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EAN : 9782702149201
349 pages
Éditeur : Calmann-Lévy (03/02/2010)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.92/5 (sur 1013 notes)
Résumé :
Alain Delambre est un cadre de cinquante-sept ans complètement usé par quatre années de chômage. Ancien DRH, il accepte des petits jobs qui le démoralisent. Au sentiment d’échec s'ajoute bientôt l'humiliation de se faire botter les fesses pour cinq cents euros par mois... Aussi quand un employeur, divine surprise, accepte enfin d'étudier sa candidature, Alain Delambre est prêt à tout, à emprunter de l'argent, à se disqualifier aux yeux de sa femme et de ses filles, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (214) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  22 juin 2014
Il y a des écrivains qui racontent toujours la même histoire et dont on se lasse au 3ème livre... Ce n'est pas le cas pour Pierre Lemaitre qui m'a emballée avec Cadres noirs, plus encore qu'avec Robe de marié ou Alex !
Pourtant, on retrouve des points communs avec ses autres livres, à savoir un certain machiavélisme et beaucoup de tendresse. Machiavélique, cette histoire d'un quinquagénaire ex-DRH et désormais chômeur de longue durée qui dérape ? Oh oui, sans aucun doute, mais je vous laisse découvrir vous-mêmes en quoi ! Tendre aussi, dans la peinture de ce vieux couple uni et amoureux, ou de ce père lucide mais plein d'amour pour ses grandes filles. Cette vision douce et chaleureuse du couple m'avait déjà frappée dans Robe de marié, là c'est pareil avec juste 25 ans de plus...
Au-delà de ces marques de fabrique de Pierre Lemaitre, le livre est très surprenant, plein de rebondissements, d'enquêtes et de jeux de pouvoir, mais aussi de réflexion sur le monde de l'entreprise et du travail. Étant moi-même cadre (avec la même formation qu'un des cinq cadres noirs... mais un poste bien moins prestigieux) et fondamentalement favorable à l'entreprise privée classique (après une mauvaise expérience dans un établissement semi-public), je dois avouer que le livre m'a fait réfléchir à certaines de mes convictions, notamment sur la discrimination anti-senior, le prêt-à-manager sans morale ou les activités aberrantes en séminaire. Même si le monde de l'entreprise tel que je le connais est bien loin de Cadrz noirs, et heureusement !
Bref, je vais terminer par le jeu de mot éculé : avec ses Cadres noirs, Pierre Lemaitre montre qu'il est vraiment le maître, du suspense, des héros brillants mais un peu cinglés et des histoires compliquées. J'en veux encore !
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Lutvic
  08 novembre 2018
J'ai mauvais caractère. J'ai l'habitude de prendre une pause-déjeuner en mangeant léger devant Babelio : façon de dire à mon patron que je suis là tout en n'y étant pas, une torture pour lui. En plus, je lis sur ce que les gens lisent : terrible perte de temps qui le fait se tordre de souffrance. Je me délecte à le supplicier souvent comme ça, ce qui augmente mon plaisir gustatif et celui de mes lectures également.
Avec ce notoire mauvais caractère j'ai choisi, les yeux fatigués, parmi les titres restant de la Masse critique, un livre audio ; quel doux repos, qu'on me lise un bouquin pendant que je regagne de la force oculaire après une journée de boulot devant un écran, deux chats à mes côtés et un troisième aux pieds, au lit, pensais-je. Je l'ai choisi vite fait, sans aucune attention à l'auteur, uniquement par mauvaise foi : tout ce qui m'avait retenue était une mention sur son sujet lié, parait-il, au chômage ; je brûlais d'envie de massacrer un texte, encore un, qui ne pourrait être que profondément faux, au mieux d'une bien-pensance écoeurante sur cette réalité protéiforme que j'ai intimement explorée. Parce qu'un texte polémique est très facile à écrire, il se tricote tout seul, aucun effort à faire à part distiller sa bile noire.
