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ISBN : 2253070823
Éditeur : Le Livre de Poche (22/03/2017)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.72/5 (sur 1175 notes)
Résumé :
"À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.
Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (349) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  25 avril 2016
Décembre 1999, Beauval, au coeur d'une région couverte de forêts. Un village plutôt paisible, dirigé par monsieur Weiser, maire et propriétaire de l'usine de jouets en bois, aujourd'hui menacée. Antoine, 12 ans, vit avec sa maman, un peu rigide, ses parents ayant divorcé il y a quelques années. Son père installé en Allemagne, le jeune garçon ne le voit presque plus. Il se sent un peu isolé des autres enfants de son âge. Un sentiment qui s'accroît le jour où ceux-ci ne portent guère plus d'intérêt à la cabane qu'ils construisaient ensemble dans le bois de Saint Eustache mais plutôt à la PlayStation de Kévin. Ulysse, le chien de monsieur Desmedt, le voisin, occupe dorénavant une place centrale. C'est avec lui dans les pattes qu'Antoine s'attelle à la construction d'une nouvelle cabane, cette fois haut perchée. Mais, Ulysse se fait renverser par une voiture, monsieur le refroidit d'un coup de fusil et fourre le corps du chien dans un sac plastique. Antoine, qui a tout vu, est sous le choc et se réfugie dans les bois où il détruit sa cabane. Lorsque Rémi, le fils Desmedt, 6 ans, s'approche de lui, le jeune garçon, fou de rage et déprimé, fait passer sa colère sur lui. Un mauvais coup sur la tête et Antoine ne peut se rendre qu'à cette évidence: il vient de le tuer. À coups d'efforts, il cache le corps dans une grande fente noire, sous le tronc massif d'un hêtre. De retour chez lui, il attend, tremblant de peur, qu'on vienne le chercher...
Comment vivre avec un tel poids? Celui d'avoir tué, par accès de colère, un petit garçon, alors qu'on est soi même à l'orée de l'adolescence. Comment regarder en face la terrible réalité? Pierre Lemaître nous plonge en plein coeur de ce drame et l'on suit Antoine à 3 époques de sa vie: en 1999, 2011 et 2015. L'on ressent ses émotions, l'on devine son désarroi et ses peurs. L'auteur traite de sujets très intéressants à savoir la culpabilité, la notion de justice ou encore la conséquence de nos actes. Ce roman haletant de bout en bout, qui plus est dans une ambiance de village plutôt pesante et tendue, dépeint avec subtilité ce drame humain, drame d'autant plus tragique que la mort était involontaire. Des personnages fouillés, parfois complexes ou cyniques, une fin inattendue, une écriture enlevée et précise... Un roman noir abouti et passionnant...
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Ydamelc
  04 mars 2016
Comment parler de ce livre sans en dire trop ?...
C'est l'histoire d'un jeune garçon, d'un drame, d'une tragédie... de...
Trois jours et une vie...
Je suis heureuse de l'avoir découvert dès sa sortie. Car je pense, qu'obligatoirement trop de choses seront dites au fil des critiques qui en seront faites.
Pierre Lemaitre sur la couverture !
Au panier ! les yeux fermés !
Depuis 2013 que je l'attendais... Impatiente... Je m'en suis posée des questions pendant tout ce temps...
Avec quoi va t-il nous revenir ? Quand ??? Comment ? Thriller ? Policier ? Roman ?
Mais une certitude ! Je ne serais pas déçue... Oh non, pas déçue ! Vraiment pas !
Cet auteur m'émerveille. Il nous revient avec un magnifique roman...dramatique (?!). Quelque chose encore de différents. Il nous démontre une fois de plus qu'il excelle dans tous les genres de littérature.
Je suis admirative ! Tellement...
Chaque mot, chaque phrase, chaque événement, m'a touchée au plus profond.
J'ai lu ce roman d'une traite, la boule au ventre.
Pas celle de la peur, de l'angoisse ou du suspens oppressant, non, celle de la compassion, présente, inéluctable, signe d'impuissance face à une situation qui s'enfonce petit à petit...
