AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de kuroineko


kuroineko
  11 novembre 2018
Couleurs de l'incendie nous ramènent vers une partie des personnages rencontrés dans Au revoir là-haut. Plus précisément la famille Péricourt. Marcel, le patriarche, pas au mieux de sa forme quand s'ouvre le roman, sa fille Madeleine, divorcée de la crapule de Pradelle, et son petit-fils Paul, sept ans.

Dès les premières pages, Pierre Lemaitre mène son histoire tambour battant. Il se réclame d'Alexandre Dumas? Il en a la verve et le tempo. Pour être honnête, certains passages de la première partie m'ont paru moins inspirés que le précèdent opus. Impression nuageuse qui s'est vite dégagée grâce au vent puissant d'une intrigue maîtrisée et foisonnante. Il s'en passe des choses entre 1927 et 1933. Dans l'histoire et dans l'Histoire car Pierre Lemaitre peaufine ici aussi son cadre contextuel.

De la crise économique qui frappe douloureusement à la fin des années 1920 à l'accession au poste de chancelier de Hitler chez le voisin allemand - qui en profite pour se réarmer, des scandales politiques à la présence des ligues d'extrême-droite (Action Française notamment) dans les rues, on respire dans chaque page l'atmosphère très particulière où l'on est à mi-chemin entre les deux guerres mondiales. On sent une méfiance croissante de la population envers une engeance politique discréditée, les coups bas dans les milieux d'affaires et industriels ne se comptent plus, la presse fait ses choux gras de la moindre rumeur. Dans ce roman, le sens de termes tels que déontologie, éthique ou encore morale se perd dans les méandres de l'affairisme.

Dans cette cocotte bouillonnante de la IIIème République, les Péricourt, la belle Léonce, l'ascétique André Delcourt et même Monsieur Dupré, qu'on retrouve dans une situation totalement différente de celle de bras droit de Pradelle, et bien d'autres vont vivre des péripéties où il faut rester bien accroché.

Deux personnages secondaires mais pourtant bien présents m'ont particulièrement tenu à coeur. Il s'agit de la brave Vladi, Polonaise au grand coeur et qui aime l'amour avec une vibrante sincérité. La deuxième, c'est la diva Solange Gallitano, exubérante, capricieuse et d'une bonté à la mesure de sa corpulence.

Pour le style de l'auteur, il nous régale de son ton tour à tour ironique, drôle, émouvant, empruntant en même temps à Dumas et à Audiard. Un délice à se mettre sous les yeux. Si vraiment je veux être tatillonne, certains raccords entre l'épilogue du précédent livre et l'histoire de certains personnages dans Couleurs de l'incendie ne concordent pas tout à fait (date de sortie de prison de Pradelle entre autres). Détails que j'ai vite laissé derrière moi tant les pages palpitantes volaient sous mes doigts.

J'ai ouï dire que Pierre Lemaitre concocterait un troisième opus dans cette lignée? Il me tarde déjà de le découvrir. Dans l'épilogue d'Au revoir là-haut, il laissait entendre qu'on retrouverait la petite Louise... J'aimerais beaucoup savoir ce qu'elle est devenue au fil des années. A suivre...
Commenter  J’apprécie          370



Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Ont apprécié cette critique (37)voir plus