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Critiques sur Bienvenue à Sturkeyville (21)
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alberthenri
  24 mai 2020
Il y avait longtemps que je n'avais pas lu un recueil de nouvelles fantastiques de cette qualité !

Pourtant, l'auteur, dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'à ce que je découvre ce livre, est loin d'avoir été prolifique; seulement quinze nouvelles publiées.

Les six réunies ici ont pour point commun la ville imaginaire de Sturkeyville dans les Appalaches.

Le talent de Leman se trouve dans le traitement personnel et original de thèmes classiques du genre.
Ainsi, le thème rebattu du vampirisme est abordé de manière originale dans la nouvelle "La quête de Clifford M".

Il est difficile de ne pas donner une impression de déjà-lu dans un genre qui inévitablement a ses codes et ses poncifs ; Leman y parvient.

J'ajoute que l'équipe de Scylla a réalisé un très bon travail éditorial avec ce livre, initialement financé par souscription, l'objet est soigné, relié, couverture à rabats, signets.
En outre, la traduction de Nathalie Serval est excellente, et les illustrations d'Aranud S. Maniak servent très bien les textes.

Un ouvrage hautement recommandable.
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JustAWord
  29 décembre 2019
Très largement tombé dans l'oubli, l'écrivain américain Bob Leman n'a pourtant rien perdu de son attrait.
Aussi rares — quinze nouvelles et pas un seul roman dans sa carrière — que précieux, les textes de l'américain furent jadis traduits dans la prestigieuse revue Fiction grâce, notamment à Alain Dorémieux.
Pour tenter de le remettre sur le devant de la scène, les micro-éditions Scylla aidées par la traductrice Nathalie Serval, les illustrateurs Stéphane Perger et Arnaud S. Maniak ainsi que la graphiste Laure Afchain se sont mis en tête de publier un bel ouvrage regroupant les six nouvelles de Bob Leman liées à son fameux cycle de Sturkeyville, petite ville américaine à l'histoire tumultueuse.
Un crowdfunding plus tard et voilà que débarque Bienvenue en Sturkeyville dans un écrin à la hauteur du contenu.

Une petite ville tranquille
Sturkeyville ne vous dit peut-être rien mais cette petite ville américaine nichée au pied des Appalaches a connu son long d'histoires étranges au cours de son existence.
Bob Leman, en bon conteur et archiviste de talent, se propose de vous en raconter six, tour à tour effrayantes, intrigantes, fascinantes et dérangeantes.
Ce fix-up de nouvelles nous invite donc à naviguer en eaux troubles, du lac Howard au cimetière de la ville en passant par les aciéries de la vieille famille Hodge.
Si le cadre n'a rien d'extraordinaire, avec ses vieilles lignées bourgeoises et ses pauvres travailleurs, ses fiançailles imprévues et le bouleversement entraîné par la Grande Dépression, il se produit des choses très curieuses à Sturkeyville. Des choses abominables même.
En immisçant de façon frontale le fantastique et l'horreur dans cette bourgade anonyme, Leman n'applique pas simplement la définition la plus stricte du fantastique mais recycle périodiquement ses obsessions horrifiques autour de la transformation du corps et de la psyché ainsi que ses préoccupations autour de l'inéluctable s'abattant sur le pauvre malheureux qui n'en demandait pas tant…
C'est d'ailleurs exactement ce qui arrive à Harvey Lawson au cours de la première nouvelle, La Saison du ver. Dès la première phrase, le ton est donné et le fantastique mis en place : la femme d'Harvey est un ver télépathe !
Une monstruosité qui vit sous sa maison et s'empare de l'esprit de sa mère avant de s'emparer du sien et de le réduire à l'état d'esclave pathétique.
Seulement voilà, Harvey n'attend qu'une occasion pour se jouer du ver même si celle-ci met des années à se présenter.
Bob Leman décrit la déperdition mentale et physique d'un homme que rien ne prédestinait à l'horreur tout en jouant sur une horreur organique avouée à demi-mots qui se ressentira dès lors dans tous les autres textes de l'auteur.

