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William Olivier Desmond (Traducteur)
ISBN : 2702140793
Éditeur : Calmann-Lévy (03/03/2010)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 146 notes)
Résumé :
Des carabiniers agressent un pédiatre en pleine nuit pour lui enlever son fils de dix-huit mois. Venise est sous le choc. Puis les langues se délient : certains crient au scandale, d'autres soupçonnent la découverte d'un réseau de trafic d'enfants. Un vent de délation envahit la lagune ... Le commissaire Brunetti a bien du mal à distinguer les coupables des innocents.

"Il ne savait même pas comment désigner l'événement : l'affaire ? la situation ? le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
latina
  11 septembre 2018
« Ces enfants adoptés, les parents les ont depuis un an et demi. Ils commencent à marcher et à parler. On ne peut pas aller simplement comme ça les leur enlever pour les foutre dans un orphelinat. Ce sont des enfants, pas des ballots de cocaïne qu'on met sous séquestre dans un placard ! Dans quel pays vivons-nous, pour que des choses pareilles soient possibles ? »
Eh bien, en Italie, plus précisément à Venise.
Le commissaire Brunetti doit trouver la réponse à cela : pourquoi, tôt le matin, des carabiniers ont-ils pénétré de force dans les maisons des quelques personnes ayant adopté illégalement des enfants un ou deux ans auparavant ? Il s'occupe plus précisément d'un pédiatre car celui-ci a été agressé physiquement en voulant défendre son bébé et s'en est sorti de justesse.
Manque de collaboration entre les carabiniers et la police, usage de faux en écriture, dossiers médicaux qui s'égarent de façon opportune, pharmaciens véreux ou plutôt trop vertueux (cela revient souvent au même, du moins en ce qui concerne les conséquences), le tout dans ces calles, ces piazzas qui s'emmêlent aux canaux, entre la « questure » (le commissariat) et l'hôpital : ceci forme un roman policier plein de doutes et de silences, de regards en l'air, directs, fuyants...
J'ai adoré cette ambiance particulière où la vie familiale est intimement liée à la vie sociale, où tout ce qu'on fait, tout ce qu'on dit, est répandu de manière insidieuse dans la ville.
Le commissaire Brunetti est un as de la conduite en société et en famille, il ne peut donc que mener à bien son enquête et même compatir ou se révolter face à tous ceux qu'il est obligé de rencontrer, de questionner.
Mais le commissaire exerce aussi sa profession de manière intègre, donc lorsqu'il lui a fallu répondre à son associé, voici ce qu'il lui a dit :
« La loi est un monstre sans coeur, ce qui veut dire que si l'on permet à ces gens de garder les enfants on établit un précédent ; que n'importe qui pourra acheter un bébé ou s'en procurer un de n'importe quelle manière, à n'importe quelle fin ; que tout cela sera parfaitement légal ».
Quand le monstre sans coeur qu'est la loi rencontre ces hommes que sont les policiers, tout simplement, ils doivent apprendre à faire bon ménage...et c'est ça qui m'a vraiment passionnée.
Je recommande ce « cantique des innocents » à tous ceux qui captent les non-dits et les faux-semblants et qui en tirent leur propre vérité.
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sandrine57
  08 juillet 2015
En pleine nuit, Brunetti rejoint le lieutenant Vianello à l'hôpital, au chevet du docteur Pedrolli, pédiatre et chef de service très apprécié, qui vient d'être molesté par les carabiniers lors d'une arrestation plutôt musclée. L'homme est accusé d'être au coeur d'un trafic d'enfants. On lui a d'ailleurs enlevé son bébé de 18 mois qu'il aurait acheté comme une vulgaire marchandise. Brunetti est touché par le médecin si choqué qu'il en a perdu la voix, il décide donc de mener sa petite enquête.
Venise en automne, un Brunetti qui s'interroge sur la paternité, une sombre affaire d'escroquerie à la sécurité sociale, un pharmacien bigot et des parents prêts à tout pour combler leur désir d'enfant, voilà, entre autres, ce que l'on peut rencontrer dans cet opus des enquêtes du commissaire Brunetti. On ressent un certain désenchantement entre les lignes alors que Venise glisse lentement dans la tristesse de l'automne. Donna LEON explore le milieu médical mais surtout le trafic d'enfants et le pouvoir des riches qui achètent des bébés, le plus souvent à des femmes issues de l'immigration qui n'ont pas les moyens de les élever. Mais tout n'est pas noir ou blanc et le personnage du pédiatre fou de son fils apparaît comme un homme sensible et honnête qui a fait un faux pas pour la bonne cause.
