscule escale pour rattraper ce temps échappé, arraché, et te dire l’après-toi, le sans-toi, la béance à chaque seconde de mes jours, la douloureuse colère depuis ta vie suspendue, l’amour de toi qui me cogne au-dedans sans jamais plus te parvenir.
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GrouchoGroucho   31 août 2015
L'absence, c'est le vide intersidéral, ce décor un peu flou qui tourne autour de moi mais sans moi, des silhouettes désarticulées et sans visage qui s'agitent dans la brume. Vivre l'absence, c'est avoir la respiration difficile et le corps engourdi. c'est une maladie qui épuise, coupe l'appétit et morcelle le sommeil. C'est une maladie dont on est certain, à plus ou moins long terme, de mourir. L'absence est physique, elle s'inscrit dans le corps.
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