AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 978B08P7KYCNX
Éditeur : J.-C. Lattès (06/01/2021)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Fin des années trente : New York est en plein tumulte. Les nationalistes allemands célèbrent Hitler tandis que le mouvement pro-guerre recommande l'intervention des Américains en Europe. Josef Klein, lui, ne vit que pour ses deux passions : les échecs, et la radio amateur. C'est ainsi qu'il rencontre Lauren, jeune activiste qui partage sa fascination des ondes. Mais les compétences techniques de Josef en tant qu'opérateur radio attirent vite l'attention d'hommes inf... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
kielosa
  31 janvier 2021

Apparemment l'auteure dispose d'un double don : la musique et l'écriture.
Née à Mönchengladbach, près de Cologne et Düsseldorf, en 1973, Ulla Lenze a fait des études de musique et de philosophie à Cologne et s'est spécialisée dans la poésie de Hegel.
Son premier ouvrage "Schwester und Bruder" (Soeur et frère) est sorti en 2003, a été traduit entre autres en Indien et Chinois et remporté 3 prix littéraires en Allemagne. "Les trois vies de Josef Klein", sorti l'an dernier, est entretemps sa 5e oeuvre et hélas l'unique traduite en Français.
Ulla qui a séjourné à Bombay en Inde et à Damas en Syrie, vit actuellement à Berlin.
En parcourant sa biographie sur son site (ullalenze.de) on est frappé par le nombre de prix qui lui ont été décernés et la longue liste de ses contributions écrites pour différents organismes et publications sérieuses.
Tout à fait au début, l'auteure nous informe que son roman a été inspiré par son grand-oncle Josef Klein, mais que le Josef Klein de son histoire est en fait son fils spirituel : une création de son imagination.
Il s'agit donc "d'un mélange poignant de roman familial et de thriller d'espionnage" pour reprendre la pub d'un grand quotidien allemand d'après-guerre (Der Tagesspiegel).
En 1939, le Josef Klein d'Ulla habite une cage à lapins à Harlem, New York. Il arrive tout juste à survivre, grâce à un pote, Arthur d'origine irlandaise, et la distribution de prospectus et de tracts. Probablement grâce à son origine allemande, il est amené à distribuer des flyers du Parti nazi américain et d'autres mouvements d'extrême droite, tel "America for White People" le "Bund germano-américain", l'association des Bavarois du Grand New York, etc.
Le but consiste évidemment à convaincre des idiots à voter contre "Rosenfeld" et son "Jew Deal". Ces feuilles volantes contiennent aussi des conseils du genre : dites au lieu de "Heil Hitler", "Save America First". Et non détrompez-vous, le génial Donald Trump n'était pas encore de ce monde.
Les longues promenades que Klein effectue avec Princesse, un berger trouvé abandonné, permettent à Ulla Lenze un pittoresque portrait de cette métropole géante et grouillante qu'était New York juste avant la 2e guerre mondiale.
Dans sa "résidence" Josef Klein passe ses loisirs à écouter des chansons à la mode comme "Georgia on My Mind" and "Sweet Sally of My Dreams".
Avec Arthur, Josef prend une décision qui va bouleverser son existence : la construction d'un poste émetteur radio avec lequel il peut entendre la charmante voix de Lauren, sa future amie, mais aussi outre-Atlantique celle de l'amiral Wilhelm Canaris, chef des services secrets de l'armée à Berlin.
Je ne vais pas résumer cette page d'espionnage bien sûr, mais rien qu'en dépaysement vous serez gâtés, car Josef vous emmène à Buenos Aires en Argentine, en 1949, à San José, la capitale du Costa Rica en Amérique centrale, en 1953 et de retour au "Heimat" , au pays natal.
En Allemagne, à Neuss, Josef séjourne chez son frère, Carl, sa belle épouse (style madone ascétique) Edith et leurs 2 enfants, Paul et Irene, qu'il surnomme "Täubchen" (petite colombe).
Une occasion pour Ulla Lenze de décrire un pays dévasté, en ruines après toutes ces années de guerre, en 1949. Et Neuss, qui se trouve proche de sa Mönchengladbach natale, elle connaît naturellement très bien.
Je suis content d'avoir fait la connaissance de cette auteure, qui est une jeune dame intelligente, exceptionnellement instruite et qui a en plus l'oeil observateur d'une grande voyageuse expérimentée. J'ai la ferme intention de lire un autre ouvrage d'Ulla Lenze, si besoin est même en version allemande.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          512
Tempsdelecture
  19 janvier 2021
La seconde guerre mondiale, la drôle de guerre, la Grande Guerre Patriotique. Il me semble que c'est l'un de ces sujets inépuisables en Littérature, un Sisyphe qui roulera son rocher éternellement, il y aura toujours des choses à écrire, et à lire, tant qu'il y en aura à dire. Ulla Lenz, l'auteure, a choisi d'inscrire sa fiction selon une perspective allemande. Et d'outre-Atlantique, du haut de ses interminables tours new-yorkaises. À partir du regard de Josef Klein, exilé allemand dans le nouveau monde, à peine visible, qui ne fait que l'observer, de très loin, ce monde. du conflit mondial nous n'aurons que de très distants échos, au gré des quelques bruits finissent bien malgré tout par arriver aux oreilles de Josef, qui ne s'embarrasse pas du moindre remord : il est aussi loin que l'on puise l'être du conflit, tant sur la distance que sur son engagement. Josef n'est pas un homme que l'on remarque, c'est peut-être bien ce qui va lui permettre de traverser ses trois vies sur la pointe des pieds.
Ce bien curieux personnage, insaisissable et hors du temps, constamment tenaillé par une ambivalence existentielle, jalonne ce récit à trois temps et a provoqué chez moi pas mal d'interrogations, c'est un individu au prime abord sans grande consistance qui a fui son pays dès qu'il a pu pour rejoindre celui de l'oncle Sam, exilé parmi d'autres. On touche là un point de l'histoire, dont on a peu eu conscience, et concerne ces quelques Allemands qui sont allés s'installer par delà l'Atlantique, là où il est réputé plus facile qu'ailleurs de se bâtir une situation, sinon de faire fortune, ce pays de toutes les libertés. Josef est un drôle de petit homme solitaire, qui aime les échecs, et tâte de la radio, qui va se faire embrigader dans les réseaux clandestins allemands à défaut d'intégrer la Wehrmacht. C'est avec grand intérêt que l'on apprend ainsi, à travers ce roman, que les réseaux nazis sont arrivés jusqu'aux Etats-Unis. Il est vrai que l'histoire a principalement retenu les méfaits de la dictature sur le vieux continent, à raison. Il n'en reste pas moins très instructif, au moins qu'aussi intéressant, de constater comment l'auteure allemande reconstitue la montée du nazisme à travers le témoignage de cette grande démocratie.
