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EAN : 9782814504059
Éditeur : publie.net (01/01/1900)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Tout au bout, sur la plaque de la résidence étudiante où les étudiants québécois envoyés à Paris sont logés, parce que Descartes aussi y a habité, cette phrase extraite d'une lettre de 1648 : "Me tenant comme je suis, un pied dans un pays et l'autre en un autre..."

C'est ce dérèglement de l'équilibre géographique, qu'inaugure cette unique phrase longue de 75 pages, qui passe comme un souffle, avec des vertiges, des tournoiements, des scènes brèves, l'amour à Paris Plage, le RER B, un voyage au Népal pour essayer de comprendre le monde, ou tenter de se perdre soi-même dans une Medina du Maroc et n'y pas parvenir.

Il ne s'agit pas d'autobiographie, comme déjà ce fil vertigineux et tendu de Mahigan Lepage, en stop à travers le Canada, Vers l'Ouest, en respectait la contrainte.

Ici, le narrateur étudie la botanique, les lichens, en l'occurrence, et en témoigne avec précision. Mais le lichen, c'est la plante originelle, c'est celle aussi qui s'établit dans les plus hautes latitudes – lien avec le paysage natal de Mahigan. À Paris, c'est au Jardin des Plantes qu'il les retrouve, le même lieu où Julio Cortàzar venait contempler ses axolotls.

Alors oui, dérèglement de notre point de vue sur notre réalité géographique la plus proche : l'étudiant de Montréal, accédant au territoire d'origine de sa propre langue, n'y trouve pas ce qu'il attend, non plus que lorsqu'il fuira au Népal ou au Maroc, pour finalement assumer ce qu'il porte d'Amérique. C'est beaucoup plus secret que cela, dans cette phrase qui s'enroule, se déplie et éclate, avec le caractère impitoyable d'un road-movie charnel, rempli de paroles et de corps.

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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
brigetoun
  17 janvier 2011
Une seule longue phrase, une litanie de navrances, désillusions, refus, explications, articulée sur des groupes de mots repris comme des refrains, comme des appuis qui permettent au verbe de prendre appui, de rebondir, de continuer, en s'infléchissant le cas échéant, d'introduire un nouveau thème. Un (je ne sais, je crois que cette impression n'est pas partagée mais elle fût chez moi instinctive, et s'est installée – et cela faisait partie du plaisir, comme une compagnie, une presque familiarité) Thomas Bernhard qui aurait renoncé presque définitivement aux points, qui rebondirait sans pause – cependant à quelques reprises les propositions s'enchainent ex-abrupto sans cet appui du refrain ou d'une subordonnée et le point est peut être là, invisible mais sensible furtivement. Je me demande s'il serait audible dans la belle expérience que serait une lecture à haute voix, comme un fleuve dont il faudrait rendre évident la façon qu'a le déroulement de la phrase de jamais perdre de vue le sens, de faire récit. de l'amener jusqu'à cela : que cette phrase, ce discours, c'était façon d'accompagner la désespérance.
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ljodoin
  26 juillet 2011
La science des lichens. Un texte plaisir qui moutonne en une seule phrase pour nous dire sourire en coin – bricolons vieux concepts – la vacuité du monde. Une vacuité truculente, sinon ça serait la poisse.
Texte soliloque. Lecteurs passagers du RER (le métro) vous êtes interpellés dès le début du texte par un québécois débarqué à Paris, tâté terrain, pour la rédaction d'une thèse de doctorat sur la biosurveillance lichonologique… (pour en savoir plus...)
Lien : http://bibliobabil.com/2011/..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   07 avril 2012
je veux dire si on veut pas trop se fatiguer, déjà que ça fatigue Paris je l’ai dit, c’est pour ça que j’ai décidé de partir, c’est donc très important de masquer son accent à la boulangerie et au café et au tabac, c’est important mais c’est pas suffisant, sûr la ville va te fatiguer à la longue, elle va t’avoir à l’usure comme on dit, en tout cas quand t’es fait comme moi, facilement fatigable comme je vous dis pas, c’est une mauvaise gestion de mon énergie sans doute, on dirait que ça fuit de tous les côtés, même que ça se retourne contre moi, mon énergie se retourne contre moi et ça me fatigue doublement, c’est pire encore quand t’es étudiant et que t’habites en résidence étudiante, c’est là-dedans que j’étais quand j’ai décidé de partir, une résidence d’étudiants dans le 5e arrondissement, une maison qu’avait habitée Descartes au temps des bateaux, évidemment Descartes je m’en foutais moi de Descartes, j’étais pas venu à Paris pour faire des études de philosophie, j’étais venu à Paris pour faire des études de biologie, moi Descartes et le cogito et tout le reste j’en ai rien à foutre, même que ce mot cogito je le connaissais pas avant de le lire sur la plaque commémorative, parce qu’il y a une plaque commémorative à côté de la porte d’entrée, sur le mur extérieur de la résidence d’étudiants, ça dit un truc du genre ici vécu René Descartes de telle année à telle année bla bla bla, au temps des bateaux quoi, après il y a une phrase sur le cogito machin plus une citation, c’est pas vraiment une citation philosophique, plutôt un truc biographique, c’est le Descartes lui-même qui parle et il dit quelque chose du genre un pied dans un pays et l’autre en un autre et bla bla bla, parce que le type il habitait à temps partiel en France et une autre partie de son temps en Hollande, c’était ça les deux pays, la France et la Hollande, et le René il s’en trouvait ravi, à ce qu’il semble, de vivre entre deux pays, cette phrase je l’entendais tout le temps parce que ma chambre était au rez-de-chaussée juste à côté de l’entrée, alors quand des touristes s’arrêtaient devant la plaque commémorative, histoire de commémorer un peu le temps des bateaux, ils se plantaient juste à côté de ma fenêtre, ouverte souvent c’était l’été ou presque, et ils lisaient chaque fois la fichue phrase…
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brigetounbrigetoun   17 janvier 2011
moi je m’en foutais pas mal de la pollution et des lichens, mais je me foutais pas de la bourse, ça non, à mon âge j’avais besoin d’argent pour éviter de tomber dans l’itinérance, je veux dire pour pas finir à la rue, c’est comme ça qu’on dit à Montréal, les SDF on les appelle itinérants, parce qu’ils bougent tout le temps vous comprenez, du parc au trottoir, du métro au refuge, d’une rue à l’autre et ainsi de suite,
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brigetounbrigetoun   17 janvier 2011
j’aurais mieux fait de m’en tenir au circuit principal et marcher d’un guest house à l’autre bien gentiment mais non, j’ai préféré grimper une montagne par un sentier impossible et boire de l’eau sale et manger du vieux dhal bat bourré de coliformes fécaux, tout ça pour aller effrayer des enfants avec ma pauvre paire de jumelles, tout en répandant mes billets de banque un peu partout dans le village,
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brigetounbrigetoun   17 janvier 2011
ou bien la ville dans notre dos qui éclaire, au nord de Paris le jour était faux, maintenant au sud c’est la nuit qui est fausse, on oublie que tôt ou tard les illusions vacillent, les illusions vacillent et reste la science des lichens, les arrêts de la ligne B portent les noms attendus voyez,
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brigetounbrigetoun   17 janvier 2011
quand on prend l’air distrait ou ce genre d’attitude, en fait on dirait bien qu’ils se rendent même pas compte qu’on les écoute plus, ils sont tellement habitués de soûler les gens qu’ils prennent un l’air distrait ou fatigué pour un air naturel,
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