Transformer l'être
Ce qui obsède clairement l'américain, c'est la faculté pour l'être humain d'être altéré par un élément extérieur.
Cette altération se traduit d'ailleurs de façon variable.
Elle peut être mauvaise comme pour Harvey Lawson pris au piège dès son plus jeune âge, ou bénéfique comme pour Clifford M., vampire qui s'ignore et qui grandit dans un monde humain lui permettant d'éviter la monstruosité sauvage de ses congénères.
Dans La Quête de Clifford M., Bob Leman explore le mythe vampirique à sa sauce pour en faire une sorte d'analyse anthropologique délicieuse qui se conclut avec une vraie humanité.
La transformation à Sturkeyville n'est jamais uniquement physique. Si souvent les créatures sorties de l'imagination de Leman changent d'aspect en vieillissant, leur psychologie évolue. Clifford M. en est d'ailleurs un exemple parfait, passant du vampire en quête des siens à pourfendeur de sa propre espèce.
Pour la famille Feester, les choses sont tout aussi complexes. Victime d'une malédiction (ou d'un parasite selon vos croyances), les filles Feester deviennent des monstres hantant un lac plus profond qu'on ne le pense.
Ici, encore une fois, l'enquête prend l'aspect d'un conte dans l'histoire dans le récit. Bob Leman enchâsse ses légendes et prend un plaisir à confectionner ces mythes en poupées russes littéraires. Les Créatures du Lac synthétisent en réalité tout le talent de conteur de l'écrivain réunissant son écriture enchevêtrée, son horreur organique et ses histoires familiales emprunt d'amours déçus et de coeurs brisés en un seul et même texte.

Portraits familiaux
Bienvenue à Sturkeyville, davantage encore que la chronique en échos d'une ville ordinaire, devient rapidement une compilation d'histoires humaines où le plus grand talent de Bob Leman est de dresser des portraits crédibles et éminemment humains du moindre de ses personnages.
Odila raconte par exemple l'union improbable entre deux familles, l'une de Sturkeyville, l'autre de son double dégénéré dans les montagnes, Grill's Fork. Deux familles, les Selkirk et les Wagner, des personnages puissants et fouillés, des lignées bouleversées par leurs racines monstrueuses…et bien évidemment des créatures aux transformations particulièrement dégoûtantes.
Au milieu de tout ça, Leman glisse une histoire d'amour qui pourrait ne pas en être une et un homme pris au piège d'une puissance qu'il ne comprend pas tout à fait.
Mais là où le génie de l'américain éclate, c'est bien dans l'avant-dernière nouvelle, Loob, petit chef d'oeuvre de paradoxe temporel et d'horreur sourde où l'idiot du village devient le fossoyeur de la prospérité à cause des mauvais traitements qu'on lui inflige. Croisant le portrait de plusieurs familles, opposant les environnements sociaux et les opportunités, Leman devient sociologique et émouvant, piégeant le lecteur dans une boucle (Loop/Loob) où le passé sera différent un jour ou l'autre.
Pour terminer, une dernière histoire familiale, sous le signe du fantôme et de la maison hantée avec Viens là où mon amour repose et rêve. Toujours un homme écrasé par le poids d'un destin cruel et sous l'emprise d'une influence maligne qui le transforme physiquement et mentalement. Toujours cette fibre humaine et sensible qui creuse jusqu'à l'indicible et la perte pour que la transformation devienne le reflet du châtiment injuste et erratique comme peut l'être la vie elle-même.

Brillant recueil d'histoires fantastiques, fix-up horrifique fascinant où Cronenberg croise Lovecraft et del Toro, Bienvenue à Sturkeyville redonne voix à un auteur franchement passionnant à l'écriture délicate.
Un délice pour tous les amateurs du genre fantastique.

→ Vous pouvez précommander Bienvenue à Sturkeyville sur le site des éditions Dystopia : https://www.dystopia.fr/a/bob-leman/bienvenue-a-sturkeyville
Lien : https://justaword.fr/bienven..
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Lutin82
  16 février 2020
Critique plus complète sur mon blog pour l'ensemble des nouvelles.

L'ensemble des nouvelles forme un recueil cohérent, jouant sur différentes ambiances du registre de l'angoisse. Nous flirtons régulièrement avec le suspense horrifique, mais le tour de force de Bob Leman ne se situe pas dans des descriptions et des tableaux gore, alignant des farandoles de friandises sanguinolentes. Rien de tout cela, ici. L'auteur parvient à vous immiscer dans la psyché de ses personnages, que ce soit les créatures ou les humains, protagonistes involontaires de ces événements.

