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ISBN : 2365774296
Éditeur : Urban Comics Editions (24/10/2014)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Tandis qu’en 1921, l’explorateur William Pike foule le sol de l’épaisse jungle péruvienne à la recherche des légendaires temples interdits incas, en 3797, la botaniste Nika Temsmith, isolée du reste du monde dans une station spatiale aux frontières de l’espace colonisé, étudie d’étranges spécimens aliens. Voici l’histoire de leur destinée romanesque.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Presence
  02 août 2015
Il s'agit d'un récit complet en 1 tome, indépendant de tout autre. Ce tome regroupe les 8 épisodes de la minisérie initiale, initialement parus en 2013/2014, écrits, dessinés et encrés par Jeff Lemire, avec une mise en couleurs réalisée par Lemire et José Villarrubia.
En 3797, Nika Temsmith est docteur en xénobiologie Elle fait partie d'une petite colonie humaine sur une planète éloignée. Elle a pour mission de récupérer des fleurs de trille (trillium) qui contiennent une molécule qu'il n'est pas possible de synthétiser, et qui est le principe actif pour l'antidote contre une épidémie mortelle et dotée de conscience qui éradique l'humanité dans l'univers. Sur cette planète Atabithi, il a été détecté une grande concentration de trillium, mais les fleurs se trouvent au sein d'une ville extraterrestre retranchée derrière une enceinte impénétrable. Nika réussit à établir un contact avec ces extraterrestres, malgré la barrière de la langue.
En 1921, William Pike (surnommé Billy) est un survivant de la grande guerre. Il fait partie d'une expédition de quelques hommes (menée par son frère Clayton Pike) pour trouver un temple inca en pleine jungle amazonienne. Il est régulièrement la proie de remontée de souvenirs sanglants des champs de bataille. le petit groupe découvre un village en pleine forêt où les habitants ont été massacrés. Billy aperçoit une pyramide inca.
Jeff Lemire est un auteur canadien qui avant d'écrire des superhéros DC (par exemple Green Arrow : machine à tuer) s'est fait connaître par ses récits personnels : Essex County: Ontario, Canada, Sweet Tooth (à commencer par Out of the deep woods, en anglais), Monsieur Personne, Jack Joseph, soudeur sous-marin.
"Trillium" est une histoire de science-fiction dans laquelle l'humanité a colonisé de nombreuses planètes en dehors du système solaire, et peut-être même au-delà de la Voie Lactée. Jeff Lemire explique lui-même que sa manière de dessiner (un peu esquissée) n'est pas compatible avec une approche descriptive minutieuse des technologies d'anticipation. Il s'attache à transcrire l'impression que donnent des vaisseaux spatiaux, des combinaisons spatiales, des armes futuriste, plutôt que s'attacher aux détails qui pourraient faire croire à l'existence de ces éléments.
Cette approche graphique ne nuit pas à l'immersion parce que ces éléments d'anticipation sont cohérents tout du long du récit, avec un degré de précision suffisant pour qu'ils ne ressemblent pas à de simples de toiles de fond, ou à des costumes en papier mâché de cosplayer fauché. Il est tout juste possible de s'agacer de ces casques de combinaison dessinés au compas (sans reflet sur le verre), formant malgré tout un cercle qui ne se referme pas sur lui-même.
Jeff Lemire ne cherche pas à dessiner pour faire joli, il ne réalise pas des dessins bien léchés pour une séduction maximale. Il préfère conserver une impression de spontanéité, quitte à ce que les visages soient un peu anguleux, et que les arrières plans puissent donner l'impression de manquer de finition. Rapidement le lecteur constate qu'il s'agit uniquement d'une apparence. Les découpages de chaque page relèvent d'une conception réfléchie et rigoureuse en amont, en particulier le chapitre 5. Chaque page de ce dernier se décompose en 2 moitié, la moitié supérieure étant consacrée à Nika, la moitié inférieure à William, les 2 moitié étant disposées tête-bêche (= il faut retourner l'ouvrage pour pouvoir lire la moitié inférieure), avec un bel effet circulaire.
