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Gideon Falls tome 6 sur 6
EAN : 9781534318670
120 pages
Image Comics (04/05/2021)
4.5/5   5 notes
Résumé :
The mind-bending conclusion to the Eisner Award-winning series by New York Times bestselling writer JEFF LEMIRE and artist ANDREA SORRENTINO (the creative team behind Green Arrow and Old Man Logan), with the talents of Eisner Award-winning colorist DAVE STEWART (Hellboy)!

As all the universes of "Gideon Falls" finally converge, can the combined forces of this rag-tag band of adventurers be enough to stop the Laughing Man and his limitless legions of e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Ce tome fait suite à Gideon Falls, Volume 5: Wicked Words (épisodes 22 à 26) qu'il faut avoir lu avant. C'est le dernier de la série, et les 6 tomes forment une histoire complète : il faut donc commencer par le premier. Celui-ci reprend l'épisode 27 ainsi que 10 nouvelles pages supplémentaires, initialement paru en 2020, écrit par Jeff Lemire, dessiné et encré par Andrea Sorrentino, avec une mise en couleurs réalisée par Dave Stewart. Il est complété par 26 pages de bonus. Se trouve d'abord le script complet de l'épisode 27, et des 2 pages supplémentaires. Dans les 12 dernières pages, l'artiste explique et décortique plusieurs éléments constitutifs de la série, avec des illustrations et des schémas : la carte du multivers et le principe de passage d'un monde à un autre avec une chronologie, le principe de fonctionnement de la grange noire, la conception de la représentation du centre de l'univers, le pas-à-pas de la réalisation de l'illustration en double page de l'épisode 4. Il se termine avec la couverture alternative réalisée par Jeff Lemire.

Vide blanc infini avec juste un point noir en son centre. le point noir grossit un peu en s'étirant de plus en plus dans une forme très aplatie. Au sein de ces ténèbres impénétrables, un individu reprend conscience, discerne ses mains sous ses yeux, et attrape un masque de tissu pour son visage. Norton Sinclair entend le bruit d'un grattement répété, très net insistant. Il s'approche du lac noir, situé près du Village, près du Centre. Il appelle son père et Clara d'une voix faible, sans réponse. Il se penche vers l'eau et voit une image déformée de lui-même grimaçant. Il se recule et se rend compte qu'il tient un morceau de bois e la main, un morceau de la grange. Il se souvient de l'explosion de la grange. Elle apparaît intacte juste derrière lui, dans un éclat de lumière. Il laisse tomber le bout de bois par terre et se met à courir à dans les bois, alors que les bruits de grattement ont repris. Il parvient à l'orée du bois et découvre une vue dégagée sur le village. Trois jeunes gens l'accueillent en l'appelant père. Ils portent un masque et celui devant déclare qu'ils sont ses enfants et qu'ils l'attendent depuis longtemps.

Dans la version totalitaire de Gideon Falls, Fred, Angie et Molly se tiennent devant la machine installée dans la station du père Burke. Il y a quelques villageois de présent. le prêtre explique qu'il ne sait pas où se trouvent les autres, qu'il était dans une version futuriste de Gideon, horrible. Angie l'informe de la disparition de l'évêque Burke. Molly ajoute qu'elle a ressenti des tremblements et qu'ils ne devraient pas rester ici. Wilfred inique qu'il sait où vont se rendre les autres : ils vont rentrer à la maison. Dans la maison de Don, le docteur Stutton est en train de discuter avec Clarabelle. Deux enfants, Emma et Jasper, entrent et la soeur indique que son petit frère a besoin d'un vraiment médecin car il s'est fait mal au pied. le médecin commence à s'occuper de Jasper. Clara regarde Emma d'un drôle d'air, car elle voit également derrière elle la coupure de journal épinglée, dont le titre évoque la disparition d'enfants. Soudain une énorme secousse se fait ressentir ébranlant la maison. Des cafards apparaissent dans les interstices entre les planches et Clara en écrase avec le poing. Puis elle demande à son père s'il a toujours son fusil de chasse.

Le temps est venu de la résolution de cette intrigue labyrinthique, des révélations, et d'une fin en bonne et due forme. du coup, peut-être que le lecteur jette un coup d'oeil au tome précédent pour être sûr d'avoir bien en tête qui se trouve où, disséminés dans plusieurs réalités alternatives, à des époques différentes. Il inspire un grand coup, et c'est parti. le noeud de l'intrigue est de comprendre comment fonctionne la grange noire, ce qu'elle représente réellement et le rôle de Norton Sinclair. le scénariste a fait le choix de ne pas se montrer complètement explicite : il n'apparaît un nouveau personnage qui vient tout reprendre depuis le début, et il n'y a pas de phénomène de compréhension soudaine pour un personnage ou pour un autre. Dans le même temps, le scénariste est passé dans un mode narratif privilégiant l'avancement de l'intrigue au développement des personnages. S'il s'est fortement investi en eux, le lecteur ressent encore l'incompréhension inquiète et même angoissée de Norton, la force de caractère et le courage de Clara, la résignation devant la fatalité du père Wilfred Quinn. Sinon, il est à craindre qu'il voie des individus ballottés par des événements échappant à toute forme de contrôle, sur lesquels ils n'ont aucune prise, et que très peu d'incidence (une fois au cours de ce tome). le plaisir de lecture se reporte alors sur l'intrigue et sur les sensations apportées par la narration visuelle.

