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Anna Gibson (Traducteur)Charles W. Schwartz (Illustrateur)
ISBN : 2080710605
Éditeur : Flammarion (16/03/2000)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 22 notes)
Résumé :
"Voici un livre que tout le monde devrait porter avec soi", écrit J-M. G. Le Clézio de Almanach d'un comté des sables. Un étonnant ouvrage publié par l'auteur américain Aldo Leopold au milieu du XXe siècle, à mi-chemin entre manuel du promeneur solitaire et manifeste écologiste avant l'heure.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Folfaerie
  21 mai 2010
Il y a des livres comme ça, qui dès les premières lignes font surgir des images, des lieux qui, même si vous ne les avez jamais parcourus autrement qu'en imagination, vous sont précieux. Pour moi, c'est l'image de la Grande Prairie américaine que foulent les troupeaux de bisons. le continent américain a subi bien des désastres écologiques, et d'autres se profilent à l'horizon, mais rien n'est plus poignant ni plus significatif que la perte de la Grande Prairie et le massacre des bisons, évoqués avec regret par Aldo Leopold. Entre deux cours à l'université, ce dernier vient se ressourcer dans son domaine de 50 hectares de prés et de bois, situé dans le Wisconsin.
Au fil des mois, le naturaliste (qui a été aussi chasseur) nous livre le fruit de ses observations et réflexions sur le monde sauvage qui l'entoure. Sur son domaine il croise cerfs, grouses, lapins, visons, ratons laveurs. Un arbre abattu permet à Leopold de remonter le temps et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'Histoire du Wisconsin n'est guère brillante : 1872, mort du dernier dindon sauvage, 1899 le dernier pigeon migrateur est abattu, 1908 c'est le dernier couguar qui tombe sous les balles d'un chasseur, 1925 la dernière martre disparaît…mais malgré une biodiversité qui s'amenuise dans cet Etat, Leopold s'émerveille tous les jours du spectacle que lui offre la nature, que ce soit le concert symphonique des oiseaux à l'aube, où les couleurs délicates de la rivière à un certain moment de l'année.
Dans la seconde partie du livre, intitulée « quelques croquis » , Leopold évoque, entre autres, le destin des grands carnivores américains, l'ours et le loup en particulier, éternels condamnés, sacrifiés à l'autel du profit. Un épisode de jeunesse lui revient, particulièrement désagréable, et lorqu'il s'approche du corps de la louve qu'il vient d'abattre, il mesure alors les conséquences douloureuses de son acte. La montagne est malade de la disparition des prédateurs mais qu'importe, l'homme n'a pas appris à penser comme une montagne, et ce constat lui inspire cette belle phrase reprise de Thoreau : « le salut du monde passe par l'état sauvage ». C'est assez malheureux d'entendre un si beau discours de la part d'un chasseur. Cela m'a d'ailleurs rappelé un peu le parcours de James Oliver Curwood...
La dernière partie « en fin de compte », est un constat, amer forcément, et une série de propositions sur la façon d'aborder l'écologie et les moyens de protéger la nature.
Publié en 1949, cet Almanach n'a pas pris une ride. Outil de réflexion et de connaissances, l'ouvrage d'Aldo Leopold est aussi une formidable invitation à nous émerveiller devant les beautés de la nature.
Lien : http://lectures-au-coin-du-f..
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lerital31
  23 février 2016
Cet almanach est un véritable bréviaire écologiste écrit par un précurseur dans la bataille pour la défense de la planète et de la biodiversité mais surtout écrit par un authentique amoureux de la nature, et pas un amoureux séduit par des documentaires Arte, non un amoureux de terrain, charmé par son environnement direct, attentif aux magies de la nature qui l'entoure tout au long de l'année.
On y trouve de magnifiques descriptions à la fois simples et poétiques (sortez le dico pour certains noms d'oiseaux ou de plantes) où l'on ressent le plaisir pris par l'auteur en observant simplement ce qui vit autour de lui. de belles pages, certaines un peu longues, des réflexions sur la complexité du vivant, sur notre prétention à comprendre et "gérer" cette complexité, des réflexions philosophiques sur notre place dans cet environnement et notre rôle.