Jeff Lemire a composé son intrigue sur la base d'une épidémie menaçant la survie de la race humaine, avec une résolution en bonne en due forme. Il y a ajouté des voyages dans le temps, pour que Nika de 3797 puisse rencontrer William de 1921, avec une histoire d'amour contrarié entre ces 2 personnages. Il prend le temps de développer leur histoire personnelle réciproque, même si leur personnalité n'est pas très affirmée. Ces composantes aboutissent à une histoire riche sans être complexe, avec plusieurs axes divertissants.
En cours de route, le lecteur finit par prendre conscience que l'effet miroir entre 3797 et 1921 ne se limite pas à rapprocher Nika et William. Il y a également un effet miroir sur la société de 3797 (les femmes occupent les principaux postes de responsabilité) et sur celle de 1921 (encore essentiellement patriarcale).
D'épisode en épisode, Jeff Lemire déroule son intrigue savamment composée, sans jamais perdre son lecteur, avec un bon niveau de divertissement sans que les nombreuses scènes de grande ampleur ne deviennent une excuse. Toutefois, il apparaît également que l'histoire d'amour reste à l'état de passion entre 2 individus qui ne se connaissent pas, se reposant un peu trop sur les stéréotypes du genre. de la même manière, le second niveau de lecture reste à l'état embryonnaire, et se limite à ce miroir entre les 2 types de sociétés. La fin apporte une résolution satisfaisante au récit. La dernière page exige une interprétation du lecteur, sans émergence d'un sens clair, car plusieurs possibilités existent, sans qu'il soit possible de déterminer avec certitude l'intention de l'auteur.
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Commenter  J’apprécie          60
alouett
  23 octobre 2015
La race humaine est en voie d'extinction. Il ne reste plus que 4000 colons humains vivants aux quatre coins de la galaxie. le temps leur est compté. Décimés par la Crépine – un virus intelligent – que les humains ne parviennent pas à éradiquer. Ces derniers espèrent trouver une planète habitable où ils pourront se mettre à l'abri de cette terrible épidémie.
An 3797, sur la planète Atabithi. Nika opère. Rattachée à une colonie scientifique, elle tente d'entrer en contact avec des aliens bleus. Elle les pense bienveillants, du moins à son endroit. Pour mener à bien sa mission, elle compte sur l'aide d'Essie – une Intelligence Artificielle – qui l'accompagne dans tous ses déplacements. Essie met notamment au point un programme de traduction qui devrait permettre à Nika de communiquer avec les aliens.
Le temps est compté… Nika souhaite obtenir l'accord des aliens pour accéder à leur champ de Trillium, une plante aux vertus thérapeutiques nécessaire dans la fabrication d'un vaccin efficace (et durable) contre la Crépine. Chose inespérée, la communauté extra-terrestre accepte de l'accueillir et organise un rituel initiatique durant lequel Nika doit manger une fleur de Trillium. C'est alors que les frontières du réel se tordent. Nika est projetée dans une réalité temporelle qui n'est pas la sienne et c'est là, dans ce lieu à la fois étrange et familier, qu'elle rencontre William, un ancien soldat qui ne se remet pas du traumatisme que lui a causé la Première Guerre Mondiale.
Loin de sa zone de confort habituelle, Jeff Lemire s'aventure seul dans le registre de la science-fiction. Avec « Trillium », il développe un thriller futuriste où les personnages flirtent avec la folie. Si jusqu'à présent, son univers d'auteur s'attardait à développer la psychologie de ses personnages (« Essex County », « Jack Joseph, soudeur sous-marin »), ceux-ci évoluaient dans des mondes réalistes. L'histoire d'amour qu'il développe nous permet d'ancrer le lecteur dans des éprouvés concrets, le reste de l'intrigue étant une prolongation de sujets de société actuels que l'auteur a transposé dans un décor futuriste (colonisation de nouveaux territoires, survie d'une espèce, choc de cultures, traditions, technologies, conflits armés, épidémies…).
« Avec « Trillium », j'ai tenté de raconter une toute petite histoire d'amour, profondément humaine, mais noyée dans un décor cosmique gigantesque » explique Jeff Lemire dans les bonus insérés en fin d'album.
Force est de constater qu'il parvient tout à fait à atteindre son objectif. La romance nous sert de fil rouge auquel on se raccroche durant la lecture. Car pour le reste, l'auteur nous emmène aux confins de la galaxie puis nous projette sur Terre l'instant suivant. Il nous fait voyager dans le temps au point que les périodes se confondent et se répondent en écho. Il invente une quête futuriste dans laquelle l'espèce humaine se bat pour sa survie et il met en parallèle cette sombre période avec les ravages causés par la Première Guerre Mondiale, montrant tout le côté dérisoire des conflits armés, mettant en contraste le combat mené par une poignée de survivants et la folie humaine d'une race qui, dans un mouvement haineux, est capable de s'exterminer seule dans une grande guerre planétaire.
