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Citations sur Trois jours et une vie (244)

La vie doit toujours reprendre le dessus, elle adorait cette expression. Cela signifiait que la vie devait continuer de couler, non pas telle qu'elle était mais telle qu'on la désirait. La réalité n'était qu'une question de volonté, il ne servait à rien de se laisser envahir par des tracas inutiles, le plus sûr pour les éloigner était de les ignorer, c'était une méthode imparable, toute son existence montrait qu'elle fonctionnait à merveille.
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L’activité religieuse était assez saisonnière. La plupart des fidèles revenaient à la messe lorsque l’agriculture était en difficulté, quand les prix du bovin entraient en récession ou que les usines de la région préparaient des plans de licenciement. L’église proposait une prestation, on se comportait comme des consommateurs. Même les grands évènements cycliques comme Noël, Pâques ou l’Assomption n’échappaient pas à cette règle utilitaire. C’était la manière, pour les adhérents, d’acquitter l’abonnement leur permettant, dans l’année, de recourir aux services à la demande. A ce titre, la messe de Noël remportait toujours un beau succès.
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Elle fréquentait l'église quand elle avait besoin de secours. Dieu était un voisin un peu distant qu'on avait plaisir à croiser et à qui on ne rechignait pas de demander un petit service de temps à autre. Elle allait à la messe de Noël comme on visite une vieille tante.
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Mme Courtin entretenait avec la religion des rapports prudents et fonctionnels. Elle avait envoyé Antoine au catéchisme par précaution, mais n'avait pas insisté lorsqu'il avait souhaité ne plus s'y rendre. Elle fréquentait l'église quand elle avait besoin de secours. Dieu était un voisin un peu distant qu'on avait plaisir à croiser et à qui on ne rechignait pas de demander un petit service de temps à autre. Elle allait à la messe à Noël comme on visite une vieille tante. Il entrait aussi dans cet usage une large part de conformisme. Mme Courtin était née ici, c'est ici qu'elle avait grandi et vécu, dans une ville étriquée où chacun est observé par celui qu'il observe, dans laquelle l'opinion d'autrui est un poids écrasant. Mme Courtin faisait, en toutes choses, ce qui "devait" se faire, simplement parce que c'était ce que, autour d'elle, tout le monde faisait. Elle tenait à sa réputation comme elle tenait à sa maison et peut-être même comme elle tenait à sa vie car elle serait sans doute morte d'une faillite de sa respectabilité.
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Le raz de marée né au fond de l'estomac le traversa de bas en haut dans un spasme foudroyant, lui broya les reins et explosa dans sa gorge en le soulevant littéralement du lit. Il plongea la tête vers le sol en laissant échapper un cri guttural montant des tripes, un filet de bile s'allongea pendant qu'asphyxié il cherchait à retrouver l'équilibre.
Il était épuisé, son dos était une torture. A chaque mouvement de houle, son corps entier voulait s'extirper de son enveloppe, se retourner sur lui-même, se liquéfier et s'enfuir.
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Madame Courtin faisait en toutes choses ce qui devait se faire simplement parce que c'était ce que autour d'elle tout le monde faisait.
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Le docteur Dieulafoy avait une cinquantaine d’années. Si son père était, de l’avis unanime, un marin breton qui avait beaucoup navigué, l’origine de sa mère faisait l’objet de supputations très variées : domestique vietnamienne, prostituée chinoise, traînée thaïlandaise… Comme on voit, la rumeur ne donnait pas grand-chose de cette femme dont en fait personne ne savait rien.
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Antoine fondit en larmes.
Il en ressentit un soulagement inattendu. Ce n'étaient pas des larmes d'avantdu temps qu'il était libre, mais un flot profond et apaisant. Des larmes qui nettoyaient.
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Maintenant, il va falloir le pousser. Antoine ne s'y résout pas.
Il se tient les tempes avec les mains et hurle de douleur. Ivre de chagrin, il prend appui sur l'écorce de l'arbre, avance le pied droit, le glisse sous la hanche de l'enfant, le soulève légèrement.
Il tourne les yeux vers le ciel et brusquement lance la jambe.
Le corps roule lentement, à l'extrême bord du trou il semble hésiter puis, d'un coup, bascule et chute.
La dernière image qui restera dans la mémoire d'Antoine, c'est le bras de Rémi, sa main qui paraît vouloir s'agriper au sol, se retenir de tomber.
Antoine est cloué sur place.
Le corps a disparu. ...
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Tel était sa punition : purger sa peine en toute liberté au prix de son existence tout entière.
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