La cerise sur le gâteau: cet homme qui a pondu une oeuvre culte dans la littérature écolo, cet homme qui a su partager cette sensibilité avec talent, autrefois marginale, aujourd'hui de plus en plus répandue, cet homme était chasseur et pêcheur!!! de quoi faire réfléchir une bonne part des "écolos" citadins, toujours prêts à fustiger les chasseurs qui eux habitent rarement dans les hypers centres urbains. Qui est sur le terrain? Qui se lève à 5h tous les weekend pour marcher et marcher dans nos forêts et nos prairies? Un pied de nez qui méritait d'être souligné.
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Notos
  25 septembre 2017
À ceux qui pensent que l'écologie est plus qu'une question politique, mais une éducation nécessaire et urgente ; à ceux qui sentent que l'appel de l'aube contient plus que des couleurs et des chants d'oiseaux, mais une promesse ; ; à ceux enfin qui un jour on pressenti un moment d'éternité replié dans le creux d'une feuille d'arbre, ce livre est destiné.
Avec une sensibilité merveilleuse et une lucidité impressionnante, Aldo Leopold brosse des paysages saisissants de beauté, où le grandiose des Rocheuses côtoie la délicatesse infime de la plus petite fleur du monde, où la faune et la flore livrent leur secret dans le murmure de la nuit.
Cette délicate et profonde plongée dans la nature pose directement la question qui animait déjà ce visionnaire des années 40, à savoir celle de la place de l'Homme dans ce monde organisé qui existait bien avant lui : aujourd'hui, l'importance de l'écologie relève de l'évidence, mais ses implications éthiques et esthétiques sont encore loin d'avoir été intégrées à nos vies.
Ce livre, écrit dans un style vivant et profond, parvient le difficile numéro d'équilibriste de réunir chasseurs, ornithologues, promeneurs et curieux dans une même dynamique, une même figure : celle de l'homme en proie à toutes ses contradictions face à une nature dont il a oublié le langage millénaire.
Pourquoi lire ce livre ? La réponse est peut-être dans ce poème d'Edwin Arlington Robinson, que Leopold devine adressé à l'homo sapiens tout entier :
Que tu le veuilles ou non,
Tu es un Roi, Tristram, car tu es l'un
Des rares, à l'épreuve du temps qui, lorsqu'ils s'en vont,
Laissent le monde différent de ce qu'il était.
Prends garde à ce que tu laisses.
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keisha
  06 novembre 2011
Un gros coup de coeur, un indispensable (et pour moins de 8 euros!)



L'auteur (1887-1948) a travaillé pour l'Office américain des forêts et est considéré comme le "père de la défense de la faune et de la flore sauvages en Amérique". Il a connu l'évolution de l'Amérique vers plus de routes, de mécanisation agricole, disparition d'espaces sauvages et d'espèces animales. Même s'il est un universitaire réputé, il a gardé son regard sur la nature autour de sa ferme, qui forme la première partie de ce petit volume.
Ensuite il entraîne le lecteur dans d'autres parties des États Unis où il a travaillé, et termine par des considérations plus générales sur l'écologie.

Extrêmement bien écrit, avec un soupçon d'humour ou de dérision ("La logique qui conduit les grands fleuves à passer près des grandes villes conduit aussi parfois les fermes pauvres à être bloquées par les crues de printemps"), cet Almanach d'un comté des sables ne pointe jamais méchamment du doigt les vilains destructeurs de la belle nature; avec respect et intelligence l'auteur démontre clairement et sans pesanteur ses points de vue. Même si son coeur se serre à l'idée de ce qui est perdu à jamais, il propose des pistes pour sauver ce qui peut l'être. Cet homme connaît bien les liens indispensables entre les mondes minéral, végétal et animal.

