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EAN : 9782226392084
Éditeur : Albin Michel (12/05/2021)
  Existe en édition audio
3.93/5   94 notes
Résumé :
"Avec Mathilde, jamais une balle plus haute que l'autre, du travail propre et sans bavures. Ce soir est une exception. Une fantaisie. Elle aurait pu agir de plus loin, faire moins de dégâts, et ne tirer qu'une seule balle, bien sûr."

Dans ce réjouissant jeu de massacre où l'on tue tous les affreux, Pierre Lemaitre joue en virtuose de sa plume caustique. Avec cette œuvre de jeunesse inédite, il fait cadeau à ses lecteurs d'un roman noir et subversif qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
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sur 94 notes
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Antyryia
  25 mai 2021

Mais pourquoi est-il aussi méchant ?
- Parce que !!!!
Impossible pour moi de ne pas imaginer Pierre Lemaitre revêtu des atours d'une bouteille d'orangina à l'orange sanguine en lisant ce roman écrit en 1985, bien avant la publicité de 1996.
Bien avant le film "Léon" de Luc Besson également, 1994, dans lequel le tueur à gages incarné par Jean Reno apprenait le métier à la jeune Mathilda, douze ans ( Natalie Portman ).
Pas de jeune Mathilda ici mais une vieille Mathilde, tout aussi tueuse à gages et anti-héroïne par excellence, parfois attachante, souvent exécrable.
"Soixante-trois ans, veuve, chevalier des Arts et des Lettres, médaille de la Résistance ..."
"Tu te dis que Mathilde est une vieille guenon plus bonne à rien et qui n'en fait qu'à sa tête."
Comme il l'explique en préface, Pierre Lemaitre offre à ses lecteurs un dernier roman noir, mais il ne compte plus revenir au genre qui l'a fait connaître depuis le virage qu'il a pris avec Au-revoir là-haut.
Alors il a fait les fonds de tiroir.
Oeuvre de jeunesse, Pierre Lemaître n'avait que trente-quatre ans au moment de la rédaction de ce manuscrit. Il en aura cinquante-cinq à la sortie de Travail soigné, la première enquête de Camille Verhoeven.
Autant vous dire qu'on est quand même très éloigné de la trilogie des enfants du désastre, ou de ses incontournables polars ( Cadres noirs, Alex, Robe de marié ... ).
Mis à part la façon dont il malmène ses personnages, il n'y a absolument rien de commun dans le style, le ton, la narration ou même le genre. Ca reste noir mais bien plus humoristique que Trois jours et une vie.
En réalité, ça aurait pu être écrit par Alfred Tartempion, c'était pareil.
Mais ça aurait été moins vendeur.
Mathilde est donc une tueuse sur le déclin, acariâtre et aigrie, qui perd un peu la tête.
Elle ne sera pas la seule à la perdre d'ailleurs.
"Au début elle s'est inquiétée, est-ce que je perds la mémoire ?"
Imaginez un peu cette dame âgée à l'allure innocente qui cherche en pleine capitale à occire ses cibles en suivant un schéma qui les protégeront elle et son organisation, alors que les premiers signes d'un Alzheimer se font ressentir ?
C'est le postulat de départ un peu fou du serpent majuscule, titre intrigant s'il en est.
"Des serpents plein la tête qui sont autant d'envoyés de l'au-delà."
Une vieille dame un peu folle qui va accomplir ses contrats par dessus la jambe sans plus se rappeler des précautions qu'elle a ou non prise et sans trop se soucier du protocole. Un travail pas du tout soigné.
Une étrange organisation gouvernementale qui doit se protéger en éliminant cet électron libre.
"La machine de destruction massive fabriquée par le système leur échappe."
La police, en particulier l'inspecteur René Vassiliev, qui va enquêter sur une série de meurtres qu'on peut facilement relier les uns aux autres.
Le jeu du chat et de la souris peut alors commencer.
Avec une ironie mordante, Pierre Lemaître s'en donne à coeur joie, et la lecture s'est avérée extrêmement plaisante pendant les deux tiers du livre, avec des situations horribles, inattendues et surtout totalement décalées.
Certains dialogues sont tout bonnement savoureux, surtout ceux avec Mathilde qui n'est pas du tout du genre à se laisser marcher sur les pieds.
Parce que si elle est bel et bien totalement azimutée par moments, elle est également capable d'agir avec énormément de lucidité.
