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ISBN : 275481695X
Éditeur : Futuropolis (15/09/2016)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Pimitamon, petite ville canadienne au nord de l’Ontario. Derek, ancien joueur de hockey sur glace, vit là entre dépression, alcoolisme et bagarres. Sa vie s’est brisée quelques années auparavant quand un brutal incident l’a contraint à arrêter net sa carrière. Pour gagner sa vie, il a repris le restaurant de sa mère, décédée. Il n’attend plus rien des jours qui passent jusqu’à ce que sa sœur lui revienne, fuyant la violence conjugale, la drogue et la vie de misère d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
alouett
  28 septembre 2016
Province de l'Ontario au Canada, de nos jours.
Dereck est un solitaire. Sa mine renfrognée, sa gueule de guerrier, sa stature imposante… au premier abord, il n'attire pas la sympathie. Son franc-parler et sa réputation de bagarreur inspirent la méfiance alors, quand on le voit accoudé au comptoir du « Pit Stop », il faut avoir une bonne raison de le déranger. Il se pose toujours à la même place, descend bière sur bière en regarder un match de hockey. C'est son monde le hockey ou plutôt, c'était son monde… avant qu'il ne se fasse exclure de la NLH, avant que plus aucune équipe n'accepte de le faire jouer. Pourtant, en ce temps-là, il rayonnait. Une carrière prometteuse s'offrait à lui. Parce qu'il est incapable de contenir sa colère, il a été contraint de renoncer à toutes ses ambitions. Aujourd'hui, il n'est plus que l'ombre de lui-même. Pour oublier, il s'imbibe d'alcool et parvient à conserver son boulot de cuisinier par on ne sait trop quel miracle.
Et puis il y a Bethy. Partie à la hâte de Toronto. Elle remonte vers le nord, elle veut changer de vie. Elle fuit, portant sur elle les stigmates d'une vie ratée. L'oeil au beurre noir, l'esprit en berne, elle marche vers Pimitamon, sa ville natale. Son blouson en jean la protège à peine du froid. Elle est si frêle qu'on se demande où elle a bien pu trouver la force de s'extraire des coups de son homme, de la drogue et de la misère. Fauchée, déprimée, déboussolée… tout ce qu'elle sait, c'est que son frère est la dernière lueur d'espoir qui lui reste. Son frère est la dernière personne en qui elle a confiance. Son frère Dereck.

A chaque fois que je tiens un nouvel album de Jeff Lemire en mains, c'est comme un petit événement. La lecture nécessite un minimum d'organisation, ne serait-ce que le fait d'aménager un temps de lecture durant lequel je suis certaine de ne pas être dérangée. Les mêmes questions qui reviennent à chaque fois : est-ce que ce sera une claque comme « Essex County » ou un plaisir plus timide comme « Jack Joseph » ? La lecture sera-t-elle interactive comme « Trillium » ou addictive comme « Sweet tooth » ?
Les histoires qui jaillissent de l'esprit de Jeff Lemire me fascinent. Ses personnages mélangent force et fragilité ; ils sont bousculés par leurs doutes, déstabilisés par l'imprévu, observent, attendent et finalement, se jettent dans la gueule du loup pour affronter leurs propres démons.
Le couple fraternel que forment Dereck et Beth n'échappent pas à cette malédiction. Pour construire cette histoire, Jeff Lemire est revenu dans un lieu qu'il ne connait que trop bien – l'Ontario – dans une petite commune que l'on imagine non loin d'Essex, sa ville natale. On y retrouve les mêmes gueules cassées, les mêmes solitudes qui crient en silence, le même rythme de vie tranquille… et puis cette similitude avec la présence de Bethy qui apparaissait ponctuellement dans « Essex County ». Est-ce la même femme ? Est-ce un hasard ? le point commun le plus frappant est l'attrait que Dereck (héros de « Winter Road ») et Lou (héros de « Essex county ») partage pour le hockey. Les mêmes rêves brisés, les mêmes carrières d'hockeyeur qui ont stoppé net, les mêmes hommes cassés renvoyés à leur dure réalité.