J'étais plus habituée aux illustrations en noir et blanc que Jeff Lemire a réalisés sur deux de ses précédents albums (« Jack Joseph » et « Essex County » que j'ai déjà cités plus haut). J'appréhendais donc le passage à la couleur, trouvant son emploi du noir & blanc fort pertinent. Pourtant, je n'ai eu aucun mal à entrer dans l'univers de « Trillium ». Il faut dire que Jeff Lemire propose un scénario mordant, le rythme s'installe immédiatement et sitôt la lecture engagée, le lecteur est déjà dans le feu de l'action aux côtés de Nika.
(...)
Lire la chronique complète sur mon blog :
Lien : https://chezmo.wordpress.com..
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Commenter  J’apprécie          50
yvantilleuil
  13 janvier 2017
Si Jeff Lemire, dont j'ai adoré les oeuvres plus personnelles (Essex County, Monsieur Personne, Jack Joseph soudeur sous-marin), m'avait déjà surpris positivement lors de la reprise de séries super-héroïques (Green Arrow, Animal Man…), il allait devoir sérieusement se retrousser les manches avant de parvenir à me séduire en s'attaquant à un genre dont je ne suis vraiment pas fan : la science-fiction !
Pour ce nouvel album en solo, l'artiste canadien développe deux périodes en parallèle. La première se déroule en 3797, aux confins de l'univers, sur une planète perdue où les derniers humains tentent de trouver un remède contre un virus intelligent qui a déjà détruit le reste de l'Humanité. La seconde invite à suivre un ancien combattant de la première Guerre Mondiale, qui participe à une expédition archéologique dans la jungle péruvienne en 1921.
Si « Trillium » mélange habilement deux lieux et deux périodes éloignées de près de deux milles années, il croise surtout les destinées de William Spike et de Nika Temsmith. L'auteur parvient à fondre les existences de ces deux personnages que tout sépare, livrant ainsi une histoire d'amour impossible de toute beauté. Cette romance qui rompt la solitude des deux protagonistes, balaye le temps et l'espace et propose rien de moins que la dernière histoire d'amour de l'humanité.
Si le scénario effectue de la haute voltige, le graphisme s'installe immédiatement au diapason de cet exercice de style particulièrement convaincant. En invitant le lecteur à retourner l'album et à régulièrement changer de sens de lecture, ou en juxtaposant deux lignes narratives au sein d'une même planche, voire d'une même case, Jeff Lemire exploite entièrement les limites de la mise en page. Cette approche permet de mieux ressentir les changements d'époque, ainsi que les sentiments et la désorientation des personnages lors de rencontres parfois fusionnelles. Si l'effet est parfois surprenant, l'immersion est par contre totale !
Visuellement, j'ai toujours fort apprécié le trait de Jeff Lemire et la colorisation aux tons pastels de José Villarrubia est également de toute beauté. Il faut aussi apprécier le bonus en fin de tome, qui permet de déchiffrer l'alphabet extra-terrestre utilisé au fil des pages et qui revient intelligemment sur les divers échanges avec les Athabitiennes.
Un coup de coeur, que vous retrouverez également dans mon Top de l'année !
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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svecs
  11 janvier 2015
797, Nika Temsmith recherche sur la planère Arabithi un remède contre une maladie qui ravage l'humanité
1921, William Pike tente de retrouve un temple inca mythique perdu dans la jungle
Autres temps, autres lieux. Pourtant, grâce au trillium, ils vont se rencontrer. Deux âmes soeurs. Leurs destins vont se méler inextricablement, brouillant les limites de la réalité.
