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EAN : 9782709645966
337 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (29/01/2014)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Prenez un philosophe bien à point, faites-le mariner, lardez quelques victimes, laissez mijoter les suspects, assaisonnez de quelques scandales, pimentez l’intrigue, salez les rebondissements, saupoudrez de dialogues croustillants, enrobez dans un style onctueux et servez chaud.
En pleine révolution culinaire, Voltaire enquête sur les traces d’un assassin qui sème derrière lui tartes au cyanure et ragoûts à l’arsenic. L’aide de la brillante marquise du Châtel... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
JML38
  31 janvier 2020
Chaque chapitre possède une phrase d'introduction. Pour le premier : « Où des complots se trament contre d'innocents philosophes » annonce que Voltaire a vraiment énervé certaines personnes, d'éminents chefs de police en l'occurrence, qui se sont réunis en secret à la Bastille pour ourdir contre lui un complot visant à l'éliminer définitivement du monde des vivants.

Dans le même temps le lieutenant de police général René Hérault, qui ne fait pas partie des comploteurs, propose comme il en a l'habitude depuis le début de la série un marché de dupes au philosophe. Il le charge d'enquêter sur la disparition de boucles d'oreilles chez la princesse de Lixen en échange d'une certaine bienveillance concernant ses écrits et ses activités commerciales pas toujours bien légales. Bien sûr en cas de refus de coopérer, Voltaire se verrait convier à un petit séjour aux frais du roi, à la Bastille justement.

Ne pouvant décliner une offre aussi tentante, il n'a d'autre choix que d'obtempérer, accompagné de la fidèle Émilie, avenante marquise du Châtelet, et de l'abbé Linant, dont la présence est pour Émilie « un mystère plus épais que celui de la gravitation newtonienne», mais dont la mémoire de l'estomac, une qualité qu'il possède comme personne, permet à Voltaire de recruter un cuisinier hors pair.

Sous la menace d'un tueur venu de nulle part, il prend également à son service un mendiant bien musclé qui l'a sauvé d'un méchant traquenard, complétant ainsi un aréopage hétéroclite, auquel il ne pourrait manquer qu'un chien s'il n'en avait pas déjà recueilli un.

Mais qu'en est-il des intrigues policières ? Voltaire résout l'affaire des boucles d'oreilles - solution que j'avais déjà lue dans un livre pour enfants de dix ans - entre deux discussions concernant un sujet qui le préoccupe au plus haut point : son élection à L'Académie Française qui continue à lui échapper alors que d'illustres illettrés l'ont devancé.

La mort d'un cuisinier réoriente temporairement l'histoire du côté du roman policier, sans pour autant déclencher une quelconque enquête pour trouver le coupable. L'organisation d'un grand mariage dans le but de sauvegarder ses intérêts financiers et les péripéties engendrées par ses inévitables « Lettres philosophiques » occupent ce cher Voltaire pour l'essentiel du récit.

Mais ce serait sans tenir compte de la sagacité de la marquise du Châtelet, dont la finesse d'esprit et la capacité de déduction permettent de relier entre eux des éléments a priori indépendants, de démasquer des personnes mal intentionnées, et d'éviter de plus tragiques événements.

Frédéric Lenormand rétablit au passage quelques vérités historiques. La fameuse crème qui a pris le nom du château de Chantilly où le prince de Condé donnait des fêtes à faire pâlir le roi lui-même, et qui est attribuée au célèbre Vatel, aurait été en fait créée par le pâtissier du philosophe. De même, Voltaire utilise, quelque deux cents ans avant Alphonse Bertillon, la comparaison d'empreintes de doigts pour innocenter un suspect. Il appartient aux historiens spécialistes de cette époque de valider ou non ces assertions qui n'engagent bien sûr que leur auteur.