L'écriture de Lemaitre me transporte, tout simplement.
La fin de ce roman est exceptionnelle. Elle nous fait remonter tout du long du récit achevé. Des détails insignifiants sur le coup, nous reviennent, nous frappent et prennent tout leurs sens.
Je sais que je relirais ce livre pour l'aborder d'une autre façon. Et en plus, ça me fera patienter jusqu'au prochain...
Fan !
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sabine59
  05 mars 2016
Génial Pierre Lemaître ! Cette fois encore, j'ai été prise, emportée, secouée par l'histoire racontée.
Je me suis retrouvée, haletante, le coeur serré, tout au long de ce" triptyque" dramatique.En effet trois époques se succèdent: 1999, 2011, 2015...Le point commun ( ternaire aussi ! ) : d'abord, une petite ville provinciale, Beauval, comme il en existe partout en France, ensuite la disparition d'un enfant de six ans, Rémi Desmedt, et surtout le personnage d' Antoine Courtin, au centre du drame qui s'est joué.
Et c'est là le trait de génie de l'auteur: on s'attache immédiatement et durablement à cet adolescent de 12 ans, un peu solitaire et secret, qui vit avec sa mère ,son père vivant loin d'eux,et que l'on découvre dès le début du livre, en 1999. Pour ne plus le quitter...
Pierre Lemaître nous fait entrer dans les pensées, l'intériorité d'Antoine avec une habileté et une finesse confondantes.Il rend avec beaucoup de justesse son désarroi, sa paranoïa, ses contradictions, sa complexité.Quelle empathie j'ai éprouvée pour lui ! Quelle tristesse !
Et on assiste aussi aux ravages de la rumeur, au déchaînement de la délation et de la méchanceté, au sein d'une petite ville, où chacun s'épie et se soupçonne.
Evidemment, on ne peut en dire plus, pour ne pas donner d'indications trop explicites, mais je conseille vraiment ce livre original, déroutant, où l'auteur confirme encore son talent. Après l'univers policier puis celui du roman populaire de qualité, le revoilà avec un roman psychologique intense, noir, qui réserve des surprises jusqu'à la fin.Une fin qui donne un éclairage différent sur l'histoire.
Merci, Pierre Lemaître, pour ce moment fort en émotions et en plaisir.
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Jolap
  18 septembre 2017
1999 : Beauval, petite commune du Jura, est rythmée par les petits événements, par les petites histoires anodines, par. « Les enfants qui ressemblent à leurs parents et attendent de prendre leur place ». La forêt est très présente et semble amortir, étouffer et engloutir les bruits confus des rumeurs passagères. Il ne reste rien… ou pas grand-chose à Beauval. Même le curé emprunté, peut-être même timide, n'arrive pas à convaincre ses ouailles qui se rendent à l'église une fois de temps en temps « comme on rend visite à une vieille tante ».
Antoine douze ans est victime de moqueries et n'est pas très bien vu. Il est mis à l'écart. Son père est très souvent absent. Cela suffit à faire de lui un solitaire, trainant son mal de vivre. Il construit une cabane dans la forêt de Ste Eustache, toujours accompagné d'Ulysse le chien de Monsieur et Madame Desmedt, ses voisins. « Dans le triangle père absent, mère rigide, copains éloignés, le chien Ulysse occupait évidemment une place centrale. » Rémi Desmedt, 8 ans lui tient souvent compagnie. Une voiture blesse Ulysse. Monsieur Desmedt achève ce pauvre chien, voulant éviter les frais de vétérinaire. La colère envahit Antoine. Une colère rentrée le submerge. Il se réfugie dans le bois. Tout va très vite. Rémi le rejoint. Antoine, dans un excès de folie, de rage, de chagrin, de révolte frappe Rémi avec un bâton. Il se défoule. Rémi meurt. Antoine, surpris par la tournure de l'événement, enterre le corps. En quelques minutes Antoine, la victime du début de mon billet devient un assassin.

