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Dominique Sila (Traducteur)
EAN : 9782070300143
368 pages
Gallimard (05/11/2004)

Note moyenne : /5 (sur 0 notes)
Résumé :

Si vos sujets vous manquent de respect, si vos voisins vous asticotent, si vos courtisans vous barbent, faites appel à Trurl et Klapaucius, les deux constructeurs cosmiques! Ils vous tireront d'affaire, que vous soyez robots ou visqueux. Leur imagination est débordante, leur technique hyper-perfectionnée, leur science insondable. Et, s'ils vous mettent dans un pétrin pis encore que le premier, eux sauront toujours, s'en tirer... Dans u... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  01 août 2015
Constructeurs de génie réputés dans le cosmos tout entier, Trurl et Clapaucius parcourent l'univers pour mettre leur talent au service de divers rois. Et les challenges qui leur sont proposés ont de quoi mettre leur intelligence à contribution : l'un, grand chasseur, veut un monstre enfin capable de lui résister, l'autre un conseiller parfait pour le guider dans toutes ses décisions, un dernier se libérer d'un amour impossible. Entre deux missions, les deux savants travaillent sur quelques projets de leur cru : une machine à l'intelligence parfaite, une machine à rimes capable de rivaliser avec les plus grands poètes, etc. Toutefois, les choses tournent rarement comme prévu…
J'ai eu un peu de difficultés à entrer dans ce recueil de nouvelles, car elles sont écrites sous la forme de contes philosophiques, ce qui n'est pas très habituel en science-fiction. Les tournures de phrases sont écrites dans un style « vieux français » (ou vieux polonais en l'occurrence) qui déconcerte au premier abord. Mais une fois ces surprises passées et assimilées, les histoires sont jouissives : énormément d'humour absurde et beaucoup de références et de clins d'oeil aux sciences modernes (physique quantique, cosmologie, intelligence artificielle, …).
J'ai découvert ce livre grâce à la bibliothèque de mon quartier, qui l'avait mis en avant sur ses rayons. Je l'ai emprunté sans rien connaître de l'auteur, et je ne regrette pas mon choix : j'ai passé toute ma lecture avec un sourire béat sur le visage (et sans doute un peu idiot, mais tant pis, ça en valait bien la peine!)
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gigi55
  20 janvier 2012
On découvre parfois par hasard des petits chefs d'oeuvre comme La Cybériade de Stanislas Lem. Dans cette série de 11 nouvelles philosophico -comiques St. Lem fait preuve d'une inventivité et d'une maîtrise rare. Les deux compères Trurl et Clapaucius parcourent les univers et les époques à la recherche de nouvelles missions au service desquelles ils pourront mettre leur science et leur savoir faire exceptionnel (construire entre autres toute sorte de machines plus folles les unes que les autres).
Ah ! j'oubliais de préciser que Trurl et Clapaucius sont des robots mais sont-ils si différents des hommes hormis leur absence d'humidité ?
Une traduction excellente de Dominique Silla procure un plaisir de lecture et une jubilation quasi-ininterrompue.

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evertoncapt
  04 mars 2014
Ce livre a été trop fou pour moi et j'ai eu beaucoup de mal à aller au bout. J'ai même été surpris que google lui rende hommage. Il n'y a pas de trame centrale dans ce recueil ni de logique, c'est peut-être ce qui plaît au geek de la silicon valley. Je suis un peu méchant et je vais modérer mon propos.
La plupart des nouvelles tiennent plus du techno conte de fée que de la S.F pure.
Trurl et Clapaucius sont des géo-trouvetout maladroits qui ne manqueront pas de vous surprendre bien que leur psychologie soit limitée (ce qui est assez proche de la littéraure communiste de manière générale et trés éloigné de Solaris autre livre de Lem qui est une merveille de psychologie). Mais on ne lit pas ce livre en espérant trouver de la finesse psychologique ni une morale mis à part "faites n'importe quoi il se passera toujours quelque chose". Nous sommes dans le registre du comique de situation décalé que l'on peut retrouver dans la littérature du moyen âge type roman de renard, (par bravade je n'ai pas voulu faire le parallèle avec les monthy python)
http://sfsarthe.blog.free.fr
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jamiK
  26 septembre 2014
Etonnant roman de science fiction écrit dans le style de Rabelais (le tiers livre) ou de Cyrano de Bergerac (l'auteur), voire Jonathan Swift (les voyages de Gulliver).
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NoniNomNom
  05 juin 2014
Ecrit dans les années soixante par l'auteur polonais Stanislas Lem, La Cybériade est un recueil de nouvelles qui prend place dans un univers de science-fiction on ne peut plus fantaisiste, où tout semble possible. Il met en scène deux personnages récurrents : les « constructeurs » Turl et Clapaucius, capables de tous les miracles mais dont les tentatives ne génèrent pas toujours les résultats voulus.