Un peu en dessous de « La baronne meurt à cinq heures » et de « le diable s'habille en Voltaire » dans l'intensité jubilatoire, ce quatrième opus de la série reste néanmoins riche en trouvailles et m'a procuré de francs éclats de rire, ce qui, ne boudons pas notre plaisir, n'est vraiment pas négligeable.
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Cath36
  17 juin 2014
Les enquêtes policières de Voltaire ont une intrigue de plus en plus légère, et l'humour de Frederic Lenormand, quelquefois assez lourd, ne lie pas toujours la sauce de ce nouvel opus. Imitant Jean-François Parot qui nous met l'eau à la bouche au fil des aventures de Nicolas le Floch, Lenormand s'evertue à nous présenter au fil du texte des repas d'époque qu'il saupoudre allégrement de cyanure pour les besoins de la cause, le tout restant assez... indigeste au final.
Il nous reste un Voltaire plus vrai que nature aux prises avec les besoins de son train de vie, les lettres de cachet et menaces policières (bien réelles celles-ci) qui rôdent autour de la publication de ses "Lettres philosophiques" et sa relation mi-sentimentale, mi-amicale avec Emilie du Châtelet, gente et savante dame qui a fort à faire avec ce trublion génial. Il reste aussi un contexte historique bien décrit et des personnages hauts en couleur comme le futur maréchal de Richelieu grand libertin devant l'éternel, soudainement en quête de mariage et d'héritiers. J'ai trouvé la fin meilleure que le début avec des reflexions qui font mouche et des traits d'esprit très voltairiens, où le jeu de mots ne se fait pas au détriment de la reflexion mais au contraire corrobore le regard sur la société d'alors.
Bref un bon moment de lecture et le plaisir de retrouver Voltaire et sa marquise, mais un livre un peu décevant qui ne tient qu'à moitié ses promesses.
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Herve-Lionel
  19 juin 2014
N°757 – Juin 2014.
CRIMES ET CONDIMENTS (Voltaire mène l'enquête)-
Frédéric Lenormand – JC Lattès.
C'était quand même une drôle d'idée que de confier à Voltaire une enquête sur la disparition des boucles d'oreilles en diamant de la princesse de Lixen, même si cela vient de René Hérault, lieutenant général de police. Pourtant, Voltaire a bien autre chose à faire, tout occupé qu'il est à être le banquier des aristocrates, à se faire munitionnaire ou à traficoter en fraude des produits venus des Amériques. C'est que lui qui a déjà tâté de la Bastille et craint les lettres de cachet a quelque intérêt à être au mieux avec les autorités qui l'ont toujours à l'oeil. D'autre part il brûle d'envie d'être élu à L Académie Française même si la parution de ses « Lettres philosophiques » imprimées à Rouen et en Angleterre, ne plaident pas vraiment en faveur de cette distinction. Jusque là, il a été un candidat malheureux mais il ne s'avoue pas vaincu et fait une cour assidue à tous ceux qui seraient susceptibles d'appuyer sa candidature. Il finira quand même par être « Immortel » en 1746, mais le restera plus sûrement par ses écrits (et par ceux des auteurs qui le font revivre) que par son titre !
S'il parvient, avec d'ailleurs un peu de chance, à retrouver l'objet du délit, il n'en prend pas moins conscience qu'on en veut à sa vie pour éviter, à tout le moins le pense-t-il, qu'il siège quai Conti, encore n'est-il pas lui-même capable de déterminer si on veut l'éliminer à cause de son commerce illicite ou de ses écrits subversifs ! Pour autant, il est consolidé dans son analyse des choses quand il apprend officieusement qu'on vient de faire sortir de la Bastille un spadassin pour qu'il fît son office, à son détriment ! C'est que, dans son entourage immédiat, se multiplient les attentats et les cadavres qui, dans cette période de débordements culinaires (et pas seulement) prennent la forme de tartes au cyanure et autres mets frelatés: il se sent effectivement menacé ! Il faut dire que Voltaire lui-même est entouré d'un mystérieux cuisinier fort inventif mais un peu mystificateur et d'un abbé goulafre, bien dans le style de l'époque. Ainsi la véritable enquête qu'il mène est-elle celle de démasquer son futur assassin… avant qu'il ne passe à l'acte.
La guerre fait rage aux frontières et l'un de ses débiteurs, le duc de Richelieu, ancien camarade de lycée mais également académicien et donc soutien potentiel , s'est mis en tête d'aller se battre et ainsi de risquer sa vie pour le roi. Dans cette éventualité, la créance de Voltaire ne pouvait être que compromise ! Elle ne serait, pense-t-il, consolidée et assurée que par le mariage du duc, une union avec un grand nom de l'aristocratie même si le petit-neveu de l'illustre cardinal est surtout connu pour ses frasques de séducteur impénitent ! Voilà donc notre philosophe transformé en un marieur qui ne perd cependant pas de vue son intérêt personnel. Il jette son dévolu sur la jeune Marie-Elisabeth D'Harcourt-Lorraine qui, même si elle est beaucoup plus jeune que son prétendant, aura au moins l'avantage de favoriser les vues voltairiennes. Mais comme toujours les choses ne se passeront pas aussi bien que prévu !