La tempête de 1999 dévaste tout sur son passage, juste après ce meurtre. Je me suis demandé si le vent n'était pas venu au secours d'Antoine pour tenter de gommer son acte et faire diversion, car oui, au fil des pages mon empathie pour ce gamin a été titillée. Beauval, petit village coincé dans la montagne, où il ne se passe pas grand-chose, a vécu deux tremblements de terre. Un meurtre et un ouragan. Ou deux ouragans ? le vent et la colère……
Pierre Lemaître nous donne les clés dès les premières pages. « Ce n'est pas un roman policier dans la mesure où l'enjeu du livre n'est pas de savoir qui a fait le coup, mais plutôt de savoir comment quelqu'un peut vivre, peut survivre lorsqu'il a été très jeune un meurtrier » explique Pierre Lemaître aux journalistes venus l'interroger.
Je n'ai pas lu ce roman comme on lirait un policier. Il n'y a ni suspens, ni coupable à chercher. le rythme est lent comme la vie qui s'écoule dans cette petite bourgade. L'écriture est précise et les sentiments tels que l'angoisse, la culpabilité, la peur, le regret, s'infiltrent tranquillement, sans bruit, avec une seringue fine et efficace .Ce livre rassemble les radiographies du cerveau d'Antoine. Une radiographie de son cerveau en réflexion jusqu'à sa vie d'adulte.
La forêt silencieuse gardera t-elle son secret ? Antoine sera-t-il un jour apaisé ?
J'aime que la cadence des phrases colle à la réalité de l'histoire. J'aime son élan explosif pour entourer les catastrophes. J'aime le ton à peine audible dès qu'il faut retenir sa respiration. Ces conforts de lecture m'ont permis de vivre à Beauval quelques jours. Trois jours exactement. Et la vie d'Antoine j'ai fini de l' imaginer…..
J'ai lu le mot FIN après avoir assisté à une entrevue bouleversante entre Antoine devenu médecin à Beauval et un patient venu le consulter. Merci Monsieur Lemaître.

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Crossroads
  16 avril 2016
Pierre Lemaitre a décroché le Goncourt.
Ça, c'est fait.
J'imagine qu'il doit être excessivement compliqué de se remettre à l'ouvrage derrière.
Effectivement, ça l'est.
Beauval 99, mauvais cru.
Une année bouchonnée, marquée par la disparition du petit Rémi Desmedt.
Accessoirement, l'on se souviendra également de celle, tragiquement cruelle, de son chien devant les yeux ébaubis d'Antoine, son modèle de voisin alors âgé de 12 ans.
Et alors, me direz-vous, quel rapport entre ces deux faits notoires ?
En considérant que le cyzzzztd aurait pu btoyss en pleine nzippst, rien d'étonnant, finalement, à ce qu'un drame ne survienne dans ces conditions.
Peux pas être plus clair.
Lemaitre délaisse ici ses polars de prédilection et ses écrits potentiellement goncourables, à même de booster et ses ventes et sa notoriété, pour s'attaquer à l'enfance.
Le passage de l'enfance à l'adolescence ne se fait jamais sans heurts.
Celui d'Antoine le taraudera chaque heure que Dieu, mais surtout le Diable, fait.
On entre rapidement dans le vif du sujet, les 280 pages du récit aidant, ou l'imposant.
Cependant il m'a manqué un je ne sais quoi pour me plonger corps et âme dans cette mouture post Goncourt.
Je n'y ai pas retrouvé la rythmique propre à l'auteur et capable de vous tenir en haleine du début à la fin.
Si les personnages sont consistants, rares sont ceux à même de susciter une empathie bienveillante.
L'auteur dépeint avec lucidité l'ambiance pesante venue plombée cette petite bourgade touchée par un tel drame.
Par contre, les légitimes mais récurrents atermoiements du gamin m'ont très rapidement lassé.
Trois Jours et une Vie est un bouquin qui se lit tout seul, avec un twist final plutôt bien trouvé, mais est, à mon sens, bien loin de la force d'évocation de son précédent récit.