Entre patriotisme et fidélité au pays originel, la frontière est poreuse pour ce Josef américanisé en Joe, lequel se trahit par son accent germanique, et considéré d'un oeil torve par ces Américains, qui ont le recul nécessaire pour prendre conscience de l'ampleur du danger qui guette l'Europe. La montée du nazisme est ainsi mal vécue aux Etats-Unis, même s'il se trouve certains irréductibles indéboulonnables de la race blanche, Ulla Lenz parvient à rendre ce frisson d'horreur qui parcourt l'échine de la population américaine pressentant mieux que tous les autres la menace allemande qui s'alourdit de jour en jour. Est-ce qu'être allemand revenait à être nazi, c'est un peu l'enjeu de ce récit qui s'appuie sur la figure centrale de cet européen, totalement épris de la vie américaine, dont l'incapacité à prendre position et à se distancer de sa nationalité, va l'amener tout droit à être mêlé dans des plans qui le dépassent. En conférant à cet homme aussi peu de caractère, l'auteure illustre d'une certaine façon l'inertie qui s'est emparée des Allemands ou autres à la merci d'une force bien plus grande qu'eux. le rôle d'agent secret, si tant est qu'on puisse lui appliquer ce qualificatif, est un costume taillé bien trop grand pour Joe Klein, qui comme les chats sait rebondir pour s'en aller vivre ses autres vies.
L'Allemagne n'est pas sa vie, il n'y a rien construit, tout juste un transit pour cet homme qui a toujours vécu entre deux vies, aux Etats-Unis, entre américains et allemands exilés, à Ellis Island, en Allemagne chez son frère, en toute clandestinité. Un Allemand, un nazi, un exilé, un clandestin, encore plus un apatride, c'est un home perdu, qui navigue d'un océan à l'autre, mais fatalement rattaché par sa nationalité allemande, Josef devient José en Amérique du Sud. En Argentine, là où Perón a fait un pont d'or aux nazis allemands, c'est peut-être une réponse qu'il trouvera loin de son pays.
C'est un premier roman qui a reçu quelques prix en Allemagne, qui chatouille encore le souvenir lancinant de l'Allemagne nazie à travers un personnage, qui a priori n'avait rien à y voir, si ce n'est sa nationalité, qui plus qu'une conviction personnelle profonde, a provoqué une condamnation presque immédiate du pays qui l'a accueilli. Une malédiction qui, à force de garder obstinément la tête dans le sable, finit par lui nuire, un homme ordinaire qui a tout sauf l'étoffe d'un héros perdu dans des mondes qui ne seront peut-être jamais les siens. C'est une anguille qui se faufile entre les rochers, entre les rochers, un fuyard qui déserte dès que le vent tourne, qui n'a même pas pour lui ses convictions, puisqu'il ne sert rien d'autre que ses propres intérêts. C'est un homme lâche très certainement, détaché de toute apologie. Est-ce que ce désengagement du monde caractérisé par cette lâcheté apparente fait de lui un être condamnable ? du fond de mon confort, c'est une question que je serais mal avisée de répondre par une réponse affirmative nette et concise. C'est un roman qui remet sur le devant de la scène cette question qui n'a aucune réponse de savoir ce qu'à titre personnel, citoyen allemand ou français à cette époque, de quelle façon on aurait agit.
La vie de Josef Klein est hachée, divisée, clivée comme l'individu l'est lui-même, aspiré par cette soif de liberté ultime que lui a offert les Etats-Unis, sa nationalité, qui même reste le seul lien à sa famille, il porte comme un fardeau, et son incapacité à affronter le monde, et somme toute, ce récit est fidèle à son image.
Lien : https://tempsdelectureblog.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          41
aurelitdeslivres
  13 janvier 2021
Imaginez retourner dans le passé de votre grand-père et son frère à travers la lecture d'une correspondance retrouvée …178 lettres. Des lettres qui semblent le relier à une opération des services secrets allemands à NY durant la seconde Guerre mondiale.
Voici le point de départ de ce roman. Ulla Lenze tache de remonter le temps et reconstituer les pas de ces hommes au destin étonnant.
Un roman trépidant autour de Josef Klein, personnage qui va voyager de Berlin à NY, du Costa Rica à Buenos Aires. Difficile de savoir ce qui appartient à la réalité ou la fiction et c'est un des points forts du roman car la curiosité du lecteur n'en est que plus attisée.
3 époques s'entrecroisent, l'avant-guerre, la guerre et l'après-guerre. Chaque époque présente un Josef Klein en proie à des difficultés d'ordre politique. La montée du nazisme se fait ressentir jusqu'à NY et certains faits relatés sont assez étonnants. Il est plutôt curieux de voir que les océans n'ont finalement pas séparé les hommes de cette idéologie.
Loin de l'Allemagne, c'est la guerre qui va le rattraper et mettre en lumière dans ce livre, un pan méconnu de l'Histoire : l'opération des services secrets allemands à NY. Réel roman d'espionnage, ce livre témoigne de ce qui s'est passé même si l'auteur s'appuie aussi sur de la fiction. C'est rythmé, dense et la frontière entre les coupables et les victimes semble parfois être aussi fine qu'un fil.
J'aime ces romans qui s'appuient sur l'Histoire, sur ces époques qui ont façonné notre monde, j'aime ces livres qui dévoilent des faits méconnus mais marquants et décisifs. Pour tous les férus d'Histoire, je vous recommande vivement ce livre. Je l'ai dévoré : écrit comme un thriller, le lecteur est happé par un suspens grandissant qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière page.
Je remercie les éditions JC Lattès pour la découverte de ce livre et de pan de l'Histoire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Ciloulecture
  22 février 2021
Deception pour ce livre !
Présenté comme un roman d'espionnage, j'ai déploré un manque de rythme . La construction m'a paru très brouillonne et peu organisée.
Néanmoins on a plaisir à suivre les pérégrinations de ce personnage atypique de pays en pays. Ce livre permet de mettre en lumière un pan méconnu de l'Histoire.
Je dois cependant avoué m'etre ennuyée par moments durant la lecture , j'ai lu la fin en diagonale.
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (3) Ajouter une citation
kielosakielosa   30 janvier 2021
" Un homme est riche en proportion du nombre de choses dont il peut se passer sans perdre sa bonne humeur. "