Car tous ces personnages sont loin d'être des hommes et femmes sandwich, l'auteur prend le soin de nous faire vivre leur parcours, leurs détours et leur fêlures. Un lien se crée entre eux et nous. Il est dès lors impossible d'éprouver de l'indifférence, de s'écarter de leur sort et de ne pas frissonner d'appréhension.

Ainsi, leurs angoisses, leurs faiblesses et leurs espoirs deviennent les vôtres; ses tranches de vie percutent le coeur et les tripes tandis que la plume élégante séduira vos neurones.
Lien : https://albdoblog.com/2020/0..
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celindanae
  11 mars 2020
Bienvenue à Sturkeyville est un recueil de Bob Leman publié grâce à un crowdfunding des éditions Scylla. Il contient 6 nouvelles dont deux inédites en français, se déroulant dans la ville imaginaire de Sturkeyville. Ce recueil permet une mise en lumière de cet écrivain américain, presque inconnu. Il n'a écrit aucun roman, seulement des nouvelles et novellas. Ses textes ont été publiés aux USA entre 1967 et 2002. La revue Fiction a publié quelques uns de ces textes parmi les quinze qu'il a écrit. L'objet livre est vraiment très beau avec des illustrations intérieures très réussies.

J'étais passée totalement à côté de ce financement participatif des éditions Scylla. C'est grâce aux articles des blogopotes que j'ai entendu parler de ce livre et heureusement, sinon je serai passée à côté d'un excellent recueil. Les textes de ce livre sont du genre fantastique horreur. Dans certains, on peut douter parfois de la santé mentale des protagonistes mais dans d'autres, il est évident que l'indicible existe. Avant de parler des textes plus en détail, un mot sur la ville de Sturkeyville. Elle est située quelque part aux pieds des Appalaches. C'est une petite ville américaine rurale qui parait typique au premier regard. Mais à y regarder de plus près, d'étranges événements s'y produisent, des créatures monstrueuses y côtoient ses habitants. C'est un peu une version d'Innsmouth située au pied des montagnes. Petit conseil: il vaut mieux lire les textes dans l'ordre du recueil pour pleinement en profiter. Ce n'est pas l'ordre chronologique de l'écriture des textes mais il a une importance dans l'histoire de la ville.

Bienvenue à Sturkeyville est ainsi une véritable réussite autant pour les textes que pour le travail éditorial effectué. La traduction est parfaite, l'objet livre très réussi et qui convient particulièrement à l'ambiance des récits. On ne peut que remercier les éditions Scylla pour avoir remis Bob Leman dans la lumière étant donné l'excellente qualité de ces textes.

