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Bertrand Schefer (Éditeur scientifique)
EAN : 9782844851314
2396 pages
Éditeur : Allia (26/11/2003)

Note moyenne : 4.37/5 (sur 26 notes)
Résumé :

Les œuvres de génie ont le pouvoir de représenter crûment le néant des choses, de montrer clairement et de faire ressentir l'inévitable malheur de la vie, d'exprimer les plus terribles désespoirs, et d'être néanmoins une consolation pour une âme supérieure accablée, prive d'illusions, en proie au néant, à l'ennui et au découragement ou exposée aux peines les plus amères et les plus mortifères. En effet, les œuvres de génie consolent toujours, raniment l'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
wellibus2
  18 novembre 2015
Extrêmement difficile à rattacher à un genre littéraire précis, le Zibaldone est une somme de 4 526 feuillets rédigés par Leopardi de 1817 à 1832. C'est un chef-d'oeuvre d'une immense portée, témoin magistral du travail de pensée et de recherche d'un des esprits les plus vifs de son époque.
Il a pourtant fallu attendre l'année 1898, centenaire de la naissance de Leopardi, pour que le Zibaldone voie enfin le jour. Publiée par le poète Giosué Carducci, l'oeuvre ne comporte pas de titre. Mais des pages foliotées. L'index mentionne cependant l'expression de Leopardi « mon Zibaldone di pensieri ». C'est cette expression, très évocatrice pour le lecteur, qui a été retenue comme titre définitif de l'oeuvre. D'étymologie incertaine et brumeuse, ce mot ancien de « zibaldone » serait un terme culinaire, apparenté au « zabaione », le sabayon. Crème onctueuse obtenue grâce à de subtils et habiles mélanges d'ingrédients. Mais encore ?
Pour Leopardi, philologue amoureux des mots et du langage, la lettre Z qui est à l'initiale du mot, est à elle seule porteuse de sens. Elle évoque ces « parole pellegrine » qui conduisent aux pensées vagabondes. Pour le poète, l'aventure de l'écriture consiste avant tout à mettre au jour ces mots « pèlerins », élégants, flous et savoureux. Selon la formule du traducteur Bertrand Schefer, des « mots indéfinis pour un projet infini ! »
Le titre du recueil Zibaldone laisse pourtant imaginer un apparentement de cette oeuvre aux « miscellane », à ce que l'on appelle en littérature des « mélanges ». On y rencontre tour à tour des ébauches, des notes, des aphorismes, des dissertations, des critiques littéraires, des réflexions philosophiques. Mais également quelques éléments autobiographiques que Leopardi a intitulés « Polizzine non richiamate ». « Petits bulletins non mentionnés » qui figurent dans l'index général. Y sont abordés les grands thèmes léopardiens, les références aux théories des Arts et des Lettres, Les Mémoires de ma vie. Cependant, pour des raisons qui nous échappent encore à ce jour, Leopardi interrompt brusquement son travail de réflexion, s'éloigne de son oeuvre pour se consacrer à la réédition de certains de ses ouvrages antérieurs.
Commencé dès 1817, le Zibaldone est une sorte de « matrice », un « magma » dont émergent des blocs parfaits, qui se suffisent à eux-mêmes. C'est une « chambre noire », une « machine mécanique occulte » dans laquelle Leopardi voit sa propre langue restituée à l'intérieur des langues étrangères. Une oeuvre d'où se dégage une « Métaphysique du langage ». La seule qui reste lorsque toute métaphysique a disparu.
Oeuvre monumentale à nulle autre pareille, le Zibaldone est « une architecture », dans l'acception proustienne du terme. Un véritable « laboratoire expérimental du roman moderne », qui ouvre la voie à Musil et à Joyce. Une oeuvre difficile, exigeante, mais à l'heure où n'importe quel tâcheron dépressif se prend pour Philip Roth, une oeuvre salutaire.
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critiques presse (1)
LeMonde   25 novembre 2019
Le poète et penseur italien consigna ses réflexions dans le « Zibaldone » – littéralement, « fourre-tout » –, qui fut publié cinquante ans après sa mort, et mit encore un siècle à atteindre la France.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Wertheimer05Wertheimer05   05 janvier 2014
Deux vérités que d'ordinaire les hommes n'admettent pas: l'une est qu'ils ne savent rien; l'autre qu'ils ne sont rien. Ajoutez-en une troisième, intimement liée à la précédente: qu'ils n'ont rien à espérer après la mort.
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wellibus2wellibus2   18 novembre 2015
Les illusions ne peuvent être condamnées, méprisées, pourchassées, que par ceux qui en sont les victimes et par ceux qui croient que le monde est ou puisse être vraiment quelque chose, et quelque chose de beau.
Illusion capitale : le demi-philosophe combat donc les illusions précisément parce qu'il en est la victime ; le vrai philosophe les aime et s'en fait l'apôtre parce qu'il en est dépourvu : en général, combattre les illusions est le signe le plus sûr d'une science très imparfaite et d'une illusion notable.
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PartempsPartemps   15 octobre 2020
2 janvier 1821