Original et personnel, Trillium se démarque de la production habituelle et propose une histoire suffisamment intrigante et un graphisme à 1000 lieues des canons habituels de la SF (qui évoque plus Kevin O'Neill) qui apporte une originalité supplémentaire à ce récit. Sans doute pas un chef d'oeuvre, mais très plaisant
Commenter  J’apprécie          30
silverfab
  14 février 2016
Trillium narre les destins croisés de Nika, scientifique pacifiste luttant en 3797 contre les ravages d'une infection virale d'ampleur cosmique, et de William, vétéran du premier conflit mondial, brisé par les horreurs de la guerre et reconverti dans l'exploration. Par-delà les barrières du temps et de l'espace, Trillium constitue le récit de leur histoire d'amour…
Le talentueux Jeff Lemire abandonne temporairement les ambiances typiques de ses travaux antérieurs (comme la trilogie Essex County, son plus récent Sweet Tooth voire Animal Man dans le cadre du New 52 de DC Comics), et troque le climat anxiogène des bourgades rurales nord-américaines pour les profondeurs menaçantes de l'espace ou des forêts sud-américaines. Si ce changement de cadre constitue un élargissement intéressant de la palette de Lemire, on ne peut pas dire que le récit fasse vraiment dans l'originalité : les déplacements temporels et les réécritures subséquentes de la réalité constituent aujourd'hui le quotidien des personnages de comics.
Comme à son habitude, c'est dans l'exécution que Lemire se révèle pour ce qu'il est : dialoguiste surdoué, le canadien parvient comme aucun autre de ses confrères à rendre la love-story des deux personnages principaux, véritable coeur de son récit, particulièrement poignante. Et si le trait de Lemire, assez brut de décoffrage, n'a rien d'exceptionnel, ses expérimentations sur le plan du découpage se révèlent payantes : le sens de lecture changeant qui guide son histoire a le mérite de la cohérence formelle. Il faut en effet régulièrement tourner et retourner le volume pour suivre les circonvolutions du récit. Une astuce narrative qui a eu le don d'agacer certains lecteurs, mais qui autorise une certaine identification à la désorientation qui saisit les héros de Lemire au détour de chaque page. A lire avec quoi? ceci: http://bobd.over-blog.com/2016/02/futur-s-imparfait-s-trillium-vs-shape-shift.html
Lien : http://bobd.over-blog.com/20..
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critiques presse (5)
Sceneario   12 février 2015
On a sans cesse l'impression d'une retenue générale, d'une intrigue qui veut sciemment rester dans l'allusif, sans se révéler véritablement. Lemire a peut-être en effet signé là un récit de science fiction très personnel, mais il pèche d'une part à vouloir mettre trop d'élément et d'autre part à rester dans une écriture elliptique.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Liberation   19 décembre 2014
Un foutoir ludique qui transforme l’objet livre en gigantesque boustrophédon, ce procédé de découpage en forme de tourbillon où l’on lit les case de gauche à droite puis de droite à gauche, etc. Ce jeu de piste, en plus de renvoyer à la situation de William et Nika, touche au cœur même de ce qu’est la bande dessinée : un art séquentiel où le temps et l’espace sont indissociables et se jouent notamment dans le blanc, l’intervalle entre les cases.
Lire la critique sur le site : Liberation
Du9   17 novembre 2014
Si Trillium se révèlera d’une belle floraison dans le temps subjectif d’une lecture, ce sera d’avoir envisagé la neuvième chose comme outil réfléchissant plutôt que comme moyen de s’y mirer ou de s’y échapper de l’autre côté.
Lire la critique sur le site : Du9
ActuaBD   21 octobre 2014
Le parcours tracé par Jeff Lemire n’est pas celui de la confusion des images les unes dans les autres, mais celui de la fusion des imaginaires et des êtres. La réussite de Trillium tient ainsi à la poésie que dégage cette belle aventure .
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest   17 octobre 2014
Avec Trillium, Lemire compose une impressionnante saga mêlant histoire d'amour impossible, space opéra et récit initiatique. Autant le dire tout de suite, l'album est passablement dense et complexe, tant par ses jeux temporels et dimensionnels que par la profondeur psychologique des personnages.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
lunchlunch   01 avril 2016
Je me réveille avec la plus étrange des sensations… comme si j’avais perdu quelque chose. Comme si j’avais fait le plus singulier des rêves, mais à l’instant où ma tête quitte l’oreiller, l’impression commence à se dissiper. Les détails vont et viennent jusqu’à ce que tout soit oublié. Mais je garde la sensation que quelque chose ne vas pas. Que quelque chose a changé, au plus profond de moi. Mais il m’est impossible de me souvenir de ce que c’est.
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