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Joël Gayraud (Traducteur)
ISBN : 2911188136
Éditeur : Allia (19/05/1998)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 25 notes)
Résumé :
" Les lecteurs rompus au commerce des hommes reconnaîtront la justesse de mes propos ; tous les autres les trouveront excessifs, jusqu'au jour où l'expérience, s'ils ont jamais l'occasion de faire réellement l'expérience de la société humaine, leur ouvrira les yeux à leur tour. J'affirme que le monde n'est que l'association des coquins contre les gens de bien, des plus vils contre les plus nobles. "
Giacomo Leopardi
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
chartel
  18 juin 2009
Les grands artistes sont de fins analystes et de subtils observateurs. Giacomo Leopardi en fait partie incontestablement. Dans "Pensées" il affirme, dès les premières lignes de ce recueil aphoristique philosophique, sa vision du monde et des hommes : « Je me suis longtemps refusé à tenir pour vrai ce que je vais dire, car compte tenu de la singularité de ma nature et du fait que l'on tend toujours à juger les autres d'après soi-même, je n'ai jamais été porté à haïr les hommes, mais au contraire à les aimer. C'est l'expérience qui, non sans résistance de ma part, a fini par me convaincre ; mais je suis sûr que les lecteurs rompus au commerce des hommes reconnaîtront la justesse de mes propos ; tous les autres les trouveront excessifs jusqu'au jour où l'expérience de la société humaine leur ouvrira les yeux à leur tour. J'affirme que le monde n'est que l'association des coquins contre les gens de bien, des plus vils contre les plus nobles. » Et comme les coquins et les plus vils sont, de loin, les plus nombreux, ils sont les représentants les mieux accomplis de ce que l'on pourrait nommer la nature humaine. Cette critique des masses imbéciles et incompétentes est aussi une critique de ce que les occidentaux se plaisent à ériger en principes universels, ceux de la démocratie. La voix du plus grand nombre ne sera en effet qu'une voix de coquins, et il n'est pas étonnant de trouver, installés confortablement sur leurs trônes « démocratiques », les plus abjects des hommes, car ils sont les miroirs de leur société. On pourrait reprocher à Leopardi une position élitiste et sectaire, mais quand il parle de noblesse, il ne pense pas à une classe particulière, sorte de caste minoritaire élue qui serait douée de capacités supérieures à celles de la majorité, mais à une capacité propre à certains individus, qu'ils soient issus de l'aristocratie, de la bourgeoisie ou du prolétariat. Pour Leopardi l'imbécillité est une règle, même, et surtout, chez les classes dominantes.
Mais Leopardi s'attaque avant tout, en misanthrope, au plus grand vice des hommes, celui de l'affectation et des faux-semblants. Il déplore le peu d'estime que l'on porte à la sincérité et à la franchise et défend ceux qui optent pour l'isolement et la vie en solitaire. Tant de bêtise ne poussant pas, il est vrai, à la compassion.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
lanardlanard   09 juillet 2012
LXXI
De cette idée des adultes que se fait tout jeune homme, à savoir qu'ils seraient plus adultes qu'ils ne le sont, provient l''habitude de s'effrayer à chaque faux-pas qu'il commet et de croire qu'il a perdu l'estime de tous ceux qui en ont été les témoins ou en ont eu connaissance. Puis le voilà qui se rassérène peu à peu, quand, non sans surprise, il se voit traité exactement comme avant. En fait les hommes ne sont pas si prompts à retirer leur estime, car il y aurait sans cesse à le faire, et ils oublient les erreurs, car ils en voient et en commettent beaucoup trop d'affilée. Ils ne sont pas non plus figés au point d'être incapables d'admirer aujourd'hui celui dont ils se gaussaient hier. Cela saute aux yeux si l'on se rappelle toutes les occasions où nous avons brocardé ou critiqué, en termes parfois très durs, tel de nos amis en son absence, sans pour autant qu'il soit privé de notre estime ou traité de façon différente lorsqu'il se trouve de nouveau devant nous.
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lanardlanard   30 juin 2012
XXVIII
Le genre humain, comme toute fraction, si réduite soit-elle, de celui-ci, se subdivise en deux catégories: ceux qui s'imposent par la violence et ceux qui doivent la subir. Ni loi, ni contrainte, ni progrès philosophique ou politique ne pouvant empêcher que tout homme fasse partie de l'une ou de l'autre, il reste que celui qui peut choisir, choisit. Il est vrai que tous ne le peuvent pas, ou qu'ils ne le peuvent pas toujours.
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stekasteka   30 janvier 2013
A mesure qu'il avance dans la connaissance pratique de la vie, l'homme rabat chaque jour de cette sévérité avec laquelle les jeunes gens, cherchant sans relâche la perfection et mesurant toutes choses à l'idée qu'ils s'en font, ont tant de peine à pardonner les faiblesses et à estimer les pauvres vertus, éphémères et défaillantes, que l'on rencontre parfois chez les autres.
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JacobBenayouneJacobBenayoune   16 novembre 2013
La conversation la plus brillante et la plus sensée se compose en majeure partie de propos frivoles ou rebattus qui ne servent qu'à faire passer le temps. Il faut bien, en effet, que chacun se résolve à débiter quantité de choses banales pour pouvoir en dire parfois de rares qui ne le soient pas.
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Wertheimer05Wertheimer05   07 janvier 2014
Tu as beau te croire complètement détrompé sur le monde, le connaître à fond, n'éprouver qu'aversion pour ses charmes, il suffit qu'il t'accorde un instant de complaisance pour que tu te sentes en partie réconcilié avec lui; de même tu ne connais pas d'individu si méchant qui, s'il te présente ses hommages, ne te semble perdre un peu de sa méchanceté. Tout cela pour justifier la faiblesse de l'homme, non pour justifier les méchants, ni le monde.
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Videos de Giacomo Leopardi (10) Voir plusAjouter une vidéo
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