Chronique beaucoup plus détaillée sur le blog
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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isa-vp
  01 juin 2020
En apparence, Sturkeyville est une petite ville tranquille de Pennsylvanie, au pied d'une montagne et au bord d'un lac, avec ses commerces, sa banque et une aciérie qui la fait vivre.
Mais ce n'est qu'une apparence. Car, bien cachées entres les murs des maisons, elle abrite toutes sortes de créatures qui déciment peu à peu sa population.
Au fil de ces six nouvelles fantastiques, nous découvrons une famille de vampires clochardisés, un ver sorti de terre qui prend figure humaine, un monstre millénaire engendrant son propre clan, des enfants mutants terrés dans la vase, un simple d'esprit qui interfère avec le passé et une maison absorbant son propriétaire.
Un recueil très original qui nous replonge dans l'ambiance des romans de Lovecraft où un monde terrifiant se cache derrière le monde normal, sans que personne ne s'en inquiète vraiment.
J'ai particulièrement apprécié La quête de Clifford M. qui raconte, avec les détails d'un documentaire animalier, la vie et les moeurs des vampires. C'est drôle et déroutant et cela m'a réconciliée avec ces créatures rendues presque pathétiques. J'ai trouvé les autres nouvelles plus répétitives et les mutations des personnages m'ont un peu écoeurée.
Bob Léman exploite les thèmes fantastiques avec humour et en nous ouvrant les portes de Sturkeyville, il nous entraîne dans une partie de campagne surréaliste et cauchemardesque.
A découvrir pour les amateurs du genre.
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kanux
  01 janvier 2020
Et si Sturkeyville n'était qu'une grande maison contenant d'autres maisons, autant de petites boites dans une grande boite que l'oeil haut placé, et malsain, d'un dieu inquiétant couverait sans discontinuer ? Une expérience ?
Sturkeyville, telle la Sunnydale de l'icônique Buffy, ou même Twin Peaks, rappelle que les États-Unis sont grands, très grands, et que les Américains raffolent de ce genre d'endroits coupés, à leur façon, de l'espace et du temps qui, à eux seuls, semblent rassembler toutes leurs angoisses, leurs psychoses et leurs secrets les mieux enfouis, dans une concentration maléfique où règne le bizarre (le « weird »), l'étrange absolu et même (surtout ?) l'horreur, qu'elle soit dicible ou indicible.
Sturkeyville, la ville imaginée par Bob Leman au travers d'une demi-douzaine de récits parus entre la fin des années 1970 et la fin des années 1980, est symptomatique de cette atmosphère bien particulière, héritée de la conquête de l'Amérique du nord, de villages montés à la va-vite et parfois abandonnés tout aussi rapidement, devenus fantômes, mais aussi des mythes nouveaux qui se sont ancrés au fur et à mesure du temps et d'un effet de contamination avec les mythes locaux (voir la nouvelle "Odila" et son étonnant Très Grand). Car à Sturkeyville, petite ville qui, bien que l'on cite régulièrement des événements ou des toponymes hors de sa géographie (mais ils sont autant de fantômes), vit comme douée d'une autonomie qui puise sa force dans un irrationnel naturel, auquel les citoyens de Sturkeyville se sont habitués, au gré des générations, et même adaptés. Pourtant, tout est secret, et le secret, tout comme le bizarre, fait partie intégrante de cet ordre irrationnel et nous sommes là, à Sturkeyville, comme à Sunnydale, là où les anciens mythes croisent les nouveaux, nés de l'installation des colons et de l'industrialisation, du XIXème siècle aux années 60, dirons-nous. En résulte une forme d'atemporalité, bien résumé par le narrateur de la nouvelle « Loob » : « Si l'exercice de la raison m'a rapidement amené à cette conclusion, par la suite, cette quête désespérée de la vérité s'est confondue avec la traque du responsable de mon exil dans ce cul-de-sac temporel ». le narrateur de Loob (y voir sans doute un jeu de mots avec loop, la « boucle »), pourtant, se trompe de cible. Ce n'est pas tant la personne qu'il traque que l'on doit considérer comme le coupable de son malheur, mais Sturkeyville elle-même, qui attire tout autant les monstres « vers » (La Saison du ver) que les vampires (La Quête de Clifford M.). La responsable de tous les maux est la ville elle-même, une ville où plusieurs familles reviennent au fil des différents récits, comme indéracinables, comme indissociables de l'étrange développement de la ville, comme si elles en étaient les gardiennes-esclaves indubitablement enchaînées, toujours destinées à revenir là où elles sont nées… une ville où s'est installée une industrie métallurgique où les pluies ont tout rouillé jusqu'aux habitants… souvent eux-mêmes de cette couleur rouille (cf "Odila"). Tout se contamine à Sturkeyville, tout se transforme (au point que l'on songe parfois aux délires fantastiques de l'excellent mangaka d'horreur Junji Ito - voir Spirale). L'humain devient mythe par ses transformations, une légende sombre pour lui-même (Les créatures du lac) et nous prouve, s'il en était besoin que Sturkeyville est bel et bien un organisme autonome, en mutation, que l'orgnanique transmute même l'inorganique si bien que même les maisons - et l'habitat se révèle alors un motif essentiel de ce bienvenue à Sturkeyville - prennent vie ("Viens là où mon amour repose et rêve") ; car tout ce qui naît, croît, grandit, ou s'installe à Sturkeyville, vivant ou pas, appartient à Sturkeyville. Il en va donc de même pour l'habitat, qu'il soit simple maison possédée par une créature ver (La Saison du ver) ou une belle et ancienne maison Victorienne ; souvent construites d'un « grès gris » austère. L'héritage fait partie du secret, fait partie du processus de mutation (Les créatures du Lac), qui rappellera parfois l'étrangeté d'une métamorphose à la Kafka (et ce d'autant plus que la dimension sociale est insécable des histoires se déroulant à Sturkeyville), voire l'étrangeté d'un « K » façon Buzzati. Les récits eux-mêmes sont organiques, mutants, jamais serviles d'une ligne droite toute tracée, l'ensemble n'est donc lui-même qu'un seul organisme, et c'est ainsi que vous débuterez votre visite là-bas : « A Sturkeyville, il y a une dizaine d'années, vivait un certain Harvey Lawson, dont la femme était un ver. »
Une façon, en somme, de vous dire : « Bienvenue à Sturkeyville ». Mais en repartirez-vous ?
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Deidre
  05 juillet 2020
Très belle histoire que celle de cet ouvrage. Un auteur américain oublié qui refait surface grâce aux souvenirs d'un lecteur transmis à la librairie et maison d'édition Scylla. Après un financement participatif, voici 6 des 15 nouvelles existantes de Bob Leman de nouveau disponibles dans une toute nouvelle traduction, parfaitement mise en valeur par la couverture de Stéphane Perger et les illustrations intérieures de Arnaud S. Maniak, le tout porté par les talents de maquettiste de Laure Afchain. Ces 6 nouvelles fantastiques prennent place dans la ville fictive de Sturkeyville, petit bourg hors du temps et, semble-t-il, de la civilisation, situé aux pieds des Appalaches américaines. Sinistre, intrigante et secrète, Sturkeyville n'a rien d'une destination de carte postale et on y croisera une foule de créatures manipulatrices et dangereuses... Je n'avais jamais entendu parlé de Bob Leman avant cette aventure. J'en sors convaincue qu'il s'agit d'un très bon novelliste. Sur des thèmes assez classiques du fantastique, il a su faire d'originales propositions, se servant des codes de certains genre pour les renouveler. Loin des clichés, son travail est des plus singulier ! L'impression générale qui se dégage de cet ouvrage est avant tout un certain accablement porté par des dénouements manquant souvent d'espoir. Il semble impossible de sortir indemne de Sturkeyville... Étayés par une plume claire et dynamique au pouvoir évocateur plus qu'avéré, les personnages de Leman prennent vie avec une incroyable facilité. Cette visite de Sturkeyville m'a procuré quelques bon moments de frissons et m'a laissé une impression douce-amer assez appréciable... je t'invite donc à ton tour au voyage...
Lien : https://atraverslamarelle.or..
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Xian_Moriarty
  05 juin 2020
Pour commencer, merci à la Librairie Scylla pour ce SP.