En revanche, on sent bien qu'il s'agit d'un premier roman assez vieillot et peu corrigé.
Le dernier tiers a tendance à tirer en longueur et n'amuse plus vraiment.
Et on a parfois l'impression de lire un véritable catalogue d'armes à feu. Ca canarde dans tous les sens en un massacre qui, de joyeux, devient lassant.
Un peu moins d'action et un peu plus de finesse chez les personnages aurait incontestablement donné une plus-value à ce serpent majuscule. On ne va pas loin par exemple avec le commissaire Occhipinti dont le seul signe distinctif est de manger des arachides toute la journée.
Il reste cependant une réflexion intéressante sur la vieillesse et le temps qui passe.
Dans le roman vous ferez également connaissance de monsieur de la Hosseray, également âgé et atteint de forts troubles de la mémoire, qui ne reconnaît parfois plus les personnes de son entourage.
Si le mot Alzheimer n'est jamais cité ( mais en parlait-on déjà en 1985 ? ), on voit qu'avec l'âge ce sont des pans entiers de souvenirs qui naviguent parfois sous la surface.
Et l'âge ( relativement ) avancé de ces différents personnages rappelle que le temps efface non seulement les souvenirs, mais aussi le passé à côté duquel on est irrémédiablement passé, les vies amoureuses ratées, les existences entières qui laissent un arrière-goût amer parce qu'il n'est plus possible de revenir en arrière.
Alors Carpe Diem.
Qui sait si demain ne sera pas le jour où un sniper vous abattra de deux balles, une dans les coucougnettes et la seconde en pleine tête ?
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montmartin
  20 mai 2021
Mathilde, 63 ans, veuve d'un médecin, chevalier des Arts et Lettres, médaille de la Résistance, elle est petite, large et lourde. Sur la banquette arrière de sa Renault 25, Ludo, son dalmatien, lève la tête. Elle ouvre la portière, sur sa gauche un promeneur avance avec son chien. L'homme lui sourit, Mathilde répond à son sourire et sort de sa poche un pistolet prolongé par un silencieux. Mathilde lui tire une balle dans le bas ventre et une seconde dans la gorge. Elle remonte en voiture, met le contact et déboîte tranquillement. Maurice Quentin, patron d'un consortium international vient d'être tué en bas de son domicile parisien.
Pendant que Mathilde sème les cadavres comme le Petit Poucet ses cailloux, l'inspecteur Vassilliev essaye de démêler les fils de cet imbroglio.
Mais pour Henri dit le « commandant » Mathilde manque de sang-froid, elle risque de mettre tout le monde en danger, elle doit cesser d'exécuter des missions, mais dans ce métier personne ne prend sa retraite, alors Henri va devoir s'occuper de Mathilde. Mathilde pourrait encore en surprendre plus d'un, les cadavres vont s'accumuler. Il ne fait pas bon d'être sur son chemin.
Le ton de ce roman est donné dès la couverture avec cette tête de dalmatien qui vous regarde avec son air hautain et narquois. L'avant-propos de Pierre Lemaitre est une vraie gourmandise. C'est un roman jubilatoire et déjanté, le lecteur prend beaucoup de plaisir à suivre cette brave dame dans ses pérégrinations, mais faites attention à ne pas l'énerver, elle a la gâchette facile. La plume de l'auteur est savoureuse et légère, l'histoire est complètement abracadabrantesque, c'est réjouissant de lire de tel roman dans cette époque bien tristounette.
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sabine59
  04 juin 2021
Complètement déjanté, ce roman de Pierre Lemaitre, ressorti d'un tiroir! J'adore son clin d'oeil dans la préface, avouant finir ( à jamais? Ce serait dommage....) le cycle de ses romans noirs avec le premier d'entre eux...
Bon! Je vous présente Mathilde, mamy flingueuse de son état, d'apparence si innocente. Oh, mais elle commence à se déglinguer un peu, l'ancienne résistante, enrôlée plus tard comme tueuse à gages...
Alors, ne prenez pas ce livre au premier degré, sinon vous allez être horrifié(e)! Car elle a la gâchette facile, trop facile, la Mathilde! Les morts s'accumulent , pas proprement d'ailleurs, elle vise moins bien. En plus, elle n'a pas bon caractère, et la mémoire fluctuante. Ce qui l'entraîne dans des situations fort imprévues, voire ubuesques, en compagnie de Ludo, le dalmatien de la couverture, remplacé ensuite par un autre chien. Je ne vous dirai pas pourquoi...