« L’égoïsme général provoque et nécessite l’égoïsme de chacun, car si personne ne fait rien pour vous, il vous faudra vivre en faisant tout par vous-même. Si les autres vous privent autant qu’ils peuvent de l’essentiel et que, tout à leurs propres avantages, ils ne se préoccupent pas du dommage qu’ils vous causent, il vous faudra pour vivre vous battre et affronter les autres le plus possible. Quelle que soit la chose que vous vouliez céder, vous ne devez en attendre ni gratitude, ni contrepartie, puisque l’échange où chacun se sacrifie pour l’autre, la libéralité et les bienfaits réciproques ont été abolis. Mais si vous reculez d’un seul pas, les autres vous repousseront de vingt, chacun s’y employant de toutes ses forces. C’est pourquoi il est nécessaire que chacun aille le plus possible contre les autres et combatte pour soi jusqu’à la fin et de toutes ses forces : la réaction doit être proportionnée à l’action pour pouvoir aboutir à un résultat, c’est-à-dire vivre; si l’une est importante l’autre doit nécessairement augmenter d’autant. Telle une meute de fauves affolés autour d’une proie, où chacun est décidé à ne rien laisser aux autres à moins d’y être obligé : le fauve qui reste sans agir, recule devant les autres, attend qu’ils pensent à lui ou n’engage pas toutes ses forces restera le ventre vide ou perdra d’autant plus de nourriture qu’il avait engagé ou pu engager moins de force. En vertu du système de l’égoïsme universel, tout ce que l’on donne est perdu. Par ailleurs, un tel égoïsme est également la cause de l’égoïsme individuel, non seulement d’après cet exemple mais parce qu’il donne à l’homme vertueux l’exemple de la triste expérience de l’inutilité, ou plutôt le caractère nuisible de la vertu et des sacrifices magnanimes, et lui fait perdre ses illusions ; cela s’explique aussi par la misanthropie qu’inspire le spectacle de tous ces gens préoccupés d’eux-mêmes, insoucieux de votre bien-être, ingrats envers vos bienfaits et qui sont prêts à vous nuire, qu’ils en tirent ou non un bénéfice. Un tel état de choses modifie le caractère des gens et enracine non seulement concrètement mais radicalement l’égoïsme jusque dans les esprits les mieux faits. Ce sont d’ailleurs les plus touchés, puisque l’égoïsme n’y entre pas comme une passion inférieure et vile, mais au contraire comme une passion supérieure et magnanime, telle par exemple la passion de la vengeance et de la haine envers les méchants et les ingrats. Si nocentem innocentemque idem exitus maneat, acrioris viri esse, merito perire [Si le coupable et l’innocent doivent avoir la même fin, c’est se montrer un homme ardent que de mériter sa mort] disait l’empereur Otton selon Tacite, Histoire, Liv. I, chap. 21. (2 janvier 1821.) »
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Fabinou7Fabinou7   26 janvier 2021
“La mémoire n’est presque rien d’autre qu’une faculté d’imitation, car toute reminiscence est comme une imitation que la mémoire, c’est à dire ses organes propres, fait des sensations passées.”
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Wertheimer05Wertheimer05   05 janvier 2014
... il est beaucoup plus doux de se rappeler un bonheur (qui ne fut jamais éprouvé, mais qui, dans son éloignement, semble l'avoir été) que d'en jouir, de même qu'il est plus doux de l'espérer, car, dans le lointain, on a le sentiment de pouvoir le goûter. Dans les deux situations, le lointain est favorable à l'homme; et l'on peut en conclure que le pire moment de la vie est celui du plaisir ou de la jouissance.
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Videos de Giacomo Leopardi (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Giacomo Leopardi
Giacomo Leopardi (1798-1837), une parole survolée par les étoiles : Hôtel des grands hommes (1998 / France Culture). Émission diffusée sur France Culture le 15 août 1998 et proposée par Jean-Baptiste Para. Réalisation : Marie-Christine Clauzet. Prise de son : Georges Arigoni et Bernard Charron. Mixage : Philippe Bredin et Mathieu Cavalli. Portrait de Giacomo Leopardi par A. Ferrazzi, en 1820. Giacomo Leopardi, né le 29 juin 1798 à Recanati (États pontificaux) et mort le 14 juin 1837 à Naples (Royaume des Deux Siciles), est un poète, philosophe, écrivain, moraliste et philologue italien, considéré comme le plus grand poète de langue italienne du XIXe siècle et une des plus importantes figures de la littérature mondiale ainsi que du romantisme littéraire. La qualité lyrique de sa poésie lui a donné une influence internationale sur les générations suivantes. Sa méditation métaphysique et lyrique sur le tragique de l'existence en fait un précurseur de Schopenhauer, de Nietzsche, de Freud, de Cioran. Avec la participation de : Mario Fusco, écrivain La comtesse Anna Leopardi Roger Grenier, écrivain Gérard Macé, poète, écrivain, essayiste et traducteur Michel Orcel, écrivain et psychanalyste Pietro Citati, écrivain et critique littéraire Antonio Prete, écrivain et traducteur Luigi Blasucci, critique littéraire Alberto Arbasino, écrivain et essayiste Fiorenza Ceragioli, écrivaine Emilio Peruzzi, écrivain Eva Cantavenera, écrivaine et traductrice Bertrand Schefer, écrivain, réalisateur et traducteur Cesare Garboli, écrivain, essayiste et critique littéraire Mario Luzi, poète, dramaturge et essayiste Jean-Charles Vegliante, poète et traducteur Dans des traductions de Joël Gayraud, Gérard Macé et Michel Orcel, les textes de Leopardi étaient dits par Jean-Quentin Châtelain, Pierre Clémenti, Jean-Luc Debattice, (Zaira Gianfranco ?), Jean-Louis Jacopin et Hélène Lausseur. Archives INA et RAI. Sources : France Culture et Wikipédia
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Dans la catégorie : Mélanges littérairesVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Mélanges littéraires (68)
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