Un excellent recueil de nouvelles !

Et pour cela, je ne peux que remercier, une fois encore, la Librairie Scylla pour m'avoir permis de découvrir cet auteur et ces textes. Parce que j'ai passé un excellent moment de lecture bien que ce genre de nouvelles horrifiques ne soit pas ma came.

Je pense que la plume de l'auteur est l'un des points forts de ce recueil. L'art du texte court est maîtrisé et chaque mot semble avoir été choisi avec soin, mais sans que cela donne une impression de lourdeur. Bref, les textes se lisent avec une facilité déconcertante malgré les discrétions qui servent merveilleusement bien le récit.
Parce que de cela, j'ai aussi été très étonnée. Par moment, on a l'impression que l'auteur s'égare dans ces digressions avant de se rendre compte qu'elles servent les histoires, ne leur donnant que plus de force et de profondeur.

Une chose m'a aussi beaucoup surprise, c'est leur aspect fantastique qui semble parfois ne pas en être. Les protagonistes ne semblent pas toujours plus étonnés que cela des horreurs ou des monstres qui se cachent dans cette petite ville de Sturkeyville (un endroit où je n'irais pas passer mes vacances !). Cela a presque un goût de fantasy. Et pourtant, l'encrage dans le réel — tout en étant dans une ville fictive — donne encore plus de puissantes aux monstruosités qui vivent ici et là.


J'ai vraiment passé un super moment de lecture. Avec des coups de coeur pour Lood, une nouvelle du serpent qui se mord la queue, et Viens là où mon amour repose et rêve. Cette dernière m'a particulièrement fait frissonner, surtout que je viens d'aménager dans un nouvel appart.


Je ne peux que vivement recommander la lecture de ce recueil de nouvelles à tout le monde ! Entre excellentes histoires horrifiques et une plume incroyable, il devrait pouvoir plaire à un large public !