Au passage l'auteure égratigne les carabiniers jugés trop brutaux, l'État civil qui émet des certificats de naissance sans y regarder à deux fois et les professionnels de santé peu scrupuleux qui n'hésitent pas à gruger la sécurité sociale. Mais pour son commissaire, l'essentiel n'est pas là. Lui s'interroge à propos des enfants arrachés à leurs familles d'adoption pour être confiés aux services sociaux. Que vont devenir ces enfants qui ont connu un foyer aimant pendant quelques mois, voire quelques années, pour finir placés dans un orphelinat ? Nul ne s'en soucie...
Un tome doux-amer qui parle de vies brisées mais sans coupable désigné si ce n'est la noirceur humaine.
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nounours36
  19 mai 2014
Ça y est, j'ai lu un Donna Leon, j'ai découvert enfin le commissaire Guido Brunetti. Chaudement recommandée par une amie italophile.
On est plongé dans une ambiance est 100 % italienne, et plus précisément dans le charme de Venise : les rues, les places, les habitants : on s'y croit. On se prendrait au jeu, pour aller chercher un dictionnaire Français-Italien et la carte de Venise pour suivre les pérégrinations de Brunetti, les raccourcis pour se déplacer dans le labyrinthe de Venise.
Le commissaire est un bon vivant : les bons vins, les bons plats accompagnés de Grappa, on sent l'arôme de chacun des cafés que va partager Brunetti.
Il est également cultivé, ne quitte pas une librairie sans un livre en main, mais ne comprend rien à un ordinateur.
L'histoire : le commissaire Brunetti apprend qu'une descente musclée à l'initiative des carabiniers a eu lieu en pleine nuit au domicile du couple Pedrolli, afin de mettre fin à un trafic d'enfants. Brunetti n'étant pas au courant des agissements des carabiniers va prendre la défense de ce Vénitien. L'affaire sombre plusieurs fois dans les oubliettes, le drapeau de l'extrême droit qui est agité via la ligue du nord (Lega Doge), mais que faire face aux puissants de ce monde ??
Des pharmaciens qui font la justice divine via le piratage des dossiers médicaux, des fraudes à l'assurance-maladie ULSS ...
Le commissaire va faire ce qu'il peut pour défendre le docteur Pedrolli, jusqu'à lui glisser le nom des proches qui l'ont dénoncé 'anonymement' aux carabiniers ( courage et Éthique).
De grosses ficelles pour faire fonctionner cette intrigue policière. de grandes questions philosophiques pour émouvoir dans les chaumières. C'est quoi être père, le devoir, l'adoption, la vente des enfants, les mère porteuses, la baisse de natalité dans les pays du nord. Brunetti est déchiré entre la loi et sa morale.
Je trouve Brunetti bien absent des enquêtes, il est tellement bien secondé son fidèle adjoint l'inspecteur Lorenzo Vianello, et la signorina Elettra lui mâchent tout le travail.
Le cantique des innocents se lit bien, rapidement, mais n'est pas transcendent.
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Sharon
  26 juillet 2011
En lisant ce livre, je me suis dit que sa construction ressemblait à s'y méprendre à la composition d'un morceau de musique, avec un thème principal, et un contrepoint. Je me disais qu'il était dommage de ne pouvoir l'inclure dans le challenge Des notes et des mots, quand j'ai enfin fait attention au titre (j'étais tellement absorbée par l'intrigue que je n'y faisais plus vraiment attention).
Le roman débute par un motif qui paraît sans rapport avec la suite, et qui pourtant répparaîtra ponctuellement dans le récit : la déposition d'une femme qui avertit la police d'un fait qu'elle juge important. Puis, la violence fait irruption, fortissimo :les carabiniers font irruption chez un couple respectable, agressent le mari et prennent l'enfant, adopté illégalement dit-on.