Son chef doit absolument arrêter le carnage. Mais elle est coriace, Mathilde! Et toujours amoureuse de lui, connu pendant la guerre. Ils ont maintenant la soixantaine, l'élan n'est plus le même. Et elle devient si dangereuse...
Même si je me suis bien amusée à la lecture, je me suis un peu lassée de tous ces meurtres, de l'horrible personnage de Mathilde, qui en devient presque ridicule à force d'indifférence froide et de cynisme. La caricature est un peu outrée. Certainement pas le meilleur de Pierre Lemaitre mais il est toujours intéressant de découvrir les débuts d'un écrivain que l'on aime. Et l'humour féroce m'a bien plu.
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RomansNoirsEtPlus
  10 juin 2021
Comme l'on peut s'en douter , la sortie d'un roman inédit de Pierre Lemaitre est un événement que l'on attend comme le Messie , surtout depuis que l'auteur goncourisé a quelque peu délaissé le genre qui la fait connaitre .Comme il explique d'ailleurs dans l'avant-propos , ce livre est un peu un cadeau d'adieu à ses fans de polars …
Même si ce manuscrit a dormi plusieurs années dans un tiroir (certes il a été légèrement revu et corrigé depuis ) ce premier roman qui nous plonge au milieu des années 80 résonne étonnamment avec le dernier roman de Franck Thilliez, qui , avec « 1991 » nous font remonter le temps . La différence majeure entre ces deux ouvrages, est que « le serpent majuscule » a bien été écrit à cette époque et non imaginé de toutes pièces . L'auteur n'a donc pas eu à faire des recherches sur les particularités technologiques de l'époque comme les cabines téléphoniques ( qui revêtent d'ailleurs ici une certaine importance) ou les téléphones à cadran , puisque c'était déjà écrit .
L'intrigue :
Mathilde Perrin est une tueuse à gages « old school ». La soixantaine bien tassée, une allure loin d'être athlétique mais plutôt empâtée, elle applique ces contrats à la lettre, accompagnée de son fidèle dalmatien Ludo , sans faire de sentiment. Sa dernière victime est un capitaine d'industrie français promenant son chien, dont le corps est retrouvé plombé de deux balles, Avenue Foch, Paris 16ème Arrondissement. le petit souci c'est que Mathilde a tendance à perdre la mémoire. Et c'est fâcheux dans sa profession ! Elle oublie de se débarrasser de ses armes après avoir commis ses forfaits ce qui fait qu'elle risquerait d'utiliser deux fois le même calibre pour des contrats différents , ce qui est totalement déconseillé par le DRH de l'organisation et qui a pour conséquence que sa collection commence à dangereusement s'accumuler dans sa propriété à proximité de Melun . Les armoires , les tiroirs , même son horloge comtoise en sont remplis . le deuxième inconvénient est qu'elle a tendance à oublier certaines de ses actions et à confondre ses futures cibles . Une situation ,on peut l'imaginer ,dramatique pour la future victime qui n'a rien demandé à personne et encore moins de se faire occire sans aucune raison ni aucun contrat sur sa tête .
Bref , il y a urgence pour l'organisation à se débarrasser de Mathilde même si pour Henri , l'un de ses chefs , c'est un véritable crève-coeur, car il connaît Mathilde depuis qu'elle l'a rejoint dans la Résistance , quarante ans plus tôt . Mais quand nécessité fait loi, les sentiments passent après les actes .

Mon ressenti :
Comme souvent , Pierre Lemaitre ne fait pas de cadeau à ses personnages principaux. C'est déjà vrai dans ce tout premier roman . On ne peut pas dire en effet que le portrait de Mathilde soit très flatteur : outre son physique, Mathilde est littéralement imbuvable . Elle n'est entourée que par des cons selon elle - il est vrai que les enquêteurs du roman ne sont pas vraiment des lumières - elle possède un caractère imprévisible et sa mémoire se met progressivement en berne alors que la folie guette . Mais elle n'a pas perdu toutes ses facultés , loin s'en faut . Et elle nous le prouve, en se sortant de mauvais coups comme par miracle et en défouraillant à tout va ,sans retenue ni modération aucune . Un conseil : ne vous attachez pas trop aux personnages, ils risquent de disparaître plus vite que prévu !