Je suis faite comme une rate.
Je me suis trouvée dans une souricière d'émotions, d'intelligence et mélancolies.
Peu après la réception du CD-ROM, j'ai écouté jusque tard dans la nuit "Cadres noirs", en admirant la profondeur et la noirceur de la vie d'Alain Delambre, victime quoi qu'il fasse, et pour qui il sera toujours trop tard, dès qu'on l'aperçoit et jusqu'à ce qu'on le quitte - à regret.
Alain Delambre n'est pas un révolutionnaire et n'aurait pas envie de tout remettre en question. Il voudrait juste un boulot, si possible accommodant et en accord avec ses compétences et ses réflexes (plutôt d'exécutant consciencieux que de manager, encore moins d'innovateur ou de concepteur), pour qu'il ne déçoive pas sa bien-aimée et ses filles, à ses 57 ans. Et pour qu'il puisse continuer à payer sagement le crédit de l'appartement.
Mais à travers la rage tragique qui s'emparera de lui, rien ne lui sera épargné - ni l'éclat de la folie, ni la solitude -, et il fera le tour de toutes les relations de force et de domination qui composent la supercherie énormément grotesque de ce que l'on appelle aujourd'hui travail.
Le meurtrier - au propre et au figuré - monde du travail se trouve reflété dans les contorsions d'un thriller magistral.
Pierre Lemaître nous force à espérer naïvement, jusqu'à la fin, qu'Alain Delambre retrouve le goût du bonheur.
Ça serait ne pas assez prendre en compte l'une des phrases-clé du livre : "l'espoir... est une saloperie inventée par Lucifer pour que les hommes acceptent leur condition avec patience".
Après ce petit catharsis à portée de main, survenu tard dans la nuit, le matin je suis retournée au boulot.
Pour pouvoir continuer à payer sagement mon loyer.
En attendant la pause-déj, salade composée de légumes et d'errances sur Babelio...


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Jolap
  25 juin 2018
DANS LE VIF DU SUJET :
JE VOULAIS SEULEMENT TRAVAILLER;
« Je m'appelle Alain Delambre. J'ai cinquante-sept ans. Je suis cadre au chômage. »
« Au début, ce boulot du matin, aux messageries pharmaceutiques, je l'ai pris pour m'occuper. du moins c'est ce que j'ai dit à Nicole mais ni elle ni les filles n'ont été dupes. A mon âge, on ne se lève pas à 4 heures du matin pour 45% du SMIC dans le seul but de faire bouger ses articulations. »
L'ENGRENAGE
« Papa, je suis désolée je ne peux pas »
« J'ai honte mais je suis efficace »
« Je ferme les yeux parce que j'ai conscience de mon ignominie. Ce que le système social est entrain de me faire, je ne le pardonnerai jamais.
D'accord, je plonge dans la boue, je suis ignoble, mais en échange, que le dieu du système me donne ce que je mérite. Qu'il me permette de revenir dans la course, revenir dans le monde, être humain de nouveau. Vivant. Et qu'il me donne ce boulot. »
« Mais il était dit que rien ne se passerait tel que je le prévoyais. »
« Pour trouver un job, je croyais que j'étais prêt à tout, mais c'était sans penser à la prison. J'ai tout de suite vu que je n'avais aucune des qualités génétiques nécessaires pour survivre dans un pareil endroit. Dans la généalogie darwinienne de l'adaptation au milieu carcéral, je suis tout en bas de l'échelle. »
LE VIN EST RENVERSE
« Me vider la tête. M'abrutir de mots. Ne penser à rien de concret. Se maintenir au niveau des idées. Conceptualiser……..trouver une issue. Je ne trouve rien. Quoi d'autre ? Contourner l'obstacle ; Je ne trouve rien. Quoi encore ? Proposer une alternative. Je ne trouve rien.
UNE CONCLUSION OFFICIELLE SURPRENANTE .