"Que tu le veuilles ou non
Tu es un roi, Tristam, car tu es l'un
Des rares, à l'épreuve du temps qui, lorsqu'ils s'en vont,
Laissent le monde différent de ce qu'il était.
Prends garde à ce que tu laisses."
Tristam (Robinson)


Comme j'ai évidemment renoncé à citer de trop nombreux passages (lisez ce livre!), je terminerai avec la fin de la préface de JMG le Clézio:
"Malgré le temps écoulé et nos désillusions quotidiennes, l'Almanach d'un comté des sables a gardé aujourd'hui toute sa profondeur, toute son émotion. le regard prophétique qu'Aldo Léopold a porté sur notre monde contemporain n'a rien perdu de son acuité, et la semence de ses mots promet encore la magie des moissons futures.
Voilà un livre qui nous fait le plus grand bien."
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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gigi55
  24 octobre 2018
Un classique de la littérature écologiste américaine. La poésie s'allie ici aux notations naturalistes les plus pointues et aux recommandations de politique de Nature les plus pertinentes.
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critiques presse (1)
Actualitte   10 mars 2017
En promeneur solitaire, attentif et observateur, Aldo LEOPOLD nous fait découvrir, avec une langue pleine de poésie et d’admiration, toutes les beautés d’une nature encore vivante subissant les bouleversements des actions humaines.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
mesrivesmesrives   16 février 2018
J'ai lu de nombreuses définitions de ce qu'est un écologiste, et j'en ai moi-même écrit quelques-unes, mais je soupçonne que la meilleure d'entre elles ne s'écrit pas au stylo, mais à la cognée. La question est : à quoi pense un homme au moment où il coupe un arbre, ou au moment où il décide de ce qu'il doit couper ? Un écologiste est quelqu'un qui a conscience, humblement, qu'à chaque coup de cognée il inscrit sa signature sur la face de sa terre. Les signatures diffèrent entre elles, qu'elles soient tracées avec une plume ou avec une cognée, et c'est dans l'ordre des choses.
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mesrivesmesrives   20 janvier 2018
Concevoir l'Amérique comme une Histoire et la destinée comme un avenir, respirer le parfum d'un hickory à travers le silence des âges, c'est possible. Il nous suffit d'un ciel grand ouvert et de la volonté de faire usage de nos ailes. C'est-cela, plus que les bombes de M.Bush ou les bas Nylon de M.Dupont, qui fournit une preuve objective de notre supériorité sur les bêtes.
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psycheinhellpsycheinhell   15 mars 2011
Il y a des gens qui peuvent se passer des êtres sauvages et d'autres qui ne le peuvent pas. Ces essais sont les délices et les dilemmes de quelqu'un qui ne le peut pas.
Tout comme le vent et les couchers de soleil, les êtres sauvages faisaient partie du décor jusqu'à ce que le progrès se mette à les supprimer. Nous sommes maintenant confrontés à la question de savoir si un "niveau de vie" encore plus élevé justifie son prix en êtres sauvages, naturels et libres. Pour nous, minorité, la possibilité de voir des oies est plus importante que la télévision, et la possibilité de trouver une pasque est un droit aussi inaliénable que la liberté d'expression.
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ivredelivresivredelivres   25 septembre 2010
Chaque année, après les tempêtes de neige du coeur de l’hiver, survient une nuit de dégel où le tintement de l’eau qui goutte traverse le pays, réveillant sur son passage les créatures assoupies pour la nuit et d’autres qui dormaient depuis le début de l’hiver. La mouffette roulée en boule au fond de sa tanière déplie ses membres et risque une sortie dans cet univers humide, en traînant son ventre dans la neige. La trace de la mouffette marque l’un des premiers événements repérables de ce cycle de fins et de commencements qu’on appelle une année
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psycheinhellpsycheinhell   11 août 2011
"Ce dont la jeunesse a besoin, c'est qu'on lui dise qu'il y a un bateau en construction dans sa propre cale sèche mentale, et que ce bateau est destiné à prendre la mer."
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