Dans cet album, on flotte dans des tons bleutés. Seuls les souvenirs sont en couleurs, faisant penser à un passé radieux, idéalisé malgré les bleus qui ont marqué le coeur durant l'enfance chaotique de Beth et Dereck. Un passé idéalisé, vestige d'un temps révolu où la souffrance était moins tenace, où les personnages pouvaient encore compter sur la présence rassurante de parents, où les décisions prises – même mauvaises, même prises sous le coup de l'impulsivité – n'étaient pas de nature à rompre des amitiés… à décevoir de façon irréversible. Un passé révolu qui s'est effacé derrière un présent morne, où les personnages sont mélancoliques, torturés par leurs vieux démons. « le bleu est symbole de vérité, comme l'eau limpide qui ne peut rien cacher » peut-on lire dans les différents textes expliquant la symbolique des couleurs. En choisissant cette ambiance graphique bleutée, Jeff Lemire nous permet de comprendre que ses anti-héros ne sont pas dupes quant à ce qu'ils sont devenus.
Lien : https://chezmo.wordpress.com..
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trust_me
  28 septembre 2016
Derek est un ancien joueur de hockey professionnel exclu de la ligue après avoir violement blessé un adversaire. Reparti s'installer dans son village natal en Ontario, Derek travaille dans le restaurant où officiait sa mère avant son décès dans un accident de la route. Solitaire, dépressif, buveur invétéré, Derek est en proie à des accès de colère incontrôlables qui lui valent d'être dans le collimateur de la police locale. le jour où sa soeur, accro aux drogues dures, débarque en ville pour fuir un compagnon violent, Derek décide de partir vivre avec elle en forêt, loin du monde et de leurs démons respectifs.
Bienvenue chez les indigents, les marginaux. Jeff Lemire ne vend pas du rêve, c'est le moins que l'on puisse dire. Dans le fin fond de son Canada, le ciel est bas et triste, la neige boueuse, l'humidité suinte de chaque mur, le froid glacial mord les os sous les vêtements, le mauvais alcool échauffe les corps et les esprits. Pauvreté et désoeuvrement poussent chacun vers le repli sur soi et la solitude. Les échanges sont rares, les rapports humains tournent en permanence au rapport de force. Chez ces laissés pour compte, on se bat et on se débat. Pour éviter la noyade, éviter la chute finale et définitive.
J'ai découvert Jeff Lemire avec Jack Joseph, je retrouve ici le côté introspectif qui m'avait charmé, sans les dimensions fantastiques et oniriques. le récit intimiste est brut, sans filtre, linéaire malgré quelques flash-back. Beaucoup de silences chez ces gens de peu de mots, pas besoin de grands discours pour illustrer des vies aussi étriquées. C'est simple et direct, brutal, réaliste, sans complaisance. le trait est aussi nerveux et torturé que les personnages, il se dégage de l'ensemble à la fois de la lenteur et une certaine forme d'urgence.
Une histoire qui gratte et bouscule, avec une petite touche de lumière finale qui laisse envisager un futur où l'apaisement pourrait enfin être de mise. Une lueur d'espoir dans les ténèbres, minime mais bien présente.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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svecs
  04 septembre 2017
Jeff Lemire est un auteur étrange.
Il scénarise du super-héros ultra-classique, du genre illisible si vous n'avez pas lu les 3 arcs précédents. Il scénarise également aussi la très bonne série Descender de SF, illustrée par Dustin NGuyen. Et il travaille aussi en solo pour des récits plus intimistes, comme son excellente trilogie Essex County.
Winter Road (traduction approximative et incompréhensible de Roughneck - le vaurien) est un long récit qui nous emmène dans une petite ville paumée de l'Ontario. Il n'y a guère de possibilité pour s'échapper. Il y a l'usine et le hockey.
Derek Ouelette a tenté le hockey. Il a été un petit phénomène qui est passé sommairement par la NHL avant que son tempérament violent ne le fasse exclure. Depuis, il vivote, aigri et morose. Il boit trop, laisse parler ses poings un peu trop vite... un bon-à-rien. C'est alors que sa jeune soeur refait surface. Leur histoire familiale est compliquée et tragique. Si Beth a besoin de l'aide de Derek, elle lui reproche toujours de l'avoir abandonnée il y a longtemps.
Long récit contemplatif qui explore les félures de personnages brisés, Rougneck condense ce que Lemire fait de mieux et il le fait avec beaucoup de talent. Nous découvrons progressivement les drames qui ont frappés Beth et Derek.
Graphiquement, les planches sont superbes. Elles invitent à la contemplation et traduisent à merveille l'hiver canadien. Puis il y a la capacité de Lemire à animer des personnages sensibles et touchants.
Roughneck est sans surprise mais il est bougrement réussi.
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julienleclerc45
  05 octobre 2016
Derek est un pilier de comptoir tellement rongé par son passé qu'il ne supporte pas les fans l'abordant et retourne dans cette patinoire, temple de ses heures de gloire de joueur de hockey. Il erre comme une âme en peine et en panne dans cette ville de Toronto où seuls deux personnes le soutiennent et tentent de le protéger : un jeune flic et un vieil ami de sa mère. Quand il retrouve devant sa porte, sa jeune soeur, Beth, il réalise la responsabilité qui lui incombe.