« Tous les médias sont là. Ça crépite de partout »
« Dès que l'avocat général intervient, le public gronde sourdement. On dirait l'entrée en scène de Judas dans un mystère du moyen-âge. »
« Les jurés reviennent. Il est onze heures. Silence solennel. le président intervient. Les mots défilent. Les questions résonnent. »
RETOURNEMENT DE SITUATION IMPRESSIONNANT.
« Je vais me battre jusqu'au bout. Je le sais, par bonheur, ce que je vais lui rapporter va la réconcilier avec tout, soigner toutes les plaies, effacer tous les stigmates. Je rentre la retrouver, riche d'une vie réconciliée avec son avenir. Je rentre avec la solution à tous nos problèmes, sans exception. »
Et moi? ce que je viens de lire? J'en pense quoi?
Pierre Lemaître plane au-dessus de la logique et joue avec nos nerfs. Son personnage principal Alain Delambre nous est présenté, anéanti, vouté, humilié. Mais il mijote Alain Delambre. Il va aller très loin. Il prend des risques, manipule, tricote un scénario avec des mailles tellement serrées qu'il nous est impossible de voir à travers ! Perdu pour perdu autant jouer le grand jeu..
Avec ce thriller au rythme soutenu nous parcourons les chemins noirs et caillouteux d'une des condamnations les plus douloureuses qui soient : la privation d'emploi. De rebondissement en rebondissement nous sommes ahuris. Nous n'en revenons pas.... ou difficilement!
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caro64
  02 avril 2011
Quatre années de chômage pour un cadre de cinquante sept ans, Alain Delambre, ancien DRH, quatre années de galère, de démarches infructueuses pour trouver du travail, de petits boulots décrochés pour survivre, de vie de couple qui se délite et puis miracle : un employeur accepte d'examiner sa candidature pour un emploi dans les ressources humaines ; il va être mis en concurrence dans un drôle de « jeu » (une prise d'otages simulée) pour obtenir le poste convoité. Comme un forcené Alain va utiliser tous les moyens pour décrocher le poste et tous les moyens sont bons : jusqu'à trahir les siens, les tromper, les abuser. Mais les dès sont pipés et le jour de l'entretien les choses dérapent. La suite des événements n'est pas du tout favorable à Delambre. À moins qu'il ait encore des cartes en main…
Si Cadres noirs, comme Robe de marié (que j'ai préféré), tient du thriller psychologique, la trame sociale est ici omniprésente, et en particulier le monde du travail, dans ce qu'il a de plus aliénant et de plus impitoyable, dominé par le rapport de forces, les luttes de pouvoir, la compétition effrénée.
Très bien orchestré, ce polar net, précis, m'a emmenée sur des sentiers inattendus ! le principe du page-turner fonctionne à merveille : on est véritablement happé dans la machine mise au point par Lemaitre, qui décidément s'y entend en intrigues bien ficelées.
Rebondissements et retournements de situation alimentent généreusement le suspense, la tension monte comme une poussée de fièvre et les pages défilent sans qu'on y prenne garde.
Bref, largement de quoi passer un excellent moment de lecture.
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cardabelle
  17 mai 2017
Difficile à écrire ce billet après tant de louanges déjà exprimées !
Mais, encore une fois j'aime être " un petit colibri " et puisse ma modeste participation contribuer à rendre les honneurs à un grand écrivain.
Encore une fois, Pierre Lemaitre nous offre un sujet parfaitement travaillé, ciselé par la perfection du détail. On frôle l'oeuvre d'art tant les arcanes de la pensée et du pouvoir hiérarchique sont apprivoisés, étudiés, maîtrisés.
En se coulant dans l'ombre de ce DRH au chômage on adhère parfaitement à son ressenti ,épousant ses émotions et, d'actions en rebondissements , la compassion, l'effarement, la peur puis l'effroi laisseront le lecteur médusé, pantelant...