Au-delà de la naïveté ambiante qui se dégage du livre, néanmoins rédigé dans un bien beau français (traduit du polonais par Dominique Sila), Stanislas Lem pose des questions à tendance philosophiques, comme par exemple la recherche du meilleur moyen de faire le bien dans une société qui y est peu réceptive, et brasse des thèmes aussi variés que l'autonomie des robots ou encore l'intelligence artificielle (si on creuse un peu). Il se permet aussi, sous couvert d'histoires inoffensives, d'égratigner le voisin soviétique, quand il ne s'agit pas simplement de charger le nationalisme exacerbé et l'autorité sous toutes ses formes.
En bref, Stanislas Lem utilise un univers de conte de fée peuplé de robots facétieux pour poser tout un tas de questions et tenter d'y répondre sur le ton de la naïveté. La Cybériade est donc un recueil d'histoires plutôt divertissant et intelligent, qui a tendance à se bonifier au fil des pages, mais sur lequel le poids des ans commence doucement à se faire sentir.
Lien : http://nonivuniconnu.be/?p=2..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   01 août 2015
En vérité, au commencement, il n'y avait que la Ténèbre noirâtre, et, dans cette ténèbre, la Magnéticité qui triturait les atomes avec bonheur, car à force de se heurter l'un l'autre, en tourbillonnant, ils engendrèrent le protocourant et avec lui la Luminescence Première. Alors les étoiles s'enflammèrent, les planètes se refroidirent, et dans les profondeurs d'icelles, naquirent les Protomaches, toutes menues, qui engendrèrent les Protomachines, puis les machines primitives qui naquirent du souffle de la Sainte Statistique. Elles ne savaient poins encore compter, mais elles apprirent en moins de deux, à force de se mettre en quatre, et, grâce à l'évolution naturelle elles y parvinrent finalement en cinq secs. Enfin, elles engendrèrent les Multistats et les Omnistats, et c'est à partir de ces derniers que naquit le Robotopithèque qui engendra à son tour notre ancêtre l'Automatus Sapiens... ensuite, il y eut le robot des cavernes, puis les automates pastoraux ; et, lorsqu'ils se furent multipliés, des États entiers se formèrent. Les robots antiques produisaient l'électricité vitale à la main, par simple frottement, à la sueur de leur front. Chaque suzerain avait sa compagnie de preux, lesquels possédaient leurs serfs ; et ainsi, chacun frottait l'autre hiérarchiquement, du bas en haut de l'échelle sociale, dans la mesure de ses forces. Enfin, la mécanisation remplaça le travail manuel, lorsqu'un dénommé Quenouïe Symphilon inventa le frottoir, et que Gruaux de Parésie mit au point sa gaule à attirer la foudre. Cela inaugura l'âge d'accu, époque sévère pour tous ceux qui ne possédaient point leurs propres biens accumulatoriaux ; le sort de nos ancêtres dépendant du ciel, car lorsqu'il faisait beau, n'ayant point de batterie et ne pouvait traire les nuages, ils devaient amasser en mendiant watt après watt. Les temps étaient durs, car quiconque cessait de frotter ou de traire les nuages périssait misérablement après s'être déchargé. C'est alors que surgit ce magister diabolique, ce combinard, cet intellectuel rationalisateur, qui, par l'intervention de Satan, n'avait point trouvé au berceau d'âme charitable pour lui broyer le mufle en menus morceaux ; et le sieur se prit à enseigner et transmettre que les méthodes traditionnelles de liaison électrique, c'est-à-dire les circuits en parallèle, ne valaient rien ; il fallait dorénavant se relier dans l'esprit de ses nouveaux schémas, en série. Car lorsqu'un robot placé dans un rang se frotte, cela a pour effet d'alimenter les autres, mêmes les plus éloignés, et le courant jaillit alors abondamment chez tous, jusqu'aux écrous du nez. Il exposa si bien son projet, promettant à tous un avenir électradieux, que l'on se hâta de débrancher les anciens circuits parallèle centripètes et de mettre en vigueur la nouvelle électrotechnique kawotique.
[...]