Les balles fusent comme l'humour noir et les situations cocasses qui émaillent l'intrigue de bout en bout . Une tonalité ironique et déjantée qui décape et décoiffe garantie 100% pur jus. Voilà le rythme qu'il vous faudra tenir tout au long de ces 300 pages .
Plus qu'une curiosité, un roman qui tient toutes ses promesses et qui ne fait pas daté malgré ses 36 ans d'âge .
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Zexiop
  04 juin 2021
Mouarf !
Jubilatoire...
Mathilde est une vieille dame pas comme les autres. Son boulot, tueuse à gage.
Sauf qu'avec l'âge venant, ça déconne grave. Elle ne sait plus où elle a fourré ses armes, si elle les a détruites ou pas, elle réinvente la réalité, du coup elle bute des gens qu'elle n'aurait pas du...Mais aussi tous ceux qui lui déplaisent.
Une mamie flingueuse, douée au demeurant, mais pas très sympathique, elle déteste les autres, surtout son voisin, et même son chien qui parfois se fait grave engueuler !
C'est totalement immoral, furieusement drôle, merci à Pierre Lemaître de clore sa carrière d'écrivain polar, par ce pied de nez au genre !
Je me suis bien amusée en lisant ce livre.
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critiques presse (5)
Culturebox   07 juin 2021
Ce premier roman de Pierre Lemaitre, qui raconte l'équipée sauvage d'une vieille tueuse à gages amnésique, porte déjà en germe la patte du Goncourt 2013.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaPresse   07 juin 2021
Il est toujours étrange de lire le premier roman jamais publié d'un auteur à succès. Le serpent majuscule de Pierre Lemaitre ne fait pas exception à la règle.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   07 juin 2021
Mathilde serait-elle en train de perdre peu à peu la boule ? On vous laisse le soin de le découvrir, le reste de l’histoire étant assez jubilatoire.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaCroix   27 mai 2021
Le premier roman de Pierre Lemaitre, un polar écrit en 1985, n’avait jamais été publié. Il marque les débuts, et la fin, de l’écrivain dans un genre qui lui servit à se forger un style.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LePoint   14 mai 2021
Trente-six ans après son écriture paraît « Le Serpent majuscule ». Un inédit, le premier polar, et aussi le dernier, du Prix Goncourt 2013.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
liervacheliervache   13 juin 2021
Il est assez lâche pour chercher un faux-fuyant, mais trop honnête pour chercher une excuse.
Commenter  J’apprécie          10
galyalaingalyalain   11 juin 2021
Quelle gueule, mon Dieu, quelle sale gueule ! C’est un visage dévasté aux paupières lourdes. En réalité, le même que les autres jours, mais elle est parvenue à l’âge où le matin n’a plus rien à voir avec ce que vous êtes vraiment. Il lui faut de plus en plus de temps pour se faire une tête présentable.
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galyalaingalyalain   11 juin 2021
Après le départ de la police, le silence retombe dans l’appartement. Monsieur regarde tout ce que Tevy a laissé derrière elle, ses bibelots, ses dragons.
Ses porte-bonheur.
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RomansNoirsEtPlusRomansNoirsEtPlus   06 juin 2021
Avec Mathilde , jamais une balle plus haute que l’autre, du travail propre et sans bavures.
Commenter  J’apprécie          70
RomansNoirsEtPlusRomansNoirsEtPlus   06 juin 2021
Le meurtre sonne ici comme un massacre. Il n’y a pas de crime propre , mais certains sentent la haine plus que d’autres .
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Videos de Pierre Lemaitre (81) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Lemaitre
L'auteur d'Au revoir là-haut nous a réservé une surprise inattendue : un polar hilarant, écrit il y a bien longtemps, qui n'avait jamais été publié. Un bijou d'humour noir ! https://bit.ly/Le-Serpent-Majuscule
En apparence, Mathilde Perrin est une sexagénaire sympathique et un peu isolée, vivant seule avec son chien.
À ce détail près qu'elle exerce le métier de tueuse à gages, et commence à ressentir les premiers symptômes de la sénilité.
Pierre Lemaitre, dans ce polar jubilatoire, nous décrit le quotidien de cette petite dame dangereuse à plus d'un titre ! Merci aux @Editions Albin Michel pour cette vidéo.
+ Lire la suite
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