S'il est curieux, une fois le tome terminé, le lecteur va jeter un coup d'oeil au script, très concis et même un peu court. En lisant ce qui correspond à quelques pages, il se rend alors de l'ampleur du travail réalisé par le dessinateur pour donner à voir ce que représente une dizaine de lignes d'indications par page, dialogues compris. Certes, il est probable que Lemire et Sorrentino aient eu des sessions de travail avant de lancer la série, pour que le premier explique au second les grands principes de l'intrigue, du fonctionnement des réalités et de la grange noire, et pour s'accorder sur les éléments visuels fondamentaux. Pour autant, la lecture du script permet de se rendre compte de tout ce qu'apporte l'artiste à l'histoire, y compris en éléments scénaristiques. Dans l'horizon d'attente du lecteur, figurent le fait de retrouver des visuels hallucinants au sens premier du terme, et des compositions de pages sortant de l'ordinaire. le dessinateur le contente et même le gâte. La réapparition de la grange noire intacte en ombre chinoise sur un fond rouge pétant, fort bien choisi par Dave Stewart, avec des cases déstabilisées sur la page en vis-à-vis. L'illustration en double page montrant le sommet d'un gratte-ciel s'abattre sur le Village, avec le choc en retour dans la mégapole de Gideon Falls, une composition aussi évidente que sophistiquée avec une onomatopée mastoc. le retour des deux rubans de cube entrecroisés, vision toujours aussi spectaculaire et signifiante. Une construction d'escalier de Penrose (1898-1972) dans une illustration à la Maurits Cornelis Escher (1898-1972). Dans le fil d'une séquence, Andrea Sorrentino parvient même à rendre très impressionnante et tout aussi spectaculaire, une double page blanche. Comme dans les tomes précédents, les protagonistes passent d'un monde à autre, en particulier dans la réalité du Centre, et l'artiste s'en donne à coeur joie pour jouer avec l'agencement des cases et les déformer comme si elles menaient effectivement à un endroit situé sur un plan de la page différent de la réalité physique (quasi) normale.

Si dans le tome précédent, ou peut-être également dans celui d'avant, le lecteur avait pu éprouver l'impression le temps qu'une planche ou deux que l'artiste était plus pressé que d'habitude, ici il n'en est rien. Il a peaufiné chaque page : les personnages avec cet équilibre incroyable entre photoréalisme et esquisse, les décors allant du détail à des plans panoramiques de très grande ampleur, le découpage de chaque planche à chaque fois conçu sur mesure en fonction de ce qui se passe. À nouveau, le lecteur n'en revient pas d'à quel point cette histoire est l'oeuvre de Sorrentino plus encore que celle de Lemire. Il se dit que cela explique également que parfois certains éléments visuels ne sont pas repris par les personnages comme s'ils n'en étaient pas pleinement conscients ou que cela n'avait pas d'incidence concrète dans leur propos, le scénariste n'ayant pas repris ses dialogues pour prendre en compte les éléments apportés par l'artiste. Ce dernier épisode / tome mène donc à bien le mystère de la grange noire, de sa fonction, et peut-être même de son origine. Il continue de jouer avec les différentes époques dans une construction rigoureuse, mais pas forcément chargée de sens, plus un exercice de style virtuose pour une intrigue qui décoiffe qu'un élément de réflexion ou un révélateur de la psychologie d'un personnage, ou d'un fonctionnement systémique. La partie analytique de l'esprit du lecteur est donc satisfaite, mais sa sensibilité émotionnelle peut trouver ça un peu aride. Néanmoins, s'il n'est pas bien sûr de ce qu'il a lu, il dispose des pages explicitant les principes et les concepts de passage d'un monde à un autre, de fonctionnement de la grange noire, du centre de l'univers. le récit se termine avec un épilogue de 6 pages : un dialogue entre Clara et Norton dans un grand parc. Cela permet de disposer d'une fin à échelle humaine, pouvant inciter le lecteur à considérer toutes ces péripéties comme correspondant à la perception de Norton Sinclair, individu à la psyché un peu malmenée. Avec ce point de vue, le récit regagne un peu d'épaisseur humaine.

Après leur collaboration sur Green Arrow, puis sur Old Man Logan, le lecteur était impatient de découvrir une série personnelle réalisée par ce duo de créateurs. Au vu du degré d'implication et d'investissement de l'artiste, il est probable que le scénariste et lui aient discuté au préalable du genre de récit qu'ils souhaitaient raconter, et que ce n'était pas un travail de commande impersonnel de Lemire vers Sorrentino. La narration visuelle de ce dernier est fascinante de bout en bout avec une ambiance pesante bien entretenue par la mise en couleurs de Dave Stewart, et des fulgurances visuelles mémorables. S'il est plutôt venu pour l'histoire, le lecteur se trouve vite immergé dans un mystère horrifique obsédant et angoissant. Il ressent le fait que l'intrigue prenne le dessus sur les personnages, rendant certains passages un peu désincarnés.
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