Sous le couvert d'un titre quasiment emprunté à Dostoïevski, l'auteur nous promène dans ce Paris du XVIII° siècle à la fois populaire et aristocratique, dans les bas-fonds comme dans les salons. Comme toujours, j'ai apprécié le personnage de Voltaire qui, sous la plume de Lenormand nous est restitué avec vérité. Nous le voyons à nouveau ici, tour à tour avare, moribond, flagorneur, industrieux, facétieux, valétudinaire, opportuniste suivant les circonstances. Lenormand ne manque jamais de lui prêter des propos qu'il n'aurait sûrement pas reniés lui-même sur l'écriture, ses contemporains et surtout ses collègues écrivains (« Il faut écrire des livres qu'on aurait soi-même envie de lire, déclara-t-il. Je suis sûr que la plupart de nos amis n'ouvriraient pas les leurs si leur nom ne figurait pas sur la couverture », «La vraie modestie d'un écrivain, c'est la lucidité. Elle n'est pas très répandue car, s'ils acceptaient d'être lucides, la plupart cesseraient d'écrire », « Tout le monde aime le sucre, il est à la cuisine ce qu'est à la religion la promesse d'une vie éternelle : un mensonge agréable qui dissimule l'amertume du reste »). Ce roman est aussi plein d'enseignements, sur la nature humaine, notamment qu'il faut se méfier de tout le monde, en particulier de sa parentèle, sur la marche du monde, sur la structure de la société de ce Siècle des Lumières, sur la conduite des guerres et l'organisation militaire de l'époque...
Flanqué de sa maîtresse, la marquise du Châtelet, ce trublion génial ne peut laisser le lecteur indifférent. J'ai aussi apprécié les détails historiques de ce roman et bien entendu le style de l'auteur, toujours aussi impertinent, délié et humoristique. En revanche, l'aspect culinaire, même s'il est important à mes yeux, m'a, pour cette fois, paru un peu indigeste, tout comme d'ailleurs l'enquête policière qui, au fil des pages, s'estompe quelque peu même si elle laisse place aux facéties voltairiennes.
J'ai cependant souvent souri et même parfois ri de bon coeur à la lecture de ce roman;l'écriture de Lenormand a ce pouvoir. J'y ai retrouvé avec plaisir ce Voltaire que j'aime et c'est quand même là l'essentiel !

©Hervé GAUTIER – Juin 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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soleil
  04 avril 2015
Voltaire a déjà goûté à la Bastille. Et chez lui et chez les autres, il goûte aux plats étouffants, qui nagent dans le gras. Alors il recrute un cuisinier qui saura lui faire des mets un peu plus légers et un peu plus raffinés. Pour cela, il s'aide des aliments qu'il fait venir de façon illégale des îles. Une de ses autres activités consiste aussi à vendre sous le manteau ses écrits et accessoirement il s'occupe de caser le Duc de Richelieu pour lequel il souhaite une alliance maritale et pécunière conséquente étant donné que Voltaire joue aussi le rôle de banquier et prête à tire-larigot.
En compagne des Dumoulin, de l'abbé Linant, d'Emilie, de Leibniz-son chien-, Voltaire est sur tous les fronts même celui d'une enquête policière.
J'ai un avis plutôt mitigé pour ce roman.