Il advint alors que la moitié de la population, mettant les pieds sur la table, décréta : "Pourquoi se fatiguer à frotter ? Que le voisin le fasse donc à ma place !" Or le voisin tenait le même discours, à rebours s'entend ; et bientôt, la chute de tension fut si violente qu'il fallut adjoindre à chacun des controligateurs spéciaux, eux-mêmes encadrés par d'autres fonctionnaires de cadre supérieur. C'est alors qu'intervint l'un des disciples de Malepuce, répondait au nom de Célesius le Mystifique ; il proposa une légère modification : au lieu de se frotter soi-même, chacun frotterait l'autre ; puis il y eut Gaffus Altrucius, auteur d'un projet de batteurs-tourmenteurs, Macondrel Jagatte, qui suggéra de fonder des clubs et des cours locaux de massage ; puis un nouveau théoricien électrique lui succéda, Avoton Gargosier, lequel demanda à chacun de ne plus traire les nuages en les malmenant, mais simplement de les chatouiller délicatement, c'est-à-dire avec gentillesse, jusqu'à ce qu'ils finissent par céder leur courant. Après quoi il y eut Fracaston de Leyde, puis Zéron de Nullée, lequel suggéra d'installer des auto-grattes, appelées frictes ou frotissoirs ; puis Trichard de Jeumonfoux, lequel recommanda de battre et frotter tout ce qui vous tomber sous la main, en usant de la force si nécessaire. Or, en raison de toutes ces dévergences d'opinions, il s'ensuivit certaines frictions, lesquelles frictions entraînèrent des anathèmes, lesquels anathèmes excitèrent les blasphémateurs, lesquels blasphémateurs molestèrent à coups de pied Pharius Buttefrappe, prince héritier du trône des Tôlassiers.
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LuniverLuniver   29 juillet 2015
Et, tant bien que mal, ils s'attelèrent à [trouver l'algorithme du monstre]. Ces expériences consistaient à confectionner un modèle du roi Férotien et du monstre, tous deux exclusivement sur le papier, vu que cela s'effectuait de mathématique façon. Trurl manœuvrait le premier, Clapaucius le second. Et ils joutèrent ainsi dessus les blancs feuillets qui jonchaient la table, avec une si mâle vigueur que les tire-lignes éclatèrent à l'intérieur de leur compas. Et le monstre frétillait furieusement, vomissant force intégrales indéfinies, ployant sous le choc des royales équations ; tantôt il s'effondrait, désarticulé en un ensemble innombrable d'inconnues, tantôt il se redressait, soudainement relevé à quelque puissance supérieure, tandis que le roi l'estourbissait à coups de différentielles, faisant voler en éclats les opérateurs fonctionnels et déchaînant un si grand chambardement algébrique et non linéaire qu'aucun de nos constructeurs ne sut ce qu'il était advenu du monstre, vu qu'ils s'étaient tous deux escamotés dans l'épouvante chaos des signes gribouillés. [...] Le roi fonçait, suivi de tous ses cruels coefficients, se fourvoyant en la forêt des signes triples, revenait sur ses traces, attaquait le monstre en quatrième vitesse, que dis-je, jusqu'à la cinquième factorielle, tandis qu'icelui se décomposait en cent horribles polynômes, perdant au passage un x et deux y ; puis il parvint à se glisser sous un trait de fraction, se quadrupla sans tarder, et d'attaquer si gaillardement le flanc de la personne royale ainsi mathématisée que toute l'équation fut ébranlée par cette arithmétique gifle. Alors, Férotien s'enveloppa d'une non linéaire cuirasse, atteignit un point situé à l'infini, revint en force et de bailler un coup dessus la gueule du monstre après avoir franchi allègrement toutes ses parenthèses ! Ce qui fit que son logarithme fut balayé à l'avant, tandis que sa puissance s'effondrait à l'arrière. Alors, rétractant ses antennes, il dégaina sa covariance, tandis que les crayons volaient de toute part, et vlan ! pif ! paf ! que je te rosse, manant, à coups de transformations sur l'échine ! Voilà pour ton insolence ! Le roi, ainsi simplifié, se met à trembler tout entier du numérateur au dénominateur, puis le voici qu'il s'étale de tout son long !
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LuniverLuniver   30 juillet 2015
C'est alors que le génial Cérébron résolut de s'attaquer à ce problème avec des méthodes rigoureuses et découvrit subséquemment trois sortes de dragons : les neutres, les imaginaires et les négatifs. Comme il est dit plus haut, ni les uns ni les autres n'existent ; mais chacun d'entre eux le fait de façon radicalement différente. Pour ce qui est des hydres imaginaires et neutres, que les spécialistes appellent "virtuons" et "zérons", la manière dont elles manifestent leur inexistence est nettement moins intéressante que celle des négatives.
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LuniverLuniver   31 juillet 2015
Cette guerre fit rage pendant trente-huit ans, puis dura encore douze années, car à la fin, ne pouvant discerner, parmi les monceaux de décombres, qui avait eu le dessus, l'on dut recommencer à se battre depuis le début.
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anaximandre54anaximandre54   16 août 2021
-Je n'y comprends rien. Ce n'était pourtant qu'un modèle ! Un simple processus comptant de nombreux paramètres, un entraineur monarchique, une imitation forgée à partir de circuits variables couplés dans un multistat..., marmonna Trurl stupéfait et abasourdi.
-Certes. Mais tu as commis l'erreur impardonnable qui provient d'une trop grande perfection imitatrice. Ne voulant point te contenter d'un simple mécanisme d'horlogerie, tu as élaboré, sans le vouloir, à cause même de ton excessive méticulosité, une structure possible et nécessaire, c'est-à-dire le contraire d'un mécanisme...
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