Derek est un personnage très charismatique hanté par son passé. Il est lourd dans ses gestes et dans ses pas. Cette lourdeur lui apporte autant une violence destructive (contre les autres et contre lui-même) qu'une puissance dramatique. Ce personnage pourrait être caricatural mais l'arrivée de sa soeur qui souffre des mêmes maux amplifie la dramaturgie familiale. Les deux enfants qui ne sont pas encore devenus adultes portent en eux une douleur ancienne où plane l'image néfaste du père. Pour eux, le présent n'existe pas mais le futur pointe son nez malgré eux. Il y a un bonheur supposé (cette grossesse) et une fin tragique avec l'ancien copain de la soeur. le montage alterné entre l'arrivée de cet homme et la rédemption des deux enfants place une ambiance de western. le récit détourne les codes des genres pour accentuer les sensibilités.
La ligne graphique de Jeff Lemire est magnifique et élégante dans sa mise en place des décors. Les traits des personnages sont beaucoup plus secs, leurs visages sont tirés et les yeux pleins d'émotions (soit violence soit empathie). le passé en couleurs pèse sur le présent bicolore. La lenteur du présent est hachée par cette intrusion, ce qui renforce la lourdeur des personnages. Ils pèsent sur le sol et sur leur entourage. Ils doivent réapprendre à être eux-mêmes et se relier au monde.
Cet album développe une émotion très forte grâce à des idées narratives (cet homme lourd qui fait trop de bruit en chassant) et visuelles (Derek cassant des oeufs offre un découpage ciselé). Jeff Lemire distille les douleurs secrètes avec une certaine langueur captivante pour mieux renforcer le long chemin de rédemption de Derek et Beth.

Lien : https://tourneurdepages.word..
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yvantilleuil
  12 mars 2017
À l'instar d' « Essex County », Jeff Lemire (Sweet Tooth, Jack Joseph soudeur sous-marin, Trillium)nous emmène une nouvelle fois dans son pays natal. L'action de « Roughneck » (titre original) se déroule en effet dans un bled perdu de la province de l'Ontario au Canada.
Dans cet univers hostile et enneigé qui n'est pas sans faire penser à celui de « Fargo », l'auteur invite à suivre les pas de Derek Ouelette. Cet ancien joueur de hockey, reconverti en loser qui dort dans un petit local de la patinoire, passe ses journées accoudé au bar en attendant la prochaine occasion de se bagarrer. Sa soeur Bethy n'est pas beaucoup mieux lotie : partie treize ans auparavant en direction de Toronto, elle revient dans sa ville natale sans un radis, complètement camée et poursuivie par un ex violent. Avec son frère comme seul espoir, ses chances de s'en sortir semblent bien minces… à moins qu'elle lui redonne un but dans la vie…
Jeff Lemire signe donc un one-shot basé sur les relations familiales, dans un environnement où les conflits se règlent par la violence. L'auteur nous immerge lentement dans ce huis clos au milieu de nulle part, dévoilant progressivement le poids qui pèse sur les différents personnages. Les décors dépouillés et la colorisation bleutée renforcent encore la froideur et le calme qui règnent dans cet endroit aux conditions climatiques rudes, où le silence est roi. Seul les flash-backs sont en couleurs, comme pour souligner des temps meilleurs. le trait brut et particulièrement expressif contribue également à faire ressortir la dureté des visages de ces personnages torturés par une vie difficile et marqués par ce climat hostile.
Très bon, même si l'intrigue ne déborde pas forcément d'originalité.
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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Les critiques presse (3)
BoDoi   28 décembre 2016
Sa galerie de portraits est convaincante, empathique, saisissante grâce à son trait expressionniste et économe, mis en valeur par un usage subtile de lavis et de touches de couleurs.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Actualitte   18 octobre 2016
Si ce récit de violence et de famille possède la force des récits mythologiques, malgré son décor contemporain, c’est parce que (...) il est dense, posé, nuancé, concret, et terriblement fataliste.
Lire la critique sur le site : Actualitte
BDGest   06 septembre 2016
Cet épais one-shot se lit d’une traite mais se savoure, se vit jusqu’au dénouement terrible, inattendu. Il faut alors attendre quelques instants pour que l'émotion se dissipe, car là réside la grande force de Jeff Lemire : redonner l'espoir dans un monde perdu.
Lire la critique sur le site : BDGest
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