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critiques presse (2)
Bibliobs   18 mai 2016
Lemaitre réussit un roman d'atmosphère dans lequel la fureur des éléments accompagne le cataclysme psychologique subi par son personnage.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaPresse   06 mai 2016
Avec Pierre Lemaitre, pas de mélodrame moralisateur, on est vite plongé dans un roman noir émaillé d'humour noir joyeusement amoral.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (148) Voir plus Ajouter une citation
vintagevintage   21 novembre 2017
Le père d'Antoine avait profité d'un changement de situation professionnelle pour effectuer un changement de femme. Il avait accompagné sa demande de mutation en Allemagne d'une demande de divorce que Blanche Courtin avait prise au tragique...
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ladesiderienneladesiderienne   18 janvier 2017
Mme Courtin entretenait avec la religion des rapports prudents et fonctionnels. Elle avait envoyé Antoine au catéchisme par précaution, mais n'avait pas insisté lorsqu'il avait souhaité ne plus s'y rendre. Elle fréquentait l'église quand elle avait besoin de secours. Dieu était un voisin un peu distant qu'on avait plaisir à croiser et à qui on ne rechignait pas de demander un petit service de temps à autre. Elle allait à la messe à Noël comme on visite une vieille tante. Il entrait aussi dans cet usage une large part de conformisme. Mme Courtin était née ici, c'est ici qu'elle avait grandi et vécu, dans une ville étriquée où chacun est observé par celui qu'il observe, dans laquelle l'opinion d'autrui est un poids écrasant. Mme Courtin faisait, en toutes choses, ce qui "devait" se faire, simplement parce que c'était ce que, autour d'elle, tout le monde faisait. Elle tenait à sa réputation comme elle tenait à sa maison et peut-être même comme elle tenait à sa vie car elle serait sans doute morte d'une faillite de sa respectabilité.
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le_Bisonle_Bison   07 juillet 2017
L’activité religieuse était assez saisonnière. La plupart des fidèles revenaient à la messe lorsque l’agriculture était en difficulté, quand les prix du bovin entraient en récession ou que les usines de la région préparaient des plans de licenciement. L’église proposait une prestation, on se comportait comme des consommateurs. Même les grands évènements cycliques comme Noël, Pâques ou l’Assomption n’échappaient pas à cette règle utilitaire. C’était la manière, pour les adhérents, d’acquitter l’abonnement leur permettant, dans l’année, de recourir aux services à la demande. A ce titre, la messe de Noël remportait toujours un beau succès.
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marina53marina53   25 avril 2016
La vie doit toujours reprendre le dessus, elle adorait cette expression. Cela signifiait que la vie devait continuer de couler, non pas telle qu'elle était mais telle qu'on la désirait. La réalité n'était qu'une question de volonté, il ne servait à rien de se laisser envahir par des tracas inutiles, le plus sûr pour les éloigner était de les ignorer, c'était une méthode imparable, toute son existence montrait qu'elle fonctionnait à merveille.
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YdamelcYdamelc   03 mars 2016
Le raz de marée né au fond de l'estomac le traversa de bas en haut dans un spasme foudroyant, lui broya les reins et explosa dans sa gorge en le soulevant littéralement du lit. Il plongea la tête vers le sol en laissant échapper un cri guttural montant des tripes, un filet de bile s'allongea pendant qu'asphyxié il cherchait à retrouver l'équilibre.
Il était épuisé, son dos était une torture. A chaque mouvement de houle, son corps entier voulait s'extirper de son enveloppe, se retourner sur lui-même, se liquéfier et s'enfuir.
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Vidéo de Pierre Lemaitre
Préférez-vous un bon film ou un bon livre ? Plus besoin de choisir ! La Grande Librairie célèbre les noces de l?écrit et de l?écran avec des écrivains qui vénèrent le cinéma et qui sont passés maîtres dans l?art du suspense. Accompagné du comédien de la Comédie-Française, Laurent Lafitte, le romancier Pierre Lemaitre, Prix Goncourt 2013 pour « Au-revoir là-haut », évoque l?adaptation de son roman au cinéma dans le film éponyme d?Albert Dupontel. Sortie en salles le 25 octobre 2017.
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