À découvrir d'urgence !!
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DarknessObscura
  02 juillet 2020
Bienvenue à Sturkeyville est un recueil de nouvelles de l'auteur américain fort peu (et trop) méconnu Bob Leman, que les éditions Scylla ont choisi de remettre en avant en lui offrant une nouvelle traduction par Nathalie Serval.
Les récits du recueil s'ancrent dans le genre du Weird de par le surnaturel grotesque et aliénant qu'ils décrivent, plongeant les personnages qui s'y confrontent dans l'horreur. On y trouve par exemple un ver capable de contrôle mental, des créatures marines tueuses, et un personnage capable de piéger malgré lui l'intégralité d'une ville au sein d'une décrépitude temporelle.
Bob Leman parvient également à conférer une part d'humanité tragique à ses personnages, en décrivant la manière dont leur psychologie évolue et se dégrade progressivement, ce qui amène le lecteur à ressentir de l'empathie face aux horreurs dans lesquelles ils sont enfermés.
La lecture de ce recueil fut une formidable découverte !
Chronique complète et détaillée sur le blog.
Lien : https://leschroniquesduchron..
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Nomic
  01 avril 2020
Sous le titre Bienvenue à Sturkeyville sont réunies six nouvelles datant des années 70 et 80 de cet auteur méconnu qu'est Bob Leman. Il paraît que c'est de l'horreur de qualité. Après lecture, je confirme. Bien que l'écriture soit plutôt banale, le style global de Bob Leman parvient à avoir une forte personnalité, notamment parce qu'il joue avec les codes du genre en mettant de côté une partie du suspens. C'est-à-dire que dès les premières lignes il admet tranquillement, par exemple, que oui, il y a bel et bien un monstre. Pas de longues phrases grandiloquentes à la Lovecraft, pas de tentatives artificielles de mystère, on reste sobre et concis. C'est presque un ton anthropologique, où les horreurs sont étudiées avec une froide curiosité. Les thèmes sont récurrents : il y a toujours une sorte de corruption familiale, très lovecraftienne pour le coup, une pourriture qui soit s'infiltre par le sang depuis le passé, soit se force un passage depuis l'extérieur pour pénétrer dans l'intime, pour remplacer l'être ou la vie aimée. Et toujours pour rester dans le lovecraftien, les histoires s'étalent souvent sur des années, des décennies, et sont narrées partiellement sous la forme de récits rapportés. Bref, sous l'apparente simplicité de Bob Leman, il y a vraiment une forte unité thématique et une efficacité narrative indéniable.

Ainsi la première nouvelle, La saison du ver, évoque une horrible créature parasitique qui prend le contrôle d'une famille. Il y a presque un côté cruel dans la description des tortures que subissent le mari et le fils. On reste dans la corruption familiale avec La quête de Clifford M. : c'est une excellente variation sur le thème plus que ressassé du vampire. Bob Leman parvient à être original en développant la biologie de ses vampires, et son protagoniste, torturé entre ses penchants humains et son irrévocable identité vampirique, est touchant. Je sais que j'ai tendance à voir Lovecraft partout, mais Les créatures du lac fait indéniablement penser au Cauchemar d'Insmouth : une malédiction venue d'outre-mer transforme une lignée en créatures marines. Ceci dit, Bob Leman ne fait pas du tout du pastiche, son récit se tient très bien par lui-même. On se rapproche aussi d'un ton psychologique : plus que dans les autres nouvelles, il reste la possibilité que l'horreur ne soit rien d'autre que le fruit de la démence humaine. Mais je n'y crois pas : ce serait nettement moins amusant.

Jusqu'ici c'est un sans faute. Odila me fait encore penser à Lovecraft : une lignée de péquenauds montagnards incestueux cherche à nourrir et protéger l'entité qui est leur ancêtre à tous. Ma foi, il y a là un peu de L'abomination de Dunwich. Cette nouvelle pèche par une narration légèrement confuse, mais le niveau reste haut. Loob s'aventure ensuite sur un terrain dangereux : celui des voyages et paradoxes temporels. Difficile de se dépatouiller de ce sujet, mais pourtant, Bob Leman réussit le pari en ne cherchant pas à trop en faire. Il écrit avant tout l'histoire d'une ville et d'une famille, touchante encore une fois. C'est l'autre nouvelle du recueil où l'hypothèse de la folie est en option. On conclut avec Viens là où mon amour repose et rêve, une variation sur un autre thème classique : la maison hantée. C'est le texte le moins intéressant du recueil : non pas qu'il soit mauvais, il est simplement moins long et moins développé que les autres, il n'accumule pas suffisamment d'inertie et ne fait pas autant d'effet.

En somme, Bienvenue à Sturkeyville est un recueil extrêmement homogène, aussi bien thématiquement que qualitativement, ce qui est rare. de la littérature d'horreur de qualité : un plaisir délicat.

Lien : https://lespagesdenomic.blog..
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