Il y a beaucoup d'humour, les personnages sont truculents et le livre est franchement agréable à lire. Cependant la 4ème de couverture (que finalement je lis rarement) ne correspond pas à ce que j'ai lu et retenu de ce livre. Si je m'en tiens à ce qui est écrit au dos du livre le thème est l'enquête policière menée par Voltaire pour trouver un ou des assassins qui sévissent alors qu'en fait ce n'est à mon sens pas le propos du livre, du moins pas plus le propos que le mariage du Duc de Richelieu, que le trafic mené par Voltaire, que la menace qui pèse sur lui de retourner à la Bastille, que ses amours illégitimes....
Ce n'est d'ailleurs pas tant que la 4ème de couverture ne corresponde pas trop au contenu qui me gêne que l'abondance de faits abordés dans le roman.
Alors cela donne certes un rythme au livre parce que l'on passe un peu d'un sujet à un autre mais j'aurais aimé que le roman soit plus long pour permettre de développer les sujets ; en effet on a l'impression que la résolution des crimes est LE sujet du livre puisque d'ailleurs le livre se termine avec l'identification du meurtrier alors qu'en fait, une fois l'affaire résolue, je m'en fichais complètement puisque l'auteur n'avait pas donné assez de présence à ces meurtres dans le livre et que pour moi c'était un thème comme un autre.
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yv1
  29 août 2014
Quatrième aventure de Voltaire en tant qu'enquêteur. Cette fois-ci, il est plus victime que meneur, ne se rend pas toujours compte des tentatives de meurtre contre lui, et est beaucoup plus concentré sur ses futures affaires financières et sur le mariage qu'il arrange entre la jeune Elisabeth de Lorraine-Harcourt et le duc de Richelieu, par ailleurs son débiteur, pour justement assurer les remboursements de son prêt par la descendance qui naîtra forcément -le pense-t-il- de cette union. Heureusement pour lui, sa maîtresse Emilie du Châtelet veille sur lui.
Quel plaisir de retrouver l'illustre philosophe dans la série qui porte son nom. le moins "polar" des trois que j'ai lus et celui que je préfère, pas de temps mort, pas le "ventre un peu mou" -juste quelques longueurs en leurs mitans- que je pouvais reprocher aux autres. Pas de véritable enquête, mais Voltaire virevolte, papillonne, n'arrête pas de gesticuler toujours habillé à l'ancienne mode avec sa haute perruque datée, toujours à l'affût d'une bonne affaire. Lorsqu'il rencontre le cuisinier qu'il lui faut pour son estomac délicat -il faut dire qu'en 1734, les repas sont copieux, roboratifs, un peu de légèreté (relative) ne fait pas de mal- il le débauche et l'embauche bien qu'il ne sache rien de lui, ce sera dès lors, une suite de plats fins, inventifs dont certains font encore le délice de nos palais.
Le ton est toujours drôle, léger, Frédéric Lenormand n'ayant pas de scrupules à écorner le mythe voltairien à tel point qu'on se demande s'il n'en rajoute pas, mais, en fin de volume, il cite des extraits de livres, de journaux, certains de cette époque, qui abondent dans son sens : "Voltaire avait le front élevé, les yeux noirs, tout de feu, et dans une agitation continuelle. Son esprit était vif et ardent. [...] Il croyait être né pour l'ornement de son siècle, pour donner le ton aux poètes, aux historiens, aux orateurs, aux géomètres, aux physiciens, aux philosophes et même aux théologiens. Aussi était-il d'un orgueil insoutenable. [...] Il était sans amis, et ne méritait pas d'en avoir. Il avait un si grand penchant à l'avarice qu'il sacrifiait tout, lois, devoirs, honneurs, bonne foi, à de légers intérêts." (François Toussaint -1715/1772-, Anecdotes, cité p. 337)
La langue est belle, même dans les insultes lorsque des carrosses de courtisans et d'un ministre sont bloqués dans la rue par des gens mécontents qui s'écrient : "Attrapeminons* ! Rats de palais ! Vieux manches de gigot ! Moineaux de carême !"(p.150) Quand je pense qu'aujourd'hui on a droit à du "Casse toi pauv'con !"... Les moeurs changent, le niveau de vocabulaire aussi.
Entre deux cabrioles et deux situations ridicules, Voltaire ne peut s'empêcher de placer des répliques vaches, drôles, philosophiques qui sont un vrai plaisir à lire : "Tout le monde aime le sucre, il est à la cuisine ce qu'est à la religion la promesse d'une vie éternelle : un mensonge agréable qui dissimule l'amertume du reste." (p.177). Je flatte ici mon anticléricalisme. Je me suis régalé avec ce tome narrant les aventures de Voltaire autour de la table et de la bonne chère, cette série est décidément très digeste, un bon petit plat à partager qui ne reste pas sur l'estomac qu'à l'instar du célèbre écrivain, j'ai fragile. Et puis, ces aventures m'ont aussi donné l'envie de relire Voltaire, je crois bien avoir dans le fond de ma bibliothèque Zadig**, Candide et peut-être même Micromégas...
* Hypocrites
** J'ai failli écrire Zadig et Voltaire, les moeurs changent, le niveau de culture aussi...
Lien : http://lyvres.over-blog.com
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critiques presse (1)
LesEchos   10 mars 2014
Frédéric Lenormand nous livre un nouveau volet de sa série « Voltaire mène l’enquête ». Les amateurs de romans historiques et de bons mots en auront les papilles émoustillées ; les amateurs d’intrigues bien ficelées resteront, eux, sur leur faim.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
Florence94Florence94   20 juillet 2016
Il posa sur le marchepied l’un de ses souliers à boucle dorée, mais non l’autre, n’étant pas sûr d’être en terrain ami. Son regard glissa sur la vilaine bâtisse façon grosse ferme décatie qui était devant lui, il chercha des yeux quelque chose qui ressemblât à Trianon.
- Monsieur voit bien, pourtant ! s’entêta le cocher.
L’horreur de la situation se fit jour ex abrupto. Ayant découvert ce qu’était le château de Cirey, le voyageur ôta son soulier du marchepied et cria :
- Cocher ! A la Bastille !
- Monsieur n’est pas sérieux !
- La Bastille est une forteresse bien située, on y voit Paris, Paris vient vous y voir, j’ai tout à y gagner !
Il était victime d’un terrible malentendu. La campagne, oui, mais aménagée par Le Nôtre, avec un tapis de buis taillés et une fontaine où se mirait une gentilhommière à pilastres et fronton. Il ne se sentait pas une vocation de philosophe de labours.