Les thèmes se repondent et, comme un accompagnement, se déploie la vie quotidienne du commissaire Brunetti, de sa femme, universitaire, de leurs enfants, une vie paisible, heureuse, de personnes aimant manger (des recettes cuisinées par madame), boire (de l'excellent vin), lire (Saint Luc, un aristocrate voyageur du XVIIIe siècle) et s'aimer. le commissaire ne dissimule rien à sa femme, même les subterfuges et les travestissements (comme dans l'opéra) qu'il est obligé d'employer pour ses enquêtes.
Les thèmes sont forts : l'adoption illégale d'enfants (ou la vente, si vous préférez), la baisse de fertilité dans les pays développés et leurs causes, l'escroquerie à l'équivalent de la sécurité sociale italienne (ou comment faire consulter des patients morts pour toucher une commission) et la corruption qui règne en Italie. Ce sont les thèmes principaux, mais, tel un contrepoint, d'autres motifs apparaissent subtilement et nous interroge. Que signifie être père, être mère ? Qu'est-ce qui fait que l'on se sent le père ou la mère de cet enfant, même s'il n'est pas notre enfant biologique ? Donna Leon nous pousse plus loin dans nos retranchements, en nous demandant s'il est possible de ne pas parvenir à aimer un enfant adopté, rejoignant un autre thème fort, le racisme, qui a pignon sur rue : les enfants adoptés viennent de pays pauvres, des extracommunitarii. Ces enfants, on ne les verra pas, on ne les entendra pas dans ce récit : je ne sais comment la loi française jugerait les faits, mais en Italie, ces enfants (ils ont entre dix-huit mois et trois ans) resteront dans des orphelinats et ne seront jamais rendus à leurs parents adoptifs (pourtant aimants) ni à leurs parents biologiques (qui ne les désiraient pas). Quel sera leur avenir ? Nul ne le sait. Certes, ils sont l'illustration de l'exploitation des pauvres par les riches, qui est poussée parfois jusqu'à l'extrême (les trafic d'organe), mais ils sont surtout sacrifiés, comme les saints Innocents. Ils n'ont même plus d'identité puisque leurs certificats de naissance sont des faux. le silence est leur langage.
D'autres au contraire feraient mieux de se taire. Ils parlent, ils chuchotent, ils insinuent, ils ne font pas taire leur petite voix intérieure qui leur permet de distinguer à tous les coups le bien du mal - et la nécessité de révéler ses fautes, au nom de leur vision du Bien et des visées de Dieu - l'eugénisme n'est pas loin, et rejoint le thème précédent. La violence fera à nouveau irruption, fortissimo, juste avant que le silence ne s'impose, définitivement.
Lien : http://le.blog.de.sharon.ove..
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Bigmammy
  21 juillet 2011
Ceux de ma génération se souviennent sans doute de la série TV des "Cinq dernières minutes" qui nous plongeait à chaque épisode dans un milieu professionnel différent et où l'intrigue se dénouait dans les derniers instants, le commissaire - Raymond Souplex - disant "Bon sang, mais c'est bien sur !" avant d'expliquer ce qui c'était passé...
Donna LEON, avec son inégalable talent, explore elle aussi les méandres d'un milieu ou d'un secteur de Venise dans chacun de ses nouveaux romans. Il y avait eu les sans-papiers, les pollueurs, les prostitués homosexuels.....Ici, nous sommes dans le milieu médical : le principal protagoniste est un pédiatre respecté de tous à l'hôpital. Mais voilà, avec sa femme, ils sont stériles. Et ils veulent à toutes forces un enfant, un bébé. On soupçonne un trafic d'enfants. En effet, rien n'est plus simple en Italie : il suffit qu'un homme se rende à l'Etat civil et déclare qu'un enfant est de lui, et que la mère le confirme, pour qu'il devienne le père de l'enfant.
Dans cette nouvelle affaire, il y a un autre hic : quelqu'un a dénoncé la fraude aux carabiniers, qui viennent récupérer l'enfant de façon brutale - et ce, dans la juridiction du commissaire Brunetti !