Comme à son habitude ,l'auteur use et abuse du machiavélisme et de la perversité qui, portés à leur paroxysme, produisent une bonne dose de la toxicité nécessaire à la qualité d'un thriller !
Même , s'il s'agit d'une fiction on ne peut s'empêcher d'y voir un message clair : c'est une mise en lumière de l'inhumanité de certaines entreprises , des difficultés bien réelles rencontrées par des cadres vieillissants ,de la méconnaissance des réelles compétences aussi.
C'est certes un fait de société que nul n'ignore mais ce roman offre un moyen de réflexion comme un autre sur ce sujet grave et toujours préoccupant.
A ne pas manquer donc !
Je viens aussi de terminer" Alex " .
Encore un succès, encore un énième billet à écrire ! et si j'ai bien compté , il ne me reste que trois ouvrages à lire du maître.
A suivre ...
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Citations et extraits (198) Voir plus Ajouter une citation
fbalestasfbalestas   28 mai 2020
- Tout ce que je sais, bordel de merde, c’est que je suis encore dans la course !
Je me suis mis à hurler. Ma violence la cloue sur place
- Alain…. Dit-elle, paniquée
- Quoi « Alain » ! Mais, putain de merde, tu ne vois pas qu’on est en train de devenir des clodos ? On crève à petit feu depuis quatre ans et on va finir par crever tout court ! Alors, oui, c’est dégueulasse, mais notre vie aussi, elle est dégueulasse ! Oui, ces gens-là sont des pourris, mais je vais le faire, tu m’entends ? Je vais faire ce qu’ils demandent. Tout ce qu’ils demandent ! Et même s’il faut leur tirer dessus pour avoir ce boulot, je vais le faire parce que j’en ai marre de crever et …que j’en ai marre, à soixante balais, de me faire botter le cul !
Je suis hors de moi.
Je saisis le meuble mural qui est à ma droite et je tire dessus si violemment qu’il se détache. Tout s’écroule, les assiettes, les tasses, dans un bruit terrible.
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arabesquearabesque   24 mai 2020
C’est comme dans les horoscopes, on finit toujours par y découvrir des traits qui nous ressemblent, mais en fait on ne peux pas savoir de quoi on est réellement capable tant qu’on ne se trouve pas dans des conditions extrêmes.
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thierrygibertthierrygibert   23 mai 2020
L'exaltation que lui procure la gestion de la banalité a quelque chose de réellement fascinant.
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RouletabilleRouletabille   15 mai 2020
Mathilde est professeur d'anglais, c'est une fille très normale. Elle entretient une passion inexplicable pour la vie quotidienne. Ça l'enthousiasme de faire les courses, d'imaginer ce qu'elle va préparer à manger, de penser, huit mois plus tôt, à trouver une location pour les vacances, de se souvenir du prénom des enfants de toutes ses copines, des dates de naissance de tout le monde, de planifier ses grossesses. Cette facilité à remplir sa vie me stupéfie. L'exaltation que lui procure la gestion de la banalité a quelque chose de réellement fascinant.
+ Lire la suite
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RouletabilleRouletabille   15 mai 2020
Les larmes montent et montent encore. C'est le premier grand bonheur depuis longtemps de pouvoir pleurer à ce point. La seule chose d'absolument vraie.
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Videos de Pierre Lemaitre (74) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Lemaitre
Avril 1940. Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu'elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d'une période sans équivalent dans l'histoire où la France toute entière, saisie par la panique, sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches... Et quelques hommes de bonne volonté. Il fallait toute la verve et la générosité d'un chroniqueur hors pair des passions françaises pour saisir la grandeur et la décadence d'un peuple broyé par les circonstances. Secret de famille, grands personnages, puissance du récit, rebondissements, burlesque et tragique… le talent de Pierre Lemaitre, prix Goncourt pour Au revoir là-haut, est ici à son sommet.
https://www.albin-michel.fr/ouvrages/miroir-de-nos-peines-9782226392077
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