- Mme du Châtelet aurait dû me prévenir qu’elle possédait sa propre Bastille, j’aurais mieux étudié l’offre du roi.
C’était un cas de conscience.
- C’est sur ce vilain perchoir qu’on veut loger le phénix des belles lettres ?
La grande salle avait des courants d’air.
- Sommes-nous dehors ou dedans ?
- Monsieur a de la chance d’arriver au printemps, dit la cuisinière, pour être aimable.
- Ah bon ? C’est le printemps ?

Il écrivit ensuite à Emilie pour l’engager à venir partager avec lui ce douillet nid d’amour. Elle répondit que, soucieuse de s’occuper au mieux d’obtenir sa grâce, elle s’était résolue à ne pas quitter Montjeu avant la fin juin, pas même pour aller goûter les charmes citadins d’une métropole au rayonnement régional telle que Semur-en- Auxois.
« Dame ! Elle sait où j’habite ! » se dit l’écrivain pris au piège.
- Madame rejoindra-t-elle votre seigneurie ? demanda la cuisinière, qui devait ajuster ses provisions.
- Pas tout de suite, répondit Voltaire. De hautes préoccupations la retiennent loin d’ici.
« Comme celle de survivre », songea-t-il.
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yv1yv1   29 août 2014
Voltaire avait le front élevé, les yeux noirs, tout de feu, et dans une agitation continuelle. Son esprit était vif et ardent. [...] Il croyait être né pour l'ornement de son siècle, pour donner le ton aux poètes, aux historiens, aux orateurs, aux géomètres, aux physiciens, aux philosophes et même aux théologiens. Aussi était-il d'un orgueil insoutenable. [...] Il était sans amis, et ne méritait pas d'en avoir. Il avait un si grand penchant à l'avarice qu'il sacrifiait tout, lois, devoirs, honneurs, bonne foi, à de légers intérêts. (François Toussaint -1715/1772-, Anecdotes, cité p. 337)
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Florence94Florence94   20 juillet 2016
Soucieux de mettre monsieur le lieutenant général dans de bonnes dispositions, Voltaire lui expliqua ses travaux comparatifs d’empreintes de doigts, un système propre à faciliter la recherche des délinquants.
- Est-ce que je me mêle de philosophie ? rétorqua Hérault.
Ces préoccupations lui semblaient risibles et le procédé répugnant. On allait s’en tenir à la bonne vieille méthode : arrestation, torture du contrevenant par un professionnel agréé, confession en comité restreint devant un juge, extrême- onction, supplice public selon la condition social du condamné : la hache pour les nobles, la corde pour les servantes, la roue pour les roturiers. Il n’y avait pas à compliquer la marche de la justice. C’étaient bien là des idées d’hurluberlus obsédés de nouveauté que de prétendre examiner des traces de doigts sales !
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GrouchoGroucho   18 mai 2015
.../...
- Je l'ai lu, mais ça ne m'atteint pas, répondit la victime. Il faut du talent pour être efficace, même dans la perfidie.
- Vous devriez remercier l'auteur, dit Madame du Deffand : c'est à l'aune des critiques que l'on peut estimer sa propre réussite.
- Vous avez raison. Trouvez-moi son adresse, que j'aille le remercier. Où est ma canne ?
Voltaire avait trop de clairvoyance pour ne pas admettre la faiblesse de ses tragédies, mais trop d'amour-propre pour se laisser fustiger en public.
- Je ne réussi pas tous les travaux que j’entreprends, on ne peut être toujours parfaitement égal à soi-même que dans la médiocrité ; l'excellence réclame des échecs.
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Cath36Cath36   17 juin 2014
le seul danger, avec le mal qu'on dit de nous, c'est que nous finissions par le croire.
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