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Critique de Libellule41


Libellule41
  12 janvier 2022
Ce roman évoque pour moi un ensemble de tableaux correspondant à chacun des 20 chapitres qui, en effet ressemblent à des peintures: il y a un décor constitué par un paysage et il y a des personnages qui habitent ce paysage en y inscrivant des scènes de vie. A l'instar d'une exposition qui rassemblerait ces tableaux sous un titre et un thème général, il y a en arrière-plan la seconde guerre mondiale et l'immédiat après-guerre dans un land de l'Allemagne du Nord, ainsi qu'une réflexion sur les limites du devoir, sur la responsabilité de chacun face aux ordres donnés et, au delà, la responsabilité collective de toute une nation.
Siegfried Lenz décrit dans ce livre, avec la lenteur et la minutie d'un écrivain classique, des scènes de vie que l'on peut partager en deux groupes: Les premiers évoquent le début des années 50 dans un centre de rééducation pour jeunes délinquants, situé sur une petite île à l'embouchure de l'Elbe, et dans lequel a été conduit le jeune Siggi Jepsen pour y effectuer une punition, celle de rédiger une composition allemande sur "les joies du devoir", un exercice auquel il s'était soustrait précédemment. Pendant plus de trois mois, avec un acharnement qui surprend son entourage, il va se livrer à l'écriture d'un texte et le ramener aux années de guerre dans son village natal au bord de la mer du Nord, non loin de la frontière danoise. Il avait alors une dizaine d'années et son père y exerçait la fonction de brigadier.
Les autres évoquent donc ce village côtier avec sa petite communauté d'habitants. Là encore un cadre, celui des rivages mélancoliques de la mer du Nord, brumeux, souvent venteux, ensoleillés parfois en été, et un ensemble de villageois qui traverse vaille que vaille les années de guerre, et au milieu duquel deux personnages vont émerger dans le souvenir du narrateur, son père, fonctionnaire de police, et un peintre talentueux dont les tableaux n'ont pas la faveur des dirigeants nazis, et à qui vont être signifiées l'interdiction de peindre à l'avenir et la confiscation de ses oeuvres. La mission est confiée au brigadier local, Jens Jepsen, qui, malgré leur amitié, va accomplir scrupuleusement son travail. L'enfant observe, s'interroge, et finit par prendre parti.
La narration est remarquable. L'auteur dépeint avec précision des paysages, des portraits, des postures, des personnalités, des mouvements et des pauses. Mais la longueur de certains chapitres et l'abondance de détails fournis, rendent parfois la lecture du livre fastidieuse. Un bémol donc.
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