Henry David Thoreau (1817-1862).

(page 38).
Commenter  J’apprécie          257
TempsdelectureTempsdelecture   15 janvier 2021
Les cris de Carl. Cela fait vingt-cinq ans qu’il n’a plus entendu la voix de son frère. Et maintenant, elle a les inflexions de leur père.

Quand ils se sont quittés, il y a vingt-cinq ans, il avait encore cette blessure toute récente. C’était après l’accident du travail. Il avait vite fallu enlever l’œil. Impossible à l’époque d’en apprendre plus sur cet accident. Carl restait mutique. D’abord un cri, puis des hurlements à n’en plus finir, c’est ce qu’avaient rapporté plus tard les autres soudeurs, les collègues de Carl. Quant à Carl, il se taisait sur son lit d’hôpital. Il y avait un reproche muet dans ce silence, et ce reproche était adressé à la vie ou peut-être aux lois sur l’immigration en Amérique. La première chose que signifiait la perte de cet œil, c’était la perte de son autorisation d’entrer sur le territoire américain. Ils avaient appris l ‘anglais ensemble, mais Carl allait se retrouver à Ellis Island avec une croix tracée à la craie blanche sur son épaule et il serait aussitôt renvoyé d’où il venait.

Dans ses premières lettres, Josef se contentait de dire à quel point la vie d’un immigrant était dure, à quel point les Allemands étaient mal aimés, à quel point la situation du travail était difficile et les loyers élevés. Et c’était effectivement le cas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
kielosakielosa   31 janvier 2021
" Tu regardes où quand tu croises une jolie femme ? ... Je regarde si ma femme regarde ! "

(page 59).
Commenter  J’apprécie          142

autres livres classés : nazisVoir plus
Notre sélection Polar et thriller Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Connaissances en littérature classique

Parmi ces livres, lequel n'a pas été écrit par François Rabelais ?

Gargantua
Le Tiers Livre
Le Roman de Renart
Pantagruel

20 questions
476 lecteurs ont répondu
Thèmes : classique français , classique anglais , classique americainCréer un quiz sur ce livre