D'autres turpitudes, révélées au détour d'un cambriolage violent dans une pharmacie, dévoilent comment certaines officines fraudent la sécurité sociale...pas joli-joli tout ça. Guido Brunetti - qui pourtant en a vu d'autres - sent ses certitudes vaciller. Aidé par Paola, sa délicieuse épouse, il mesure combien il a de la chance d'avoir pu élever ses enfants, et jusqu'où certains pourraient aller pour assouvir ce désir...Il sera ici encore secondé par la jolie Elettra et par ses collaborateurs.
Encore un bon roman de l'auteure américano-vénitienne, qui nous transporte dans ce début d'automne, où commencent l'aqua alta, et dans une Venise toujours aussi énigmatique....
Mais soyons honnêtes, ce n'est pas le meilleur des 16 enquêtes du commissaire Guido Brunetti. Sauf que je demeure une inconditionnelle....
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
latinalatina   11 septembre 2018
Du fait de sa profession, Brunetti était devenu un maitre dans l'art des silences et il était capable d'en discerner la qualité comme un chef d'orchestre distingue les timbres des diverses cordes. Il y avait les silences absolus, de vraies déclarations de guerre, après lesquels rien ne viendrait en réaction aux questions ou aux menaces. Il y avait les silences attentifs, après lesquels celui qui avait parlé mesurait l'impact de ses propos sur son auditeur. Et il y avait les silences épuisés, qu'il fallait respecter jusqu'à ce que celui qui parlait ait repris le contrôle de ses émotions.
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santorinsantorin   03 septembre 2018
- Leurs parents n'en voulaient pas, fit remarquer sèchement Brunetti. C'est justement pour cela que toutes ces affaires sont arrivées."
Alvise leva une main en l'air. "Je ne parle pas de ceux qui les ont mis au monde, je parle de leurs parents, des gens qui les élèvent, qui les ont depuis (il leva encore un peu plus la voix) depuis dix huit mois. Un an et demi ! Ils commencent à marcher et à parler. On ne peut pas aller simplement comme ça les leur enlever pour les foutre dans un orphelinat. Porco Giuda, ce sont des enfants, pas des ballots de cocaïne qu'on met sous séquestre dans un placard!" Alvise claqua la table de la paume de la main et regarda son supérieur, le visage empourpré. "Dans quel pays vivons-nous, pour que des choses pareilles soient possibles ? "
Brunetti ne pouvait qu'approuver. La question d'Alvise était parfaitement fondée. Dans quel pays vivaient-ils en effet ?
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santorinsantorin   03 septembre 2018
Brunetti avait lui-même participé à trop de descentes matinales pour se faire des illusions sur le degré de panique que celles-ci pouvaient provoquer. Il avait vu des criminels endurcis trahis par leurs intestins à la vue d'hommes en armes faisant brutalement et bruyamment irruption chez eux - imaginez la réaction d'un médecin, que son fils ait été adopté légalement ou non. Quant aux carabiniers, Brunetti en avait rencontré beaucoup trop qui adoraient ce genre d'assauts leur permettant d'imposer ainsi leur soudaine et terrifiante autorité, comme si Mussolini était encore au pouvoir et que personne ne pouvait y mettre le holà.
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PchabannesPchabannes   10 avril 2010
“Des rumeurs lui étaient parvenues sur des pays où existerait une presse indépendante rapportant des informations justes et où la télévision n’était pas contrôlée par un seul homme ; sa propre femme avait exprimé sa croyance en l’existence d’une telle merveille.” Surement dans le pays de Bisounours ou celui de Barbapapa!!!
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GrouchoGroucho   11 avril 2015
.../...
- Ses pupilles ne de dilataient pas, et il avait du mal à déplacer son pied gauche. J'ai donc estimé qu'il valait mieux qu'il soit vu par un quelqu'un en neurologie.
Sans bouger de place, le capitaine prit alors la parole pour la première fois.
- Est-ce qu'on aurait pas pu attendre un peu, dottoressa ? Ne me dites pas qu'il faut tirer un médecin de son lit simplement parce qu'un homme a été frappé à la tête, si ?
Le jeune femme se tourna vers le capitaine et, à l'expression qu'elle arbora, Brunetti s'attendit à qu'elle lui envoie une réplique bien sentie. Mais c'est sur un ton parfaitement égal qu'elle répondit.
- J'ai jugé que c'était plus prudent, capitaine, étant donné qu'il paraissait s'être cogné la tête contre la crosse d'un fusil.
.../...
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